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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

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"La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir " - © Edmund Vermeulen / CC BY SA via Flickr Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »,religion,laicite

18 Mars 2018 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #laicite

 
"La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir " -  © Edmund Vermeulen / CC BY SA via Flickr
Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »
 28 février 2018  MAJ 28/02 15:54  Valentine Zuber 2
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Valentine Zuber, chroniqueuse à Réforme, porte un regard critique et inquiet sur le rapport Clavreul remis au ministre de l’Intérieur, qui présente une vision idéologique de la laïcité.
Un rapport d’une quarantaine de page intitulé « Laïcité, valeurs de la République et exigence minimales de la vie en société » vient d’être remis par son auteur, le préfet Gilles Clavreul, à son commanditaire, le ministre de l’Intérieur. Lorsque l’on connaît les prises de position publiques particulièrement engagées et les amitiés politiques entretenues par ce préfet, ancien responsable de la Délégation interministérielle à la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine LGBT (Dilcrah) et compagnon de route affiché de Manuel Valls, la tonalité particulièrement alarmiste de ce rapport n’étonne guère. Pas plus que ses propositions pour le moins musclées.
Valeur républicaine ?
Dès le titre, l’objectif est donné. La laïcité y est directement associée à une valeur républicaine, que l’État aurait pour mission impérative de diffuser au-delà de la sphère publique, jusqu’au sein même de la société civile, afin d’emporter l’adhésion de tous les citoyens – sans exception – à son contenu normatif voire éthique.
Faisant fi de la neutralité exigée depuis 1905 à l’État en matière de religion ou de conviction particulière, son auteur prône l’élaboration d’un « corps de doctrine » permettant de prévenir « les atteintes à la laïcité ». Cette doctrine devrait certes être enseignée aux fonctionnaires de la République, les seuls astreints jusque-là à l’exigence absolue de neutralité religieuse et politique dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi à tous les cadres associatifs, représentatifs de la société civile qui auraient pour mission de la relayer, en particulier auprès de la jeunesse.
Cette position de principe transforme dangereusement la tradition républicaine laïque établie lors de la loi de séparation de 1905 et constamment réitérée par la jurisprudence administrative du Conseil d’État depuis lors, dont l’antienne a toujours été qu’en matière de conviction individuelle ou collective, la liberté devait être la règle, et l’interdiction, l’exception.
Au-delà de propositions plus classiques de ce rapport, qui ne bouleversent pas la tendance actuellement à l’œuvre dans la l’organisation et la gestion de la fonction publique, à savoir le renforcement de la formation des personnels des services publics au principe de laïcité, certaines paraissent nettement plus transgressives et semblent franchir une ligne rouge. Elles mettent directement en péril le droit de chacun à une pleine et entière liberté de croyance et d’expression qui marque l’éthos indépassable de nos sociétés à la fois libérales, plurielles et démocratiques.
Ces propositions invitent en effet expressément les pouvoirs publics à conditionner leur soutien (financier ou autre) aux activités des organismes sociaux, des associations ou aux événements publics ponctuels à une allégeance affichée à des valeurs intangibles, imposées par le haut, et qu’il deviendrait impensable de nuancer ou même de contester.
Doit-on le rappeler ? La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir, ni une religion civile dont les valeurs exclusives s’opposeraient aux autres propositions éthiques ou de sens s’exprimant dans notre société résolument plurielle.
La laïcité est un principe juridico-politique de gouvernement, exigible du seul État et de ses représentants, un cadre légal garantissant le libre débat et permettant la confrontation pacifiée des différentes opinions émanant des citoyens dans la société, avec pour seules limites le respect de la loi et de l’ordre public.
Religion politique
La multiplication des chartes de la laïcité et l’injonction d’adhésion solennelle qui est demandée dans ce rapport aux individus et aux représentants de la société civile à leur contenu met directement en péril nos libertés publiques les plus chèrement acquises. De plus, ce type de mesures – de nature toute coercitive – fragilise en retour ce beau principe démocratique et d’équilibre qu’est la laïcité.
En ciblant une fois de plus une pratique religieuse particulière, le catholicisme jadis, l’islam aujourd’hui, en entretenant les amalgames entre foi religieuse et radicalisme politique, l’idéologie anticléricale portée par ce préfet bien peu laïc se teinte – de plus – d’un racisme latent et d’un paternalisme inavoué.
Il faut donc décidément dénoncer ces tentatives abusives de neutralisation autoritaire de la société et œuvrer à démasquer cette « laïcité » dogmatique qui prend des allures de religion politique.

Mots clés Conseil d'ÉtatLaïcitéPratique religieuseRapport Clavreul

https://www.reforme.net/idees/opinions/laicite-le-rapport-clavreul-met-en-peril-le-droit-a-la-liberte-de-croyance/
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UNE FEMME À LA TÊTE DE LA PRINCIPALE EGLISE PROTESTANTE DE FRANCE,femmes,protestant,

28 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #femmes

Une femme à la tête de la principale Eglise protestante de FranceCapture d'écran France 3
UNE FEMME À LA TÊTE DE LA PRINCIPALE EGLISE PROTESTANTE DE FRANCE

Par Avec AFP, 27 mai 2017 | 4h44
Emmanuelle Seyboldt a été nommée à la tête de la principale église protestante de France. Une vraie révolution copernicienne. 
Cinq cents ans après la Réforme de Luther, elle est la première femme portée à la tête des luthériens et réformés français : Emmanuelle Seyboldt a été désignée, à 46 ans, présidente du conseil national de l'Eglise protestante unie de France (EPUdF), lors d'un synode à Lille. Jusqu'alors, seule l'Eglise réformée d'Alsace et de Lorraine avait été dirigée par une femme, Thérèse Klipffel (1920-2006), de 1982 à 1988.
 
