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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

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Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants,politiques,religion,protestant,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

ACCUEIL / Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 © Capture écran TF1 L'ÉMISSION POLITIQUE DE TF1 "DEMAIN PRÉSIDENT" QUI SUIT LE JOURNAL TÉLÉVISÉ DU 20H REÇOIT CHAQUE SOIR UN NOUVEAU CANDIDAT -  © CAPTURE ÉCRAN TF1
Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 19 AVRIL 2017  Nathalie Leenhardt  Frédérick Casadesus 2
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Des protestants s’insurgent face aux propos de Marine Le Pen qui falsifie l’Histoire pour défendre son idéologie.

Mardi 18 avril pendant l’émission politique de TF1, Marine Le Pen s’en est pris aux protestants en affirmant : « Sous Richelieu, c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences qui allaient contre la Nation… ». Elle répondait à une question du journaliste Gilles Bouleau lui demandant quel était son modèle en politique. François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), a aussitôt réagi à cette déclaration : « Marine Le Pen se pose en historienne, interprète dangereuse de l’Histoire tout en stigmatisant une confession ». Il poursuit : « La FPF n’est pas dupe et voit bien qu’à travers la référence aux protestants d’hier, cités avec tant de malveillance et d’irrespect alors qu’ils étaient persécutés et assassinés par le pouvoir royal, c’est « peut être » l’islam d’aujourd’hui qui est visé. Déjà sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen avait parlé de la Provence “occupée par les Sarrasins, les nazis et les protestants…” ».

Falsification et instrumentalisation

Comme François Clavairoly, d’autres protestants ont réagi à cette réécriture de l’Histoire, tels les pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) James Woody sur son blog ou Michel Bertrand qui commente : « Marine Le Pen se montre aussi incompétente sur le fait religieux qu’elle l’est dans d’autres domaines. Elle instrumentalise la laïcité, comme elle instrumentalise l’Histoire et met son mensonge au service de son idéologie d’extrême-droite ».

Quant à la députée socialiste Fanny Dombre-Coste, elle aussi protestante, elle s’insurge contre « ces allégations mensongères et cette falsification de l’Histoire dont les dirigeants du Front national sont coutumiers. Doit-on rappeler que le siège dramatique de la Rochelle ordonné par Richelieu s’est conclu par plus de 25 000 morts, dans le seul objectif de priver les protestants de certains de leurs droits et de certaines de leurs libertés ? ».

Rappel historique : Richelieu et les protestants

Disons-le crûment : le Richelieu familier de la plupart des Français n’est pas celui qui vécut de 1585 à 1642. Sous l’influence d’un romancier de génie, l’homme rouge est devenu dictateur, opportunément ridiculisé par « Les Trois Mousquetaires ». Il est plus que nécessaire de faire sortir le cardinal de son image d’Épinal.

Depuis quarante ans, notamment grâce à la biographie de Louis XIII que rédigea Pierre Chevallier, l’historiographie nous a montré que la principale ambition de Richelieu consistait à consolider l’autorité du roi, non d’imposer sa propre puissance. Dans le domaine religieux, sa politique était aussi plus subtile que l’avait prétendu le cher Alexandre Dumas. « Homme de l’État, Richelieu s’est battu contre la dissidence religieuse, mais pour des raisons théologiques, observe l’historien Bernard Cottret. Son opposition aux jansénistes et à ceux qui allaient devenir des dévots se fondait sur le refus de tout ce qui fait passer la foi chrétienne avant l’intérêt national. Avec les protestants, Richelieu se comporte d’abord avec respect, mais fermeté ».

L’épisode sinistre du siège de La Rochelle ne saurait cacher l’ensemble d’une politique. Richelieu ne supportait pas la puissance militaire du parti protestant. « Les calvinistes du nord de la Loire étaient favorables à la raison d’État parce qu’elle était pour eux protectrice, ajoute Bernard Cottret. Le cardinal approuvait l’Edit de Nantes mais refusait l’existence d’une force qui puisse contester l’autorité royale. »

C’est bien l’existence même de places fortes susceptibles de contester l’autorité royale qui motivait l’intervention des troupes de Louis XIII.

De même, on oublie trop souvent que le principal ministre de Louis XIII haïssait la couronne espagnole et s’était alliée avec les États protestants. S’il fallait encore asseoir la complexité du personnage, on pourrait citer Napoléon Peyrat (1809-1881), pasteur devenu historien, considéré par beaucoup comme le Michelet protestant : « Son triomphe a été énergique, mais juste. Richelieu n’a pas été comme on le pense, le champion de l’Église romaine ; en attaquant les calvinistes, Richelieu domptait non une secte religieuse, mais un parti politique ».

C’est donc, une fois encore, l’utilisation de l’Histoire à des fins politiciennes qui pose problème. Il est compréhensible que les protestants s’insurgent contre les propos de Marine Le Pen, car ils devinent un débat biaisé, dans lequel, d’évidence, leur mémoire collective est instrumentalisée contre les musulmans. De surcroît, ces paroles désinvoltes ravivent des blessures ancestrales à partir desquelles, aussi, s’est bâtie notre mémoire. Il n’en demeure pas moins que Richelieu ne peut être réduit à sa caricature. L’Histoire est passionnante, complexe, et demeure une matière politique inflammable.

