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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

Philippe Gaudin : "L'islam est à la fois une partie du problème et de la solution",religion,islam,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #reforme, #islam

UN MÉMORIAL IMPROVISÉ À SAINT-ÉTIENNE-DU-ROUVRAY POUR LE PRÊTRE JACQUES HAMEL, ASSASSINÉ LE 26 JUILLET 2016© IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP
ÉVÉNEMENTSOCIÉTÉ  28 JUILLET 2016
Auteurs
Frédérick Casadesus
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Philippe Gaudin : "L'islam est à la fois une partie du problème et de la solution"

Le philosophe Philippe Gaudin, tirant les leçons de l’attaque de Nice, considère que l’exigence de vérité s’impose à l’ensemble de nos concitoyens.

Questions à Philippe Gaudin, philosophe, président de la commission des relations avec l’islam de la Fédération protestante de France.

Sommes-nous en guerre ?

Malheureusement, non, si l’on peut dire ! En effet la guerre est une relation juridique d’État à État, qui se livre suivant des lois, qui définit des droits ; lorsque ces droits sont bafoués, on parle de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité.

Pour prendre un exemple concret, je rappellerai que la France a toujours des soldats engagés au Mali, dans un cadre juridique précis que l’on peut nommer guerre. Sur notre territoire, les soldats et les policiers procèdent à la protection de la population, ils ne font pas la guerre. De surcroît, ceux qui se révèlent comme étant nos ennemis, c’est-à-dire qui veulent notre mort, sont des concitoyens.

Je signale au passage que ces ennemis ne sont pas toujours des victimes de notre République. Au contraire, ils en sont parfois les bénéficiaires, je pense aux frères Kouachi, notamment, qui ont reçu pendant leur jeunesse l’aide soutenue de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Quelles sont les conséquences de ce climat sur notre société ?

Avoir des ennemis, être haï est toujours une épreuve morale. D’abord parce que ce n’est pas agréable de sentir une menace peser sur soi, mais surtout parce que cela nous oblige à nous défendre. L’homme moderne occidental aime son confort et déteste rompre avec un idéal narcissique l’encourageant à être toujours quelqu’un d’aimable.

Nous ne devons pas être dupes de l’altruisme apparent : derrière la générosité des intentions, c’est bien la volonté de protéger son confort moral qui s’impose. Avec les attentats, ce confort est en train de voler en éclats. L’Europe est allée jusqu’au bout de la folie guerrière au XXe siècle et elle a voulu, avec raison, rompre avec cette logique. Mais l’Europe n’est pas le monde, alors même que le monde s’avance vers l’Europe. Trop longtemps, nous avons pensé ou cru qu’avoir des ennemis appartenait au passé. Nous prenons conscience que c’est une structure métaphysique de l’existence. Même à contrecœur, nous allons être obligés d’entrer dans l’existence, clarifier ce à quoi nous tenons et le défendre sans faille.

Qui sont nos ennemis ?

Je reconnais volontiers qu’il y a des Européens fraîchement convertis au djihadisme qui partent pour la Syrie, fascinés par une épopée, métaphysique ou héroïque, qu’ils croient capable de combler une existence qu’ils estiment vide de sens. Il semblerait que ce fût le cas de l’un des deux preneurs d’otages de l’église Saint Étienne du Rouvray.

Mais nous sommes obligés de constater que la grande majorité des djihadistes les plus dangereux sont des musulmans d’origine, et, bien entendu, essentiellement des hommes. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les causes historiques doivent être prises en compte : la mémoire des humiliations de la colonisation s’est transmise à l’intérieur des familles avec d’autant plus d’intensité que les mots ont pu manquer et que la majorité des Français paraissaient indifférents à cette mémoire. La crise économique et la misère sociale tiennent aussi leur place. Enfin, nous devons citer les causes religieuses et culturelles.

Cette grille d’interprétation multifactorielle est la plus sensée mais, pour certains, notamment bon nombre de ceux qui appartiennent aux élites économiques ou intellectuelles, le simple fait d’évoquer les causes culturelles et religieuses leur est insupportable, comme si elles niaient les autres causes, comme si elles déstabilisaient complètement leur position intellectuelle et sociale.

Il faut au contraire regarder le problème en face, dans toutes ses dimensions. Y compris la plus tragique, puisque ces ennemis ne veulent pas seulement notre mort mais aussi la leur, par une négativité absolue.

Nous n’avons pas devant nous celui qui prend le risque de la mort pour devenir le maître mais une épreuve métaphysique inédite où il faut tenter de le sauver avec nous-mêmes de l’empire de la mort.

Plus que jamais, la parole biblique est d’actualité : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisis la vie… »

Diriez-vous que l’islam pose problème en soi ?

L’islam est à la fois une partie du problème et pourrait être aussi une partie de sa solution.

Posons d’emblée que dès l’instant que l’on croit que Dieu lui-même est l’auteur éternel d’un texte qui existe de toute éternité et qui est écrit en arabe, il est difficile de dialoguer avec les autres et de passer outre ce qui relève, dans le Coran, des hommes et de la société arabe du VIIe siècle. Mais l’islam comme grande tradition religieuse peut en même temps permettre de lutter contre le djihadisme par sa capacité à fédérer les énergies positives : une personne affilée à une communauté religieuse dispose de relais pour s’intégrer, elle peut mettre en route une relation critique avec sa propre foi.

Faut-il espérer qu’un Luther vienne réformer l’islam ?

C’est une idée fréquente mais qui comporte un risque de contresens. La Réforme protestante avait le projet de retrouver un texte écrit par des hommes, recouvert par la tradition de l’Église, qui privait ainsi le peuple du rapport direct aux Écritures. Or, l’islamisme est précisément le fruit d’une volonté de réforme de l’islam, puisqu’il préconise un retour fondamentaliste à son propre moule.

