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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

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ACCUEIL / Y-a-t-il une vérité en politique ?,politiques,religions,

20 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #politiques, #reforme, #protestants

ACCUEIL / Y-a-t-il une vérité en politique ?
 © poirpom/CC BY 2.0/flickr  -  © POIRPOM/CC BY 2.0/FLICKR
Y-a-t-il une vérité en politique ?
 12 FÉVRIER 2017  Jean-Christophe Muller 0
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Le pasteur Jean-Christophe Muller s’interroge sur comment appréhender la complexité des choses et trouver la vérité en politique.

« Qui a raison ? » Un ami m’interroge ainsi lors les polémiques médiatiques et/ou politiques. Au sujet du dossier de la centrale nucléaire de Fessenheim (faut-il la fermer ou pas ?), de l’affaire des employés familiaux de monsieur Fillon, du conflit sur la République et la laïcité entre Benoît Hamon et Manuel Valls dans la semaine du second tour de la primaire de la Belle Alliance populaire, mais c’était déjà vrai depuis quelques années à propos de la dette : doit-on viser une réduction de la dette pour retrouver une vraie marge de souveraineté budgétaire au risque de politiques un peu contraintes ? Ou doit-on sortir de ce questionnement en desserrant l’étau des règles, en opérant une politique de relance, au risque d’un endettement plus fort ?

Au moment où notre pays va avoir des choix importants à faire, fixer son opinion, se retrouver dans la parole d’un candidat, tout ceci est compliqué. Dans ce désarroi, certains sont menacés d’épochè (suspension du jugement), faute de pouvoir dire qui a raison. La complexité du monde moderne, les grands choix souvent documentés par des données techniques inaccessibles, ne facilite pas la tâche des esprits consciencieux. Se mêlent en intensité semblable déballages nauséabonds et choix fondamentaux, comme s’ils relevaient de la même importance. La peur de ne pas toucher « juste » entraîne certains vers le retrait du champ, quand ce n’est pas ce sentiment de ne pas être pris en considération.

Qu’est-ce-que la vérité ?

Dans les échanges, je suis pris parfois dans un avis mêlé, un sentiment qui ne se retrouve pas dans le tranché auquel on me convoque, qui aspire à des dépassements, qui admet le contrasté à l’encontre du « tout blanc, tout noir ». Mais la machine s’emballe toujours, et les consciencieux sont sans cesse bousculés. Ils sont quand même au risque d’être tel Pilate devant la question déroutante : « Qu’est-ce que la vérité ? »

Avec Jean de La Fontaine, les cyniques et les enthousiastes répondront d’une même voix (mais pas selon la même logique) que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ce que le Gaulois Brennus formulait par son : « Malheur aux vaincus ! », repris par les adages staliniens qui emplissent encore notre langage. D’autres se tourneront vers qui parle le plus fort pour fuir l’« affadissement », les plus esthétisants vers qui parle le plus beau et riche langage (ce qu’au demeurant j’apprécie). Qui parle à ma tête ? Qui parle à mes tripes ? Qui parle à mon cœur ?

Dans ce maelström se pèsent les opinions, avec cette course aux indices de popularité, comme s’il me fallait voir qui réussit ou qui perd. La fameuse « démocratie d’opinion » me semble être un poison pour la démocratie.

Atomisation ingérable

Est-ce que ce qui est vrai, c’est ce qu’expriment les gagnants ? Très relatifs gagnants au demeurant. Les idées et opinions des communistes qui préféraient avoir un candidat qui leur soit propre, ceux qui se sont exprimés pour Manuel Valls, ceux qui avaient formulé une préférence pour Alain Juppé ne verront-ils donc rien émerger qui présente leur regard sur notre pays et sur le monde ? Qu’on ne dise pas : « Les Français veulent que… » ou : « Les Français ne veulent plus… », comme si une masse de dispositions contradictoires, antagonistes, faisait opinion commune. Comme si notre peuple n’était pas une riche diversité, au risque parfois d’une atomisation ingérable. Mais on ne refait pas le peuple en éradiquant telle ou telle partie qui le compose.

Me vient l’image de l’histoire de la tribu de Benjamin en Juges 19 à 21. Pour que le peuple puisse se présenter en Assemblée devant Dieu, il faut que l’ensemble des 12 tribus soit là.

Ce qui signifie que si la bataille des idées est fondamentale, il y a un moment où il faut pouvoir parler à l’« autre camp ». Car le peuple de France n’est pas un « ethnos » monolithique, c’est une histoire commune qui se façonne dans la richesse de sa diversité.

L’idée de la France, c’est justement un peuple assemblé pour délibérer, ce que les Grecs appelaient le « laos ».

https://www.reforme.net/actualite/regards-pasteurs/y-a-t-il-une-verite-en-politique/

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LUTHER, martin luther , protestant,

15 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #martin luther, #reforme, #politiques

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SYNOPSIS ET DÉTAILS
Transporté par l'expérience d'une tempête durant laquelle la foudre tomba tout près de lui, Luther est incité à abandonner ses études de droit pour rejoindre un monastère Augustin. La vie au monastère est tout sauf sèche et poussiéreuse pour Luther qui, conduit par sa foi et une étude étroite de la Bible, commence à mettre en cause la pratique religieuse établie. Les tensions s'accélèrent lorsque Luther livre ses 95 thèses sur les portes de l'église Wittenberg, change d'une manière fulgurante et provocante les reliques et les certificats de l'indulgence dont beaucoup de notables d'Eglise avaient profité...

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42733.html

IL EST EN FRANCAIS , ALLEMAND PUISQUE LUTHER EST ALLEMAND

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Allemagne: Un tiers des Allemands n'a aucune idée de la signification de la Réforme,martin luther,reforme,

25 Novembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #martin luther, #reforme, #protestants

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Allemagne: Un tiers des Allemands n'a aucune idée de la signification de la Réforme

Source de l'article: http://www.evangeliques.info.
Seuls 28% des Allemands associent la Réforme avec la création de l'Eglise réformée. Selon un sondage réalisé par Insa-Consulere pour l'agence d'information Idea, 30% des Allemands n'ont pas la moindre idée de ce que signifie la Réforme.
Près d'un autre tiers (29%) jugent qu'il s'agit d'un renouveau et 12% une division de l'Eglise.
Les réponses diffèrent grandement selon l'appartenance confessionnelle des personnes interrogées. Ainsi, quelque 40% des réformés et des évangéliques associent la Réforme à la création des Eglises protestantes, contre 25% seulement, pour les catholiques.
Le sondage a été réalisé auprès de 2043 personnes.

