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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

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"La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir " - © Edmund Vermeulen / CC BY SA via Flickr Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »,religion,laicite

18 Mars 2018 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #laicite

 
"La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir " -  © Edmund Vermeulen / CC BY SA via Flickr
Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »
 28 février 2018  MAJ 28/02 15:54  Valentine Zuber 2
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Valentine Zuber, chroniqueuse à Réforme, porte un regard critique et inquiet sur le rapport Clavreul remis au ministre de l’Intérieur, qui présente une vision idéologique de la laïcité.
Un rapport d’une quarantaine de page intitulé « Laïcité, valeurs de la République et exigence minimales de la vie en société » vient d’être remis par son auteur, le préfet Gilles Clavreul, à son commanditaire, le ministre de l’Intérieur. Lorsque l’on connaît les prises de position publiques particulièrement engagées et les amitiés politiques entretenues par ce préfet, ancien responsable de la Délégation interministérielle à la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine LGBT (Dilcrah) et compagnon de route affiché de Manuel Valls, la tonalité particulièrement alarmiste de ce rapport n’étonne guère. Pas plus que ses propositions pour le moins musclées.
Valeur républicaine ?
Dès le titre, l’objectif est donné. La laïcité y est directement associée à une valeur républicaine, que l’État aurait pour mission impérative de diffuser au-delà de la sphère publique, jusqu’au sein même de la société civile, afin d’emporter l’adhésion de tous les citoyens – sans exception – à son contenu normatif voire éthique.
Faisant fi de la neutralité exigée depuis 1905 à l’État en matière de religion ou de conviction particulière, son auteur prône l’élaboration d’un « corps de doctrine » permettant de prévenir « les atteintes à la laïcité ». Cette doctrine devrait certes être enseignée aux fonctionnaires de la République, les seuls astreints jusque-là à l’exigence absolue de neutralité religieuse et politique dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi à tous les cadres associatifs, représentatifs de la société civile qui auraient pour mission de la relayer, en particulier auprès de la jeunesse.
Cette position de principe transforme dangereusement la tradition républicaine laïque établie lors de la loi de séparation de 1905 et constamment réitérée par la jurisprudence administrative du Conseil d’État depuis lors, dont l’antienne a toujours été qu’en matière de conviction individuelle ou collective, la liberté devait être la règle, et l’interdiction, l’exception.
Au-delà de propositions plus classiques de ce rapport, qui ne bouleversent pas la tendance actuellement à l’œuvre dans la l’organisation et la gestion de la fonction publique, à savoir le renforcement de la formation des personnels des services publics au principe de laïcité, certaines paraissent nettement plus transgressives et semblent franchir une ligne rouge. Elles mettent directement en péril le droit de chacun à une pleine et entière liberté de croyance et d’expression qui marque l’éthos indépassable de nos sociétés à la fois libérales, plurielles et démocratiques.
Ces propositions invitent en effet expressément les pouvoirs publics à conditionner leur soutien (financier ou autre) aux activités des organismes sociaux, des associations ou aux événements publics ponctuels à une allégeance affichée à des valeurs intangibles, imposées par le haut, et qu’il deviendrait impensable de nuancer ou même de contester.
Doit-on le rappeler ? La laïcité n’est pas une philosophie surplombante que l’État aurait à promouvoir, ni une religion civile dont les valeurs exclusives s’opposeraient aux autres propositions éthiques ou de sens s’exprimant dans notre société résolument plurielle.
La laïcité est un principe juridico-politique de gouvernement, exigible du seul État et de ses représentants, un cadre légal garantissant le libre débat et permettant la confrontation pacifiée des différentes opinions émanant des citoyens dans la société, avec pour seules limites le respect de la loi et de l’ordre public.
Religion politique
La multiplication des chartes de la laïcité et l’injonction d’adhésion solennelle qui est demandée dans ce rapport aux individus et aux représentants de la société civile à leur contenu met directement en péril nos libertés publiques les plus chèrement acquises. De plus, ce type de mesures – de nature toute coercitive – fragilise en retour ce beau principe démocratique et d’équilibre qu’est la laïcité.
En ciblant une fois de plus une pratique religieuse particulière, le catholicisme jadis, l’islam aujourd’hui, en entretenant les amalgames entre foi religieuse et radicalisme politique, l’idéologie anticléricale portée par ce préfet bien peu laïc se teinte – de plus – d’un racisme latent et d’un paternalisme inavoué.
Il faut donc décidément dénoncer ces tentatives abusives de neutralisation autoritaire de la société et œuvrer à démasquer cette « laïcité » dogmatique qui prend des allures de religion politique.

