Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

respect

Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage,societe,racisme,

8 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #religion, #racisme, #respect

ACCUEIL / Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage
 © FNASAT-GENS DU VOYAGE SEULEMENT 16 % DES CAMPEMENTS DANS L’ESSONNE SE TROUVENT SUR DES TERRES AGRICOLES -  © FNASAT-GENS DU VOYAGE
Essonne : mobilisation contre les expulsions des gens du voyage
 17 AVRIL 2017  Laure Salamon 0
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
Depuis lundi, plusieurs associations lancent un appel contre la mise en œuvre d’une charte qui vise à expulser les gens du voyage installés de longue date dans l’Essonne.

En décembre 2016, une charte a été signée, en toute discrétion, par la quasi-totalité des représentants de l’État en Essonne : la préfète, le procureur de la République, le Conseil départemental, l’Union des maires, la caisse d’allocations familiales, la chambre interdépartementale de l’agriculture, la chambre départementale des notaires, certains organismes comme le SAFER, la MSA et ENEDIS (ex-ERDF). Pas moins… L’objectif officiel est de lutter contre le phénomène de constructions illégales dans le département. La charte prévoit des phases de prévention, de contentieux et d’exécution des décisions de justice. Pour les associations qui défendent et accompagnent le mode de vie des Tziganes, cette mobilisation des services de l’État vise clairement à chasser les gens du voyage de ce département de la grande région parisienne.

Selon la dernière étude, ce département au sud de Paris compte 1 025 terrains sur lesquels vivent des familles de gens du voyage, comprenant chacune une dizaine de personnes, sur 86 communes. En moyenne, les familles sont là depuis dix-neuf ans, les plus anciennes vivent dans le département depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La moitié des terrains se situe dans des zones urbaines ou à urbaniser. 40 % seulement sont raccordés à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement.

Application brutale du droit

La mobilisation est née lors d’une réunion, début mars, pendant laquelle les représentants des Tziganes ont expliqué la situation de l’Essonne et de la charte. « Par le biais de l’Association protestante des Amis des Tziganes (APATZI), j’ai demandé à ce qu’on étudie le sujet délicat de cette charte qui commence à avoir des conséquences et qui va en avoir sur des milliers de personnes », explique Désiré, dit Nanou, Vermeersch, président de l’Association sociale nationale et internationale tzigane (ASNIT) et administrateur de Vie et Lumière – Mission évangélique des Tziganes de France. « C’est sans précédent en France. »

Les associations se sont donc mobilisées. Elles sont très nombreuses à avoir signé l’appel : la Fédération protestante de France, la Fédération de l’Entraide protestante, l’APATZI, l’ASNIT, la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT-Gens du voyage) qui regroupe plus de 80 associations, l’Association nationale des gens du voyage catholique (ANGVC) mais aussi par la Fondation Abbé-Pierre, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature…

Stéphanie Chauchet, responsable du pôle Habitat à la FNASAT-Gens du voyage, explique : « Nous sommes toujours très attentifs à la façon dont les gens du voyage sont traités mais cette charte est vraiment la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Nous ne pouvons accepter un tel dispositif sans solutions parallèles à proposer aux personnes concernées. Les collectivités se sont mises dans l’illégalité en verrouillant leurs documents d’urbanisme, sans prendre en compte ce mode d’habitat, sans développer une offre adaptée aux divers besoins. Résultat : les gens du voyage ont été placés dans l’illégalité et aujourd’hui cette situation se retourne contre eux. De plus, la mise en illégalité des gens du voyage renforce encore leur image négative. » Nanou Vermeersch ne comprend pas : pourquoi la politique menée via cette charte vise-t-elle à lutter contre les installations illicites et non à les mettre en conformité avec la législation ?

Pour Jean-Arnold de Clermont, président de l’Association protestante des amis des Tziganes (APATZI), « cette question à fortes dimensions humaines ne peut pas se régler par l’application brutale du droit ».

Un mode de vie en jeu

C’est bien ce que rappelle Simone Gaboriau, magistrate honoraire et ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, qui soutient cette mobilisation en citant le principe de proportionnalité. « La Cour européenne des Droits de l’homme, notamment avec l’arrêt Winterstein (17/10/2013) qui a condamné la France pour des expulsions de gens du voyage, a construit notre droit commun. En cas d’expulsions de personnes, elle exige que l’on fasse un examen de proportionnalité entre l’intérêt collectif et l’intérêt fondamental des personnes au regard de leur droit au logement et à la vie privée. C’est un principe oublié des autorités publiques françaises. Pourtant, c’est un principe fondamental que de choisir son mode d’habitat. »

Selon la magistrate, on est dans une illustration paroxystique d’un conflit brutal entre nos règles et les droits fondamentaux : « Cette charte mobilise tout le monde de façon disproportionnée. Comment expliquer que le procureur de la République s’engage à apporter une réponse pénale adaptée à chaque situation lorsqu’une infraction est constituée ? Il est très gênant qu’il donne l’impression de renoncer à son pouvoir d’appréciation de classement sans suite, que la loi lui confie expressément si “les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient.” »

Outre cette mobilisation, un courrier doit être envoyé à tous les signataires de la charte pour leur rappeler des points importants, tels l’arrêt Winterstein ou l’article L101-2 du code de l’urbanisme qui doit prendre en compte l’ensemble des modes d’habitats, sans discrimination.

Derrière cette mobilisation associative, c’est la défense d’un mode de vie qui est en jeu. En 2015, les députés avaient voté en faveur de la suppression du livret de circulation, imposé aux gens du voyage depuis 1969. Les sénateurs avaient ensuite fait machine arrière avant que les députés confirment en seconde lecture la fin de cet outil honteux de contrôle, en novembre 2016, dans la loi « Égalité et citoyenneté ». Pourtant les gens du voyage continuent d’être victimes de discriminations, placés dans l’incapacité de s’inscrire sur les listes électorales ou d’accéder à leurs droits sociaux.

Gens du voyage, Tziganes, Roms

Le terme de « gens du voyage » comprend à la fois des Manouches, Sintis d’origine indienne, des Tziganes, des gitans d’origine espagnole ou catalane, des yéniches (d’origine germanique) et des Français de souche qui ont adopté le mode de vie itinérant. Ils sont français et installés depuis des siècles en France, mais tous ne sont pas tziganes. La population est estimée à 300 000 personnes, dont un tiers voyage en permanence, un tiers se déplace uniquement à certains moments de l’année et un tiers de sédentaires. Côté religion, selon les estimations des experts, deux tiers sont catholiques et un tiers de confession protestante. Ce dernier tiers se retrouve dans l’Église Vie et lumière – Mission évangélique des Tziganes de France, membre de la Fédération protestante de France depuis 1975. Les gens du voyage sont confondus avec les Roms, qui sont des ressortissants bulgares ou roumains. Très visibles dans les rues, ils vivent aussi dans des caravanes mais pour des raisons de précarité. Ils sont en effet sédentaires dans leur pays d’origine, qu’ils ont fui pour des raisons économiques ou discriminatoires. Leur population est stable et estimée à 20 000 personnes en France. Ils n’ont pas de lien avec les voyageurs français, sauf une culture commune autour de la langue romani.

https://www.reforme.net/actualite/societe/essonne-mobilisation-contre-les-expulsions-des-gens-du-voyage/

Lire la suite

Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants,france,lois,droits,;

20 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #racisme, #respect

ACCUEIL / Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 © CLAIRE BERNOLE JEUDI 9 FÉVRIER, LORS DE LA MANIFESTATION PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS, ORGANISÉE PAR LE COLLECTIF DÉLINQUANTS SOLIDAIRES -  © CLAIRE BERNOLE
Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 15 FÉVRIER 2017  Claire Bernole 0
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
L’État multiplie les mesures à l’encontre des militants ou des simples citoyens impliqués dans l’accueil et la défense des migrants.