http://www.evangeliques.info/articles/2016/11/01/allemagne-un-tiers-des-allemands-n-a-aucune-idee-de-la-signification-de-la-reforme-15605.html

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Comment la Réforme a façonné la Suisse moderne,reforme,protestant,histoire,

3 Novembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #reforme, #politiques

Comment la Réforme a façonné la Suisse moderne
HistoireBien au-delà des questions religieuses, la Réforme a influencé la construction politique de notre pays. Berne a eu une grande influence sur la conversion des cantons romands.
Ulrich Zwingli contestant les croyances à Zurich. En le suivant, les Alémaniques se sont éloignés du Saint Empire romain germanique. 
Ulrich Zwingli contestant les croyances à Zurich. En le suivant, les Alémaniques se sont éloignés du Saint Empire romain germanique.
Image: Getty Images
Par Lucie Monnat
Mis à jour à 06h44
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Les festivités européennes dédiées aux 500 ans de la Réforme, prévues pendant un an, débutent aujourd’hui à Genève en présence du conseiller fédéral Alain Berset. Une destination symbolique qui marque le caractère capital de la Réforme en Suisse. Ou, plus précisément, de la Réforme suisse.

Car, encore une fois, on peut parler de spécificité helvétique. «La Réforme suisse est née à Zurich avec Zwingli, en parallèle de celle lancée par Luther en Allemagne, souligne l’historien de la Réforme Fabrice Flückiger, chercheur à l’Université de Neuchâtel. Et si certaines bases sont les mêmes, les deux réformateurs étaient fondamentalement opposés sur certains points, notamment sur la définition du rôle de l’autorité civique dans la construction de la communauté chrétienne.»

Derrière le débat religieux, c’est bien un débat politique qui se noue. Pour Zwingli, la véritable Eglise se constitue d’une assemblée de fidèles, réunis par la volonté d’entendre et de faire respecter la Parole de Dieu. «Selon le réformateur zurichois, le système helvétique de l’époque, fondé sur la prise de décision en assemblée, est le plus susceptible de soutenir la parole du Seigneur, ajoute l’historien. Cette idée n’apparaît pas du tout chez Luther.»

Une conquête de territoire

La Réforme suisse est donc instaurée à Zurich (1524), puis gagne Berne dès 1528. Or, la conversion bernoise va jouer un rôle fondamental pour les futurs cantons romands. En 1536, Berne vient en aide à son alliée Genève, qui peine à calmer les appétits du duc de Savoie. Certes, Genève est passée du côté de la Réforme un an auparavant, mais la bonne action répond à d’autres intérêts: Berne rentre dans ses pénates après avoir prêté main-forte à la Cité de Calvin, mais reste sur les terres du Pays de Vaud. De cette façon, non seulement Berne s’attribue un territoire stratégique pour le commerce, mais il renforce ainsi sa position face aux cantons catholiques.

«Aucun canton n’a tenté d’imposer la Réforme ou le catholicisme à un autre par les armes. Les Confédérés ont eu conscience qu’un conflit interne menacerait leur liberté vis-à-vis de l’extérieur»
Entre-temps, Berne a mandaté dès 1530 Guillaume Farel, personnage-clé de l’arrivée du protestantisme en Suisse romande. Le théologien français, connu pour son caractère peu conciliant, est mandaté pour prêcher la «vraie foi» dans le Pays de Vaud et à Neuchâtel. «Ses prêches n’étaient évidemment pas toujours les bienvenus auprès de la population, raconte Fabrice Flückiger. Il y a même une légende qui raconte que Farel a été chassé à coups de pierres par les femmes du Landeron (NE).» Neuchâtel, alliée des Bernois, adopte malgré tout la Réforme de son plein gré par un vote à… 18 voix de majorité sur environ 2000 votants. Le Pays de Vaud, désormais sous le joug de Berne, n’a quant à lui guère eu le choix.

La Réforme n’a pas contre jamais pris dans certains cantons, à l’instar de Fribourg, pourtant voisin de Berne. Pourquoi? «Il est difficile de connaître les raisons exactes qui ont poussé certains cantons à refuser la Réforme et d’autres à l’adopter.»

Pas de conversion par la force

«Ce qui est sûr, c’est qu’aucun canton n’a tenté d’imposer la Réforme ou le catholicisme à un autre par les armes», explique Fabrice Flückiger. L’idée devait sûrement démanger certains à l’époque, mais des intérêts supérieurs l’ont emporté. «La Réforme de Zwingli arrive quinze ans seulement après la liberté acquise par les cantons suisses auprès de l’Empire des Habsbourg, poursuit l’historien. Les Confédérés ont eu conscience qu’un conflit interne menacerait leur liberté vis-à-vis de l’extérieur.»

Nous voici donc face aux prémisses d’une autre spécificité suisse, celle de la culture du compromis – même si elle s’applique avec quelques grincements de dents. Les deux guerres de Kappel, qui opposèrent cantons réformés et cantons catholiques en 1529 et 1531, n’ont ainsi duré que quelques jours. La Suisse s’est épargné des décennies de guerre religieuse à une époque où aucun autre pays ne tolérait une quelconque forme de mixité religieuse.

La Réforme comme ciment suisse

Pour Fabrice Flückiger, la décision des Helvètes de coexister malgré des fois différentes a consolidé la Confédération helvétique. Le journaliste et historien Christophe Büchi voit quant à lui un autre ciment apporté par la Réforme. «Pour Genève, elle marque un profond clivage avec la très catholique France, explique ce spécialiste des rapports entre Romands et Alémaniques. Cet éloignement se ressent évidemment dans la différence de confession mais également dans le rapport au travail, au commerce, à l’argent, et même dans la manière de parler.» De l’autre côté, les Alémaniques se sont éloignés du Saint Empire romain germanique en préférant Zwingli à Luther. En tournant le dos à leurs grands voisins, les deux régions se sont ainsi mieux fait face.

Christophe Büchi estime que la Réforme a fortement accompagné l’entrée des régions francophones dans le giron suisse, par exemple en rapprochant Genève et Lausanne de Zurich, Berne ou Bâle. Le clivage catholique-protestant a d’ailleurs longtemps supplanté le fossé linguistique. «Cette opposition s’est longtemps ressentie au niveau politique, jusque dans les années 60», explique le journaliste. Apparus au XIXe siècle, les camps libéraux et conservateurs s’apparentaient en général à ceux de la confession.