Mots clés Conseil d'ÉtatLaïcitéPratique religieuseRapport Clavreul

https://www.reforme.net/idees/opinions/laicite-le-rapport-clavreul-met-en-peril-le-droit-a-la-liberte-de-croyance/
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Mieux former les Français à la laïcité,france,laicite,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #laicite, #religion

"LA RELIGION, C’EST JUSTE POUR LA SPHÈRE PRIVÉE ?"© STEVEN ESTES/UNSPLASH
RELIGIONSDE PAR LA FOI  20 OCTOBRE 2016
Auteurs
Sébastien Fath
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Mieux former les Français à la laïcité

Un sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France livre un résultat qui étaye  l'hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique.

Depuis les attentats de janvier 2015, le trouillomètre s’est emballé. Les Français ont peur. On veut des boucs émissaires. Pour certains, ce sont les migrants. Un tsunami d’exilés nous menacerait-il ? La réalité est pourtant différente. Moins de 9 % de la population vivant en France est immigrée (Insee). Et pour 10 000 habitants, l’Allemagne d’Angela Merkel accueille 74 réfugiés, tandis que la France de François Hollande n’en accueille qu’1,51 (chiffres Le Monde).

Pour d’autres lanceurs d’alerte, la cause de tous nos maux serait les musulmans. Ils font mine d’ignorer que l’immense majorité de nos concitoyens qui se réclament de l’islam boostent l’activité, la créativité, la mixité culturelle.

La religion accusée

Enfin, la religion est également au banc des accusés, surtout lorsqu’elle s’affiche. L’essayiste Jean-Paul Brighelli a publié à ce sujet un pamphlet rageur, Liberté, égalité, laïcité (2015). Il affirme : « La laïcité, c’est cela : le droit à toutes les croyances en tant qu’individu, l’obligation de n’en rien affecter ostensiblement en tant que citoyen. » (p. 21). Ah bon ? La religion, c’est juste pour la sphère privée ? Cette privatisation n’est pourtant pas constitutive du projet laïque. Selon la loi de la République, l’exercice du culte est public. Les acteurs religieux, comme les acteurs commerciaux, syndicaux, politiques, culturels, ont droit à l’expression publique, y compris pour débattre et convaincre, comme le rappelle l’Observatoire de la laïcité conduit par Jean-Louis Bianco. Mais la peur ambiante brouille les repères.

Le sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) livre un résultat qui étaye cette hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique. Seuls 48 % des Français(e)s interrogé(es) estiment « normal que les chrétiens communiquent leurs idées », tandis que 38 % valident l’énoncé contraire : « La foi est une affaire privée, il n’est pas normal que les chrétiens souhaitent communiquer leurs idées et leurs croyances avec quiconque. » Cette intolérance illustre une confusion entre laïcisme séculariste, qui discrimine la différence religieuse, et la laïcité française qui reste d’abord une liberté, et non un bâillon. On parle d’enseigner le fait religieux à l’école… Il serait grand temps aussi de relancer l’éducation à la laïcité !

http://reforme.net/une/societe/mieux-former-francais-a-laicite

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UN COUP D’ARRÊT UTILE MAIS QUI NE RÉSOUT RIEN,religion,laicite,

28 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #laicite

UN COUP D’ARRÊT UTILE MAIS QUI NE RÉSOUT RIEN
La décision du Conseil d’Etat vient, heureusement, de donner un coup d’arrêt à la volonté de certains responsables politiques, de droite, d’extrême droite et de gauche, de porter atteinte à la liberté de conscience, aux libertés individuelles et de faire de la laïcité un instrument d’exclusion.