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict vendredi 10 février : Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, écope de 3 000 euros d’amende avec sursis pour avoir aidé des personnes à passer la frontière d’Italie en France. Dans cette région qui se mobilise depuis un an, il est loin d’être le seul à s’engager en faveur des migrants. En France, ces « délinquants solidaires » sont de plus en plus nombreux et de plus en plus nombreux aussi sur les bancs de la justice. « Nous sommes inquiets, scandalisés devant l’augmentation du nombre d’arrestations, d’inculpations, de mesures d’intimidation à l’encontre de citoyens non organisés ou en association qui ne font que tendre la main à des gens qui en ont besoin et sont dans des situations irrégulières inhumaines, en errance », s’indigne Geneviève Jacques, présidente de la Cimade.

Généralement, ces personnes sont poursuivies sur la base de l’article L.622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En effet, le délit de solidarité n’existe pas en tant que tel mais ce texte de 1945 punit « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ». Un contrevenant est passible de cinq ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Rappelons qu’un citoyen ne peut être poursuivi tant que son aide concerne la restauration, l’hébergement, les soins médicaux, le conseil juridique ou toute autre action visant « à préserver la dignité ou l’intégrité physique » de la personne aidée, et tant qu’il n’a reçu aucune contrepartie.

Intimidations

Mais dans certains cas, la situation se complique. Gwen Mallauran a pris le parti des réfugiés dans le cadre du démantèlement d’un campement autour de la place Stalingrad, à Paris, en novembre 2016, et a fait l’objet d’une garde à vue de 29 heures pour les propos qu’elle a tenus au préfet.

Quant à Jean-Luc Munro, il a été inculpé pour violence avec arme, à savoir le vélo avec lequel il se rendait dans un bidonville pour observer la destruction illégale de caravanes par la police ! Depuis janvier 2017, Ibtissam, une jeune éducatrice de la Sauvegarde de la Marne, est menacée de licenciement parce qu’elle a dénoncé les conditions déplorables d’accueil pour les jeunes mineurs.

Que dire, enfin, de la situation de Denis Lambert, accusé d’aide au séjour irrégulier pour avoir hébergé une famille arménienne, inquiété pour avoir accepté que ses hôtes participent à la vie de la maison en effectuant des tâches domestiques ? Outrage à un dépositaire de l’autorité publique, violence à un agent, solidarité avec des mineurs étrangers isolés… De vrais motifs qui sont autant de prétextes.

Faut-il conclure à un acharnement de la justice ? On serait tenté de répondre « oui » à l’écoute du témoignage de Léopold Jacquens, mis en cause en 2011 pour avoir délivré des attestations de logement au bénéfice d’une personne dont la demande de titre de séjour était en cours d’examen.

Après plusieurs rebondissements, le tribunal a décidé la relaxe et la fin des poursuites, mais le procureur a, pour la troisième fois, fait appel.

Au-delà du strict aspect juridique, il émane à la lecture de ces événements comme une volonté politique, du moins une tactique, pour décourager les citoyens de bonne volonté. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, a d’ailleurs lancé du haut de la tribune, lors de la manifestation qui a eu lieu jeudi 9  février à Paris : « Nous sommes là pour refuser les intimidations » de la part de l’État, tandis que des militants s’encordaient sur la place de la République en signe de solidarité.

« Pourtant, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, le délit de solidarité n’existe plus depuis longtemps », nous dit Thierry Kuhn. Comme le confiait un exilé à Gwen Mallauran, la France cesserait-elle d’être le pays des droits de l’homme pour devenir celui de la seule Déclaration des droits de l’homme ? Devant le nombre de procédures judiciaires et autres gardes à vue impliquant des « délinquants solidaires », un collectif éponyme vient de voir le jour. Il regroupe 350 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales.

À Lille, Nice et Paris, où des manifestations ont eu lieu la semaine dernière, les témoignages ont peut-être résonné dans le froid, mais pas dans le vide. Car l’assistance n’est pas composée de quelques jeunes agités en mal de reconnaissance. Il est frappant de constater que toutes les générations, toutes les couleurs et aussi bien des hommes que des femmes se joignent sous la même bannière. « Nous voulons, d’abord, donner à voir une réalité dans cette France qu’on dit recroquevillée, frileuse : c’est qu’il existe des actions de solidarité vis-à-vis des personnes étrangères et des exilés », explique Geneviève Jacques. Les politiques enclins à invoquer une opinion qui ne serait pas prête à accueillir, recevront-ils le message ? Rien n’est moins sûr dans un contexte où l’état d’urgence « contamine tout », selon les termes de la présidente de la Cimade.

Charité criminalisée

Ce double discours, qui consiste à soutenir verbalement les droits de l’homme tout en décourageant les initiatives sur le terrain, un grand écart impossible, pourrait trouver une autre explication : « C’est une façon d’empêcher le débat politique et qu’une communauté d’intérêts se crée entre citoyens et sans-papiers », analyse Aubépine Dahan, de l’association Paris d’exil. Houssam El-Assimi va plus loin : si on ne veut pas d’immigrés en France, c’est parce qu’ils sont noirs ou arabes. Poursuivi puis relaxé pour organisation de manifestation illicite, ce traducteur arabophone a été placé en garde à vue pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Ce qui lui a valu trois jours d’incapacité totale de travail (ITT). Il encourt pourtant une peine de trois ans et 45 000 euros d’amende. Mais son sentiment d’injustice n’est pas si grand que son indignation : « L’État cherche à circonscrire et à définir pour lui et pour les associations ce qu’est la solidarité. Tout ce qui excède le cadre de la charité est criminalisé. »

Place de la République, les témoignages ont continué à s’égrener. « Vous savez ce qu’est une expulsion ? C’est la police qui débarque à six heures du matin au prétexte que les lieux sont insalubres. On a cinq minutes pour prendre ses affaires et partir. Et il n’y a pas de solution de substitution, même pas un gymnase  », tempête François Loret, condamné en 2015 pour « violence à agent dépositaire de l’autorité publique » après avoir été pris dans une bousculade lors de la mise à l’abri de familles expulsées d’un bidonville en plein hiver à Noisiel (77). Aubépine Dahan parle de « rafles » après avoir vu la police intervenir, « faire le tri » et emmener de manière arbitraire au commissariat telle ou telle personne sans rien avoir à lui reprocher.