Mots clés instrumentalisation politiqueMarine Le PenProtestantsRichelieu

https://www.reforme.net/actualite/politique/richelieu-marine-pen-face-a-colere-protestants/

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l’étrange Etat moderne de Marine Le Pen,protestant,religions,histoire,histoire de france,politiques,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

l’étrange Etat moderne de Marine Le Pen
19 AVRIL 2017 JAMES WOODY THÉOLOGIE
Marine Le Pen, présidente du Front National et candidate à l’élection présidentielle, était interrogée sur TF1, mardi 18 avril. Au cours de l’entretien avec le journaliste Gilles Bouleau, la discussion porte sur les modèles politiques :

– Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

– Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

– Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

– Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.
 

“Il n’a pas été très amical avec les protestants”. En utilisant un euphémisme (Lors du siège de La Rochelle entre 1627 et 1628 seuls un peu plus de 5.000 personnes auront la vie sauve, sur les 27.000 habitants que comptait la ville), le journaliste pousse Marine Le Pen à en dire plus sur le rapport de Richelieu à la communauté protestante et sur ce qu’elle admire chez cet homme d’Etat : “c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.”

A l’époque, les protestants se conforment aux exigences de l’Edit de Nantes (1598) qui prévoit pour eux des places de sûreté dont La Rochelle est l’une des premières, en vertu de l’Edit de saint Germain de 1570. Cet Edit de Nantes permet la présence des protestants dans quelques villes du Royaume de France, sans pour autant introduire le pluralisme religieux. Il n’est pas question de liberté religieuse pour les protestants, ni de tolérance. Le catholicisme demeure non seulement la religion majoritaire, mais la religion dominante.

Comme le rappelait le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante :

De la naissance du parti huguenot à la première guerre de religion, menée par Condé et Coligny en 1562-1563, jusqu’à la Saint Barthélémy en 1572 qui en brise l’élan, la politique réformée et ses visées sont celles, étonnamment, de la conquête. Avec l’espoir fou d’une véritable Réforme de l’Eglise du pays par une prise de pouvoir, jusqu’à ce que l’Edit de Nantes, après tant de violence, interdise définitivement les assemblées politiques, autrement dit le parti protestant, et ne reconnaisse que des personnes, c’est-à-dire les sujets de la RPR (Religion Prétendue Réformée) et quelques rudiments d’assemblée, c’est-à-dire l’organisation de leurs synodes. Il faudra attendre la paix d’Alès en 1629 pour mettre un terme par la force à ces projets de pouvoir et pour que les protestants entrent dans une attitude de loyauté.
En considérant que Richelieu fut le “promoteur d’un Etat moderne”, Marine Le Pen indique sa vision de l’Etat moderne et des moyens pour le mettre en oeuvre.

Une religion unique pour l’ensemble de la Nation, ce qui s’apparente au principe “Cujus regio ejus religio” à chaque région sa religion, à l’échelle du royaume. Le pluralisme religieux est compris, comme par la cour de Louis XIII comme un facteur possible de scission de la population et donc un risque de sédition et de déstabilisation du pays. L’épisode du XVIIème siècle rappelé pendant l’émission de télévision l’a rappelé, c’est aussi la suppression de tout autre parti que celui du roi qui est voulu dans cet acte de guerre mené par le cardinal Richelieu. Le pluralisme religieux est aussi une garantie du pluralisme politique – un fait trop souvent minoré. Richelieu a non seulement œuvré pour qu’une religion prenne le pas sur les autres, mais qu’elle soit l’unique religion.

Plus de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Richelieu (1585-1642), qui commande le siège de La Rochelle, est à la fois cardinal et ministre de Louis XIII (on hésite à parler de premier ministre). Non seulement la vision politique est qu’il n’y ait plus qu’une seule Eglise, mais qu’elle marche main dans la main avec l’Etat. Louis XIV parviendra à cette fusion en instaurant un pouvoir absolu qui, d’ailleurs, provoquera la révocation de l’Edit de Nantes pourtant qualifié d’irrévocable par le roi Henri, son grand-père.

La violence d’Etat comme moyen de gouverner. Dans le cas du siège de La Rochelle, on ne parle pas de violences policières, de dérapages ni de bavures. C’est un massacre en règle : des installations sont conçues par les forces de Richelieu pour empêcher l’approvisionnement de la ville et provoquer une famine. Le nombre des victimes ne fait pas seulement froid dans le dos. Il ferait aujourd’hui le tour de la planète et provoquerait une décision de l’ONU sans le veto d’un membre permanent du conseil de sécurité. Rappelons aussi que les protestants étaient des français qui auraient été qualifiés de souche par ceux qui utilisent cette expression. Bien entendu, des siècles plus tard, quelqu’un comme Charles Maurras dira que les protestants sont le parti de l’étranger et, à la même époque, au début du XXème siècle, on parlera encore du “péril protestant”, sans oublier les expressions injurieuses.

Est-ce cela l’Etat moderne auquel aspire cette candidate à l’élection présidentielle, qui a refusé que l’entretien se fasse devant les drapeaux français et européen ? Certainement les protestants de l’époque vivaient encore de ce désir de faire de la France une nation protestante, ce qui n’a rien d’une vision moderne, mais la réplique royale par la main de Richelieu ne fut pas plus heureuse. Elle posa les bases de l’absolutisme royal incarné par Louis XIV ; elle posa les bases de la révocation de l’Edit de Nantes qui conduisit à l’exil massif des forces vives du Royaume et au recul de la France sur le plan culturel et économique, notamment. Le seul bénéfice que l’historien Patrick Cabanel reconnaît à cet exil fut la création de la francophonie par l’essaimage des locuteurs français à travers le monde pour échapper à la tyrannie de l’époque. Maigre consolation.