Mais cette décision ne résout rien. Des élus municipaux ont pu s’en prendre à des femmes en raison de leur pratique religieuse, on a trouvé des juges pour les approuver et du Premier ministre au Front national en passant par Nicolas Sarkozy tous sont d’accord pour faire, par idéologie et appétit de pouvoir, de nos concitoyens musulmans des Français pas comme les autres.


Outre le ridicule d’un débat qui a fait de la France la risée du monde, ce qui est en jeu ici, c’est la division de la nation selon l’origine et la religion des hommes et des femmes qui vivent en France.


Nous récusons cette vision de la France et nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à la rejeter. La LDH appelle tous les maires qui ont cru devoir prendre cette mesure à la rapporter sans délai.


Paris, le 26 août 2016

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Burkini : une victoire de l’Etat de droit,religion,laicite,

28 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #laicite

Burkini : une victoire de l’Etat de droit
LE MONDE | 27.08.2016 à 10h34 • Mis à jour le 27.08.2016 à 13h49


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image: http://s2.lemde.fr/image/2016/08/27/534x0/4988784_6_16dc_une-jeune-maman-et-sa-fille-sur-la-plage-de_4e42656c9f44e63e4f09fb1dd7f050a8.jpg
Une jeune maman et sa fille sur la plage de Nice.
Editorial. Au bout du compte, et comme il se doit en démocratie, c’est la force du droit qui l’a emporté. Au terme de plusieurs semaines d’une controverse envahissante qui a parfois frisé l’hystérie, le Conseil d’Etat a rendu, vendredi 26 août, une décision qui, par sa sagesse et son argumentation juridique, replace la sulfureuse affaire du « burkini » dans l’espace qu’elle n’aurait jamais dû quitter : celui du droit.
Lire aussi : « Burkini » : le Conseil d’Etat s’en est tenu à la loi


C’est le droit qui régit l’exercice de la liberté et de la laïcité. La plus haute juridiction administrative française s’est donc attachée à l’examen de ces règles et à leur application dans le contexte du port du burkini, vêtement d’inspiration religieuse et musulmane, sur des plages publiques françaises à un moment de menace terroriste élevée et alors que le traumatisme de l’attentat islamiste de Nice, qui a provoqué la mort de 86 personnes le 14 juillet, est encore très vif.
Selon les juges du Conseil d’Etat, les risques de trouble à l’ordre public invoqués par la municipalité de Villeneuve-Loubet pour justifier son arrêté d’interdiction du port de vêtements religieux ne sont pas établis par les faits présentés. L’arrêté contesté a donc « porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ». Son exécution est, en conséquence, suspendue.
Comble de l’absurdité
Quelles que soient les réactions d’une poignée de maires qui ont affirmé dans la soirée vouloir maintenir des arrêtés similaires dans leur municipalité, l’arrêt du Conseil d’Etat a valeur de jurisprudence et s’imposera aussi à eux. Cette décision fournit une occasion salutaire de mettre un terme à une polémique trop souvent exploitée avec des arrière-pensées électorales, et la classe politique ferait bien de s’en saisir. Suscitant incompréhension et stupéfaction à l’étranger, l’affaire du burkini a atteint le comble de l’absurdité avec des interventions de policiers en tenue intimant l’ordre à des femmes de se déshabiller, scènes dûment répercutées dans la presse mondiale et sur les réseaux sociaux, pour le plus grand bénéfice de ces mêmes extrémistes islamistes que les partisans de l’interdiction du burkini veulent combattre.
Le Conseil d’Etat a ainsi rappelé les principes qui fondent la laïcité. On peut désapprouver le port du burkini ou du voile, et être choqué par l’atteinte qu’il porte à la dignité des femmes. Mais l’interdiction n’est pas la solution magique. La liberté religieuse reste la règle, et la République s’honore à la faire respecter tant que l’ordre public n’est pas menacé.
TROP SOUVENT, DEPUIS LA TRAGÉDIE DE NICE, LES FRANÇAIS ONT FAIT PREUVE DE PLUS DE DIGNITÉ ET DE RESPONSABILITÉ QUE LEURS ÉLUS
Il reste que si le droit a été dit, et bien dit, le débat n’est pas clos pour autant. Le débat sur la place de l’islam dans notre société est légitime, y compris dans le difficile contexte actuel. Premières concernées, les femmes doivent y prendre la part qui leur revient. Le fait que les deux ministres qui se sont opposées à la position radicale du chef du gouvernement, Manuel Valls, dans cette affaire soient des femmes (Najat Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine) est révélateur. Les femmes musulmanes, notamment, doivent aussi être entendues.
Mais si ce débat doit avoir lieu, il est essentiel que la classe politique l’aborde rationnellement, sereinement, et honnêtement. Trop souvent, depuis la tragédie de Nice, les Français ont fait preuve de plus de dignité et de responsabilité que leurs élus. Le plus grand service que ceux-ci puissent rendre à leur pays est de cesser de jeter de l’huile sur le feu.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/27/burkini-une-victoire-de-l-etat-de-droit_4988785_3232.html#jdc55gWBxXTp5xfR.99