« Il y a des manifestations de force policière à l’encontre de personnes motivées avant tout par la solidarité avec les plus faibles et les plus vulnérables, estime Geneviève Jacques. On voit des dérives. Les policiers et ceux qui leur donnent des ordres se trompent de cible. C’est la solidarité qu’il faut soutenir. »

 

À noter

http://www.delinquantssolidaires.org/
https://www.reforme.net/une/les-delinquants-solidaires-et-laccueil-des-migrants/

Lire la suite

Pape François : “Faisons de la non-violence active notre style de vie“,religion,respect,

15 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect, #chretiens

RELIGION
CatholicismeProtestantismeOrthodoxieJudaïsmeIslamBouddhismeInterreligieuxMatinale
CATHOLICISME
Pape François : “Faisons de la non-violence active notre style de vie“
SIXTINE CHARTIER publié le 14/12/2016

JE M'ABONNE  Envoyer par email  Version imprimable Partager Partager par Facebook  Partager sur Twitter
Le pape François pendant l'audience générale, place Saint-Pierre de Rome, mercredi 15 avril 2015. © Grzegorz Galazka/SIPA Le pape François pendant l'audience générale, place Saint-Pierre de Rome, mercredi 15 avril 2015. © Grzegorz Galazka/SIPA
Dans son message annuel pour la Journée mondiale de la paix, la pape a appelé les catholiques, mais aussi « tous les peuples », à suivre Jésus qui « a tracé la voie de la non-violence ».
Partager par Facebook
Partager sur Twitter
Envoyer par email
Version imprimable
Instituée il y a cinquante ans par Paul VI, la Journée mondiale pour la paix est organisée chaque 1er janvier par l’Église catholique. « Dans le concert varié de l'humanité moderne », Paul VI appelait de ses vœux « l'accord de toutes les voix dans le monde pour exalter ce bien fondamental qu'est la paix », le 1er janvier 1968.
« La construction de la paix au moyen de la non-violence active est un élément nécessaire et cohérent avec les efforts permanents de l’Église pour limiter l’utilisation de la force par les normes morales », affirme aujourd’hui le pape François, dans son message pour cette journée. « J’assure que l’Église catholique accompagnera toute tentative de construction de la paix, y compris par la non-violence active et créative. »
Pour affirmer cela, le pape s’appuie largement sur l’enseignement de ses prédécesseurs – notamment, dit-il, Benoît XVI, qui avait déjà montré en 2007 que la non-violence était une attitude au cœur de la « révolution chrétienne » –, mais surtout sur celui du Christ : « Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié (cf. Ep 2, 14-16). […] Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à sa proposition de non-violence. » L’évêque de Rome voit d’ailleurs dans le Discours sur la montagne, « un ‘‘manuel’’ de cette stratégie de construction de la paix », « offert » par « Jésus lui-même ».
Texte complet du message du pape pour la 50e Journée mondiale de la paix

Dans son message pour 2017, le pape François cite aussi Martin Luther King ainsi que Gandhi en exemples d’une « non-violence pratiquée avec détermination et cohérence » qui a donné des « résultats impressionnants ». Un passage salué par Jean-Marie Muller, philosophe, théoricien de la non-violence active, auteur en 1969 de l’essai L’Évangile de la non-violence (Fayard). « C’est la première fois que le pape promeut la non-violence au sein de l’Église avec autant de force », estime-t-il.
Aimer ses ennemis ou lutter contre l'injustice ?

« Ghandi nous a offert le concept de non violence », souligne celui qui milite dans le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN). Le concept de « non-violence active » a en effet été popularisé dans les années 1920 par l’action de Ghandi en faveur de la libération de l’Inde de la tutelle anglaise et de l’abolition des castes. L’action de Martin Luther King dans les années 1960, au sein du mouvement des droits civiques aux États-Unis, a également été décisive.
Pour Jean-Marie Muller, Martin Luther King et Ghandi « ont appelé à la désobéissance civile » et l’ont utilisée comme « une stratégie de lutte ». Il considère ainsi que, malgré « la force de son message », le pape doit encore sortir d’« une vision idéaliste de la non-violence ». « Ce n’est pas seulement l'amour de l'ennemi qui va pouvoir réduire les injustices », explique-il.
Pour le pape, cette éthique de la non-violence se fonde sur « la joie de l’amour » – en référence à son exhortation apostolique Amoris Lætitia. « Il est alors fondamental de parcourir le sentier de la non-violence en premier lieu à l’intérieur de la famille », écrit-il dans son message pour la paix. « Les politiques de non-violence doivent commencer entre les murs de la maison pour se diffuser ensuite à l’entière famille humaine ». Dans cette optique d’élargissement de l’éthique de la non-violence, le pape va jusqu'à lancer « un appel en faveur du désarmement, ainsi que de la prohibition et de l’abolition des armes nucléaires ». Comme dans l’encyclique Laudato Si’, François exprime ainsi un de ses « credo » : « Tout est lié ».
SUR LE MÊME SUJET
Texte complet du message du pape pour la 50e Journée mondiale de la paix

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/pape-francois-faisons-de-la-non-violence-active-notre-style-de-vie-14-12-2016-78533_16.php

Lire la suite

Quand chrétiens et musulmans affrontent ensemble le défi de l'extrémisme islamiste,religion,respect,

15 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect

Quand chrétiens et musulmans affrontent ensemble le défi de l'extrémisme islamiste
PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENCE DESJOYAUX publié le 14/12/2016

JE M'ABONNE  Envoyer par email  Pour imprimer cet article, vous devez être abonné Partager Partager par Facebook  Partager sur Twitter
 
    Jeunes bénévoles de la Fondation Adyan lors d'un camp d'été en 2014. © Site Adyan Foundation 
Jeunes bénévoles de la Fondation Adyan lors d'un camp d'été en 2014. © Site Adyan Foundation
La fondation Adyan est née d’une rencontre, celle d’une musulmane sunnite avec un prêtre maronite et d’autres amis. Ensemble, Nayla Tabbara et Fadi Daou œuvrent depuis dix ans pour une plus grande solidarité spirituelle entre chrétiens et musulmans et pour le développement d’une vraie citoyenneté inclusive de la diversité dans les pays du Moyen-Orient. Un défi face à la montée de l’islamisme.
Partager par Facebook
Partager sur Twitter
Envoyer par email
Pour imprimer cet article, vous devez être abonné
Vous avez fondé Adyan en 2006, quelle était votre intuition ?
Fadi Daou. Nous étions en pleine guerre des 33 jours entre Israël et le Liban, un conflit extrêmement violent. La fondation d’Adyan était d’abord un acte posé pour ne pas tomber dans la désespérance, pour que notre réponse à la violence et à la destruction ne soit pas la démission mais, au contraire, un appel à plus d’engagement. Nous avions aussi la conviction que notre monde avait besoin d’un mouvement qui ailles au-delà du dialogue interreligieux. Ce dialogue risque de maintenir les interlocuteurs à distance et les figer dans leurs différences, même si elles sont vues comme un enrichissement mutuel. C’est pour cela que nous avons voulu pour notre part développer une « solidarité spirituelle », sans toutefois gommer nos différences. Au face-à-face du dialogue nous avons préféré le côte-à-côte de la solidarité pour affronter ensemble les problèmes de la société.
Depuis quelques années, de nombreux pays du Moyen-Orient sont confrontés à la montée de l’islamisme et de mouvements terroristes qui se réclament de l’islam. Des chrétiens sont victimes de ces groupes. Comment, dès lors, croire encore qu’une solidarité est possible ?
Nayla Tabbara. Cette extrémisme non seulement développe la peur, mais aussi une perte d’identité et un questionnement très profond parmi les musulmans. Je pense que face à cela, il faut éviter deux écueils.

http://www.lavie.fr/actualite/monde/quand-chretiens-et-musulmans-affrontent-ensemble-le-defi-de-l-extremisme-islamiste-14-12-2016-78532_5.php