Avec la perte d’influence de la religion, l’homogénéisation des régions linguistiques et l’immigration, le lien confessionnel s’est peu à peu distendu. Les cantons sont en outre devenus bien plus hétérogènes au niveau de la religion. Pour Christophe Büchi, le fait que l’identité linguistique ait aujourd’hui pris le dessus représente cependant un danger de repli. «Nous devons résoudre la grande question de la gestion de nos diversités, conclut-il. Personnellement, je suis pour un patriotisme qui se base sur une adhésion à des valeurs communes.» (24 heures)

(Créé: 03.11.2016, 06h44)

http://www.24heures.ch/suisse/reforme-faconne-suisse-moderne/story/11639049?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

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Philippe Gaudin : "L'islam est à la fois une partie du problème et de la solution",religion,islam,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #reforme, #islam

UN MÉMORIAL IMPROVISÉ À SAINT-ÉTIENNE-DU-ROUVRAY POUR LE PRÊTRE JACQUES HAMEL, ASSASSINÉ LE 26 JUILLET 2016© IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP
ÉVÉNEMENTSOCIÉTÉ  28 JUILLET 2016
Auteurs
Frédérick Casadesus
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Philippe Gaudin : "L'islam est à la fois une partie du problème et de la solution"

Le philosophe Philippe Gaudin, tirant les leçons de l’attaque de Nice, considère que l’exigence de vérité s’impose à l’ensemble de nos concitoyens.

Questions à Philippe Gaudin, philosophe, président de la commission des relations avec l’islam de la Fédération protestante de France.

Sommes-nous en guerre ?

Malheureusement, non, si l’on peut dire ! En effet la guerre est une relation juridique d’État à État, qui se livre suivant des lois, qui définit des droits ; lorsque ces droits sont bafoués, on parle de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité.

Pour prendre un exemple concret, je rappellerai que la France a toujours des soldats engagés au Mali, dans un cadre juridique précis que l’on peut nommer guerre. Sur notre territoire, les soldats et les policiers procèdent à la protection de la population, ils ne font pas la guerre. De surcroît, ceux qui se révèlent comme étant nos ennemis, c’est-à-dire qui veulent notre mort, sont des concitoyens.

Je signale au passage que ces ennemis ne sont pas toujours des victimes de notre République. Au contraire, ils en sont parfois les bénéficiaires, je pense aux frères Kouachi, notamment, qui ont reçu pendant leur jeunesse l’aide soutenue de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Quelles sont les conséquences de ce climat sur notre société ?

Avoir des ennemis, être haï est toujours une épreuve morale. D’abord parce que ce n’est pas agréable de sentir une menace peser sur soi, mais surtout parce que cela nous oblige à nous défendre. L’homme moderne occidental aime son confort et déteste rompre avec un idéal narcissique l’encourageant à être toujours quelqu’un d’aimable.

Nous ne devons pas être dupes de l’altruisme apparent : derrière la générosité des intentions, c’est bien la volonté de protéger son confort moral qui s’impose. Avec les attentats, ce confort est en train de voler en éclats. L’Europe est allée jusqu’au bout de la folie guerrière au XXe siècle et elle a voulu, avec raison, rompre avec cette logique. Mais l’Europe n’est pas le monde, alors même que le monde s’avance vers l’Europe. Trop longtemps, nous avons pensé ou cru qu’avoir des ennemis appartenait au passé. Nous prenons conscience que c’est une structure métaphysique de l’existence. Même à contrecœur, nous allons être obligés d’entrer dans l’existence, clarifier ce à quoi nous tenons et le défendre sans faille.

Qui sont nos ennemis ?

Je reconnais volontiers qu’il y a des Européens fraîchement convertis au djihadisme qui partent pour la Syrie, fascinés par une épopée, métaphysique ou héroïque, qu’ils croient capable de combler une existence qu’ils estiment vide de sens. Il semblerait que ce fût le cas de l’un des deux preneurs d’otages de l’église Saint Étienne du Rouvray.

Mais nous sommes obligés de constater que la grande majorité des djihadistes les plus dangereux sont des musulmans d’origine, et, bien entendu, essentiellement des hommes. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les causes historiques doivent être prises en compte : la mémoire des humiliations de la colonisation s’est transmise à l’intérieur des familles avec d’autant plus d’intensité que les mots ont pu manquer et que la majorité des Français paraissaient indifférents à cette mémoire. La crise économique et la misère sociale tiennent aussi leur place. Enfin, nous devons citer les causes religieuses et culturelles.

Cette grille d’interprétation multifactorielle est la plus sensée mais, pour certains, notamment bon nombre de ceux qui appartiennent aux élites économiques ou intellectuelles, le simple fait d’évoquer les causes culturelles et religieuses leur est insupportable, comme si elles niaient les autres causes, comme si elles déstabilisaient complètement leur position intellectuelle et sociale.

Il faut au contraire regarder le problème en face, dans toutes ses dimensions. Y compris la plus tragique, puisque ces ennemis ne veulent pas seulement notre mort mais aussi la leur, par une négativité absolue.

Nous n’avons pas devant nous celui qui prend le risque de la mort pour devenir le maître mais une épreuve métaphysique inédite où il faut tenter de le sauver avec nous-mêmes de l’empire de la mort.

Plus que jamais, la parole biblique est d’actualité : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisis la vie… »

Diriez-vous que l’islam pose problème en soi ?

L’islam est à la fois une partie du problème et pourrait être aussi une partie de sa solution.

Posons d’emblée que dès l’instant que l’on croit que Dieu lui-même est l’auteur éternel d’un texte qui existe de toute éternité et qui est écrit en arabe, il est difficile de dialoguer avec les autres et de passer outre ce qui relève, dans le Coran, des hommes et de la société arabe du VIIe siècle. Mais l’islam comme grande tradition religieuse peut en même temps permettre de lutter contre le djihadisme par sa capacité à fédérer les énergies positives : une personne affilée à une communauté religieuse dispose de relais pour s’intégrer, elle peut mettre en route une relation critique avec sa propre foi.

Faut-il espérer qu’un Luther vienne réformer l’islam ?

C’est une idée fréquente mais qui comporte un risque de contresens. La Réforme protestante avait le projet de retrouver un texte écrit par des hommes, recouvert par la tradition de l’Église, qui privait ainsi le peuple du rapport direct aux Écritures. Or, l’islamisme est précisément le fruit d’une volonté de réforme de l’islam, puisqu’il préconise un retour fondamentaliste à son propre moule.