Ce dont l’islam a besoin, c’est d’une approche scientifique historico-critique qui permette de lire le Coran comme un texte inspiré sans doute, mais qui empêche également de confondre Dieu avec la religion des hommes.

Ce ne sera pas une réforme, mais une révolution, qui redonnera vigueur à des tendances philosophiques et/ou mystiques minoritaires de l’islam qui ont été étouffées.

Comment cette révolution peut-elle advenir ?

C’est d’abord l’affaire des musulmans eux-mêmes. C’est ensuite l’affaire de tous de promouvoir la connaissance des religions contre la cécité volontaire, pour cause d’économisme et de marxisme qui n’en finit pas de mourir. Rendre populaire cet effort scientifique favorisera le débat public et fera prendre à chacun cette distance critique sans laquelle l’islam ne pourra connaître cette révolution dont je parle. J’ajoute que ce processus vaut pour toutes les religions, mais selon des conditions différentes, et n’est jamais acquis définitivement.

Quelle analyse formulez-vous des attentats de Nice ?

Il me semble évident que l’attentat était prévisible mais imparable. Je pense qu’il faut distinguer deux choses. D’une part, la colère populaire est légitime parce que les termes du pacte politique fondamental ont été rompus. On renonce à une partie de sa liberté en échange de la prise en charge de la sécurité collective par l’État. Si nos concitoyens ne sont plus en sécurité dans leur propre pays, il faut s’attendre aux pires dérives. Cette donnée concerne aussi l’insécurité dans les quartiers difficiles, où dealers et graines de djihadistes font la loi.

D’autre part, s’il est lamentable d’attaquer Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, qui sont des hommes d’État consciencieux, déterminés, qui n’ont jamais sous-estimé les menaces dont notre pays fait l’objet, nous devons souligner la responsabilité collective du personnel politique français – comme de la nôtre. La droite, qui ne pense qu’à la rentabilité, avec un mélange de désinvolture et un incroyable cynisme, ne voyait dans les immigrés qu’une force de travail, une armée d’automates qui n’auraient eu ni la moindre culture, ni monde symbolique, ni mémoire. La gauche, elle, mélange l’angélisme à l’hypocrisie manipulatrice, la vision du « gentil immigré » éternelle victime avec un ethnocentrisme qui fait du travailleur d’origine arabe l’équivalent du prolétaire interchangeable qui va apporter sa voix aux élections.

Le criminel de Nice était peut-être déséquilibré, mais il était aussi de culture musulmane, faute d’être religieux. Comment se fait-il qu’un certain nombre d’hommes musulmans se retrouvent dans une situation aussi critique ?

C’est une question que nous devons poser publiquement, pour obliger la communauté nationale à trouver des réponses véritables. Et, sans dogmatisme, il est difficile de chercher à comprendre ces actes de violence en faisant fi de l’influence de l’islam dans son parcours : à la fois comme une identité vide initiale – puisqu’il n’était pas du tout religieux – et comme recours mortifère ultime, via l’idéologie djihadiste.

Jusqu’où aller dans la répression ?

Le droit n’est pas la morale. L’idée de droit est liée à la contrainte et donc à la force. Un État de droit qui n’a pas la force avec lui n’est plus rien ou la risée de ses contemporains.

Ce n’est pas parce que Jésus est l’objet de la risée des autres avant d’être crucifié qu’un État doit prendre cette place-là. Arrêtons ce genre de stupide confusion des plans qui peut jouer un rôle dans l’inconscient des Européens d’origine chrétienne. Au mois de janvier, puis au mois de novembre 2015, le mouvement de sympathie de nos concitoyens pour les forces de l’ordre a peut-être marqué un tournant. Le fait que des jeunes gens divers et talentueux veuillent s’engager dans la police ou l’armée me semble être un signe positif.

Toute la difficulté consiste à mettre la force au service des principes qui sont les nôtres – les droits humains, la démocratie, etc. Cela suppose de travailler en alchimistes et de retrouver collectivement, quelle que soit la diversité de nos convictions, un bon moral qui ne sera solide que s’il passe par le courage de la vérité.

Propos recueillis par Frédérick Casadesus

http://reforme.net/une/religion/philippe-gaudin-lislam-est-a-fois-partie-probleme-et-solution

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Les pasteurs protestants et le deuil des familles,protestants,reformes,familles,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #familles,

C’EST EN SE TOURNANT VERS LES VIVANTS QUE LA RECONNAISSANCE PEUT SE MANIFESTER© STEPHEN RADFORD/UNSPLASH
DOSSIERDEUIL  27 OCTOBRE 2016
Auteurs
Claire Bernole
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Les pasteurs protestants et le deuil des familles

Les pasteurs en accompagnement de situations de deuil doivent s’adapter aux demandes des proches du défunt qui tendent parfois à s’éloigner de la liturgie protestante.

À noter

doorip.com
Accompagner une famille dans le deuil est toujours un moment d’une rare intensité partagé entre le pasteur et l’entourage du défunt. « Je n’ai pas de plaisir avec la mort mais je rencontre des gens que la souffrance rend fragiles, disponibles et vrais. Il y a peu d’endroits où il y a tellement de vérité et de fragilité qui ne se cache plus », confie Franck Nespoulet, pasteur de l’EPUdF, aumônier en maison de retraite à Lyon. Et Florence Blondon, pasteur de l’EPUdF à Paris, de renchérir en soulignant que « des choses essentielles se disent très rapidement, sur sa vie et sur celle du défunt ». En somme, la fin de vie condense tout ce qu’on peut dire sur la souffrance et l’humain en général, ainsi que le souligne le pasteur Charles, qui a eu l’occasion d’intervenir à plusieurs reprises sur le sujet et dernièrement à l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne. Dès lors, savoir accueillir la tristesse, ne pas chercher à consoler de l’inconsolable mais se montrer à l’écoute, prendre le temps avec les proches, offrir des mots et des gestes justes… tout cela est indispensable.