 

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La colonisation, ce passé qui ne passe pas,histoire,politiques,religion,

25 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #histoire, #histoire de france, #politiques, #religion, #islam

La colonisation, ce passé qui ne passe pasGilles Manceron23 Février

2017ACTUALITÉexpo_coloniale_paris_1931.jpgEn qualifiant le 15 février la colonisation de « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a courageusement mis le doigt là où la France a mal.En affirmant que la colonisation était un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a eu le mérite de lancer, le 15 février, un « pavé dans la mare » dans la campagne présidentielle française. Même si, en le disant en Algérie, il a repris une mauvaise habitude des derniers présidents de la République, tel Sarkozy en décembre 2007 ou Hollande fin 2012, qui ont réservé leurs propos les plus nets sur ces sujets à leurs voyages en Algérie puis les ont contredits ou oubliés en France. Ces paroles ne doivent pas être « réservées à l’exportation ». C’est vis-à-vis de l’opinion publique française qu’un travail de vérité et de reconnaissance est avant tout nécessaire.Macron n’a pas repris les mots de crime contre l’humanité lors de son meeting à Toulon, le 18 février, dans une région où l’extrême droite est active et où le combat pour la vérité doit être mené sans concession. Il a loué le « travail formidable » fait dans l’Algérie française par des « gens formidables » et demandé « pardon » aux Pieds-noirs que ses propos avaient « blessés ». En novembre 2016, il avait dit dans Le Point que, dans l’Algérie coloniale, « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ». C’était mal se démarquer de la théorie des « aspects positifs de la colonisation », qui avait suscité un tollé parmi les historiens, les enseignants et des associations quand la loi du 23 février 2005 avait demandé aux professeurs de les enseigner. Macron restera-t-il fidèle à ses déclarations à la télévision algérienne ? Quoi qu’il en soit, elles sont courageuses et il y a un travail de reconnaissance à poursuivre avec intransigeance.Car le passé colonial de la France, faute d’avoir été depuis les indépendances l’objet d’un travail critique des institutions françaises, a laissé des traces dans les représentations collectives et les comportements de parties importantes de notre société. Des mythes persistent dans les esprits. À l’école, quand les manuels progressent dans l’approche de cette page d’histoire, de vigoureuses campagnes sont déclenchées sur le thème « on n’apprend plus la “vraie” histoire à nos enfants », auxquelles sont sensibles une bonne partie des générations les plus anciennes, nostalgiques de leur propre scolarité.Il est vrai que le concept juridique de crime contre l’humanité, forgé pour juger spécifiquement les crimes nazis et introduit tardivement dans le droit français, est inapplicable en l’occurrence, mais la formule renvoie aussi à une notion politique et morale parfaitement pertinente. Elle a été employée à de multiples reprises depuis le XVIIIe siècle par les dénonciateurs de la colonisation.À n’avoir pas regardé en face cette page de son histoire, la France en est encore malade. Les séquelles du passé colonial forment le soubassement des manifestations racistes et islamophobes d’aujourd’hui, un terreau fertile sur lequel l’extrême droite se développe. Les municipalités FN, en délaissant les transports publics et les équipements de quartiers populaires où elles encouragent la discrimination ethnique, ont tendance à reconstituer la ségrégation urbaine propre aux sociétés coloniales. Les pratiques policières visà- vis des jeunes Français descendants d’immigrés sont la continuation d’habitudes coloniales anciennes. Emmanuel Macron va-t-il persister ? D’autres candidats vont-ils avoir le courage de se saisir à leur tour de cette question ?GILLES MANCERON,
historien, auteur notamment de Marianne et les colonies (La Découverte, 2003).


http://temoignagechretien.fr/articles/la-colonisation-ce-passe-qui-ne-passe-pas

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Quand Calvin légitimait le prêt à intérêt,protestants,histoire,histoire defrance