Ce dont l’islam a besoin, c’est d’une approche scientifique historico-critique qui permette de lire le Coran comme un texte inspiré sans doute, mais qui empêche également de confondre Dieu avec la religion des hommes.

Ce ne sera pas une réforme, mais une révolution, qui redonnera vigueur à des tendances philosophiques et/ou mystiques minoritaires de l’islam qui ont été étouffées.

Comment cette révolution peut-elle advenir ?

C’est d’abord l’affaire des musulmans eux-mêmes. C’est ensuite l’affaire de tous de promouvoir la connaissance des religions contre la cécité volontaire, pour cause d’économisme et de marxisme qui n’en finit pas de mourir. Rendre populaire cet effort scientifique favorisera le débat public et fera prendre à chacun cette distance critique sans laquelle l’islam ne pourra connaître cette révolution dont je parle. J’ajoute que ce processus vaut pour toutes les religions, mais selon des conditions différentes, et n’est jamais acquis définitivement.

Quelle analyse formulez-vous des attentats de Nice ?

Il me semble évident que l’attentat était prévisible mais imparable. Je pense qu’il faut distinguer deux choses. D’une part, la colère populaire est légitime parce que les termes du pacte politique fondamental ont été rompus. On renonce à une partie de sa liberté en échange de la prise en charge de la sécurité collective par l’État. Si nos concitoyens ne sont plus en sécurité dans leur propre pays, il faut s’attendre aux pires dérives. Cette donnée concerne aussi l’insécurité dans les quartiers difficiles, où dealers et graines de djihadistes font la loi.

D’autre part, s’il est lamentable d’attaquer Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, qui sont des hommes d’État consciencieux, déterminés, qui n’ont jamais sous-estimé les menaces dont notre pays fait l’objet, nous devons souligner la responsabilité collective du personnel politique français – comme de la nôtre. La droite, qui ne pense qu’à la rentabilité, avec un mélange de désinvolture et un incroyable cynisme, ne voyait dans les immigrés qu’une force de travail, une armée d’automates qui n’auraient eu ni la moindre culture, ni monde symbolique, ni mémoire. La gauche, elle, mélange l’angélisme à l’hypocrisie manipulatrice, la vision du « gentil immigré » éternelle victime avec un ethnocentrisme qui fait du travailleur d’origine arabe l’équivalent du prolétaire interchangeable qui va apporter sa voix aux élections.

Le criminel de Nice était peut-être déséquilibré, mais il était aussi de culture musulmane, faute d’être religieux. Comment se fait-il qu’un certain nombre d’hommes musulmans se retrouvent dans une situation aussi critique ?

C’est une question que nous devons poser publiquement, pour obliger la communauté nationale à trouver des réponses véritables. Et, sans dogmatisme, il est difficile de chercher à comprendre ces actes de violence en faisant fi de l’influence de l’islam dans son parcours : à la fois comme une identité vide initiale – puisqu’il n’était pas du tout religieux – et comme recours mortifère ultime, via l’idéologie djihadiste.

Jusqu’où aller dans la répression ?

Le droit n’est pas la morale. L’idée de droit est liée à la contrainte et donc à la force. Un État de droit qui n’a pas la force avec lui n’est plus rien ou la risée de ses contemporains.

Ce n’est pas parce que Jésus est l’objet de la risée des autres avant d’être crucifié qu’un État doit prendre cette place-là. Arrêtons ce genre de stupide confusion des plans qui peut jouer un rôle dans l’inconscient des Européens d’origine chrétienne. Au mois de janvier, puis au mois de novembre 2015, le mouvement de sympathie de nos concitoyens pour les forces de l’ordre a peut-être marqué un tournant. Le fait que des jeunes gens divers et talentueux veuillent s’engager dans la police ou l’armée me semble être un signe positif.

Toute la difficulté consiste à mettre la force au service des principes qui sont les nôtres – les droits humains, la démocratie, etc. Cela suppose de travailler en alchimistes et de retrouver collectivement, quelle que soit la diversité de nos convictions, un bon moral qui ne sera solide que s’il passe par le courage de la vérité.

Propos recueillis par Frédérick Casadesus

http://reforme.net/une/religion/philippe-gaudin-lislam-est-a-fois-partie-probleme-et-solution

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Les pasteurs protestants et le deuil des familles,protestants,reformes,familles,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #familles,

C’EST EN SE TOURNANT VERS LES VIVANTS QUE LA RECONNAISSANCE PEUT SE MANIFESTER© STEPHEN RADFORD/UNSPLASH
DOSSIERDEUIL  27 OCTOBRE 2016
Auteurs
Claire Bernole
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Les pasteurs protestants et le deuil des familles

Les pasteurs en accompagnement de situations de deuil doivent s’adapter aux demandes des proches du défunt qui tendent parfois à s’éloigner de la liturgie protestante.

À noter

doorip.com
Accompagner une famille dans le deuil est toujours un moment d’une rare intensité partagé entre le pasteur et l’entourage du défunt. « Je n’ai pas de plaisir avec la mort mais je rencontre des gens que la souffrance rend fragiles, disponibles et vrais. Il y a peu d’endroits où il y a tellement de vérité et de fragilité qui ne se cache plus », confie Franck Nespoulet, pasteur de l’EPUdF, aumônier en maison de retraite à Lyon. Et Florence Blondon, pasteur de l’EPUdF à Paris, de renchérir en soulignant que « des choses essentielles se disent très rapidement, sur sa vie et sur celle du défunt ». En somme, la fin de vie condense tout ce qu’on peut dire sur la souffrance et l’humain en général, ainsi que le souligne le pasteur Charles, qui a eu l’occasion d’intervenir à plusieurs reprises sur le sujet et dernièrement à l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne. Dès lors, savoir accueillir la tristesse, ne pas chercher à consoler de l’inconsolable mais se montrer à l’écoute, prendre le temps avec les proches, offrir des mots et des gestes justes… tout cela est indispensable.

Conscients de l’enjeu

Le moment consacré à la préparation de la cérémonie va jouer un rôle décisif pour la qualité de l’accompagnement pastoral. Le temps qui y est consacré varie beaucoup, parfois jusqu’à deux heures. Mais la plupart des pasteurs ne se confondent pas en calculs, ni avant ni après la cérémonie. Même si leur formation est relativement inégale pour gérer les situations de deuil, tous sont évidemment conscients de l’enjeu. « De tous les événements, le deuil est le plus sensible et le plus important, celui qu’il faut soigner le plus », insiste Régine Lehner, pasteur de l’UEPAL. Car contrairement au baptême ou au mariage, il n’y a pas de fête à l’arrière-plan.