Conscients de l’enjeu

Le moment consacré à la préparation de la cérémonie va jouer un rôle décisif pour la qualité de l’accompagnement pastoral. Le temps qui y est consacré varie beaucoup, parfois jusqu’à deux heures. Mais la plupart des pasteurs ne se confondent pas en calculs, ni avant ni après la cérémonie. Même si leur formation est relativement inégale pour gérer les situations de deuil, tous sont évidemment conscients de l’enjeu. « De tous les événements, le deuil est le plus sensible et le plus important, celui qu’il faut soigner le plus », insiste Régine Lehner, pasteur de l’UEPAL. Car contrairement au baptême ou au mariage, il n’y a pas de fête à l’arrière-plan.

À l’oreille du pasteur, on raconte la mort, on verbalise sa peine, sa colère, sa souffrance. La réponse est à la fois toujours la même, car la douleur n’a ni sexe, ni couleur, ni âge, ni graduation, et sans cesse à réinventer. Parfois, les parcours de vie ne sont pas limpides, le tissu familial a été déchiré, raccommodé… « Mon rôle est de mettre les personnes à l’aise, de les laisser parler sans les juger. On ne prépare pas seulement une cérémonie. Ce temps où on retrace le parcours fait du bien. Ce n’est pas du voyeurisme. En parlant de l’autre, les gens parlent d’eux », constate Philippe Gunther, pasteur de l’UEPAL pendant 35 ans. Aujourd’hui inspecteur ecclésiastique à Strasbourg, il rappelle que, bien souvent, le temps de l’entretien avec le pasteur est le premier moment où les familles peuvent enfin se poser après l’annonce du décès.

De plus en plus souvent, ces familles ont certes un lien avec le protestantisme, ne serait-ce que par le biais de la personne décédée, mais ne fréquentent pas le temple. Si la vérité de l’instant permet des échanges honnêtes et profonds même quand on ne se connaît pas, il faut toutefois composer une cérémonie avec des gens qui n’en ont plus les codes. Difficile quand ils ne connaissent ni
les textes bibliques ni les cantiques. La plupart du temps, ils demandent « quelque chose », « une petite bénédiction », comme le rapporte Philippe Gunther. Et si possible courte : 30 à 45 minutes, selon le lien du défunt avec la paroisse. Dans l’immense majorité des cas, la cérémonie ne se déroule plus qu’au temple, éventuellement au crématorium, et rien n’est organisé au cimetière.

En outre, plusieurs pasteurs remarquent une imprégnation de la pensée catholique, qui pousse à demander une cérémonie pour le mort ou à s’adresser au défunt. Or, la liturgie protestante est tournée vers les vivants et vers l’avenir. « Il est important de rappeler qu’il y a une espérance et que la mort n’est pas une fin en soi », insiste Pierre Unger, pasteur de l’UNEPREF dans les Cévennes. C’est parfois un défi de trouver la formule pour faire entendre une parole biblique d’espérance tout en laissant la place à des expressions parfois « un peu » de la foi, comme le dit Philippe Gunther. L’adaptation est alors au cœur de l’accompagnement.

« Chaque service est différent, personnalisé, bien qu’on suive le même cadre liturgique. Il faut que les gens se sentent accompagnés. J’essaie de donner un ton qui prend en compte le deuil et apporte une parole d’espérance », affirme Florence Blondon. Donner sens à ce qui se vit est sa priorité. Un jour, à la demande d’une jeune maman en deuil, elle trace un signe de croix sur les cercueils de jumeaux morts à la naissance. Le plus important, c’est de « rencontrer les gens là où ils sont et non d’appliquer le dogme stricto sensu », explique-t-elle. Régine Lehner, qui exerce en Moselle, raconte par ailleurs comment elle a organisé des cérémonies d’enterrement protestantes dans des églises catholiques, quand il n’y avait pas de temple ou pas d’édifice assez grand à disposition. Chacun estime la marge de liberté qui lui permet de répondre aux sollicitations des familles. Au final, même les personnes qui sont venues simplement « pour respecter le défunt découvrent quelque chose et ont de la reconnaissance », conclut Régine Lehner.

Quand les mots et les attitudes sont pensés pour être reçus par la famille endeuillée et faire du bien à tous, les réactions sont parfois étonnantes. Il arrivte que des personnes éloignées de l’Église y reviennent, voire s’y investissent. D’autres mettront beaucoup de temps à accepter la perte de l’être aimé. L’accompagnement après le deuil, qui n’est pas également pratiqué par tous les pasteurs, bien souvent faute de temps, est alors très utile.

doorip.com pour communiquer après un décès
Un nouveau service numérique vient d’émerger, complétant la prise en charge des obsèques par les pompes funèbres. Doorip.com répond à deux besoins. D’abord, communiquer à tous les contacts le lieu, le jour et l’heure des funérailles. D’autre part, rassembler les messages de condoléances mais aussi les souvenirs personnels et les photos que l’entourage voudra partager. Grâce à une page dédiée au défunt et sécurisée, ces éléments peuvent être réunis. Les informations pratiques sont ainsi transmises rapidement par courriel ou sms. L’interface, facile, sobre et personnalisée, permet à chacun de prendre le temps de réfléchir à l’hommage qu’il souhaite laisser et de rédiger son message à un moment choisi, éventuellement de faire un don en mémoire du défunt. Un service d’autant plus utile que les proches sont de plus en plus dispersés. Or, plus la distance sépare, plus on éprouve le besoin d’écrire pour être ensemble, comme le relève Clémentine Piazza. Cette ancienne directrice marketing d’un groupe du Cac 40 a rencontré beaucoup de familles avant de lancer sa start-up, en juillet. « Je suis convaincue que cela aide de ne pas enfermer le malheur en soi-même mais de le vivre », affirme-t-elle.