5 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france

ECONOMIE
Quand Calvin légitimait le prêt à intérêt
Tags: Finance Calvin Economie Genève Université de Genève
Médaille à l’effigie de Jean Calvin ©www.saivenumismatique.fr via http://www.saivenumismatique.fr/monnaies_r1/jetons-et-medailles_c54/numismatique-du-mariage-et-de-la-religion_p1327/protestantisme_t4448/turin-p-jean-calvin-noyon-1509-geneve-1564-argent-68mm-1932-sup_article_17830.htmlAu XVIe siècle, Jean Calvin a été le premier théologien à cautionner la pratique du prêt à intérêt en Europe. Dans le cadre des 500 ans de la Réforme, retour en deux volets sur cet aspect peu connu de l’œuvre du célèbre réformateur. Et sur la pertinence de cette pratique dans l’économie moderne. (1/2)
Photo: Médaille à l’effigie de Jean Calvin (1932) ©www.saivenumismatique.fr
Par Martin Bernard
Le prêt à intérêt est au cœur du fonctionnement de la finance contemporaine. Son impact est considérable, et affecte directement les ménages, les entreprises et les Etats. Parfois remis en question, il n’a pourtant pas toujours existé sous sa forme actuelle. Durant tout le Moyen-Age européen, la pratique est en effet prohibée par l’Eglise catholique. Ce n’est qu’au moment de la Réforme – dont on fêtera le 500e anniversaire en 2017 – que le prêt à intérêt trouvera une certaine légitimité théologique. Sous l’impulsion principale de Calvin, à Genève.
Qu’est-ce que l’intérêt aujourd’hui, et pourquoi était-il interdit au Moyen-Age? «En finance, l’intérêt est la rémunération d’un prêt, sous forme, généralement, d’un versement périodique de l’emprunteur au prêteur», indique Bernard Bayot, directeur du réseau Financité, qui promeut en Belgique des initiatives de finance solidaire. C’est, en d’autres termes, le loyer de l’argent, le prix à payer pour pouvoir en disposer. Communément admise aujourd’hui, cette conception est cependant relativement moderne.
Aristote et les scolastiques
Dans l’antiquité, le philosophe grec Aristote s’oppose à l’idée que l’argent puisse produire de l’argent et s’accumuler. Pour lui, «il est donc par nature injuste que le prêt d’une somme d’argent engendre un surplus. La nature de la monnaie repose sur sa fonction d’intermédiaire des échanges et d’étalon monétaire. Comme intermédiaire, elle ne peut pas être considérée comme une marchandise, ce qui intervient lorsque le paiement d’un intérêt est envisagé», écrit Pascaline Houriez, consultante en entreprise et suivi de projet, dans le numéro 266 de la revue de théologie de la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence.
Cette définition se trouve être en accord avec des indications du Deutéronome et de l’Evangile de Luc. Elle influencera fortement les Pères de l’Eglise au Moyen-Age. De fait, le prêt à intérêt est condamné canoniquement en 325 lors du Concile de Nicée, puis également par Charlemagne au début du IXe siècle. Au XIIIe siècle, dans sa «Somme théologique», Thomas d’Aquin écrit que «recevoir un intérêt pour de l’argent prêté est en soi injuste, car c’est faire payer ce qui n’existe pas». En ce qui concerne l’argent, il ajoute: «il a été principalement inventé pour faciliter les échanges; donc son usage propre et principal est d’être consommé, c’est-à-dire dépensé, puisque tel est son emploi dans les achats et les ventes. En conséquence, il est injuste en soi de se faire payer pour l’usage de l’argent prêté; c’est en quoi consiste l’usure…» Le droit canonique condamnera le prêt à intérêt jusqu’en 1830, et ne le rendra licite qu’en 1917. Cela dit, si l’intérêt était prohibé durant tout le Moyen-Age, des exceptions existaient, et de nombreux artifices commerciaux permettaient aux marchands de contourner l’interdit.
Le virage calviniste
En 1545, cependant, lorsque Jean Calvin, dans sa fameuse lettre à Claude de Sachins, apporte sa caution morale à la pratique de l’intérêt, il rompt de fait avec une tradition judéo-chrétienne vieille de près de trois millénaires. Il se démarque en cela de Luther et Zwingli. Contrairement à Aristote et aux scolastiques, Calvin considère que la monnaie est une marchandise comme une autre. «Pour lui, il n’y a pas besoin d’avoir une approche particulière de l’argent. L’argent est un bien qu’on prête contre un loyer, de la même manière qu’on loue un appartement. C’est simple, mais c’est une vraie révolution conceptuelle», explique François Dermange, spécialiste de l’éthique économique à l’Université de Genève.
Une fois cela posé, cependant, Calvin émet plusieurs restrictions morales à cette pratique. «La principale est que le prêt à intérêt ne vaut pas pour le pauvre», souligne Michel Grandjean, historien du christianisme à l’Université de Genève. «Pour Calvin, il faut donc distinguer entre celui qui emprunte pour investir et celui qui emprunte pour se nourrir. Dans le premier cas, l’intérêt est légitime, dans le second, il ne l’est pas». Ainsi, selon Calvin, si la Bible condamne bien l’usure là où devrait se manifester la charité, rien n’est précisé concernant le prêt de production nécessaire, par exemple, à la mise en œuvre d’une nouvelle entreprise rémunératrice et créatrice de richesses. Cependant, le réformateur ne souhaite pas voir la fixation du taux d’intérêt laissée à la libre volonté des acteurs économiques. Il n’est ainsi pas question pour lui de faire du commerce d’argent un métier. C’est pourquoi il s’oppose en 1563 à la création d’une banque à Genève.
La réflexion de Calvin s’inscrit par ailleurs dans un contexte particulier. La Genève d’alors connaît une récession économique suite aux luttes politiques et religieuses de la Réforme, et au déclin des foires commerciales. Ce n’est qu’avec l’arrivée de nombreux réfugiés protestants que l’essor de la ville reprend. «Il était alors urgent de trouver de nouveaux moyens d’accroître l’activité économique», explique François Dermange. «La pratique de l’intérêt a permis un fort développement de celle-ci. Et indirectement, elle a aussi permis, plus tard, de développer l’activité financière». S’il n’est pas directement à l’origine du capitalisme moderne, dont il pressentait les abus extrêmes, Calvin a donc favorisé le développement d’un terreau sur lequel il a pu ensuite s’épanouir.
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http://protestinfo.ch/201612018222/8222-quand-calvin-legitimait-le-pret-a-interet.html

 

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Honneur aux Gaulois inconnus !,reforme, protestant,histoire,histoire de france,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #histoire de france, #histoire

"LE MYTHE A ÉTÉ AINSI DÉVELOPPÉ D’UNE ORIGINE GAULOISE UNIQUE, AVEC SES HÉROS QUI AURAIENT CONTRIBUÉ À CONSTRUIRE LE PAYS"© BY FABIEN1309 [CC BY-SA 2.0], VIA WIKIMEDIA COMMONS
BIBLE & ACTUALITÉIDENTITÉ 29 SEPTEMBRE 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
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Honneur aux Gaulois inconnus !