Lire la suite

Musulmans et chrétiens s’engagent contre la discrimination,racisme,

5 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #respect, #racisme

INTERRELIGIEUX
Musulmans et chrétiens s’engagent contre la discrimination
Tags: COE Islam Paix Interreligieux
Ahmad al-Tayyeb et Olav Fykse Tveit (à droite) ©COE/Albin HillertDeux grandes faîtières religieuses se sont réunies ce week-end à Genève et Bossey (VD) pour s’engager à promouvoir le rôle pacificateur de leur religion respective.
Photo: Ahmad al-Tayyeb et Olav Fykse Tveit (à droite) ©COE/Albin Hillert
Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) et le Conseil musulman des ainés (MCE) ont signé un engagement commun ce week-end à Genève.
Rejeter toute forme d’extrémisme et toute discrimination basée sur la religion, la race, le sexe ou l’origine ethnique; encourager les responsables religieux à travailler avec les autorités et organisations nationales appropriées pour améliorer l’enseignement religieux et l’image des religions; soutenir et reproduire des initiatives visant l’unité telle que «la Maison de famille» fondée en Egypte par la Mosquée Al-Azhar et l’Eglise orthodoxe copte; explorer ensemble les contributions vitales que peuvent proposer les femmes, en particulier dans le domaine de la consolidation de la paix basée sur la religion; renforcer les engagements des jeunes au sein des communautés religieuses; encourager la fin de la course à l’armement qui menace la sécurité de tous et encourager plutôt l’utilisation de ressources nationales pour combattre la pauvreté, l’ignorance et la maladie qui pèsent tant sur les pays pauvres que riches; tels sont les engagements qui ont été pris par les deux organisations religieuses.
Ce texte a été adopté après une série de discussions, vendredi 30 septembre et samedi 1er octobre à Genève et au château de Bossey (VD). Les intervenants ont particulièrement insisté sur le rôle des religions, des responsables religieux et des organisations religieuses dans la construction de la paix et sur le lien entre pauvreté et violence religieuse.
Les participants ont convenu de poursuivre leur travail et de se rencontrer à nouveau en 2017 au Caire, en Egypte.
Le COE qui regroupe 348 Eglises protestantes, orthodoxes et anglicanes dans 120 pays, soit 550 millions de chrétiens était représenté par Agnes Abuom, modératrice du comité central et par le révérend Olav Fykse Tveit, secrétaire général. Le MCE était représenté par le grand imam de la Mosquée Al-Azhar, Ahmad al-Tayyeb.
Par ailleurs, Ahmad al-Tayyeb a donné une conférence publique à l’occasion du 70e anniversaire de l’institut de formation œcuménique du château de Bossey qui se tenait ce week-end également. «Une occasion de marquer les 70 ans de travail pour la réconciliation non seulement entre les Eglises, mais plus largement entre les nations», a souligné Dagmar Heller, doyenne de l’institution.
(job/comm)
Éléments similaires (par tag)
Supprimer l’intérêt, et réformer le système monétaire
Les musulmans grecs sortent de l’ombre pour construire une mosquée
COP 22: les communautés religieuses signent un document interreligieux pour le climat
Islam en Europe: «la laïcité radicale ne correspond pas aux besoins actuels»
Qu’est-ce qui freine l’égalité entre hommes et femmes?
Retour en haut
« Retour
http://protestinfo.ch/201610038130/8130-musulmans-et-chretiens-s-engagent-contre-la-discrimination.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

Lire la suite

LA FIN DES CHRÉTIENS D'ORIENT ?,religion,chretien,

23 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect, #racisme, #chretiens



La fin des chrétiens d'Orient ?
lundi 20 juin à 9h25 (86 min)
ARTE+7 86 min
LA FIN DES CHRÉTIENS D'ORIENT ?


lundi 20 juin à 9h25 (86 min)
Déjà diffusé vendredi 10.06 à 9h25
Minée par les persécutions, l'exil et le recul de ses droits, la communauté chrétienne va-t-elle disparaître du Moyen-Orient ? Un saisissant panorama de sa fragile condition dans cinq pays : l'Irak, la Syrie, la Turquie, l'Égypte et le Liban.


Partager
Rappeler
Partager 0
Twitter …
EN SAVOIR PLUS
Em 060824 000 fr
Un dossier web


Des bonus vidéo, une infographie, des repères, des articles et une interview du réalisateur pour approfondir le sujet.


Vers le dossier
VOD-DVD
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD


Acheter
Au début du XXe siècle, un habitant du Moyen-Orient sur quatre était chrétien. Aujourd'hui, ils sont largement minoritaires (11 millions parmi 320 millions de musulmans). Chaque année, des milliers d'entre eux sont massacrés, souvent parce qu'on les assimile à un Occident qui, pourtant, ne les soutient guère. Peu à peu, ils disparaissent de la région qui a vu naître leur religion. Ils descendent en effet des premiers chrétiens qui fondèrent des communautés religieuses au cours du Ier siècle, quand l'Europe était païenne. Au VIIe siècle, ils ont accompagné l'avènement de l'islam. Cet ample et passionnant documentaire explore leur fragile condition dans cinq pays : l'Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie et l'Égypte. D'une région à l'autre, leur position minoritaire les conduit souvent à s'allier au pouvoir en place en échange d'une protection incertaine.





"Pris en étau"


Les chrétiens d'Orient "ont toujours été pris en étau entre l'Occident d'un côté et l'islam de l'autre", résume l'historien des religions Jean-François Colosimo. En Irak et en Syrie, ils fuient en masse les persécutions de l'État islamique, qui cherche aussi à effacer les traces de leur culture. Le père Najeeb Michael raconte comment, de façon rocambolesque, il a sauvé des milliers de manuscrits et tableaux, en les embarquant dans des cartons lors de son exode. Décimée en Turquie par le génocide de 1915 puis par l'émigration, plus importante en Égypte mais endeuillée par de récents attentats, la communauté chrétienne n'obtient pas la reconnaissance officielle qu'elle attend des autorités des deux pays. Il n'y a qu'au Liban qu'elle est majoritaire et joue un rôle politique, même si elle a perdu une part de ses prérogatives après l'accord de Taëf de 1989. Au fil des interviews d'historiens, de politologues ou de dignitaire religieux, des séquences émouvantes auprès des réfugiés ou des communautés religieuses, se dessine un monde éprouvé mais aussi baroque, chaleureux et multiple, réparti en six rites différents : syriaque, byzantin, arménien, chaldéen, copte et maronite. Le film permet de revisiter des pans d'histoire édifiants, du partage désastreux du Moyen-Orient entre l'Angleterre et la France, qui continue de peser sur la région, à l'échec du panarabisme en passant par la façon dont le clan al-Assad a instrumentalisé les religions. Il rappelle aussi que la présence des chrétiens ou d'autres minorités religieuses, comme les Yézidis, garantit un reste de pluralité culturelle dans une région que les juifs ont dû quitter. Enfin, le documentaire met en exergue l'esprit de résistance des chrétiens d'Orient et leurs efforts pour préserver leur culture.