C. B.

http://reforme.net/une/religion/pasteurs-et-deuil-familles

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Mieux former les Français à la laïcité,france,laicite,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #laicite, #religion

"LA RELIGION, C’EST JUSTE POUR LA SPHÈRE PRIVÉE ?"© STEVEN ESTES/UNSPLASH
RELIGIONSDE PAR LA FOI  20 OCTOBRE 2016
Auteurs
Sébastien Fath
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Mieux former les Français à la laïcité

Un sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France livre un résultat qui étaye  l'hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique.

Depuis les attentats de janvier 2015, le trouillomètre s’est emballé. Les Français ont peur. On veut des boucs émissaires. Pour certains, ce sont les migrants. Un tsunami d’exilés nous menacerait-il ? La réalité est pourtant différente. Moins de 9 % de la population vivant en France est immigrée (Insee). Et pour 10 000 habitants, l’Allemagne d’Angela Merkel accueille 74 réfugiés, tandis que la France de François Hollande n’en accueille qu’1,51 (chiffres Le Monde).

Pour d’autres lanceurs d’alerte, la cause de tous nos maux serait les musulmans. Ils font mine d’ignorer que l’immense majorité de nos concitoyens qui se réclament de l’islam boostent l’activité, la créativité, la mixité culturelle.

La religion accusée

Enfin, la religion est également au banc des accusés, surtout lorsqu’elle s’affiche. L’essayiste Jean-Paul Brighelli a publié à ce sujet un pamphlet rageur, Liberté, égalité, laïcité (2015). Il affirme : « La laïcité, c’est cela : le droit à toutes les croyances en tant qu’individu, l’obligation de n’en rien affecter ostensiblement en tant que citoyen. » (p. 21). Ah bon ? La religion, c’est juste pour la sphère privée ? Cette privatisation n’est pourtant pas constitutive du projet laïque. Selon la loi de la République, l’exercice du culte est public. Les acteurs religieux, comme les acteurs commerciaux, syndicaux, politiques, culturels, ont droit à l’expression publique, y compris pour débattre et convaincre, comme le rappelle l’Observatoire de la laïcité conduit par Jean-Louis Bianco. Mais la peur ambiante brouille les repères.

Le sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) livre un résultat qui étaye cette hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique. Seuls 48 % des Français(e)s interrogé(es) estiment « normal que les chrétiens communiquent leurs idées », tandis que 38 % valident l’énoncé contraire : « La foi est une affaire privée, il n’est pas normal que les chrétiens souhaitent communiquer leurs idées et leurs croyances avec quiconque. » Cette intolérance illustre une confusion entre laïcisme séculariste, qui discrimine la différence religieuse, et la laïcité française qui reste d’abord une liberté, et non un bâillon. On parle d’enseigner le fait religieux à l’école… Il serait grand temps aussi de relancer l’éducation à la laïcité !

http://reforme.net/une/societe/mieux-former-francais-a-laicite

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Contre le populisme,reforme, protestant,racisme,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #racisme

CAMP DE MIGRANTS À PARIS, DÉBUT SEPTEMBRE © ARNAUD JOURNOIS /PHOTOPQR/LE PARISIEN
BIBLE & ACTUALITÉSOCIÉTÉ 6 OCTOBRE 2016
Auteurs
Michel Bertrand
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Contre le populisme


Comment résister aux tentations populistes et racistes ? La réponse du pasteur Michel Bertrand.


A regarder


Raz-de-marée des populismes, c'est le thème de l'émission Place des Protestants, diffusée dimanche 9 octobre de 10h à 10h30 sur France2.
Dans une récente enquête de L’Observatoire de la Démocratie (1), les Français disent à la fois leur attachement à cette forme de gouvernement et leur conviction qu’elle fonctionne mal. Ils considèrent même qu’elle est en danger. L’une des principales causes de cette crise serait « l’extrémisme, le populisme et la xénophobie ». Car la démocratie a besoin pour vivre que soient « respectées les libertés fondamentales ». C’est la condition pour « refaire société », c’est-à-dire vivre ensemble, sur la base d’une visée commune, dans le respect de la pluralité. Défi difficile à relever, notamment en ce moment, compte tenu des risques liés « au terrorisme, à l’islamisme, aux intégristes religieux », également pointés comme des raisons de fragilisation de la démocratie. Alimentée par ces menaces, la volonté d’écarter l’autre différent de la communauté nationale s’affirme comme une tendance lourde de nos sociétés occidentales.


On perçoit, de toutes parts, des attitudes de méfiance et des réactions de rejet à l’égard des réfugiés qui arrivent en Europe, pas seulement en Hongrie (malgré « l’échec » du référendum), mais encore ces jours-ci dans nos villes et nos villages, à la suite de la décision gouvernementale de démantèlement de la « jungle » de Calais ; même s’il faut aussi saluer les élans de générosité et d’accueil. Les expressions rigides et sectaires du laïcisme qui stigmatisent, excluent et voudraient réprimer les religions, expressions d’une relation à un Autre, notamment celles issues de la tradition musulmane.