L'identité est plurielle nous dit la pasteure Marie-Odile Wilson, qui va à l'encontre du discours rabâché par nos politiques.


La question de l’identité rebondit depuis quelque temps dans de nombreuses strates de notre société, reprise à l’envi dans les médias. L’identité, c’est ce besoin inassouvi qui sans doute entraîne, lit-on ici ou là, un certain nombre de jeunes en dérive vers une radicalisation extrême. C’est aussi cette corde qui est jouée fortissimo par nos politiques en mal d’audience et d’électeurs, au point d’en appeler à une origine commune homogène largement mythique à la Astérix le Gaulois, avec le soutien de Jeanne la Pucelle. Certains ont l’identité heureuse, d’autres sont en recherche de ce sésame…


Un tel besoin est légitime, il peut même être criant. On pense à Ruth : « Où tu iras, j’irai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; là où tu mourras, je mourrai, et c’est là que je serai ensevelie. » Mais pour que cette identité revendiquée à grands cris soit reconnue, il faut encore que le peuple qui accueille accepte de faire du demandeur un de ses membres.


C’est effectivement ce qui s’est passé pour Ruth, que le destin a choisie comme la grand-mère de David, comme une ancêtre de Jésus. Voilà l’étrangère, la Moabite, devenue un des cinq noms féminins cités dans la généalogie de Jésus, parmi une litanie de prénoms masculins.


L’exemple de Ruth


Elle a reçu dans l’affaire, un nom, une lignée, une sécurité, une famille, un peuple. Outre une descendance illustre, qu’a-t-elle apporté, elle, à ce peuple qu’elle a fait sien et dont on imagine, à tort, qu’il n’aurait que des convictions xénophobes et séparatistes ? Eh bien justement, son histoire et sa descendance sont un des contrepoints à d’autres textes de notre Premier Testament qui tendraient à exclure tout rapport avec des étrangers, et pire encore avec des étrangères.


Si bien qu’avec Ruth, il n’est plus loisible de parler de pureté du sang, d’unicité d’origine, de judaïsme hérité par la mère ! Car toute nation, Israël compris, France comprise, est le résultat de rencontres, d’échanges, d’unions, de mélanges d’origines et de cultures qui sont le creuset d’un peuple qui toujours se renouvelle. Elle en est un bel exemple.


Il est bon de se donner les moyens d’en prendre conscience pour sortir d’une caricature sans doute sympathique mais extrêmement sclérosante, qui date du XIXe siècle, avec à l’époque l’ambition de réunifier la France, mise à mal dans son unité par la guerre civile que fut la Révolution. Le mythe a été ainsi développé d’une origine gauloise unique, avec ses héros qui auraient contribué à construire le pays. Si nous regardions autrement ? Si nous allions à la recherche de ces autres apports qui ont fait de nous ce que nous sommes… dans notre diversité ? Ainsi, un colloque s’est tenu récemment au musée du Louvre, intitulé « Les arts de l’islam en France », il s’agissait de mieux comprendre cet héritage culturel peu connu chez nous et qui remonte à très loin dans notre histoire, ce que démontre le développement assez récent d’une archéologie de la période médiévale, une période riche en échanges de toutes sortes.


Sommes-nous conscients que bon nombre de ces « étrangers » que nous nous échinons à repousser par la force ou par notre indifférence coupable sont potentiellement des éléments de vitalité pour notre pays comme Ruth l’a été pour le sien ? Et que c’est justement avec leurs différences, avec l’espérance qui est la leur de vivre dans un monde meilleur, qu’ils impulsent à notre société une énergie qui va vers l’avenir bien plus dynamique qu’un pseudo-élan qui nous viendrait de notre passé ?


Rappelons-nous l’engagement des goumiers marocains, des tirailleurs sénégalais et de tous les soldats venus de nos colonies, grâce à qui nous pouvons aujourd’hui nous dire encore français. Ils ont contribué à écrire l’histoire de la France sans éprouver forcément le besoin de se reconnaître gaulois. Et tous ces étrangers, Espagnols, Africains ou Asiatiques, qui ont combattu dans la Résistance et qui ont laissé leurs noms ici ou là sur les stèles commémoratives ! Quand leur ferons-nous une place dans notre récit national ?

http://reforme.net/une/societe/honneur-aux-gaulois-inconnus

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Protestantisme : 2017, c'est parti !,protestants,histoire,

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire

L’année des 500 ans de la Réforme a été lancée vendredi 23 septembre sur le thème de la fraternité, avec la volonté de porter une parole forte dans la société.

http://reforme.net/une/religion/protestantisme-2017-cest-parti

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La complainte des Prisonnières de la Tour de Constance, protestant, histoire, histoire de france