À l’oreille du pasteur, on raconte la mort, on verbalise sa peine, sa colère, sa souffrance. La réponse est à la fois toujours la même, car la douleur n’a ni sexe, ni couleur, ni âge, ni graduation, et sans cesse à réinventer. Parfois, les parcours de vie ne sont pas limpides, le tissu familial a été déchiré, raccommodé… « Mon rôle est de mettre les personnes à l’aise, de les laisser parler sans les juger. On ne prépare pas seulement une cérémonie. Ce temps où on retrace le parcours fait du bien. Ce n’est pas du voyeurisme. En parlant de l’autre, les gens parlent d’eux », constate Philippe Gunther, pasteur de l’UEPAL pendant 35 ans. Aujourd’hui inspecteur ecclésiastique à Strasbourg, il rappelle que, bien souvent, le temps de l’entretien avec le pasteur est le premier moment où les familles peuvent enfin se poser après l’annonce du décès.

De plus en plus souvent, ces familles ont certes un lien avec le protestantisme, ne serait-ce que par le biais de la personne décédée, mais ne fréquentent pas le temple. Si la vérité de l’instant permet des échanges honnêtes et profonds même quand on ne se connaît pas, il faut toutefois composer une cérémonie avec des gens qui n’en ont plus les codes. Difficile quand ils ne connaissent ni
les textes bibliques ni les cantiques. La plupart du temps, ils demandent « quelque chose », « une petite bénédiction », comme le rapporte Philippe Gunther. Et si possible courte : 30 à 45 minutes, selon le lien du défunt avec la paroisse. Dans l’immense majorité des cas, la cérémonie ne se déroule plus qu’au temple, éventuellement au crématorium, et rien n’est organisé au cimetière.

En outre, plusieurs pasteurs remarquent une imprégnation de la pensée catholique, qui pousse à demander une cérémonie pour le mort ou à s’adresser au défunt. Or, la liturgie protestante est tournée vers les vivants et vers l’avenir. « Il est important de rappeler qu’il y a une espérance et que la mort n’est pas une fin en soi », insiste Pierre Unger, pasteur de l’UNEPREF dans les Cévennes. C’est parfois un défi de trouver la formule pour faire entendre une parole biblique d’espérance tout en laissant la place à des expressions parfois « un peu » de la foi, comme le dit Philippe Gunther. L’adaptation est alors au cœur de l’accompagnement.

« Chaque service est différent, personnalisé, bien qu’on suive le même cadre liturgique. Il faut que les gens se sentent accompagnés. J’essaie de donner un ton qui prend en compte le deuil et apporte une parole d’espérance », affirme Florence Blondon. Donner sens à ce qui se vit est sa priorité. Un jour, à la demande d’une jeune maman en deuil, elle trace un signe de croix sur les cercueils de jumeaux morts à la naissance. Le plus important, c’est de « rencontrer les gens là où ils sont et non d’appliquer le dogme stricto sensu », explique-t-elle. Régine Lehner, qui exerce en Moselle, raconte par ailleurs comment elle a organisé des cérémonies d’enterrement protestantes dans des églises catholiques, quand il n’y avait pas de temple ou pas d’édifice assez grand à disposition. Chacun estime la marge de liberté qui lui permet de répondre aux sollicitations des familles. Au final, même les personnes qui sont venues simplement « pour respecter le défunt découvrent quelque chose et ont de la reconnaissance », conclut Régine Lehner.

Quand les mots et les attitudes sont pensés pour être reçus par la famille endeuillée et faire du bien à tous, les réactions sont parfois étonnantes. Il arrivte que des personnes éloignées de l’Église y reviennent, voire s’y investissent. D’autres mettront beaucoup de temps à accepter la perte de l’être aimé. L’accompagnement après le deuil, qui n’est pas également pratiqué par tous les pasteurs, bien souvent faute de temps, est alors très utile.

doorip.com pour communiquer après un décès
Un nouveau service numérique vient d’émerger, complétant la prise en charge des obsèques par les pompes funèbres. Doorip.com répond à deux besoins. D’abord, communiquer à tous les contacts le lieu, le jour et l’heure des funérailles. D’autre part, rassembler les messages de condoléances mais aussi les souvenirs personnels et les photos que l’entourage voudra partager. Grâce à une page dédiée au défunt et sécurisée, ces éléments peuvent être réunis. Les informations pratiques sont ainsi transmises rapidement par courriel ou sms. L’interface, facile, sobre et personnalisée, permet à chacun de prendre le temps de réfléchir à l’hommage qu’il souhaite laisser et de rédiger son message à un moment choisi, éventuellement de faire un don en mémoire du défunt. Un service d’autant plus utile que les proches sont de plus en plus dispersés. Or, plus la distance sépare, plus on éprouve le besoin d’écrire pour être ensemble, comme le relève Clémentine Piazza. Cette ancienne directrice marketing d’un groupe du Cac 40 a rencontré beaucoup de familles avant de lancer sa start-up, en juillet. « Je suis convaincue que cela aide de ne pas enfermer le malheur en soi-même mais de le vivre », affirme-t-elle.

C. B.

http://reforme.net/une/religion/pasteurs-et-deuil-familles

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Contre le populisme,reforme, protestant,racisme,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #racisme

CAMP DE MIGRANTS À PARIS, DÉBUT SEPTEMBRE © ARNAUD JOURNOIS /PHOTOPQR/LE PARISIEN
BIBLE & ACTUALITÉSOCIÉTÉ 6 OCTOBRE 2016
Auteurs
Michel Bertrand
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Contre le populisme


Comment résister aux tentations populistes et racistes ? La réponse du pasteur Michel Bertrand.


A regarder


Raz-de-marée des populismes, c'est le thème de l'émission Place des Protestants, diffusée dimanche 9 octobre de 10h à 10h30 sur France2.
Dans une récente enquête de L’Observatoire de la Démocratie (1), les Français disent à la fois leur attachement à cette forme de gouvernement et leur conviction qu’elle fonctionne mal. Ils considèrent même qu’elle est en danger. L’une des principales causes de cette crise serait « l’extrémisme, le populisme et la xénophobie ». Car la démocratie a besoin pour vivre que soient « respectées les libertés fondamentales ». C’est la condition pour « refaire société », c’est-à-dire vivre ensemble, sur la base d’une visée commune, dans le respect de la pluralité. Défi difficile à relever, notamment en ce moment, compte tenu des risques liés « au terrorisme, à l’islamisme, aux intégristes religieux », également pointés comme des raisons de fragilisation de la démocratie. Alimentée par ces menaces, la volonté d’écarter l’autre différent de la communauté nationale s’affirme comme une tendance lourde de nos sociétés occidentales.