Fièvre identitaire


La fièvre identitaire, alimentée par les médias, qui s’empare des politiques et de quelques intellectuels malheureux, et qui n’est souvent que le masque effrayant du racisme et de la xénophobie. Le recours à une histoire mythique comme source de légitimation d’une politique d’assimilation, méprisant les singularités culturelles ; option selon laquelle, pour faire société, il faudrait être tous pareils. Ces idéologies d’intolérance, loin de combattre le communautarisme comme elles le prétendent, ne peuvent que l’alimenter. Car les « autres différents », menacés et victimisés, sont alors tentés de se réfugier dans la sécurité de communautés qui ne rassemblent que des semblables.


Ces constats sont récurrents et risquent de tourner à l’impuissance incantatoire. Sauf qu’ils deviennent de plus en plus manifestes et avérés, polluant le débat public et alimentant des surenchères inquiétantes, pour le plus grand bénéfice des extrémismes. Il y a donc une responsabilité morale et citoyenne face à ceux qui aujourd’hui font du refus de l’autre leur fonds de commerce. Car, comme Paul Ricœur l’a montré (2), l’altérité est précieuse. L’autre extérieur à moi m’est indispensable pour me construire, me comprendre et me dire, dans une relation de réciprocité.


De cette altérité, l’étranger est, dans la Bible, une expression fondamentale. Cette réalité est au cœur de la mémoire du peuple d’Israël. Se souvenant qu’il a été étranger et esclave (3), il témoignera à son égard d’empathie et de sollicitude, d’hospitalité et de solidarité : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même (4). » Mais la Bible montre également que la figure de l’étranger touche à la compréhension de l’existence du croyant devant Dieu. « Étranger sur la terre (5) », c’est d’un Autre qu’il reçoit le sens ultime de son existence, son identité et son salut. Luther parlera de la foi comme d’une confiance qui « nous arrache à nous-mêmes et nous établit hors de nous (6) ». Par conséquent, ceux qui vivent de ce qu’un Autre a fait pour eux sont particulièrement fondés à souligner la richesse de l’altérité et à la défendre.


Alors, au moment où se mettent en œuvre des décisions gouvernementales concernant les réfugiés, où l’Europe est tentée par le repli identitaire, où les prochaines échéances électorales suscitent débats et projets, il appartient aux Églises, aux paroisses, aux chrétiens, d’être vigilants, afin de résister, en parole et en actes, à toutes les formes d’exclusion. Toujours faire une place à l’autre et, notamment aujourd’hui, « pour les exilés : l’accueil d’abord ».


(1). www.institut-viavoice.com
(2). Soi-même comme un autre, Seuil, 1990.
(3). Ex.22,20 ; 23,8 ; Dt 5,15 ; 10,19 ; 24,22 ; 26,5.
(4). Lv 19,34.
(5). Hb 11,13 ; 13,14.
(6). Commentaire de l’épître aux Galates, Œuvres, tome XVI, Labor et Fides.

http://reforme.net/une/societe/contre-populisme

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Honneur aux Gaulois inconnus !,reforme, protestant,histoire,histoire de france,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #histoire de france, #histoire

"LE MYTHE A ÉTÉ AINSI DÉVELOPPÉ D’UNE ORIGINE GAULOISE UNIQUE, AVEC SES HÉROS QUI AURAIENT CONTRIBUÉ À CONSTRUIRE LE PAYS"© BY FABIEN1309 [CC BY-SA 2.0], VIA WIKIMEDIA COMMONS
BIBLE & ACTUALITÉIDENTITÉ 29 SEPTEMBRE 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
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Honneur aux Gaulois inconnus !


L'identité est plurielle nous dit la pasteure Marie-Odile Wilson, qui va à l'encontre du discours rabâché par nos politiques.


La question de l’identité rebondit depuis quelque temps dans de nombreuses strates de notre société, reprise à l’envi dans les médias. L’identité, c’est ce besoin inassouvi qui sans doute entraîne, lit-on ici ou là, un certain nombre de jeunes en dérive vers une radicalisation extrême. C’est aussi cette corde qui est jouée fortissimo par nos politiques en mal d’audience et d’électeurs, au point d’en appeler à une origine commune homogène largement mythique à la Astérix le Gaulois, avec le soutien de Jeanne la Pucelle. Certains ont l’identité heureuse, d’autres sont en recherche de ce sésame…


Un tel besoin est légitime, il peut même être criant. On pense à Ruth : « Où tu iras, j’irai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; là où tu mourras, je mourrai, et c’est là que je serai ensevelie. » Mais pour que cette identité revendiquée à grands cris soit reconnue, il faut encore que le peuple qui accueille accepte de faire du demandeur un de ses membres.


C’est effectivement ce qui s’est passé pour Ruth, que le destin a choisie comme la grand-mère de David, comme une ancêtre de Jésus. Voilà l’étrangère, la Moabite, devenue un des cinq noms féminins cités dans la généalogie de Jésus, parmi une litanie de prénoms masculins.


L’exemple de Ruth


Elle a reçu dans l’affaire, un nom, une lignée, une sécurité, une famille, un peuple. Outre une descendance illustre, qu’a-t-elle apporté, elle, à ce peuple qu’elle a fait sien et dont on imagine, à tort, qu’il n’aurait que des convictions xénophobes et séparatistes ? Eh bien justement, son histoire et sa descendance sont un des contrepoints à d’autres textes de notre Premier Testament qui tendraient à exclure tout rapport avec des étrangers, et pire encore avec des étrangères.