19 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire, #chants

La complainte des Prisonnières
de la Tour de Constance
Paroles d’Antoine Bigot en Languedocien – Adaptation en Français par Ruben Saillens
La viéyo villo d'Aigo Morto
La villo dou réi Sant Louis
Panlo e maigro darriès si porto
Au bord de la mar s'espandis
Uno tourré coumo un viel gardo
Viho en déforo di rampar
Aouto e sourno liun liun regardo
Regardo la plano e la mar.
L'aubre se clino, l'auro coure
La poussièro volo au camin,
Tout es siau dins la vieio tourre
Mai per tems passa 'ro pas sin.
Li pescaîre que s'atardavon
Dins la niue, souvent entendien
Tantost de fenno que cantavon
Tantost de voues que gemissien.
De qu'éro aco ? De presouniero.
De qu'avien fa ? Vioula la lei,
Plaça Dieu en ligno proumiero,
La couscienci au dessus dou rei.
Fièri iganaudo, is assemblado
Dou Désert, séguido di siéu,
Lou siaume en pocho, éron anado
A travès champ, per préga Dieu.
Mais li dragoun dou rei vihavon:
Sus la foulo en preiero, zou!
Zou! lou sabre nus, s'accoussavon...
E d'ome de cor e d'ounou
Leu li galèro eron pouplados
E si fenno, i man di dragoun,
En Aigo-Morto eron menado,
E la tourre ero sa presoun.
Souffrissien, li pauri doulento,
La fam, la set, lou fre, lou caud;
Avien li languitudo sento
Dis assemblado e de l'oustau.
Mais vien la fe, counfort e baume
Di cor murtri que reston fier;
Ensemble cantavon li siaume
Dins la presoun coumo au Desert
Li jour, li mes, lis an passavon,
E noun jamai li sourtissien.
D'uni i soufrenco resistavon,
D'autri, pechaire, mourissien.
Mais sa fe, l'aurien pas vendudo,
Mais soun Dieu l'aurien pas trahi,
Noun! Iganaudo eron nascudo,
Iganaudo voulien mouri.
D'avans ti peiro souleiado
Qu'un autre passe indiferent,
O tourre, a mis iuel siès sacrado,
Siei tout esmougu'n te vesent,
Tourre de la fe simplo e forto,
Simbel de glori e de pieta,
Tourre di pauri fenno morto
Per soun Dieu e sa liberta.

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La vieille ville d’Aigues-Mortes
La ville du Roi Saint Louis
Enorme étendue entre ses portes
Rêve aux grands environs.
Elle dort mais comme un vieux garde
De son œil rouge grand ouvert
La Tour de Constance regarde
Regarde la plaine et la mer.
De la campagne, de la plage
S’élèvent mille bruits confus
Mais la Tour, géant d’un autre âge
La Tour sombre ne parle plus.
Seulement par les nuits voilées
Le pécheur entend des sanglots,
Et des voix qui chantent mêlées,
Au lointain murmure des flots.
Qui vécut là, des prisonnières
Qui mettaient Dieu devant le Roi
Là, jadis des femmes, des mères
Moururent pour garder la foi.
Leur seul crime était d’être allées
La nuit par un sentier couvert
Fondre leurs voix aux assemblées
Qui priaient Dieu dans le désert.
Mais les dragons, ô temps infâmes
ô lions changés en renards
Les dragons veillaient sus, aux femmes
Braves soldats, sus aux vieillards.
Bientôt d’un peuple dans défense,
Les sabres nus avaient raison
Les Huguenots à la potence
Les Huguenotes en prison.
A jamais ses murailles grises
Me rediront ce qu’ont souffert
Ces paysannes, ces marquises
Ces nobles filles du désert.
Mais dans leur foi, puisant un baume
D’une voix tremblante de pleurs
Ensemble elles chantaient un psaume,
Les cœurs brisés sont les grands cœurs.
Les ans passèrent sur la Tour sombre
Et la porte ne s’ouvrait pas
Les unes veillaient dans l’ombre
D’autres sortaient par leur trépas.
Mais jamais aucune à son maître
De le trahir ne fit l’affront
Huguenotes, il les fit
Huguenotes, elles mourront.
Ah que devant cette ruine
Un autre passe insouciant
Mon cœur bondit dans ma poitrine
Tour de Constance en te voyant.
ô sépulcre où ces âmes fortes
Aux ténèbres ont résisté
ô Tour des pauvres femmes mortes
Pour le Christ et la liberté.
La complainte des Prisonnières de la Tour de Constance

http://www.tresorsonore.com/media/docs/la_complainte.pdf

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Calvin par le rire,protestant,histoire,histoire de france,

18 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire, #calvin, #catholiques

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Calvin par le rire
Calvin par le rire


Le XVIe siècle est resté dans l’histoire comme une période d’effervescence intellectuelle, de fureur et de sang. Pas seulement : l’humour avait aussi sa place, même chez les plus austères des réformateurs.
Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris


Publié le 7 août 2016


Auteur : Anne-Marie Balenbois



Une société violente, des farces grossières, des histoires graveleuses… le peuple qu’il faut convaincre de changer de religion n’est pas forcément sensible aux arguments théologiques de haute volée. Les réformateurs, qui ont travaillé sur de savants écrits en latin, ont vite compris que pour convaincre les foules, il fallait adapter les discours.