«Je n'étais pas candidate, j'ai été très surprise quand j'ai été appelée à cette fonction» de présidente, confie Emmanuelle Seyboldt, pasteur à Besançon depuis 2013 pour l'EPUdF, la principale Eglise protestante française, qui revendique 250.000 fidèles engagés dans ses rangs.
 
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Emmanuelle Seyboldt @EPUdF conférence de presse "les débats sont importants en Eglise mais il faut rester frères et sœurs" @FPFoecumenisme
10:50 - 27 May 2017
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Divorcée et remariée

 
«J'y vois une cohérence de notre Eglise : depuis 1965, elle accueille des femmes pasteurs. Que plus de 50 ans après des femmes soient appelées à ce type de responsabilités, c'est la logique», juge-t-elle, abordant ses nouvelles fonctions «avec modestie et confiance», dans une «continuité» avec son prédécesseur, Laurent Schlumberger.
 
Divorcée et remariée à un pasteur d'origine allemande, cette brune à l'allure sobre assume une famille recomposée avec sept enfants, donc cinq vivent encore sous son toit. En phase avec un «protestantisme qui n'a pas peur de ce que l'époque produit», dit-elle sans en faire un étendard.
 
Née le 18 août 1970 à Lunel (Hérault), fief du protestantisme cévenol, d'une mère «communiste militante» et d'un père très engagé dans l'Eglise réformée (calviniste), Emmanuelle Carrière-Seyboldt a grandi à Saint-Etienne, avant de suivre les enseignements de l'Institut protestant de théologie à Paris et Montpellier.
 
Libérale évangélique

 
Reconnue comme pasteur en 1994, elle l'a été en Ardèche et dans l'Indre, assumant aussi des missions dans l'aumônerie hospitalière, à Poitiers, dans la presse protestante et le service de catéchèse de l'Eglise réformée de France. Avant d'être appelée aux plus hautes fonctions nationales, elle a eu des responsabilités régionales au sein de son Eglise dans l'Est.
 
Au sein d'une communion luthéro-réformée qui affiche une grande pluralité de tendances, des libéraux jusqu'aux «calvinistes orthodoxes» et aux charismatiques, Emmanuelle Seyboldt affiche une sensibilité doctrinale volontiers consensuelle. «J'aime bien me qualifier de libérale évangélique, ou d'évangélique libérale», sourit-elle, en ajoutant: «On a besoin de toutes les voix de l'Eglise».
 
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La pasteur Emmanuelle Seyboldt répond aux questions des journalistes lors de sa première conférence de presse.
10:55 - 27 May 2017
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Marquée par la lecture de l'Américain Paul Tillich, apôtre du dialogue avec la culture, la philosophie et les religions non chrétiennes, la nouvelle présidente de l'EPUdF cite aussi, parmi ses influences théologiques, Lytta Basset et Marion Muller-Colard, et leur «manière de dire leur foi près du concret, de la vie». «Comme femme, mère, peut-être est-on amenée à développer davantage une théologie «les mains dans le cambouis». Je ne suis pas une théologienne hors sol, universitaire, ce n'est pas ma façon de réfléchir», explique-t-elle.
 
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Organiste au temple dès sa plus tendre jeunesse, elle a appris le piano, le chant, la direction de choeur et l'alto, dans une grande proximité avec la musique, notamment celle du luthérien Jean-Sébastien Bach. Comme ses trois frères et soeurs, tous devenus musiciens professionnels.
laparisienne.com
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La consécration d’une évêque lesbienne est contraire au règlement ecclésial selon la cour de discipline de l’Eglise méthodiste unie,homophobie,

28 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #racisme, #religion

La consécration d’une évêque lesbienne est contraire au règlement ecclésial selon la cour de discipline de l’Eglise méthodiste unie
L'évêque Karen Oliveto entourée de sa maman (gauche) et de sa compagne (droite) lors de l'audience du Conseil de discipline. ©Agence de presse méthodiste unie (UMNS)/RNS
Alors que l’Eglise méthodiste unie mène un travail de réflexion sur la place des minorités sexuelles en son sein, l’organe disciplinaire de la dénomination rappelle que l’ordination de personnes homosexuelles n’est pas conforme au règlement en vigueur.
Photo: L’évêque Karen Oliveto entourée de sa maman (gauche) et de sa compagne (droite) lors de l’audience du Conseil de discipline. ©Agence de presse méthodiste unie (UMNS)/RNS
Par Emily McFarlan Miler, RNS/Protestinter
La cour supérieure de l’Eglise méthodiste unie a tranché: consacrer comme évêque une pasteure ouvertement homosexuelle n’est pas conforme aux règles de l’Eglise. Mais dans son jugement un peu confus qui reflète le débat interne concernant la place des personnes LGBTQ au sein de la deuxième plus grande dénomination protestante aux Etats-Unis, la cour a aussi décidé que la révérende Karen Oliveto, sa première évêque ouvertement lesbienne «restait en règle». La décision a été annoncée fin avril, à la suite d’une rencontre de quatre jours à Newark dans le New Jersey.

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La transmission au cœur du Jubilé de la Réforme,protestant reforme,martin luther

28 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #religion, #martin luther

La transmission au cœur du Jubilé de la Réforme
MaisonLutherLors des célébrations du Jubilé de la Réforme à Eisenach, en Allemagne, le président de l’Eglise protestante a rappelé l’importance de continuer à transmettre le message de l’Evangile.
Photo: La Maison de Luther à Eisenach CC (by-sa) Robert Scarth 
Eisenach (EPD/Protestinter) - Heinrich Bedford-Strohm, le président du Conseil de l’Eglise protestante d’Allemagne (EKD), a salué l’évangélisation comme «une dimension tout à fait indispensable de l’Eglise et de la foi chrétienne». Indépendamment du fait que les autres aient ou non envie d’entendre le message d’un Dieu d’amour envers les hommes, «il serait irresponsable de négliger de parler de cet amour», a déclaré le pasteur dans un communiqué publié en marge d’un prêche au château de la Wartburg. Il a lancé avec ce culte en plein air la semaine de célébrations des «500 ans de la Réforme» qui s’est déroulée du 4 au 7 mai à Eisenach.