Si bien qu’avec Ruth, il n’est plus loisible de parler de pureté du sang, d’unicité d’origine, de judaïsme hérité par la mère ! Car toute nation, Israël compris, France comprise, est le résultat de rencontres, d’échanges, d’unions, de mélanges d’origines et de cultures qui sont le creuset d’un peuple qui toujours se renouvelle. Elle en est un bel exemple.


Il est bon de se donner les moyens d’en prendre conscience pour sortir d’une caricature sans doute sympathique mais extrêmement sclérosante, qui date du XIXe siècle, avec à l’époque l’ambition de réunifier la France, mise à mal dans son unité par la guerre civile que fut la Révolution. Le mythe a été ainsi développé d’une origine gauloise unique, avec ses héros qui auraient contribué à construire le pays. Si nous regardions autrement ? Si nous allions à la recherche de ces autres apports qui ont fait de nous ce que nous sommes… dans notre diversité ? Ainsi, un colloque s’est tenu récemment au musée du Louvre, intitulé « Les arts de l’islam en France », il s’agissait de mieux comprendre cet héritage culturel peu connu chez nous et qui remonte à très loin dans notre histoire, ce que démontre le développement assez récent d’une archéologie de la période médiévale, une période riche en échanges de toutes sortes.


Sommes-nous conscients que bon nombre de ces « étrangers » que nous nous échinons à repousser par la force ou par notre indifférence coupable sont potentiellement des éléments de vitalité pour notre pays comme Ruth l’a été pour le sien ? Et que c’est justement avec leurs différences, avec l’espérance qui est la leur de vivre dans un monde meilleur, qu’ils impulsent à notre société une énergie qui va vers l’avenir bien plus dynamique qu’un pseudo-élan qui nous viendrait de notre passé ?


Rappelons-nous l’engagement des goumiers marocains, des tirailleurs sénégalais et de tous les soldats venus de nos colonies, grâce à qui nous pouvons aujourd’hui nous dire encore français. Ils ont contribué à écrire l’histoire de la France sans éprouver forcément le besoin de se reconnaître gaulois. Et tous ces étrangers, Espagnols, Africains ou Asiatiques, qui ont combattu dans la Résistance et qui ont laissé leurs noms ici ou là sur les stèles commémoratives ! Quand leur ferons-nous une place dans notre récit national ?

http://reforme.net/une/societe/honneur-aux-gaulois-inconnus

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Jean Druel, un prêtre en terre d'islam,religion,protestants,

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #protestants

DANS LE CENTRE QUE DIRIGE JEAN DRUEL SE RÉUNISSENT AUSSI BIEN UN GROUPE MIXTE DE CATHOLIQUES ET DE MUSULMANS QUE DES ATHÉES© CLAIRE WILLIOT
PORTRAITJEAN DRUEL 28 JUILLET 2016
Auteurs
Claire Williot
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Jean Druel, un prêtre en terre d'islam


Dominicain, Jean Druel dirige un centre de recherche consacré à l’islamologie, au Caire, qu’il maintient contre vents et marée.


À noter


En 2014, Réforme avait recensé le Petit manuel de speed dating avec Dieu, de Jean Druel.
Un compte-rendu à lire en cliquant ici.
Une petite cloche sonne la fin du repas. Les frères se lèvent, prononcent les grâces, et rejoignent le jardin du couvent pour le café. C’est au cœur de cette oasis de verdure et de sérénité qu’est installé l’Institut dominicain d’études orientales (Idéo). Il y a deux ans, Jean Druel a pris la tête de ce centre de recherche fondamentale consacré à l’islamologie et la culture arabe. Vingt-six chercheurs, dont huit dominicains basés au Caire, ont pour mission d’étudier l’islam « de l’intérieur ». « On essaye d’en avoir une approche empathique pour mieux en comprendre la beauté, la grandeur et la cohérence », résume Jean Druel. Pour cela, les chercheurs se penchent sur l’étude des textes écrits en arabe durant les dix premiers siècles de l’islam. Un vaste champ de recherche. « C’est un défi, mais c’est surtout une chance », admet Jean Druel. Il a soutenu son doctorat en grammaire médiévale.


D’autres frères lui ont préféré l’histoire de l’éducation chez les Mamelouks, la politique islamo-chrétienne en Andalousie, ou encore la philosophie religieuse. Derrière ces thèmes diversifiés, un même objectif : la contextualisation historique, politique, sociale et culturelle de ces ouvrages archaïques afin d’en éviter les mauvaises interprétations. « Les recherches, c’est la partie cachée de l’iceberg, explique Jean Druel. Mais c’est ce qui nous permet de créer une base de données intelligente de la pensée islamique. »


La culture arabe


La partie émergée de l’iceberg est faite de verre et de béton. La grande bibliothèque de l’Idéo ouvre ses portes quatre jours par semaine, mettant à disposition du public ses 125 000 ouvrages et quelque 1 800 revues. Une référence dans le monde arabe. Mais également sur la Toile.


Cette notoriété, l’Idéo la doit à El Kindi, le catalogue de bibliothèque accessible en ligne. « C’est notre danseuse, notre Rolls-Royce. On y met tout notre argent et nos efforts, s’enthousiasme Jean Druel. Nous avons voulu rendre la culture arabe accessible à ceux qui n’en parlent pas la langue, la présenter dans sa subtilité et sa finesse. » La nouvelle version du catalogue référence dans un cadre trilingue (arabe, anglais, français) les ouvrages, mais également toutes les données nécessaires à leur bonne compréhension telles que les relations entre maîtres et disciples ou les commentaires de l’œuvre. Une mine d’or pour les chercheurs du monde entier, pourtant de moins en moins nombreux à faire le déplacement. « Avant, ils venaient. Mais maintenant, tout le monde a peur. Tout ce que l’on entend de l’Égypte, ce sont les attentats, les avions qui tombent, les bombes », déplore Jean Druel.