Fermer


religion, Irak, Syrie, christianisme, Orient

http://www.arte.tv/guide/fr/060824-000-A/la-fin-des-chretiens-d-orient?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

Lire la suite

Les voix du prophète, du guérisseur et du poète à l’unisson,religion,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect

CHRONIQUE
Les voix du prophète, du guérisseur et du poète à l’unisson
Tags: Chronique
De gauche à doite: Helen Prejean, Fania Davis, Alice Walker CC(by-sa) Don LaVange, CC(by-nc-nd) ACLU of Southern California, CC(by-sa)Virginia DeBolt via https://en.wikipedia.org/wiki/Helen_Prejean#/media/File:HelenPrejean.jpg / https://flic.kr/p/73Nk71 / https://en.wikipedia.org/wiki/Alice_Walker#/media/File:Alice_Walker.jpgProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.
La théologienne neuchâteloise Muriel Schmid, vit aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années. Elle est directrice de programme pour les Equipes chrétiennes pour la paix à Chicago. Elle partage des rencontres récentes qui l’ont marquée.
Photo: De gauche à doite: Helen Prejean, Fania Davis, Alice Walker CC(by-sa) Don LaVange, CC(by-nc-nd) ACLU of Southern California, CC(by-sa)Virginia DeBolt
Mi-avril, des collègues d’Utah Valley University, un gros campus qui se situe quelque 40 minutes au sud de Salt Lake City, organisaient un symposium sur le thème débattu de la peine de mort aux Etats-Unis. Dans ce cadre, il n’y a pas vraiment eu de débat; ce symposium rassemblait des voix fortement opposées à la peine de mort et permettait une conversation entre activistes de tous bords se battant pour l’abolition de la peine capitale. Deux de ces voix résonnent avec force: d’abord, celle de sœur Helen Prejean dont le portrait a connu un grand succès grâce au film Dead Man Walking (1995) avec Susan Sarandon dans le rôle de sœur Prejean; l’autre celle de Fania Davis, sœur d’Angela Davis, marquée par le mouvement noir américain des droits civiles, devenue championne de la justice restauratrice. Ces deux femmes, toutes deux dans leur septantaine maintenant, incarnent chacune à leur façon une tranche marquante de l’histoire politique américaine.
Je suis impressionnée par leur simplicité et leur humour; leur envie de communiquer et de partager; leur engagement profond pour un monde juste et équitable! De manière légèrement différente, elles en appellent au même principe. Pour sœur Prejean, le mot d’ordre, d’un point de vue chrétien, se traduit par cette injonction: «Do justice, charity is not enough!» (Pratiquez la justice, la charité ne suffit pas!) Et Fania Davis d’ajouter: «Work for justice, not against injustice only!» (Œuvrez pour la justice, pas seulement contre l’injustice!) Elles se complètent bien!
Ce double impératif me fait réfléchir à la vocation prophétique telle qu’elle nous a été transmise dans la tradition biblique. Dénoncer l’injustice est l’une des tâches essentielles du prophète vétérotestamentaire (NDLR de l’Ancien Testament); Amos est peut-être le meilleur représentant de cet appel constant à pratiquer la justice; mais il y a aussi Michée, Zacharie, Esaïe… ils dénoncent tous avec force les manquements et les faux pas, ils donnent voix aux opprimés, aux oubliés et ils condamnent ceux et celles qui perpétuent un système d’exclusion, de violence. Ces prises de paroles sont essentielles, centrales au message de la révélation divine biblique. Une fois le temps de la dénonciation passé, il faut travailler à la réparation et au pardon.
Jésus prophète et guérisseur! Il n’y a pas, chez Jésus, de dénonciation sans guérison; les deux sont constamment maintenus dans une tension mystérieuse. A l’écoute de sœur Prejean et de Fania Davis, je suis ramenée à cette réalité du Nouveau Testament. Parfois, ceux et celles qui se battent pour plus de justice oublient de se pencher sur les processus de guérison; de même, nos Eglises semblent parfois se focaliser davantage sur le message qu’elles veulent transmettre, plutôt que sur les gestes qui touchent et qui guérissent. Les principes de la justice restauratrice exigent un réel engagement pour nommer le mal et la souffrance, sans pour autant abandonner la conviction que ce qui s’est rompu peut se réparer.
Dix jours plus tard, j’écoute en silence une autre voix qui nous apporte, elle aussi, les échos d’une histoire encore toute récente et se conjugue bien avec celles de sœur Prejean et Fania Davis; j’écoute en silence la voix d’Alice Walker lisant ses poèmes, là juste devant moi, perchée sur une petite estrade sur le campus de Salt Lake City. Vous savez, Alice Walker, l’auteure de La Couleur pourpre, adapté au cinéma en 1985 par Steven Spielberg. Alice Walker, aussi dans sa septantaine, est pourtant bien plus que cela: une activiste, une écrivaine aux multiples talents, la première femme afro-américaine à recevoir un Pulitzer, et elle a marché aux côtés de Martin Luther King Jr! Avant tout poète ce soir-là, elle utilise ses vers pour nous parler de justice à son tour; sa poésie parle de foi, d’espérance et d’amour… et chez elle, dans ce cadre-là, la vertu la plus grande est l’espérance.
Hope Is a Woman Who Has Lost Her Fear L’espoir est une femme qui a perdu sa peur
(Alice Walker, 2013)
In our despair that justice is slow Dans ce désespoir où la justice est longue à venir
we sit with heads bowed nous restons assis, têtes courbées


wondering à nous demander
how comment
even whether ou même si
we will ever be healed. nous serons une fois guéris.
…. ….


Hope is a woman who has lost her fear. L’espoir est une femme qui a perdu sa peur.


Along with her home, her employment, En même temps qu’elle a perdu sa maison, son
her parents, her olive trees, her grapes. emploi, ses parents, ses oliviers, ses raisins.


The peace of independence; La paix de l’indépendance;
the reassuring noises of ordinary neighbors. le bruit réassurant de voisins familiers.
….. ….


Hope is always the teacher L’espoir est toujours le maître
with the toughest homework. aux leçons les plus dures.
…. ….


Without justice, we will never Sans justice, nous ne serons jamais
be healed. guéris.
Éléments similaires (par tag)
La loi américaine censée défendre la liberté religieuse, qualifiée de discriminatoire
Protestants, c’est une gratuité sans condition qui nous est offerte
Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler
Jan en 4 temps – quelques mots à propos de Jan de Haas
Pour ou contre le baptême d’enfant? Et si c’était plus compliqué que ça…?
Retour en haut
« Retour

Hope Is a Woman Who Has Lost Her Fear L’espoir est une femme qui a perdu sa peur
(Alice Walker, 2013)
In our despair that justice is slow Dans ce désespoir où la justice est longue à venir
we sit with heads bowed nous restons assis, têtes courbées


wondering à nous demander
how comment
even whether ou même si
we will ever be healed. nous serons une fois guéris.
…. ….


Hope is a woman who has lost her fear. L’espoir est une femme qui a perdu sa peur.


Along with her home, her employment, En même temps qu’elle a perdu sa maison, son
her parents, her olive trees, her grapes. emploi, ses parents, ses oliviers, ses raisins.


The peace of independence; La paix de l’indépendance;
the reassuring noises of ordinary neighbors. le bruit réassurant de voisins familiers.
….. ….


Hope is always the teacher L’espoir est toujours le maître
with the toughest homework. aux leçons les plus dures.
…. ….