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«Réapproprions-nous nos valeurs d’accueil»,protestant,societe,respect

28 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #politiques, #societe

«Réapproprions-nous nos valeurs d’accueil»
Tags: EPER Migrants Solidarité
Lancement de la campagne «Annoncez la couleur», le 8 mai à Berne ©EPERLa campagne nationale «Annoncer la couleur», lancée par l’Entraide protestante suisse, valorise les actions citoyennes de solidarité. Elle encourage chacun à affirmer les valeurs d’accueil de la Suisse. Interview de Magaly Hanselmann, secrétaire romande de l’EPER.
Photo: Lancement de la campagne «Annoncez la couleur», à Berne ©EPER
Propos recueillis par Marie Destraz, «Réformés»
Du mois de mai au mois de juin, l’Entraide protestante suisse (EPER) lance la campagne «Annoncer la couleur». Quel en est l’objectif?
La population suisse a pris conscience de la détresse humaine des réfugiés qui arrivent sur notre territoire au péril de leur vie. De nombreux mouvements citoyens ont émergé. La campagne veut les valoriser. L’EPER offre une plateforme internet pour que particuliers et ONG présentent leurs activités auprès des réfugiés. Pour sa première édition en 2016, 124 partenaires ont répondu à l’appel. Associations de la société civile, organisations, communautés paroissiales, partis et entreprises, tous sont devenus des ambassadeurs d’«Annoncer la couleur». Et en signe de solidarité envers les réfugiés et de volonté de s’engager pour une Suisse humaine, nous invitons chacun à porter un bracelet arborant le slogan de la campagne. L’an passé, on nous en a commandé 45’000 en Suisse. Cette année, nous allons plus loin en proposant un speed dating aux différents acteurs, pour favoriser la rencontre entre les actions citoyennes, les personnes qui souhaitent s’engager et les personnes réfugiées.
Ce bracelet est-il l’arme la plus efficace face aux stéréotypes?
L’élan de solidarité ne doit pas retomber. Si le nombre d’arrivées est actuellement en baisse, les réfugiés sont là et continuent d’entrer en Suisse. Ce bracelet est un acte citoyen courageux. Le porter signifie se réapproprier une identité suisse en phase avec les valeurs humaines de l’accueil. C’est rappeler aussi qu’il existe d’autres discours que celui de la peur. Il est un moyen d’engager la discussion sur le sujet en dehors des cercles de convaincus. C’est ainsi que les mentalités changeront. Pour autant, nous ne faisons pas d’angélisme. Nous invitons chacun à se confronter à ses stéréotypes par le biais d’actions concrètes menées sur le terrain. Pour se rendre compte de la richesse de la diversité, il faut la vivre.
Le 5 juin 2016, les Suisses ont accepté la révision de la loi sur l’asile. N’est-ce pas déjà un signal que les mentalités ont changé?
L’enjeu de la révision de la loi sur l’asile était celui d’offrir une assistance juridique gratuite aux réfugiés. Or, pour qu’ils en bénéficient, il faut que des ONG disposées à le faire bénéficient de moyens. Les discussions sur la mise en œuvre sont en cours entre les autorités et les associations. Toutefois, sur le terrain, la situation reste précaire pour ces personnes en exil et vulnérables. Nous ne pouvons faire l’impasse sur une mobilisation citoyenne. La révision de la loi prévoit l’ouverture de centres fédéraux avec une plus grande capacité d’accueil, dans lesquels les requérants d’asile séjourneront plus longtemps qu’aujourd’hui. On peut craindre qu’une évolution en vase clos soit peu propice à l’intégration. Quels seront leurs contacts avec l’extérieur? Les initiatives de la société civile seront donc essentielles. En effet, ce n’est qu’avec une mobilisation citoyenne que les questions liées aux droits humains ont une chance de figurer à l’agenda politique, dans la mise en œuvre de la politique migratoire, sans quoi, elles n’existent pas.
 
Informations pratiques
Découvrez les activités organisées pour venir en aide aux personnes réfugiées en Suisse, trouvez la liste des manifestations organisées pendant la campagne et commandez le bracelet, sur www.annoncer-la-couleur.ch.
Trois dates à retenir le 17 juin, dès 15h30 à l’Espace Dickens à Lausanne, Journée nationale des réfugiés; le 18 juin, dimanche des réfugiés des Eglises; le 20 juin, Journée mondiale des réfugiés. www.eper.ch
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https://protestinfo.ch/201705248461/8461-reapproprions-nous-nos-valeurs-d-accueil.html

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Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage,societe,racisme,

8 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #religion, #racisme, #respect

ACCUEIL / Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage
 © FNASAT-GENS DU VOYAGE SEULEMENT 16 % DES CAMPEMENTS DANS L’ESSONNE SE TROUVENT SUR DES TERRES AGRICOLES -  © FNASAT-GENS DU VOYAGE
Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage
 17 AVRIL 2017  Laure Salamon 0
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Depuis lundi, plusieurs associations lancent un appel contre la mise en œuvre d’une charte qui vise à expulser les gens du voyage installés de longue date dans l’Essonne.

En décembre 2016, une charte a été signée, en toute discrétion, par la quasi-totalité des représentants de l’État en Essonne : la préfète, le procureur de la République, le Conseil départemental, l’Union des maires, la caisse d’allocations familiales, la chambre interdépartementale de l’agriculture, la chambre départementale des notaires, certains organismes comme le SAFER, la MSA et ENEDIS (ex-ERDF). Pas moins… L’objectif officiel est de lutter contre le phénomène de constructions illégales dans le département. La charte prévoit des phases de prévention, de contentieux et d’exécution des décisions de justice. Pour les associations qui défendent et accompagnent le mode de vie des Tziganes, cette mobilisation des services de l’État vise clairement à chasser les gens du voyage de ce département de la grande région parisienne.