On perçoit, de toutes parts, des attitudes de méfiance et des réactions de rejet à l’égard des réfugiés qui arrivent en Europe, pas seulement en Hongrie (malgré « l’échec » du référendum), mais encore ces jours-ci dans nos villes et nos villages, à la suite de la décision gouvernementale de démantèlement de la « jungle » de Calais ; même s’il faut aussi saluer les élans de générosité et d’accueil. Les expressions rigides et sectaires du laïcisme qui stigmatisent, excluent et voudraient réprimer les religions, expressions d’une relation à un Autre, notamment celles issues de la tradition musulmane.


Fièvre identitaire


La fièvre identitaire, alimentée par les médias, qui s’empare des politiques et de quelques intellectuels malheureux, et qui n’est souvent que le masque effrayant du racisme et de la xénophobie. Le recours à une histoire mythique comme source de légitimation d’une politique d’assimilation, méprisant les singularités culturelles ; option selon laquelle, pour faire société, il faudrait être tous pareils. Ces idéologies d’intolérance, loin de combattre le communautarisme comme elles le prétendent, ne peuvent que l’alimenter. Car les « autres différents », menacés et victimisés, sont alors tentés de se réfugier dans la sécurité de communautés qui ne rassemblent que des semblables.


Ces constats sont récurrents et risquent de tourner à l’impuissance incantatoire. Sauf qu’ils deviennent de plus en plus manifestes et avérés, polluant le débat public et alimentant des surenchères inquiétantes, pour le plus grand bénéfice des extrémismes. Il y a donc une responsabilité morale et citoyenne face à ceux qui aujourd’hui font du refus de l’autre leur fonds de commerce. Car, comme Paul Ricœur l’a montré (2), l’altérité est précieuse. L’autre extérieur à moi m’est indispensable pour me construire, me comprendre et me dire, dans une relation de réciprocité.


De cette altérité, l’étranger est, dans la Bible, une expression fondamentale. Cette réalité est au cœur de la mémoire du peuple d’Israël. Se souvenant qu’il a été étranger et esclave (3), il témoignera à son égard d’empathie et de sollicitude, d’hospitalité et de solidarité : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même (4). » Mais la Bible montre également que la figure de l’étranger touche à la compréhension de l’existence du croyant devant Dieu. « Étranger sur la terre (5) », c’est d’un Autre qu’il reçoit le sens ultime de son existence, son identité et son salut. Luther parlera de la foi comme d’une confiance qui « nous arrache à nous-mêmes et nous établit hors de nous (6) ». Par conséquent, ceux qui vivent de ce qu’un Autre a fait pour eux sont particulièrement fondés à souligner la richesse de l’altérité et à la défendre.


Alors, au moment où se mettent en œuvre des décisions gouvernementales concernant les réfugiés, où l’Europe est tentée par le repli identitaire, où les prochaines échéances électorales suscitent débats et projets, il appartient aux Églises, aux paroisses, aux chrétiens, d’être vigilants, afin de résister, en parole et en actes, à toutes les formes d’exclusion. Toujours faire une place à l’autre et, notamment aujourd’hui, « pour les exilés : l’accueil d’abord ».


(1). www.institut-viavoice.com
(2). Soi-même comme un autre, Seuil, 1990.
(3). Ex.22,20 ; 23,8 ; Dt 5,15 ; 10,19 ; 24,22 ; 26,5.
(4). Lv 19,34.
(5). Hb 11,13 ; 13,14.
(6). Commentaire de l’épître aux Galates, Œuvres, tome XVI, Labor et Fides.

http://reforme.net/une/societe/contre-populisme

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Honneur aux Gaulois inconnus !,reforme, protestant,histoire,histoire de france,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #histoire de france, #histoire

"LE MYTHE A ÉTÉ AINSI DÉVELOPPÉ D’UNE ORIGINE GAULOISE UNIQUE, AVEC SES HÉROS QUI AURAIENT CONTRIBUÉ À CONSTRUIRE LE PAYS"© BY FABIEN1309 [CC BY-SA 2.0], VIA WIKIMEDIA COMMONS
BIBLE & ACTUALITÉIDENTITÉ 29 SEPTEMBRE 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
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Honneur aux Gaulois inconnus !


L'identité est plurielle nous dit la pasteure Marie-Odile Wilson, qui va à l'encontre du discours rabâché par nos politiques.


La question de l’identité rebondit depuis quelque temps dans de nombreuses strates de notre société, reprise à l’envi dans les médias. L’identité, c’est ce besoin inassouvi qui sans doute entraîne, lit-on ici ou là, un certain nombre de jeunes en dérive vers une radicalisation extrême. C’est aussi cette corde qui est jouée fortissimo par nos politiques en mal d’audience et d’électeurs, au point d’en appeler à une origine commune homogène largement mythique à la Astérix le Gaulois, avec le soutien de Jeanne la Pucelle. Certains ont l’identité heureuse, d’autres sont en recherche de ce sésame…


Un tel besoin est légitime, il peut même être criant. On pense à Ruth : « Où tu iras, j’irai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; là où tu mourras, je mourrai, et c’est là que je serai ensevelie. » Mais pour que cette identité revendiquée à grands cris soit reconnue, il faut encore que le peuple qui accueille accepte de faire du demandeur un de ses membres.


C’est effectivement ce qui s’est passé pour Ruth, que le destin a choisie comme la grand-mère de David, comme une ancêtre de Jésus. Voilà l’étrangère, la Moabite, devenue un des cinq noms féminins cités dans la généalogie de Jésus, parmi une litanie de prénoms masculins.


L’exemple de Ruth


Elle a reçu dans l’affaire, un nom, une lignée, une sécurité, une famille, un peuple. Outre une descendance illustre, qu’a-t-elle apporté, elle, à ce peuple qu’elle a fait sien et dont on imagine, à tort, qu’il n’aurait que des convictions xénophobes et séparatistes ? Eh bien justement, son histoire et sa descendance sont un des contrepoints à d’autres textes de notre Premier Testament qui tendraient à exclure tout rapport avec des étrangers, et pire encore avec des étrangères.


Si bien qu’avec Ruth, il n’est plus loisible de parler de pureté du sang, d’unicité d’origine, de judaïsme hérité par la mère ! Car toute nation, Israël compris, France comprise, est le résultat de rencontres, d’échanges, d’unions, de mélanges d’origines et de cultures qui sont le creuset d’un peuple qui toujours se renouvelle. Elle en est un bel exemple.