Without justice, we will never Sans justice, nous ne serons jamais
be healed. guéris.
Éléments similaires (par tag)

https://protestinfo.ch/201605247962/7962-les-voix-du-prophete-du-guerisseur-et-du-poete-a-l-unisson.html

Lire la suite

L’aumônerie du CHUV: quand la spiritualité s’invite à l’hôpital,religion,sante,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect, #sante, #societe

SOCIÉTÉ
L’aumônerie du CHUV: quand la spiritualité s’invite à l’hôpital
Tags: Spiritualité Hôpital Aumônier
Un patient à l'hôpital https://flic.kr/p/sbw665La spiritualité et la diversité religieuses sont de plus en plus prises en compte dans les institutions de soins et de réhabilitation. Le Centre hospitalier universitaire vaudois accueille d’ailleurs des aumôniers dans son équipe soignante depuis plusieurs années. Rencontre avec Annette Mayer, aumônière et théologienne catholique.
Photo: CC (by-nc) Edgar Crook
Par Emmanuelle Jacquat
«A l’hôpital, le patient n’est pas dans n’importe quelle situation. Il est confronté à sa propre limite, à sa vulnérabilité et à son corps, qui peut être inamical ou le lieu d’un combat». C’est par ces quelques mots qu’Annette Maye, aumônière au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), définit la situation des patients. L’aumônerie du CHUV, qui est oecuménique, se compose d’une quinzaine d’accompagnateurs spirituels qui sont tant catholiques que protestants.
La spiritualité importante dans les moments difficiles
Le but de l’aumônerie est d’offrir un soutien spirituel «au sens large du terme». Cela signifie pour Annette Mayer, que «le spirituel ne peut pas être réduit au religieux, mais il peut englober le religieux». Les aumôniers sont présents pour permettre au patient de faire émerger ses propres ressources, pour faire face à la situation dans laquelle il se trouve. Et tout ce travail se fait dans le respect des convictions du patient.
De plus, 56% des personnes pensent que la religion ou la spiritualité joue un rôle dans les moments difficiles de la vie, et 47% en cas de maladie, selon les derniers chiffres publiés le 22 avril dernier par l’Office fédéral des statistiques. Ces chiffres sont intéressants pour les aumôneries, puisqu’ils permettent de confirmer l’importance du spirituel pour les patients et les malades. Du reste, «on constate ces statistiques sur le terrain», précise Annette Mayer.
Un soutien aux patients et aux soignants
Il n’est pas question de prosélytisme dans les services de l’aumônerie du CHUV. «La question de comment le patient ou sa famille vivent cette situation est centrale dans mes visites», explique Annette Mayer. Elle se souvient d’avoir accompagné une famille athée au moment où leur proche était en train de mourir. «Ce n’était pas un moment de réflexion pour comprendre ce qui les avait motivés à m’appeler alors qu’ils m’avaient clairement affirmé être athées. Ils voulaient que je sois là, et ils me faisaient confiance. Je ne voulais pas trahir cette confiance», confie la théologienne.
Si chaque aumônier est attribué à un service du CHUV pour l’écoute et l’accompagnement des patients et de leurs familles, ils sont également à disposition des employés de l’hôpital. «Les équipes soignantes peuvent venir nous voir pour des situations personnelles, comme la mort violente d’un collègue ou d’un patient», explique Annette Mayer. Cependant, cela doit se faire dans un environnement propice. «On doit le faire de manière structurée. Une discussion à midi pendant le repas n’est pas un accompagnement», poursuit l’aumônière.
Accents sur la spiritualité et les soins
Les demandes d’accompagnement peuvent venir des familles ou du patient, mais également du personnel médical. Au CHUV, les infirmiers ou les médecins contactent les aumôniers, quand ils pensent que le patient en a besoin ou s’il y a une demande religieuse, une crise de sens ou une décision éthique à prendre.
Cependant, il existe une grande différence lorsque le personnel soignant propose à un patient de rencontrer un aumônier ou si c’est l’aumônier qui voit le patient directement. «Si je viens en annonçant que je suis l’aumônière du service et que je fais mes visites, il n’y a quasiment pas de refus de la part des patients. Peut-être que cela passe mieux si le contact se fait directement avec moi», suppose l’aumônière.
Annette Mayer a également travaillé, il y a plusieurs années, aux hôpitaux de Genève. «A Genève, il existe une convention, mais les aumôniers n’ont pas accès aux dossiers des patients, alors qu’ici on a un accès, même s’il est limité», précise-t-elle. Au CHUV, l’accent est aussi bien mis sur la spiritualité que sur les soins prodigués aux patients. «Il faut penser ensemble le biologique et le spirituel. Et dans cette conception bio-spi-social, la spiritualité est quelque chose de très basique», poursuit l’aumônière. «C’est difficile d’être plus ouvert que dans le canton de Vaud».
Éléments similaires (par tag)
Un travail d’aumônerie dans la laïque Genève reçoit un label œcuménique
Quand la mystique trouve sa place à l’Université
Pierre-Yves Brandt: «L’idéal serait que le personnel soignant et les aumôniers puissent travailler en coordination»
Une meilleure signalétique pour les chapelles d’autoroute est exigée
L’humour, une pratique mystique
Retour en haut
« Retour

https://protestinfo.ch/201606037978/7978-l-aumonerie-du-chuv-quand-la-spiritualite-s-invite-a-l-hopital.html

Lire la suite

Pour l’amour de Jérusalem, Marie-Armelle ne se taira pas,respect, religion,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #respect, #religion