Selon la dernière étude, ce département au sud de Paris compte 1 025 terrains sur lesquels vivent des familles de gens du voyage, comprenant chacune une dizaine de personnes, sur 86 communes. En moyenne, les familles sont là depuis dix-neuf ans, les plus anciennes vivent dans le département depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La moitié des terrains se situe dans des zones urbaines ou à urbaniser. 40 % seulement sont raccordés à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement.

Application brutale du droit

La mobilisation est née lors d’une réunion, début mars, pendant laquelle les représentants des Tziganes ont expliqué la situation de l’Essonne et de la charte. « Par le biais de l’Association protestante des Amis des Tziganes (APATZI), j’ai demandé à ce qu’on étudie le sujet délicat de cette charte qui commence à avoir des conséquences et qui va en avoir sur des milliers de personnes », explique Désiré, dit Nanou, Vermeersch, président de l’Association sociale nationale et internationale tzigane (ASNIT) et administrateur de Vie et Lumière – Mission évangélique des Tziganes de France. « C’est sans précédent en France. »

Les associations se sont donc mobilisées. Elles sont très nombreuses à avoir signé l’appel : la Fédération protestante de France, la Fédération de l’Entraide protestante, l’APATZI, l’ASNIT, la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT-Gens du voyage) qui regroupe plus de 80 associations, l’Association nationale des gens du voyage catholique (ANGVC) mais aussi par la Fondation Abbé-Pierre, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature…

Stéphanie Chauchet, responsable du pôle Habitat à la FNASAT-Gens du voyage, explique : « Nous sommes toujours très attentifs à la façon dont les gens du voyage sont traités mais cette charte est vraiment la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Nous ne pouvons accepter un tel dispositif sans solutions parallèles à proposer aux personnes concernées. Les collectivités se sont mises dans l’illégalité en verrouillant leurs documents d’urbanisme, sans prendre en compte ce mode d’habitat, sans développer une offre adaptée aux divers besoins. Résultat : les gens du voyage ont été placés dans l’illégalité et aujourd’hui cette situation se retourne contre eux. De plus, la mise en illégalité des gens du voyage renforce encore leur image négative. » Nanou Vermeersch ne comprend pas : pourquoi la politique menée via cette charte vise-t-elle à lutter contre les installations illicites et non à les mettre en conformité avec la législation ?

Pour Jean-Arnold de Clermont, président de l’Association protestante des amis des Tziganes (APATZI), « cette question à fortes dimensions humaines ne peut pas se régler par l’application brutale du droit ».

Un mode de vie en jeu

C’est bien ce que rappelle Simone Gaboriau, magistrate honoraire et ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, qui soutient cette mobilisation en citant le principe de proportionnalité. « La Cour européenne des Droits de l’homme, notamment avec l’arrêt Winterstein (17/10/2013) qui a condamné la France pour des expulsions de gens du voyage, a construit notre droit commun. En cas d’expulsions de personnes, elle exige que l’on fasse un examen de proportionnalité entre l’intérêt collectif et l’intérêt fondamental des personnes au regard de leur droit au logement et à la vie privée. C’est un principe oublié des autorités publiques françaises. Pourtant, c’est un principe fondamental que de choisir son mode d’habitat. »

Selon la magistrate, on est dans une illustration paroxystique d’un conflit brutal entre nos règles et les droits fondamentaux : « Cette charte mobilise tout le monde de façon disproportionnée. Comment expliquer que le procureur de la République s’engage à apporter une réponse pénale adaptée à chaque situation lorsqu’une infraction est constituée ? Il est très gênant qu’il donne l’impression de renoncer à son pouvoir d’appréciation de classement sans suite, que la loi lui confie expressément si “les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient.” »

Outre cette mobilisation, un courrier doit être envoyé à tous les signataires de la charte pour leur rappeler des points importants, tels l’arrêt Winterstein ou l’article L101-2 du code de l’urbanisme qui doit prendre en compte l’ensemble des modes d’habitats, sans discrimination.

Derrière cette mobilisation associative, c’est la défense d’un mode de vie qui est en jeu. En 2015, les députés avaient voté en faveur de la suppression du livret de circulation, imposé aux gens du voyage depuis 1969. Les sénateurs avaient ensuite fait machine arrière avant que les députés confirment en seconde lecture la fin de cet outil honteux de contrôle, en novembre 2016, dans la loi « Égalité et citoyenneté ». Pourtant les gens du voyage continuent d’être victimes de discriminations, placés dans l’incapacité de s’inscrire sur les listes électorales ou d’accéder à leurs droits sociaux.

Gens du voyage, Tziganes, Roms

Le terme de « gens du voyage » comprend à la fois des Manouches, Sintis d’origine indienne, des Tziganes, des gitans d’origine espagnole ou catalane, des yéniches (d’origine germanique) et des Français de souche qui ont adopté le mode de vie itinérant. Ils sont français et installés depuis des siècles en France, mais tous ne sont pas tziganes. La population est estimée à 300 000 personnes, dont un tiers voyage en permanence, un tiers se déplace uniquement à certains moments de l’année et un tiers de sédentaires. Côté religion, selon les estimations des experts, deux tiers sont catholiques et un tiers de confession protestante. Ce dernier tiers se retrouve dans l’Église Vie et lumière – Mission évangélique des Tziganes de France, membre de la Fédération protestante de France depuis 1975. Les gens du voyage sont confondus avec les Roms, qui sont des ressortissants bulgares ou roumains. Très visibles dans les rues, ils vivent aussi dans des caravanes mais pour des raisons de précarité. Ils sont en effet sédentaires dans leur pays d’origine, qu’ils ont fui pour des raisons économiques ou discriminatoires. Leur population est stable et estimée à 20 000 personnes en France. Ils n’ont pas de lien avec les voyageurs français, sauf une culture commune autour de la langue romani.