Culte des reliques


Au XVIe siècle, tout le monde est catholique en Europe occidentale. Pour convertir les populations, il y a deux solutions : convaincre du bien-fondé de la Réforme ou démolir l’ancienne foi. Les deux méthodes sont employées simultanément avec souvent une grande violence dans l’expression — les injures volent bas — mais aussi par le biais de la satire et de l’ironie. Jean Calvin est lui-même l’auteur du célèbre Traité des reliques, écrit en français et traduit en latin, flamand, allemand et anglais au fil des nombreuses éditions dues à son grand succès en Europe, malgré sa mise à l’index en 1543. À l’époque, chaque église ou monastère se battait pour posséder sa ou ses reliques prestigieuses, source de profit considérable en raison de l’affluence des pèlerins qui venaient parfois de fort loin pour les révérer, mais aussi à l’origine de trafics souvent peu reluisants. Calvin veut lutter contre ce culte « idolâtre ». Quoi de plus efficace que de faire réfléchir sur l’origine des objets en dénonçant leur probable fausseté ? Aujourd’hui encore, on ne peut se retenir de sourire en lisant quelques passages : Si on voulait ramasser tout ce qui s’est trouvé (de pièces de la vraie croix), il y en aurait la charge d’un bon grand bateau. Quelle audace a-ce été de remplir la terre de pièces de bois en telle quantité que trois cents hommes ne les sauraient porter ! Concernant les clous de la croix, Calvin fait l’inventaire des lieux qui prétendent en posséder. [On a beau faire] tout cela ne fait rien pour approuver que Jésus-Christ ait été crucifié avec quatorze clous, ou qu’on eût employé une haie tout entière à lui faire sa couronne d’épines. Le coup de grâce est porté aux fioles du lait de Marie, innombrables dans toute la chrétienté : Il n’y a si petite villette ni si méchant couvent, où l’on ne montre du lait de la sainte Vierge, les uns plus, les autres moins. Tant y a que si la sainte Vierge eût été une vache, ou qu’elle eût été une nourrice toute sa vie, à grand peine en eût-elle pu rendre telle quantité.


Superstitions diverses


Au Moyen-Âge, on le sait, l’Église a dû parfois s’adapter en « christianisant » des cultes et coutumes païennes, ou en laissant perdurer, pour ne pas heurter les populations, des pratiques purement superstitieuses. Pour y mettre un terme, les réformateurs Pierre Viret, en 1560, ou Henri Estienne, en 1566, ont produit des descriptions précises et très drôles des cultes rendus aux saints, par exemple pour favoriser les grossesses. Ceux-ci ont des noms évocateurs : saints Greluchon, Freluchot (fanfrelucher signifie faire l’amour), Biroutin, Grenouillard, Phalier, Foutin, et autres Gourgandin. La liste n’est pas exhaustive… Pierre Viret décrit comment les femmes stériles allument un cierge d’un demi-pied de grand sur le sexe de la statue de saint Foutin (Lyon). Sur celle de saint Guerlichon, Henri Estienne raconte qu’il avoit ceste partie (le sexe) la bien usée à force de la racler. Les femmes en effet raclaient la pierre pour la mélanger à une potion qu’elles devaient boire pour pouvoir enfanter. Faire réfléchir sur certaines pratiques religieuses en démontrant leur absurdité et faire rire l’auditoire ou le lecteur : une bonne manière d’amener au protestantisme, meilleure en tout cas qu’en brûlant les églises !


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Frédéric Engel-Dollfus (1818-1883),protestant,histoire,histoire de france,

18 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire

Frédéric Engel-Dollfus (1818-1883)
Accueil > Personnalités > Frédéric Engel-Dollfus (1818-1883)
Frédéric Engel-Dollfus est un protestant, industriel du textile et soucieux de la condition ouvrière.


Le manufacturier à Mulhouse


Frédéric Engel
Frédéric Engel © Collection privée
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Frédéric Engel-Dollfus naît en 1818 à Cernay. Après ses études à Cernay et à Paris au collège, puis au lycée Henri IV, il entre en apprentissage d’abord à Mulhouse puis au Havre.


De retour à Mulhouse, après un voyage en Angleterre, en Écosse et en Irlande, il entre dans la maison Vaucher puis chez Dollfus-Mieg et Cie (fabrication des filés et toiles de cotons, impression des étoffes) dont il devient un des associés en 1843. Adepte du saint-simonisme il réorganise l’entreprise par la mécanisation et l’intégration du processus industriel, ainsi que par le développement de nouveaux produits. Il y développe notamment la production de fil à coudre et de coton à broder qu’il réussit à imposer sur les marchés du monde entier. Quant à la « fabrique d’indiennes » déficitaire depuis de nombreuses années, elle fut liquidée en 1888. Elle ne fut pas la seule à disparaître à Mulhouse en cette fin du XIXe siècle.


La notoriété qu’il avait acquise comme industriel l’amena à prendre une part active, au moment de la guerre de 1870, aux négociations économiques qui précédèrent et suivirent le traité de Francfort. Il fut un des membres de la députation envoyée à Tours au gouvernement de la Défense nationale et de la Commission de défense des intérêts alsaciens.


Le protestant et le philanthrope


Dispensaire pour enfants malades
Dispensaire pour enfants malades © Collection privée
Frédéric Engel-Dolfuss prêtait la salle d’asile de DMC pour qu’ait lieu un culte auquel la famille assistait tous les dimanches, avant la construction d’un temple dans le village de Dornach.