ÉDIAS
Pour l’amour de Jérusalem, Marie-Armelle ne se taira pas
Tags: Israël Médias Portrait
Marie Armelle BeaulieuRédactrice en chef du magazine «Terre Sainte», Marie-Armelle Beaulieu se passionne pour Jérusalem depuis trente ans. Malgré les haines, elle garde foi en l’avenir de cette ville trois fois sainte.
Par Aline Jaccottet
Il faudra cinq bonnes minutes pour réaliser que c’est bien elle, à côté de nous. Marie-Armelle a beau être ancienne novice dans un monastère bénédictin et vivre dans l’une des villes les plus religieuses de la planète, elle a le verbe haut, l’œil pétillant et le vêtement coloré. C’est que cette journaliste au parcours atypique n’a pas craint les grands écarts pour vivre la vie dont elle rêvait, au cœur de sa Jérusalem adorée. Une ville dont elle connaît chaque recoin et semble-t-il, la moitié de la population. «Sabah al kheir, bon matin! Comment vas-tu? Buon giorno, tutto bene? Hi, there! How are you?» Les ruelles se suivent et se ressemblent et Marie-Armelle, nullement déconcertée, prend le temps d’un mot gentil à chacun sur le chemin d’un restaurant de houmous si convaincant que l’on aura du mal à s’en extirper.
Six ans de méditation sur le Mont des Oliviers
«Je ne sais pas si c’est moi qui ai choisi Jérusalem ou si c’est Jérusalem qui m’a choisie», confie-t-elle avec un sourire. Venue en pèlerinage en 1986, «j’ai senti dans mes entrailles, dès le pied posé à terre, que j’étais à la maison. Un tarmac, pourtant, ça n’est pas spécialement excitant…» Bretonne, Marie-Armelle fait deux semaines de retraite itinérante, se sent «illuminée» par tout ce qu’elle découvre et termine ce séjour mémorable par une retraite au monastère bénédictin du Mont des Oliviers. Elle qui pensait entrer dans les ordres en France change d’avis: c’est sur cette mythique colline qu’elle priera, mangera, travaillera en silence pendant six ans. Elle y observe les allées et venues des fidèles musulmans autour du dôme bleu du Rocher, entend l’appel à la prière et assiste de loin aux innombrables événements qui agitent la ville étalée à ses pieds. Et puis un jour, coup de théâtre: Marie-Armelle quitte les ordres. «La chasteté, ça allait, la pauvreté, ça allait, mais l’obéissance…» Un brin rebelle, elle décide après une longue réflexion de «faire autre chose de ma vie de baptisée».
Une deuxième vie de journaliste
Autre chose, mais quoi? La réponse viendra d’une assistante sociale à Paris. «Je lui ai dit: j’ai fait six ans de couvent et il y a trois millions de chômeurs dans ce pays, je vais servir à quoi? Elle m’a répondu: et si vous deveniez journaliste?» A 29 ans, c’est une nouvelle vie qui commence pour l’enthousiaste Bretonne. Dix ans de secrétariat de rédaction dans un grand groupe plus tard, rebelote: Marie Armelle se heurte à nouveau à un «problème d’obéissance», cette fichue obéissance. Cogite un peu, puis l’évidence lui saute aux yeux: elle sera journaliste à Jérusalem, cette Jérusalem dont elle ne peut plus se passer, elle qui l’a visitée deux fois par an pendant dix ans, accro à ses ruelles, sa chaleur, son houmous. Le Ciel et Marie-Armelle étant plutôt copains, elle apprend à ce moment-là que les franciscains recherchent un rédacteur en chef pour leur magazine appelé alors «La Terre Sainte». «C’était un excellent média, mais il ne ressemblait à rien, il n’était pas aux normes médiatiques modernes. J’ai postulé et… j’ai été engagée!»
«Voir ce qu’il y a de meilleur en chaque homme»
Volontaire de la custodie en Terre Sainte, elle s’applique à rendre vivante chaque jour la devise des franciscains: Paix et Bien. La Bretonne veut «porter un regard chrétien sur ce pays qui n’est pas en paix même s’il n’est pas en guerre comme certains de ses voisins, voir ce qu’il y a de meilleur en chaque homme et qui peut tous les réunir tout en respectant ce qui les sépare». A la table du petit restaurant palestinien où elle termine de déguster un thé brûlant à la menthe et devant lequel passent, pressés, des juifs orthodoxes, la cinquantenaire dit pensivement: «Quand je regarde la vieille ville qui fait moins d’un kilomètre carré, je Lui dis Seigneur, quand même, t’as eu une drôle d’idée en concentrant les trois lieux saints au même endroit. C’est peut-être pour nous apprendre à vivre ensemble?»
En quête des rouages de la paix
Israël, le sionisme, l’antisémitisme, la colonisation, l’apartheid, les droits des Palestiniens… chaque jour circulent dans les médias mille nouvelles et interprétations sujettes à polémique, conflit voire haine. Et elle, Marie-Armelle, comment se situe-t-elle, à la tête d’un magazine d’une religion minoritaire, celle des chrétiens souvent pris en étau entre les deux acteurs du conflit? Souvent en désaccord avec la politique israélienne, critique également des Palestiniens, elle tient à distinguer «l’opposition à l’action politique et les personnes qui en sont porteuses et ne sont pas réductibles à leurs convictions politiques». La rédactrice en chef tient à préciser que Terre Sainte Magazine «laisse sa chance à tout le monde ce qui est admis par tous les protagonistes, même s’ils sont dérangés à l’occasion par tel ou tel propos. Nous, ce qu’on veut, c’est trouver les rouages de la paix». Ces rouages, elle les cherche en allant plus loin que les connaissances basiques qui mènent aux étiquettes. «Lorsqu’on creuse ce conflit, on entre dans un monde de grande complexité», note-t-elle.
Le drame de l’ignorance
Ce qui marque Marie-Armelle, elle qui a des amis tant Israéliens que Palestiniens et circule librement dans tout le pays, c’est la méconnaissance de l’autre. «C’est le drame de la construction du mur. Avant, les Israéliens faisaient leur marché à Bethléem et les Palestiniens travaillaient facilement en Israël. Aujourd’hui, on ne se connaît plus et on fantasme». Elle raconte qu’un habitant de la nouvelle ville de Jérusalem lui a un jour demandé si les Palestiniens mangeaient par terre. «Il n’avait qu’à marcher quelques mètres pour constater que ce n’était pas le cas, mais il y a une telle peur de l’autre que ce n’est plus possible». Et puis, il y a aussi des Palestiniens qui sont certains que les juifs ont besoin du sang des enfants pour faire la matsa, une vieille croyance antisémite. «On est dans le délire total», dit-elle en secouant la tête. Les dernières attaques au couteau n’ont bien sûr rien arrangé: plus personne n’ose mettre les pieds en vieille ville de Jérusalem, les uns par peur d’être poignardés, les autres d’être tués par balles.
Le meilleur et le pire
N’a-t-elle pas envie, parfois, de retourner à une existence plus paisible que celle que lui offre ce pays déchiré? Elle sourit. «Non, jamais. Quelque chose se joue ici, qui transcende les trois monothéismes pour aller dans l’universel. Jérusalem est le meilleur et le pire et éveille le meilleur et le pire en soi, c’est une ville qui exige notre propre conversion». Et de conclure après une dernière bouchée de houmous: «Je suis les paroles du prophète Isaïe: “Pour l’amour de Jérusalem, je ne me tairai pas”».
Éléments similaires (par tag)
Hillary Clinton: «Nous devons lutter contre le mouvement BDS»
Israël accuse le Conseil œcuménique de pousser son personnel à mentir
Les fractures des communautés sur la politique et la société d’Israël
«Là-bas, la mort devient un rêve inaccessible»
Les médias n’en parlent pas!
Retour en haut
« Retour

https://protestinfo.ch/201606077984/7984-pour-l-amour-de-jerusalem-marie-armelle-ne-se-taira-pas.html

Lire la suite

Ces mineurs étrangers qu'on accueille,protestant,enfants,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #enfants, #respect, #racisme, #reforme

© RANIERI MELONI/ISTOCKPHOTO
DOSSIERMIGRANTS MINEURS ISOLÉS 9 JUIN 2016
Auteurs
Agnès Morel
Imprimer
PDF
S'abonner
Envoyer






Ces mineurs étrangers qu'on accueille


Parmi les migrants qui arrivent chaque jour sur les côtes grecques ou italiennes, un tiers sont des enfants, dont beaucoup de mineurs non accompagnés. Quelles sont les mesures prises pour les accueillir ?


Lire le témoignage à Genoble


Témoignage de Anne-Marie Cauzid, du diaconat protestant de Grenoble, est présidente de la commission « Accueil de l’étranger » de la Fédération de l’Entraide protestante et membre du réseau Ésaïe qui accueille les étrangers à la rue dans les familles, en cliquant ici.
Anne Hidalgo a annoncé la semaine passée la construction d’un camp humanitaire au nord de Paris. Si la Ville de Paris s’est résolue à intervenir, c’est qu’il y a urgence. La France a beau ne pas être sur les routes migratoires principales, qui passent par la Méditerranée et les Balkans, une centaine de migrants demandent l’hospitalité chaque jour. À peine évacués, les bidonvilles se reforment ailleurs. Dernier en date, celui des jardins d’Éole, évacué le 6 juin après l’apparition de la tuberculose.