https://www.reforme.net/actualite/societe/essonne-mobilisation-contre-les-expulsions-des-gens-du-voyage/

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Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants,politiques,religion,protestant,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

ACCUEIL / Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 © Capture écran TF1 L'ÉMISSION POLITIQUE DE TF1 "DEMAIN PRÉSIDENT" QUI SUIT LE JOURNAL TÉLÉVISÉ DU 20H REÇOIT CHAQUE SOIR UN NOUVEAU CANDIDAT -  © CAPTURE ÉCRAN TF1
Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 19 AVRIL 2017  Nathalie Leenhardt  Frédérick Casadesus 2
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Des protestants s’insurgent face aux propos de Marine Le Pen qui falsifie l’Histoire pour défendre son idéologie.

Mardi 18 avril pendant l’émission politique de TF1, Marine Le Pen s’en est pris aux protestants en affirmant : « Sous Richelieu, c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences qui allaient contre la Nation… ». Elle répondait à une question du journaliste Gilles Bouleau lui demandant quel était son modèle en politique. François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), a aussitôt réagi à cette déclaration : « Marine Le Pen se pose en historienne, interprète dangereuse de l’Histoire tout en stigmatisant une confession ». Il poursuit : « La FPF n’est pas dupe et voit bien qu’à travers la référence aux protestants d’hier, cités avec tant de malveillance et d’irrespect alors qu’ils étaient persécutés et assassinés par le pouvoir royal, c’est « peut être » l’islam d’aujourd’hui qui est visé. Déjà sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen avait parlé de la Provence “occupée par les Sarrasins, les nazis et les protestants…” ».

Falsification et instrumentalisation

Comme François Clavairoly, d’autres protestants ont réagi à cette réécriture de l’Histoire, tels les pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) James Woody sur son blog ou Michel Bertrand qui commente : « Marine Le Pen se montre aussi incompétente sur le fait religieux qu’elle l’est dans d’autres domaines. Elle instrumentalise la laïcité, comme elle instrumentalise l’Histoire et met son mensonge au service de son idéologie d’extrême-droite ».

Quant à la députée socialiste Fanny Dombre-Coste, elle aussi protestante, elle s’insurge contre « ces allégations mensongères et cette falsification de l’Histoire dont les dirigeants du Front national sont coutumiers. Doit-on rappeler que le siège dramatique de la Rochelle ordonné par Richelieu s’est conclu par plus de 25 000 morts, dans le seul objectif de priver les protestants de certains de leurs droits et de certaines de leurs libertés ? ».

Rappel historique : Richelieu et les protestants

Disons-le crûment : le Richelieu familier de la plupart des Français n’est pas celui qui vécut de 1585 à 1642. Sous l’influence d’un romancier de génie, l’homme rouge est devenu dictateur, opportunément ridiculisé par « Les Trois Mousquetaires ». Il est plus que nécessaire de faire sortir le cardinal de son image d’Épinal.

Depuis quarante ans, notamment grâce à la biographie de Louis XIII que rédigea Pierre Chevallier, l’historiographie nous a montré que la principale ambition de Richelieu consistait à consolider l’autorité du roi, non d’imposer sa propre puissance. Dans le domaine religieux, sa politique était aussi plus subtile que l’avait prétendu le cher Alexandre Dumas. « Homme de l’État, Richelieu s’est battu contre la dissidence religieuse, mais pour des raisons théologiques, observe l’historien Bernard Cottret. Son opposition aux jansénistes et à ceux qui allaient devenir des dévots se fondait sur le refus de tout ce qui fait passer la foi chrétienne avant l’intérêt national. Avec les protestants, Richelieu se comporte d’abord avec respect, mais fermeté ».

L’épisode sinistre du siège de La Rochelle ne saurait cacher l’ensemble d’une politique. Richelieu ne supportait pas la puissance militaire du parti protestant. « Les calvinistes du nord de la Loire étaient favorables à la raison d’État parce qu’elle était pour eux protectrice, ajoute Bernard Cottret. Le cardinal approuvait l’Edit de Nantes mais refusait l’existence d’une force qui puisse contester l’autorité royale. »

C’est bien l’existence même de places fortes susceptibles de contester l’autorité royale qui motivait l’intervention des troupes de Louis XIII.

De même, on oublie trop souvent que le principal ministre de Louis XIII haïssait la couronne espagnole et s’était alliée avec les États protestants. S’il fallait encore asseoir la complexité du personnage, on pourrait citer Napoléon Peyrat (1809-1881), pasteur devenu historien, considéré par beaucoup comme le Michelet protestant : « Son triomphe a été énergique, mais juste. Richelieu n’a pas été comme on le pense, le champion de l’Église romaine ; en attaquant les calvinistes, Richelieu domptait non une secte religieuse, mais un parti politique ».

C’est donc, une fois encore, l’utilisation de l’Histoire à des fins politiciennes qui pose problème. Il est compréhensible que les protestants s’insurgent contre les propos de Marine Le Pen, car ils devinent un débat biaisé, dans lequel, d’évidence, leur mémoire collective est instrumentalisée contre les musulmans. De surcroît, ces paroles désinvoltes ravivent des blessures ancestrales à partir desquelles, aussi, s’est bâtie notre mémoire. Il n’en demeure pas moins que Richelieu ne peut être réduit à sa caricature. L’Histoire est passionnante, complexe, et demeure une matière politique inflammable.

Mots clés instrumentalisation politiqueMarine Le PenProtestantsRichelieu

https://www.reforme.net/actualite/politique/richelieu-marine-pen-face-a-colere-protestants/

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20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

l’étrange Etat moderne de Marine Le Pen
19 AVRIL 2017 JAMES WOODY THÉOLOGIE
Marine Le Pen, présidente du Front National et candidate à l’élection présidentielle, était interrogée sur TF1, mardi 18 avril. Au cours de l’entretien avec le journaliste Gilles Bouleau, la discussion porte sur les modèles politiques :

– Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

– Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

– Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

– Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.
 