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Signes religieux : le Conseil d’Etat fixe les limites du pouvoir des maires,religion,laicite,

28 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #laicite

Signes religieux : le Conseil d’Etat fixe les limites du pouvoir des maires
LE MONDE | 27.08.2016 à 07h42 |
Par Gaëlle Dupont
Abonnez vous à partir de 1 € Réagir AjouterPartager (116)Tweeter
image: http://s1.lemde.fr/image/2016/08/27/534x0/4988717_7_9fdd_facade-du-conseil-contistutionel-a-paris-le_18316221dce2321b1c3860cfe7d12e73.jpg


Façade du Conseil contistutionel à Paris le 26 août 2016.
L’arrêt rendu vendredi 26 août par le Conseil d’Etat sur le « burkini » est clair et net. En interdisant l’accès aux plages aux femmes portant ce type de vêtement, le maire (Les Républicains, LR) de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), Lionnel Luca, a porté « une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle », notamment celle de s’habiller à sa guise.


L’arrêté municipal du 5 août est donc suspendu. L’ordonnance du tribunal administratif de Nice du 22 août, qui le validait, est annulée. La Ligue des droits de l’homme (LDH), à l’origine de ce recours, demande désormais à la trentaine d’élus qui ont pris des mesures similaires de les retirer. Si les municipalités concernées s’y refusaient, comme plusieurs maires l’ont déjà annoncé, leur arrêté serait alors attaqué devant les tribunaux et aussitôt suspendu, la décision du Conseil d’Etat faisant jurisprudence.


En l’absence de réaction des maires, ces procédures seront entamées dès lundi 29 août, promet le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF), qui avait également fait appel de l’ordonnance de Nice. Toute amende est désormais susceptible d’être contestée devant le tribunal de police.


Aucun incident lié au burkini à Villeneuve-Loubet
« Au-delà de la polémique, le Conseil d’Etat rappelle les principes fondamentaux, observe Patrice Spinosi, l’avocat de la LDH. Les libertés ne peuvent être limitées que s’il existe un risque objectif de trouble à l’ordre...


L’accès à la totalité de l’article est protégé


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/27/signes-religieux-le-conseil-d-etat-fixe-les-limites-du-pouvoir-des-maires_4988718_3224.html#02ETpFS71Ad8lt8U.99

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/27/signes-religieux-le-conseil-d-etat-fixe-les-limites-du-pouvoir-des-maires_4988718_3224.html#xtor=RSS-3208

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Sexisme, République et laïcité,sexisme,laicite,