Il est bon de se donner les moyens d’en prendre conscience pour sortir d’une caricature sans doute sympathique mais extrêmement sclérosante, qui date du XIXe siècle, avec à l’époque l’ambition de réunifier la France, mise à mal dans son unité par la guerre civile que fut la Révolution. Le mythe a été ainsi développé d’une origine gauloise unique, avec ses héros qui auraient contribué à construire le pays. Si nous regardions autrement ? Si nous allions à la recherche de ces autres apports qui ont fait de nous ce que nous sommes… dans notre diversité ? Ainsi, un colloque s’est tenu récemment au musée du Louvre, intitulé « Les arts de l’islam en France », il s’agissait de mieux comprendre cet héritage culturel peu connu chez nous et qui remonte à très loin dans notre histoire, ce que démontre le développement assez récent d’une archéologie de la période médiévale, une période riche en échanges de toutes sortes.


Sommes-nous conscients que bon nombre de ces « étrangers » que nous nous échinons à repousser par la force ou par notre indifférence coupable sont potentiellement des éléments de vitalité pour notre pays comme Ruth l’a été pour le sien ? Et que c’est justement avec leurs différences, avec l’espérance qui est la leur de vivre dans un monde meilleur, qu’ils impulsent à notre société une énergie qui va vers l’avenir bien plus dynamique qu’un pseudo-élan qui nous viendrait de notre passé ?


Rappelons-nous l’engagement des goumiers marocains, des tirailleurs sénégalais et de tous les soldats venus de nos colonies, grâce à qui nous pouvons aujourd’hui nous dire encore français. Ils ont contribué à écrire l’histoire de la France sans éprouver forcément le besoin de se reconnaître gaulois. Et tous ces étrangers, Espagnols, Africains ou Asiatiques, qui ont combattu dans la Résistance et qui ont laissé leurs noms ici ou là sur les stèles commémoratives ! Quand leur ferons-nous une place dans notre récit national ?

http://reforme.net/une/societe/honneur-aux-gaulois-inconnus

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Relire l’Histoire,histoire,histoire de france,politique,reforme,

18 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #histoire de france, #histoire, #politiques, #reforme

Relire l’Histoire


Combien de fois les Français républicains n’ont-ils pas jugé leurs aînés des années trente ?


« Ils étaient vraiment trop naïfs et n’ont pas vu le danger venir » ou bien : « Pendant qu’Hitler et Mussolini menaçaient nos frontières, ils se divisaient en vaines querelles. » On en passe et de pires. La conclusion de ces propos de comptoir était toujours la même, proclamée sur un ton martial : « Jamais nous ne laisserons faire. » Aujourd’hui que les drames que l’on sait nous plongent non seulement dans l’horreur mais encore dans des abîmes de perplexité, la modestie nous gagne. L’heure a peut-être sonné de relire l’Histoire. Cette année, nous célébrons le 80e anniversaire du Front populaire. Aussitôt surgissent les images de liesse collective, associées, dans un délicieux folklore, aux premiers congés payés. Ces représentations nous émerveillent parce que rien n’est photogénique comme la joie.


Les partisans du Front populaire avaient le désir de conjurer la tragédie. « Nous avons profité du jour de la Pentecôte pour accrocher les œufs de Pâques de la Saint-Barthélemy dans l’arbre de Noël du Quatorze Juillet cela a fait mauvais effet », remarque Jacques Prévert dans un poème. Il est vrai que les périls ne manquaient pas : guerre civile en Espagne, antisémitisme virulent, volonté de remplacer la République par un régime autoritaire, désir à peine voilé, pour certains, d’associer la France à l’Allemagne nazie,
à l’Italie fasciste.


Au-delà de l’évocation d’un grand événement de notre histoire, ce numéro spécial aimerait faire toucher du doigt la complexité, politique, sociale et culturelle, d’une épopée. Non pour en dire les « ombres » – une expression qui tourne au cliché – mais pour en souligner les fragilités.


Les Français d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose en commun avec ceux de l’été 36. Mais chacun pourra tirer de cette aventure des leçons pour demain. « No pasaran », disaient les Catalans.

http://reforme.net/journal/%5Breforme-numero-publication%5D/evenement/editorial/relire-histoire

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Ces mineurs étrangers qu'on accueille,protestant,enfants,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #enfants, #respect, #racisme, #reforme

© RANIERI MELONI/ISTOCKPHOTO
DOSSIERMIGRANTS MINEURS ISOLÉS 9 JUIN 2016
Auteurs
Agnès Morel
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Ces mineurs étrangers qu'on accueille


Parmi les migrants qui arrivent chaque jour sur les côtes grecques ou italiennes, un tiers sont des enfants, dont beaucoup de mineurs non accompagnés. Quelles sont les mesures prises pour les accueillir ?


Lire le témoignage à Genoble


Témoignage de Anne-Marie Cauzid, du diaconat protestant de Grenoble, est présidente de la commission « Accueil de l’étranger » de la Fédération de l’Entraide protestante et membre du réseau Ésaïe qui accueille les étrangers à la rue dans les familles, en cliquant ici.
Anne Hidalgo a annoncé la semaine passée la construction d’un camp humanitaire au nord de Paris. Si la Ville de Paris s’est résolue à intervenir, c’est qu’il y a urgence. La France a beau ne pas être sur les routes migratoires principales, qui passent par la Méditerranée et les Balkans, une centaine de migrants demandent l’hospitalité chaque jour. À peine évacués, les bidonvilles se reforment ailleurs. Dernier en date, celui des jardins d’Éole, évacué le 6 juin après l’apparition de la tuberculose.


Dans ces campements de fortune, certains paraissent tout jeunes : ce sont des « mineurs isolés étrangers » (MIE) ou « mineurs non accompagnés », c’est à dire des enfants de moins de 18 ans, venus ici sans leur famille. Ou bien qui ont perdu leur accompagnateur. On estime généralement qu’ils seraient 6 500 dans ce cas en France, mais les associations évoquent le double. Majoritairement des garçons, de 16 ans à peine, originaires d’Afrique subsaharienne, d’après un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales).