“Il n’a pas été très amical avec les protestants”. En utilisant un euphémisme (Lors du siège de La Rochelle entre 1627 et 1628 seuls un peu plus de 5.000 personnes auront la vie sauve, sur les 27.000 habitants que comptait la ville), le journaliste pousse Marine Le Pen à en dire plus sur le rapport de Richelieu à la communauté protestante et sur ce qu’elle admire chez cet homme d’Etat : “c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.”

A l’époque, les protestants se conforment aux exigences de l’Edit de Nantes (1598) qui prévoit pour eux des places de sûreté dont La Rochelle est l’une des premières, en vertu de l’Edit de saint Germain de 1570. Cet Edit de Nantes permet la présence des protestants dans quelques villes du Royaume de France, sans pour autant introduire le pluralisme religieux. Il n’est pas question de liberté religieuse pour les protestants, ni de tolérance. Le catholicisme demeure non seulement la religion majoritaire, mais la religion dominante.

Comme le rappelait le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante :

De la naissance du parti huguenot à la première guerre de religion, menée par Condé et Coligny en 1562-1563, jusqu’à la Saint Barthélémy en 1572 qui en brise l’élan, la politique réformée et ses visées sont celles, étonnamment, de la conquête. Avec l’espoir fou d’une véritable Réforme de l’Eglise du pays par une prise de pouvoir, jusqu’à ce que l’Edit de Nantes, après tant de violence, interdise définitivement les assemblées politiques, autrement dit le parti protestant, et ne reconnaisse que des personnes, c’est-à-dire les sujets de la RPR (Religion Prétendue Réformée) et quelques rudiments d’assemblée, c’est-à-dire l’organisation de leurs synodes. Il faudra attendre la paix d’Alès en 1629 pour mettre un terme par la force à ces projets de pouvoir et pour que les protestants entrent dans une attitude de loyauté.
En considérant que Richelieu fut le “promoteur d’un Etat moderne”, Marine Le Pen indique sa vision de l’Etat moderne et des moyens pour le mettre en oeuvre.

Une religion unique pour l’ensemble de la Nation, ce qui s’apparente au principe “Cujus regio ejus religio” à chaque région sa religion, à l’échelle du royaume. Le pluralisme religieux est compris, comme par la cour de Louis XIII comme un facteur possible de scission de la population et donc un risque de sédition et de déstabilisation du pays. L’épisode du XVIIème siècle rappelé pendant l’émission de télévision l’a rappelé, c’est aussi la suppression de tout autre parti que celui du roi qui est voulu dans cet acte de guerre mené par le cardinal Richelieu. Le pluralisme religieux est aussi une garantie du pluralisme politique – un fait trop souvent minoré. Richelieu a non seulement œuvré pour qu’une religion prenne le pas sur les autres, mais qu’elle soit l’unique religion.

Plus de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Richelieu (1585-1642), qui commande le siège de La Rochelle, est à la fois cardinal et ministre de Louis XIII (on hésite à parler de premier ministre). Non seulement la vision politique est qu’il n’y ait plus qu’une seule Eglise, mais qu’elle marche main dans la main avec l’Etat. Louis XIV parviendra à cette fusion en instaurant un pouvoir absolu qui, d’ailleurs, provoquera la révocation de l’Edit de Nantes pourtant qualifié d’irrévocable par le roi Henri, son grand-père.

La violence d’Etat comme moyen de gouverner. Dans le cas du siège de La Rochelle, on ne parle pas de violences policières, de dérapages ni de bavures. C’est un massacre en règle : des installations sont conçues par les forces de Richelieu pour empêcher l’approvisionnement de la ville et provoquer une famine. Le nombre des victimes ne fait pas seulement froid dans le dos. Il ferait aujourd’hui le tour de la planète et provoquerait une décision de l’ONU sans le veto d’un membre permanent du conseil de sécurité. Rappelons aussi que les protestants étaient des français qui auraient été qualifiés de souche par ceux qui utilisent cette expression. Bien entendu, des siècles plus tard, quelqu’un comme Charles Maurras dira que les protestants sont le parti de l’étranger et, à la même époque, au début du XXème siècle, on parlera encore du “péril protestant”, sans oublier les expressions injurieuses.

Est-ce cela l’Etat moderne auquel aspire cette candidate à l’élection présidentielle, qui a refusé que l’entretien se fasse devant les drapeaux français et européen ? Certainement les protestants de l’époque vivaient encore de ce désir de faire de la France une nation protestante, ce qui n’a rien d’une vision moderne, mais la réplique royale par la main de Richelieu ne fut pas plus heureuse. Elle posa les bases de l’absolutisme royal incarné par Louis XIV ; elle posa les bases de la révocation de l’Edit de Nantes qui conduisit à l’exil massif des forces vives du Royaume et au recul de la France sur le plan culturel et économique, notamment. Le seul bénéfice que l’historien Patrick Cabanel reconnaît à cet exil fut la création de la francophonie par l’essaimage des locuteurs français à travers le monde pour échapper à la tyrannie de l’époque. Maigre consolation.

 

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Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation",politiques,religions,protestants,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #politiques, #religion

Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"
Publié à 22h47, le 18 avril 2017 , Modifié à 09h50, le 19 avril 2017

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Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"
© Montage photos Le Lab via images TF1
Image Julien Chabrout
Julien Chabrout
julien.chabrout@europe1.fr
Depuis le début de sa campagne présidentielle, Marine Le Pen évoque beaucoup Richelieu, lui consacrant notamment un billet de blog. Le cardinal figure aussi en bonne place dans son bureau du QG de campagne. La candidate du FN a même enregistré ses derniers vœux devant une reproduction du tableau représentant Richelieu lors du siège de la Rochelle.