Sa sensibilité saint-simonienne l’amène à se consacrer aussi à la création d'œuvres utilitaires et philanthropiques destinées à contribuer au bien-être moral, matériel ou physique de la classe ouvrière : « le patron doit plus à l’ouvrier que son salaire… » et aussi « Il est de son devoir de s’occuper de la condition morale et physique de ses ouvriers, et cette obligation, toute morale et qu’aucune espèce de salaire ne saurait remplacer, doit primer les intérêts particuliers ».


Certaines œuvres étaient destinées plus particulièrement aux ouvriers de la maison Dollfus-Mieg et Cie : caisse de secours et de retraite, assurances collectives, asile de vieillards, société d’encouragement à l’épargne, écoles et salles d’asile (ancêtres des maternelles).


D’autres œuvres eurent un retentissement tant en France qu’à l’étranger, à l’image de ce qui existait déjà en Angleterre. La plus importante est certainement « L’Association préventive des accidents » destinée à étudier et à appliquer les moyens de parer aux dangers auxquels les machines exposaient les ouvriers. Fondée par plusieurs fabricants, cette association visait la prévention des accidents, dont les inspecteurs contrôlaient les manufactures associées. Cette initiative a eu un effet certain dans la promulgation des lois de 1871 (en Allemagne) et de 1874 (en France) relatives à l’amélioration des conditions de travail des ouvriers au point de vue de la sécurité et de la salubrité.


Avec l’aide de diaconesses, Frédéric Engel-Dollfus créa aussi à Mulhouse un « dispensaire pour enfants malades » dans le but de procurer aux enfants indigents les soins que leurs parents ne pouvaient leur faire donner. Il en assuma entièrement lui-même la construction et l’entretien.


Il contribua aussi à fonder, entre autres, l’École de dessin destinée à former des dessinateurs pour l’industrie des toiles peintes et l’École de filature et tissage de Mulhouse.


Le succès et l’originalité de cette dernière école était dû à son enseignement alternatif : théorie puis pratique, grâce à l’installation d’un matériel ad hoc. C’était un enseignement déjà très novateur, car les élèves faisaient leur apprentissage en suivant des stages pratiques en entreprise après quelques temps de théorie. L’efficacité de la méthode faisait qu’ils devenaient ainsi des cadres recherchés, car tout de suite opérationnels sur le marché du travail.


Le nom de Frédéric Engel-Dollfus est aussi lié à celui de la Société de protection des apprentis et enfants employés dans les manufactures.


Il fut membre de nombreux Conseils d’Administration dont celui de l’École alsacienne à Paris.

Carte
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Auteur : Thierry Durand-Gasselin
Bibliographie
Livres
BLANC Jérôme, Frédéric Engel-Dollfus, un industriel saint-simonien, Éditions Christian, Paris, 2003
BLANC Jérôme, Les Engel, Éditions Christian, Paris, 1994
DOLLFUS Max, Histoire et généalogie de la famille Dollfus de Mulhouse, Ernest Meiniger imprimeur, Mulhouse, 1909
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http://www.museeprotestant.org/notice/frederic-engel-dolfuss-1818-1883/

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Relire l’Histoire,histoire,histoire de france,politique,reforme,

18 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #histoire de france, #histoire, #politiques, #reforme

Relire l’Histoire


Combien de fois les Français républicains n’ont-ils pas jugé leurs aînés des années trente ?


« Ils étaient vraiment trop naïfs et n’ont pas vu le danger venir » ou bien : « Pendant qu’Hitler et Mussolini menaçaient nos frontières, ils se divisaient en vaines querelles. » On en passe et de pires. La conclusion de ces propos de comptoir était toujours la même, proclamée sur un ton martial : « Jamais nous ne laisserons faire. » Aujourd’hui que les drames que l’on sait nous plongent non seulement dans l’horreur mais encore dans des abîmes de perplexité, la modestie nous gagne. L’heure a peut-être sonné de relire l’Histoire. Cette année, nous célébrons le 80e anniversaire du Front populaire. Aussitôt surgissent les images de liesse collective, associées, dans un délicieux folklore, aux premiers congés payés. Ces représentations nous émerveillent parce que rien n’est photogénique comme la joie.


Les partisans du Front populaire avaient le désir de conjurer la tragédie. « Nous avons profité du jour de la Pentecôte pour accrocher les œufs de Pâques de la Saint-Barthélemy dans l’arbre de Noël du Quatorze Juillet cela a fait mauvais effet », remarque Jacques Prévert dans un poème. Il est vrai que les périls ne manquaient pas : guerre civile en Espagne, antisémitisme virulent, volonté de remplacer la République par un régime autoritaire, désir à peine voilé, pour certains, d’associer la France à l’Allemagne nazie,
à l’Italie fasciste.


Au-delà de l’évocation d’un grand événement de notre histoire, ce numéro spécial aimerait faire toucher du doigt la complexité, politique, sociale et culturelle, d’une épopée. Non pour en dire les « ombres » – une expression qui tourne au cliché – mais pour en souligner les fragilités.


Les Français d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose en commun avec ceux de l’été 36. Mais chacun pourra tirer de cette aventure des leçons pour demain. « No pasaran », disaient les Catalans.

http://reforme.net/journal/%5Breforme-numero-publication%5D/evenement/editorial/relire-histoire

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