Dans ces campements de fortune, certains paraissent tout jeunes : ce sont des « mineurs isolés étrangers » (MIE) ou « mineurs non accompagnés », c’est à dire des enfants de moins de 18 ans, venus ici sans leur famille. Ou bien qui ont perdu leur accompagnateur. On estime généralement qu’ils seraient 6 500 dans ce cas en France, mais les associations évoquent le double. Majoritairement des garçons, de 16 ans à peine, originaires d’Afrique subsaharienne, d’après un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales).


Ces mineurs, même s’ils sont entrés clandestinement sur le territoire, bénéficient, en théorie, d’un statut protégé : selon la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (1) que la France a ratifiée en 1989, les MIE doivent être considérés comme des « enfants en danger » et être rapidement en charge par l’État. C’est-à-dire être « mis à l’abri » par l’Aide sociale à l’enfance du département (Ase) où ils se trouvent, avec un accueil d’urgence de 5 jours, puis orientés vers une structure d’accueil, leur assurant hébergement et scolarisation (lire p. 10). Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe…


Première difficulté : l’établissement de leur situation. Pour bénéficier de ce statut, qui les empêche d’être expulsés, il faut d’abord prouver son isolement et sa minorité. On estime que seulement la moitié des demandes seront acceptées. « Au vu des enjeux, il y a forcément un peu de fraude », explique Pierre Henry, le directeur de France terre d’asile, qui a longtemps géré la permanence d’accueil à Paris pour le compte de l’Ase, avant qu’elle ne soit déléguée à la Croix-Rouge.


Test osseux


L’évaluation est double. L’administration, avant de se prononcer, entend vérifier le récit du migrant (pourquoi est-il parti ? quelles ont été les étapes de son parcours ?) ainsi que la cohérence de son état civil, entre son acte de naissance, son passeport, et, sans le dire clairement, son apparence physique. Une évaluation très difficile, pour Rozenn Le Berre (2), ex-éducatrice, qui a recueilli le témoignage de jeunes candidats pendant 18 mois. « L’Ase nous poussait à les présumer majeurs, ce que j’ai toujours évité de faire, raconte-t-elle. Pour autant, ce n’était pas facile de trancher, le récit peut être bancal, les papiers falsifiés, etc. Sans parler de la pression des enjeux… » Plus de bienveillance, c’est également ce que demandait en février dernier le Défenseur des droits.


Mais l’heure est à la suspicion. Lorsqu’un doute subsiste, la justice peut demander une expertise médicale, une radiologie du poignet qui permettrait de donner l’âge du jeune. « Il s’agit d’un test osseux dont la fiabilité scientifique est contestée même par l’Académie de médecine, car il a été élaboré dans les années 50, sur des adolescents américains, et présente une marge d’incertitude de dix-huit mois », se désole Anne-Marie Cauzid, de la commission « Accueil de l’étranger » de la Fédération de l’Entraide protestante. Malgré la mobilisation des associations qui demandaient leur interdiction, ces tests ont été maintenus dans la dernière loi sur la protection de l’enfance, promulguée en mars dernier. Au grand regret des opposants, comme le député socialiste Denys Robiliard.


L’administration aurait elle intérêt à ralentir le processus ? Car c’est bien là l’enjeu : le temps. Il peut se passer des semaines avant d’obtenir un rendez-vous, puis le résultat de son évaluation, puis le jugement… ce qui laisse les jeunes désœuvrés des mois entiers, sans être scolarisés. Zain, un jeune Parkistanais, a passé ainsi trois mois à l’hôtel, en attendant le résultat de son évaluation, puis l’entrée dans une structure d’accueil. À perdre son temps. Pour beaucoup, c’est la course contre la montre. S’ils sont acceptés avant l’âge de 16 ans, il leur sera plus facile d’obtenir à leur majorité une carte de séjour.


La prise en charge s’arrête en effet l’année de leurs 18 ans, sauf en cas de signature d’un « contrat jeune majeur », rarissime. La régularisation n’est alors possible qu’à condition d’avoir donné des gages de son intégration, c’est-à-dire être engagé dans une formation professionnelle ou avoir décroché un emploi. Sinon, ils peuvent recevoir une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et être expulsé.


Si la France rechigne à accepter ces mineurs non accompagnés, c’est à la fois une question politique (ne pas encourager les migrations) et, bien sûr, une question de financement. En pleine restriction budgétaire, les départements, qui doivent prendre en charge ces mineurs au titre de la protection de l’enfance, se disent « saturés ». Dans les faits, ils ont surtout peur de voir les jeunes affluer. Après avoir fait annuler l’an passé, en Conseil d’État, le système de répartition territoriale permettant d’alléger les territoires les plus touchés, comme l’Ile-de-France, le couloir rhodanien et le Nord (circulaire Taubira de 2013), l’Assemblée des départements de France remonte actuellement au créneau : « La situation actuelle est absolument intenable », écrit son porte-parole Arnaud Bazin, dans un communiqué en forme de « cri d’alarme » paru en mars dernier.


10 000 disparus ?


« Un discours inaudible », aux oreilles de Pierre Henry, qui appelle à plus de solidarité puisque « plus de la moitié des départements ne jouent pas le jeu ». « C’est scandaleux ! C’est à croire qu’on ne peut recevoir, décemment, en France, 8 000 jeunes », s’indigne-t-il. Mais force est de constater que sur le terrain malgré toutes les bonnes volontés, les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous : manque de ressources, d’éducateurs, de traducteurs, de psychologues, manque de chambres d’hôtel ou en foyer… À Paris, les chambres d’hôtel disponibles pour la procédure de mise à l’abri, qui ne suffisaient plus, ont dû être revues à la hausse. Devant tous ces obstacles, beaucoup de jeunes, qui ont traversé déjà bien des épreuves pour arriver jusqu’ici, doivent se débrouiller pour trouver un endroit où dormir. Une situation d’une extrême précarité. « Quand on n’est pas reconnu mineur, on tombe dans un no man’s land juridique », explique Anne-Marie Cauzid, qui avec une vingtaine de familles grenobloises, héberge des jeunes à la rue (lire ci-contre). S’ils ne sont pas pris en charge par l’Ase, il est également impossible aux « mineurs déclarés majeurs » de faire appel aux services d’urgences, comme le 115.


Résultat : « Les jeunes reprennent leur paquetage et repartent tenter leur chance ailleurs », observe Geneviève Colas, présidente du collectif Ensemble contre la traite des êtres humains.


Sortant par là des fichiers statistiques, ce qui pourrait alimenter les chiffres cités par Europol, l’agence européenne de coordination policière : 10 000 mineurs non accompagnés auraient disparu, en Europe, au cours des 24 derniers mois. En partie du moins, car nombre d’entre eux pourraient être tombés dans des trafics de narcotrafiquants, être victimes de travaux forcés ou d’exploitation sexuelle.


Une situation qui interroge : qu’attend la France pour combattre clairement la traite des êtres humains ? Et qu’attend-elle pour s’occuper véritablement de ces mineurs non accompagnés ?


(1). « Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial a droit à une protection et une aide spéciales de l’État. »
(2). Rozenn le Berre raconte son expérience ici : www.liberation.fr/apps/2016/03/mineurs-isoles-etrangers/#chapitre-3

http://reforme.net/une/societe/mineurs-etrangers-quon-accueille

Lire la suite
1 2 > >>