Interrogée sur TF1 ce mardi 18 avril, la présidente du FN a d’abord cité le nom du cardinal de Richelieu comme "modèle et inspiration" avant de s’en prendre… aux protestants. Voici cet échange :

 

- Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

- Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

- Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

- Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque qui allaient à l’encontre de la Nation.
Une façon pour Marine Le Pen de s'en prendre encore à l'islam. Le cardinal de Richelieu (1585-1642) est notamment connu pour avoir commandé, sur ordre de Louis XIII, le siège de La Rochelle en 1627 et 1628. Ce terrible siège s’est terminé par la capitulation des habitants de la ville. Sur les 28. 000 habitants, 5.400 ont survécu. Pour Richelieu, qui reprochait aux protestants un supposé républicanisme caché et leur particularisme jugé nocif à l’unité nationale, il s’agissait de les soumettre à l’autorité royale.

Dans ses vœux, Marine Le Pen appelait à "un grand combat […] pour la sauvegarde de notre identité nationale". Voilà sans doute pourquoi la présidente du FN, qui fait de la lutte contre un supposé "communautarisme" l’un de ses cheveux de bataille, se passionne pour le principal ministre du roi Louis XIII. Quitte à dire des choses "graves", a jugé sur Twitter l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot.

 

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Ce qu'a dit Marine Le Pen sur TF1 ce soir à propos des protestants est grave.
9:13 PM - 18 Apr 2017
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Marine Le Pen est revenue sur ses déclarations, mercredi 19 avril, sur BFMTV et RMC, assurant qu'elle n'avait "rien contre les protestants" : 

J’ai juste rappelé qu’à l’époque, les protestants avec l’aide de l’Angleterre avaient cherché en réalité à créer l’Etat dans l’Etat. C’est tout. Je n’ai rien contre les protestants. Il faut quand même accepter qu’on puisse faire des références historiques dans notre pays. (…) Quand j’évoque Jeanne d’Arc, on ne va pas me faire le procès de soutenir les tueurs en série au motif que l’un de ses compagnons d’armes était Gilles de Rais. Il y a une déraison en ce moment qui fait qu’on cherche à faire dire à des responsables politiques des choses qu’ils ne disent pas. Richelieu est une grande figure de l’histoire de France, il ne faut pas le réduire à un massacre, c’est un peu une dérive. 

Marion Maréchal-Le Pen s’était attirée les foudres de la Fédération protestante de France en juillet 2015. La députée frontiste avait en effet fait le parallèle entre la Réforme protestante et, notamment, l’occupation nazie. Elle avait ensuite évoqué ses racines protestantes pour tenter de se rabibocher avec la Fédération protestante de France.

 

[EDIT 9 H 45 mercredi 19 avril] Ajout des propos de Marine Le Pen sur BFMTV et RMC

 

 

[BONUS TRACK] L’exigence de Le Pen avant de venir sur TF1 : retirer le drapeau européen

Marine Le Pen ne se sent décidément pas européenne. La présidente du FN, qui veut organiser un référendum sur la sortie de l’Euro en cas d’élection, a tout simplement exigé (et obtenu) de TF1 le retrait du drapeau européen sur le plateau de TF1. Ce drapeau est pourtant toujours présent lors de la réception des autres candidats à la présidentielle. C’est ce qu’a annoncé Gilles Bouleau au début de l’interview de la candidate du FN :

 

Petite précision pour nos téléspectateurs : pour accepter de participer à cette émission, Madame le Pen, vous nous avez demandé de retirer le drapeau européen qui devait figurer derrière vous.

http://lelab.europe1.fr/marine-le-pen-estime-que-sous-richelieu-les-protestants-avaient-des-exigences-qui-allaient-a-lencontre-de-la-nation-3303983?link_time=1492549131

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Jésus, premier chrétien de gauche ?,religion,politiques,