Il est arrivé dans le pays complètement par hasard en 1994. Deux ans de coopération suffisent à le convaincre. De retour en France, il perfectionne son arabe et enchaîne les diplômes : licence de hiéroglyphes, master de théologie et de patristique copte. Depuis son retour, en 2002, Jean Druel se sent chez lui, en dépit d’un climat politique aujourd’hui morose. « À l’époque, les gens avaient des états d’âme, c’était assez bon enfant. Aujourd’hui, c’est ultratrash, violent, tout le monde est en taule, tout le monde est battu. »


Le dominicain est un conteur né. Son débit est parfois un peu rapide, mais bien articulé, toujours mesuré. Les sujets les plus lourds sont abordés avec sarcasme et légèreté. Sans doute un héritage de son enfance, passée dans une famille catholique « où l’on aimait bien rigoler ». Rien qui ne le prédestinait au monachisme. Tout a basculé lorsqu’il avait 18 ans. « Je révisais mes maths. Dieu est entré dans ma chambre et s’est assis sur mon lit. Ça a été le choc ! » Il décrit sa chambre, ses mains dessinent son bureau et le lit adjacent. Avant de préciser: « Je n’ai rien vu, rien entendu. Il s’agissait juste d’une présence, extrêmement bouleversante. J’ai résisté. Et puis, au bout d’un quart d’heure, j’ai plongé. »


Il se renseigne sur les différentes congrégations, et se tourne très rapidement vers les dominicains. « Je suis parti en retraite pendant les vacances. C’était intello, détendu. J’ai posé mes valises, je me suis tout de suite senti à la maison. »


Jean Druel passera plus de dix ans à apprivoiser la présence de Dieu. Pendant très longtemps, il n’ose pas parler de son expérience. « Je n’avais pas envie de passer pour un fou. » Vingt-cinq ans plus tard, il évoque sans complexe ses extases. Il en a même écrit un livre, Apprivoiser l’esprit, que son éditeur a renommé sans détour Petit manuel de speed dating avec Dieu.


Aujourd’hui, Jean Druel est serein. Une qualité qu’il met au service des jeunes du Caire, chrétiens, musulmans, ou non-croyants, au travers d’accompagnement spirituel. Pas question de bavarder mais bien d’identifier leurs problèmes et d’y apporter des réponses. « Je sors le bazooka, le scalpel ou la hache. Certains frères me disent que je suis trop brutal mais je ne sais pas faire autrement. Et généralement, ça marche bien. »


Des salafistes et des artistes


Dans les locaux de l’Idéo, les salafistes côtoient les Frères musulmans, les libéraux, les activistes et les artistes... « On met à la disposition des gens un lieu où se rencontrer. » Deux fois par semaine, l’institut met à disposition l’une de ses salles. « Pour des groupes associatifs. Il y a par exemple un groupe mixte de chrétiens et de musulmans. Ni les paroisses, ni les mosquées ne veulent les recevoir. On accueille aussi les athées. »


À l’Idéo, finalement, il n’est pas tant question de religion que de spiritualité. « On a compris que la mission chrétienne en pays musulman ne focntionnait pas, et plus fondamentalement que les musulmans sont déjà croyants. Du coup, est-il plus urgent de les convertir, ou d’inciter les gens à faire un lien entre leur vie quotidienne et leur foi ? Ça, c’est la foi dans la rue, celle qu’on vit. La foi de tous les jours. Il faut la sortir des sacristies. En Égypte, c’est très important. C’est ma mission. » Et si Jean Druel laisse certains circonspects, il la poursuivra.

http://reforme.net/une/rencontre/jean-druel-foi-rues-caire

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Protestantisme : 2017, c'est parti !,protestants,histoire,

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire

L’année des 500 ans de la Réforme a été lancée vendredi 23 septembre sur le thème de la fraternité, avec la volonté de porter une parole forte dans la société.

http://reforme.net/une/religion/protestantisme-2017-cest-parti

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Claudio Capéo - On n'est pas couché 27 août 2016 #ONPC

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #solitude, #societe

Claudio Capéo - On n'est pas couché 27 août 2016 #ONPC

https://www.youtube.com/watch?v=Y9GCM9DZUJo

LA PAROLE D AMOUR DE DONNER SANS RIEN EN ATTENDRE EN RETOUR ET FAIRE LE BONHEUR D UNE PERSONNE C EST BEAU, l aide aux autres c est important !!!!!, aidez vous les uns les autres !!!!!!!Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autre, voila a quoi me fais penser un peu cette chanson ; cette image de donner un soleil a cette personne sdf c est beau !!!!!!pareil pour la fleur donner a cette personne sur un banc , une petite preuve d amour ou d amitié !!!!!!!!IL PARLE AUSSI DE LA RÉSILIENCE ,THÉORIE INVENTE PAR BORIS CYRULNIK , il t est tombe et il est remonter


VOILA MON ANALYSE DE LA CHANSON

JE LIKE LA CHANSON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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VOILA MON ANALYSE DE LA CHANSON

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Quand Dieu s'invite au café,religion,protestants,

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #protestants

LE PASTEUR ARNAUD SCHRODI A OUVERT AVEC SA FEMME UN CAFÉ PAS COMME LES AUTRES© FABIENNE DELAUNOY
CAFÉ ASSOCIATIFRELIGIONS 6 OCTOBRE 2016
Auteurs


Quand Dieu s'invite au café


Dans le quartier de la Krutenau, à Strasbourg, un coffee shop d’un genre nouveau propose animations et rencontres diverses et promeut l’insertion.