Ces mineurs, même s’ils sont entrés clandestinement sur le territoire, bénéficient, en théorie, d’un statut protégé : selon la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (1) que la France a ratifiée en 1989, les MIE doivent être considérés comme des « enfants en danger » et être rapidement en charge par l’État. C’est-à-dire être « mis à l’abri » par l’Aide sociale à l’enfance du département (Ase) où ils se trouvent, avec un accueil d’urgence de 5 jours, puis orientés vers une structure d’accueil, leur assurant hébergement et scolarisation (lire p. 10). Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe…


Première difficulté : l’établissement de leur situation. Pour bénéficier de ce statut, qui les empêche d’être expulsés, il faut d’abord prouver son isolement et sa minorité. On estime que seulement la moitié des demandes seront acceptées. « Au vu des enjeux, il y a forcément un peu de fraude », explique Pierre Henry, le directeur de France terre d’asile, qui a longtemps géré la permanence d’accueil à Paris pour le compte de l’Ase, avant qu’elle ne soit déléguée à la Croix-Rouge.


Test osseux


L’évaluation est double. L’administration, avant de se prononcer, entend vérifier le récit du migrant (pourquoi est-il parti ? quelles ont été les étapes de son parcours ?) ainsi que la cohérence de son état civil, entre son acte de naissance, son passeport, et, sans le dire clairement, son apparence physique. Une évaluation très difficile, pour Rozenn Le Berre (2), ex-éducatrice, qui a recueilli le témoignage de jeunes candidats pendant 18 mois. « L’Ase nous poussait à les présumer majeurs, ce que j’ai toujours évité de faire, raconte-t-elle. Pour autant, ce n’était pas facile de trancher, le récit peut être bancal, les papiers falsifiés, etc. Sans parler de la pression des enjeux… » Plus de bienveillance, c’est également ce que demandait en février dernier le Défenseur des droits.


Mais l’heure est à la suspicion. Lorsqu’un doute subsiste, la justice peut demander une expertise médicale, une radiologie du poignet qui permettrait de donner l’âge du jeune. « Il s’agit d’un test osseux dont la fiabilité scientifique est contestée même par l’Académie de médecine, car il a été élaboré dans les années 50, sur des adolescents américains, et présente une marge d’incertitude de dix-huit mois », se désole Anne-Marie Cauzid, de la commission « Accueil de l’étranger » de la Fédération de l’Entraide protestante. Malgré la mobilisation des associations qui demandaient leur interdiction, ces tests ont été maintenus dans la dernière loi sur la protection de l’enfance, promulguée en mars dernier. Au grand regret des opposants, comme le député socialiste Denys Robiliard.


L’administration aurait elle intérêt à ralentir le processus ? Car c’est bien là l’enjeu : le temps. Il peut se passer des semaines avant d’obtenir un rendez-vous, puis le résultat de son évaluation, puis le jugement… ce qui laisse les jeunes désœuvrés des mois entiers, sans être scolarisés. Zain, un jeune Parkistanais, a passé ainsi trois mois à l’hôtel, en attendant le résultat de son évaluation, puis l’entrée dans une structure d’accueil. À perdre son temps. Pour beaucoup, c’est la course contre la montre. S’ils sont acceptés avant l’âge de 16 ans, il leur sera plus facile d’obtenir à leur majorité une carte de séjour.


La prise en charge s’arrête en effet l’année de leurs 18 ans, sauf en cas de signature d’un « contrat jeune majeur », rarissime. La régularisation n’est alors possible qu’à condition d’avoir donné des gages de son intégration, c’est-à-dire être engagé dans une formation professionnelle ou avoir décroché un emploi. Sinon, ils peuvent recevoir une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et être expulsé.


Si la France rechigne à accepter ces mineurs non accompagnés, c’est à la fois une question politique (ne pas encourager les migrations) et, bien sûr, une question de financement. En pleine restriction budgétaire, les départements, qui doivent prendre en charge ces mineurs au titre de la protection de l’enfance, se disent « saturés ». Dans les faits, ils ont surtout peur de voir les jeunes affluer. Après avoir fait annuler l’an passé, en Conseil d’État, le système de répartition territoriale permettant d’alléger les territoires les plus touchés, comme l’Ile-de-France, le couloir rhodanien et le Nord (circulaire Taubira de 2013), l’Assemblée des départements de France remonte actuellement au créneau : « La situation actuelle est absolument intenable », écrit son porte-parole Arnaud Bazin, dans un communiqué en forme de « cri d’alarme » paru en mars dernier.


10 000 disparus ?


« Un discours inaudible », aux oreilles de Pierre Henry, qui appelle à plus de solidarité puisque « plus de la moitié des départements ne jouent pas le jeu ». « C’est scandaleux ! C’est à croire qu’on ne peut recevoir, décemment, en France, 8 000 jeunes », s’indigne-t-il. Mais force est de constater que sur le terrain malgré toutes les bonnes volontés, les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous : manque de ressources, d’éducateurs, de traducteurs, de psychologues, manque de chambres d’hôtel ou en foyer… À Paris, les chambres d’hôtel disponibles pour la procédure de mise à l’abri, qui ne suffisaient plus, ont dû être revues à la hausse. Devant tous ces obstacles, beaucoup de jeunes, qui ont traversé déjà bien des épreuves pour arriver jusqu’ici, doivent se débrouiller pour trouver un endroit où dormir. Une situation d’une extrême précarité. « Quand on n’est pas reconnu mineur, on tombe dans un no man’s land juridique », explique Anne-Marie Cauzid, qui avec une vingtaine de familles grenobloises, héberge des jeunes à la rue (lire ci-contre). S’ils ne sont pas pris en charge par l’Ase, il est également impossible aux « mineurs déclarés majeurs » de faire appel aux services d’urgences, comme le 115.


Résultat : « Les jeunes reprennent leur paquetage et repartent tenter leur chance ailleurs », observe Geneviève Colas, présidente du collectif Ensemble contre la traite des êtres humains.


Sortant par là des fichiers statistiques, ce qui pourrait alimenter les chiffres cités par Europol, l’agence européenne de coordination policière : 10 000 mineurs non accompagnés auraient disparu, en Europe, au cours des 24 derniers mois. En partie du moins, car nombre d’entre eux pourraient être tombés dans des trafics de narcotrafiquants, être victimes de travaux forcés ou d’exploitation sexuelle.


Une situation qui interroge : qu’attend la France pour combattre clairement la traite des êtres humains ? Et qu’attend-elle pour s’occuper véritablement de ces mineurs non accompagnés ?


(1). « Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial a droit à une protection et une aide spéciales de l’État. »
(2). Rozenn le Berre raconte son expérience ici : www.liberation.fr/apps/2016/03/mineurs-isoles-etrangers/#chapitre-3

http://reforme.net/une/societe/mineurs-etrangers-quon-accueille

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