6 Mars 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #politiques

Jésus, premier chrétien de gauche ?Jesus Asurmendi6 Mars 2017JésusREPORTAGEtemple.jpgL’homme de Nazareth n’a cessé de bouleverser l’ordre établi et de prendre soin des pauvres, des malades, des exclus, s’opposant à toutes formes de pouvoir.Jésus était-il révolutionnaire ? D’emblée, la réponse est oui. Les preuves ? Le profil historique de Jésus de Nazareth est actuellement assez bien connu (1). Ses paroles et ses gestes ne se situent pas dans la continuité de l’ordre établi et ne montrent aucune volonté de le cultiver ni de le renforcer. Le pouvoir dominant était celui de l’Empire romain, soutenu en Palestine par la classe dirigeante, les familles du haut clergé et les grands propriétaires terriens. Par rapport à la société traditionnelle juive, les paroles et le comportement de Jésus étaient choquants, provoquants, révolutionnaires.Il était toujours entouré de ses disciples, de paysans ignorants et de femmes. Jamais un rabbi juif n’aurait eu un « disciple » femme. D’ailleurs, ces femmes disciples, pour la plupart, n’étaient pas des « meilleures familles », Il n’est qu’à voir la scène où une prostituée baigne les pieds de Jésus de ses larmes (Lc 7, 36-50). Ailleurs, Jésus déclare : « Les collecteurs d’impôts et les prostituées vous précéderont dans le Royaume des cieux. » (Mt 21, 28-32.)Ce comportement dans les « relations » de Jésus va bien au-delà. Les malades au premier rang desquels les lépreux, étaient considérés comme impurs et à éviter car leur impureté les éloignait de Dieu. Or Jésus ne fuyait pas les malades, ni même les lépreux. Ce qui provoquait la stupeur, voire la réprobation de la société. Quant à sa posture vis-à-vis du sabbat, cette institution clé du judaïsme, elle n’était pas davantage conforme aux conceptions et comportements de l’époque.Même si les Évangiles ne déploient aucun discours à propos du pouvoir romain, il est clair que face aux prétentions totalitaires de Rome sur l’économie, la religion et la société en général, la scène de l’impôt (la pièce à l’effigie de César) sape définitivement toute volonté hégémonique de n’importe quelle puissance (Mc 12,13-17; Mt 22,15-22; Lc 20, 20-26).Un cul-terreux subversifÀ l’égard des pauvres, les mentalités juive et romaine diffèrent profondément. Pour un Romain, mettre en première ligne les pauvres et les rejetés de la société était une provocation insultante et méprisable. La figure de Jésus dans le monde romain ne pouvait être vue autrement que comme insupportable, révolutionnaire. Mais Jésus est aussi subversif face aux puissances religieuses de l’époque. La scène de l’expulsion des marchands du Temple en est l’illustration. Les trois synoptiques (Mt, Mc, Lc) la situent dans les derniers jours de son séjour à Jérusalem, avant sa mort. Le Temple était l’un des deux piliers essentiels de la religion juive. Il était contrôlé par les prêtres et plus particulièrement par le haut clergé. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque le Temple était la plus grande banque du pays et la seule institution locale autorisée par l’Empire romain à frapper monnaie, signe évident de pouvoir. Comme les juifs venaient à Jérusalem pour les fêtes et devaient payer, une fois par an, l’« impôt du Temple », les changeurs de monnaie avaient la vie belle. Le Temple, avec les changeurs et les vendeurs des bêtes pour les sacrifices, était sans aucun doute, le plus grand centre commercial du pays. Et voici qu’un cul-terreux insignifiant menace tout ce business, ne serait-ce qu’un tout petit peu, par son geste. Insupportable ! La cause immédiate, le motif déclencheur de l’arrestation et de la mort de Jésus fut l’expulsion des marchands du Temple. D’autant plus que ses autres paroles et gestes avaient mis en évidence la relativité du culte par rapport à la fraternité et à la justice. Ce que le texte de Matthieu (5, 23-24) résume de manière lapidaire : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » Sa condamnation à mort met en scène la manière dont il a été perçu et correspond à la réalité historique : Jésus a été exécuté comme un brigand. Dénoncé par les autorités juives, exécuté par les Romains. Tous les pouvoirs unis contre ce bouseux qui mettait en péril le statu quo, l’ordre établi. La tâche des premiers chrétiens fut rude. Comment présenter comme un sauveur, un héros celui qui vient d’être exécuté sur la croix comme vulgaire agitateur, ennemi menaçant l’ordre ? Comment le présenter comme celui qui donne sens à la vie de tous ?Paul, gardien de l’ordre ?« Que chacun soit soumis aux autorités supérieures, car il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu, et celles qui existent sont établies sous la dépendance de Dieu. » (Rm 13, 1.) Ces mots souvent cités signifient-ils l’acceptation sans conditions de l’ordre établi ? Pas si clair. Certes Paul n’a pas traversé terres et mers pour prêcher la révolution politique contre l’Empire romain. Mais ce qu’il a annoncé, la foi dans le crucifié / ressuscité, portait les germes de sa désagrégation et de sa destruction. Ce pouvoir totalitaire était très fortement structuré : l’argent, la gloire et l’« éclat » déterminaient le rôle, l’importance, l’identité de chacun dans la société. L’« éclat » ? La richesse visible dans les vêtements luxueux et la bonne odeur à la sortie des bains. Ce que Paul préconise et prêche est aux antipodes des « valeurs » de l’Empire romain. L’odeur, le parfum des Romains n’avait rien à voir avec « la bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15), un brigand crucifié. C’était plutôt « le scandale de la croix ». Pouvait-il y avoir quelque chose de plus subversif dans le monde romain que l’annonce du salut venant par la foi dans un crucifié ? Il est bien connu que l’axe essentiel de la prédication de Paul était la Croix. C’était une telle énormité, une telle absurdité pour un Romain lambda que les porteurs d’une telle annonce ne pouvaient être considérés, au mieux, que comme des fous. « Il n’y a plus de juif et de Grec, esclave et homme libre, homme et femme. » (Ga 3, 28.) Ce qui pouvait rester comme proclamation théorique prenait corps dans l’action propre et essentielle des communautés chrétiennes : la célébration du Repas du Seigneur. Dans l’Empire romain on ne mangeait pas n’importe comment et surtout pas avec n’importe qui. Les repas de quartier, des confréries, des métiers étaient strictement codifiés. Mais le Repas du Seigneur cassait radicalement la structure même de la société romaine manifestée et vécue dans les repas. Certes, Paul n’était pas un tribun de meeting électoral prêchant la révolution. Mais avec sa foi, sa parole et sa vie, il sapait les fondements même de l’Empire. Rien que cela. Il faut revenir à l’Écriture, elle est d’une actualité brûlante !Jesus Asurmendi, Bibliste1. Voir José Antonio Pagola, Jésus. Approche historique, Cerf, Paris, 2012.Illustration : Le Christ chassant les marchands du Temple, Garofalo (Benvenuto Tisi), v. 1540-1550. National Galleries of Scotland
Les autorités LégitimesLe texte de Romains 13 si souvent cité pour exhorter au respect des autorités (civiles, temporelles ou politiques) a été sciemment détourné de son sens. Paul ne dit pas qu’une autorité quelle qu’elle soit peut se réclamer de Dieu (et donc exiger obéissance absolue), mais qu’il n’est d’autorités que celles qui viennent de Dieu et sont sous sa dépendance. Et une autorité qui ne répondrait pas à la volonté et au dessein de Dieu (qui est de salut et d’accueil pour tous) ne mériterait pas le nom d’autorité, et n’aurait donc aucun titre à être obéie. C’est à la conscience de chacun de discerner !


http://temoignagechretien.fr/articles/jesus-premier-chretien-de-gauche

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