À noter


www.ohmygoodnesscafe.fr
Tout est fait pour se sentir bien chez Oh my Goodness (1) : un décor chic, des fauteuils qui vous invitent à vous prélasser, des baristi, selon l’appellation à la mode, souriants et un large choix de café. La marque de fabrique de ce coffee shop associatif, c’est de faire du bien aux gens. Pari réussi.


Le défi était osé pour Arnaud Schrodi, pasteur de l’Église évangélique de la Krutenau, un quartier branché et étudiant de Strasbourg, et son épouse Colette, chargée de communication pour l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine. Le projet a tellement plu que l’association Un cœur pour Strasbourg, dont Arnaud Schrodi est le président, et qui porte le café associatif, a reçu de nombreuses contributions financières et humaines. Plus d’un an après son lancement, les fauteuils d’Oh my Goodness sont pleins, les mokas et expressos préparés avec soin et le café fait travailler sept personnes, dont deux services civiques.


Après un temps de rodage et l’accent mis sur le service à la clientèle, l’association souhaite davantage développer les ateliers. « La raison d’être du coffee shop est de favoriser les rencontres et les échanges », dit le pasteur. Le dimanche matin, un brunch théologique est organisé. On y commente un passage de la Bible dans une ambiance conviviale. Mais la référence ecclésiale s’arrête là. « L’association, dans ses statuts, rappelle les valeurs protestantes mais c’est avant tout une association culturelle », précise Arnaud Schrodi.


C’est ainsi que deux associations pour favoriser la recherche de travail ont pris leur quartier au coffee shop quelques heures par semaine, un atelier de discussion en anglais a vu le jour, des artistes sont accueillis, des soirées jeux de société lancées le vendredi, etc. « Nous aimerions aussi développer des discussions entre mamans et des cours de français pour les étrangers. »


La volonté d’Oh my Goodness est de brasser des gens différents, même si les clients sont majoritairement des jeunes et des étudiants. Ici, on ne sent pas de pression pour consommer. « On veut que les gens se sentent chez eux. » Sur chaque table, un pot de confiture invite à piocher l’un des petits bouts de papier enroulés. En les dépliant, les clients sont amenés à discuter sur des questions de société, de philosophie ou bien de relations humaines. D’autres indices sont laissés pour montrer le caractère atypique du lieu, par exemple au comptoir avec les cafés suspendus. « Lorsqu’on prend un café, on peut aussi en acheter un pour un étudiant qui n’a pas beaucoup d’argent ou une personne à la rue, explique Arnaud Schrodi. On laisse un ticket suspendu au comptoir qui attend son preneur. Si les tickets s’accumulent, l’équipe va à la rencontre des SDF que nous commençons à connaître maintenant. » Arnaud Schrodi a conscience qu’un travail social plus poussé est difficile dans un quartier branché du centre-ville. Mais Un cœur pour Strasbourg a l’envie de mener d’autres projets sociaux dans des quartiers périphériques.


Un tremplin


La force du lieu et du projet, ce sont aussi les bénévoles qui la font. Ils sont une vingtaine à graviter autour d’Oh my Goodness. « Comme dans toute association, les gens vont et viennent, même s’il y a un noyau qui est là depuis le début. Certains profitent d’une période de chômage pour s’investir pleinement dans le service. Nous avons connu un bénévole qui a énormément travaillé ici. Le coffee shop était comme une famille pour lui. Nous l’avons formé au métier de barista et il a trouvé un emploi dans un autre café. C’est très bien, c’est ça l’esprit de la maison. »


Oh my Goodness peut être aussi un tremplin pour les salariés qui sont en service civique ou en contrat aidé, donc embauchés pour une période déterminée. Arnaud Schrodi, qui, avant d’être pasteur, était travailleur social, attache une grande importance à promouvoir l’insertion. Camille, en contrat aidé depuis mi-juillet, cherchait un poste correspondant à ses compétences et son diplôme de pâtissière. « J’ai trouvé original de postuler pour un café solidaire, même si c’est vrai que sur le coup, je me suis dit, qu’est-ce que c’est que ça ? On ne travaille pas de la même façon qu’ailleurs, ce n’est pas à la chaîne et je suis plus proche des clients, raconte-t-elle. Je m’adapte à leurs demandes et je propose des pâtisseries. J’aime l’esprit associatif et l’ambiance est toujours sympa. Ca fait super plaisir de voir des bénévoles motivés. » Revers de la médaille, Camille sait que son contrat s’arrêtera dans moins d’un an. « Je comprends, le coffee shop reste une association et, à ce titre, cela reste fragile… »


Pour l’instant, la jeune femme est en train de préparer des cinnamon rolls, ces petits pains à la cannelle typiquement anglo-saxons. En plus du café, la pâtisserie d’Oh my Goodness, influencée par l’origine britannique de Colette, l’épouse d’Arnaud Schrodi, est mise en évidence.


On est tenté d’en goûter une. Oh my Goodness ! Que c’est bon…


(1). Oh mon Dieu !

http://reforme.net/une/religion/quand-dieu-sinvite-cafe

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"Populisme" – L'édito vidéo d'Antoine Nouis,france,usa,extreme droite,fn

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #usa, #extreme droite, #FN

"Populisme" – L'édito vidéo d'Antoine Nouis


"Quand un électeur voit ses conditions de vie se détériorer alors que les hauts salaires sont en augmentation, on comprend qu’il n’ait pas envie d’être poli avec son bulletin de vote !"

http://reforme.net/une/societe/63753-populisme-ledito-video-dantoine-nouis

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