13 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #sexisme, #laicite



Sexisme, République et laïcité
16 MAI 2016 PAR JEAN BAUBÉROT BLOG : LAÏCITÉ ET REGARD CRITIQUE SUR LA SOCIÉTÉ
Les informations données par Médiapart sur les accusations de harcèlement sexuel visant Denis Baupin ont fait resurgir, cinq ans après « l’affaire DSK », un problème habituellement enfoui sous les incantations aux « valeurs de la République », valeurs qui s’opposeraient à « l’obscurantisme », naturellement religieux.
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Les informations données par Médiapart sur les accusations de harcèlement sexuel visant Denis Baupin ont fait resurgir, cinq ans après « l’affaire DSK », un problème habituellement enfoui sous les incantations aux « valeurs de la République », valeurs qui s’opposeraient à « l’obscurantisme », naturellement religieux. Il ne s’agit pas de « jeter le bébé avec l’eau du bain », mais de reconnaitre que c’est l’ensemble de la société française qui a une difficulté à vivre une relation apaisée et égalitaire entre hommes et femmes. A partir de là, on peut émettre toutes les critiques que l’on veut sur les religions, mais en arrêtant de faire semblant de croire que, hors religion, le problème serait résolu.


La prévalence de l’actualité sur la réalité fait qu’il faut un événement pour que ce qui existe de façon permanente fasse l’objet d’un débat explicite. Et, comme pour tout autre domaine, le présent vient de loin. Dans Le Monde (n° du 14 mai), Anne Chemin a publié un très intéressant entretien avec la politologue Magali Dellla Sudda sur « la longue histoire du machisme en politique ». Elle donne de très significative citations sur les justifications mises en avant pour exclure les femmes de la vie politique. Elle rappelle que c’est en France que le décalage entre les dates d’obtention du « suffrage universel » pour les hommes (1848) et le droit de vote des femmes (1944) est le plus grand. Et encore, il s’agissait des métropolitaines : les femmes des « départements français » d’Algérie n’ont voté qu’en 1958.


Je voudrais compléter cet entretien par quatre remarques.


La première consiste à attirer l’attention sur l’expression même de « suffrage universel »….employé généralement pour toute la période où il n’était que masculin. La France se veut la championne de l’universalisme, un universalisme au-dessus des particularités. Mais, souvent, cet « universalisme » est un masque qui permet de cacher des discriminations, de réduire péremptoirement au silence celles et ceux qui veulent les mettre en lumière. Les pays prétendus « particularistes » ont instauré le « suffrage (véritablement) universel » avant la France. Et le mouvement « Les indivisibles » rappelle qu’il y a encore beaucoup à faire pour instaurer une citoyenneté égale pour toutes et tous.


La seconde remarque est que l’exclusion des femmes de la sphère politique est la face émergée d’un ensemble plus vaste. Un de mes champs d’études porte sur les rapports entre laïcité, république et minorité protestante. Deux exemples parmi d’autres, de protestantes brimées. Blanche Edwards, admise à l’internat en 1886, est brûlée en effigie par les étudiants. Elle subit de vives attaques de la revue anticléricale Le Progrès médical, et de l’Académie de médecine : une femme ne saurait être médecin ! Geneviève Bianquis, reçue première à l’agrégation d’allemand, en 1908, a dû aller enseigner à l’Université MacGill à Montréal, car l’enseignement supérieur français lui était fermé. Bien d’autres exemples pourraient être donnés.


Car, troisième remarque, la représentation dominante était essentialiste : il existe une inégalité structurelle des hommes et des femmes, car leurs anatomies et, en particulier, leurs cerveaux ne sont pas du tout pareils. Il faut lire l’article « Femme » de la Grande Encyclopédie dirigée par Marcelin Berthelot, chef d’œuvre (35000 pages in quarto) de la science républicaine, au tournant du XIX et du Xxe siècle. L’irrigation sanguine du cerveau étant plus développé chez l’homme, celui-ci est intelligent, tandis que celle-là est sensible. Etc… « Voilà pourquoi votre femme est muette »… quand il s’agit de rationalité, dirait Diafoirus . Ceci indiqué, il faut reconnaitre que, pour la Grande Encyclopédie l’inégalité des capacités entre les deux sexes n’est pas universelle : elle n’existe que dans les « races supérieures » ! Autrement dit : l’égalité des sexes, c’est bon pour les « nègres », comme dirait une de nos ministres.


Enfin, quatrième remarque, il y a dans l’entretien publié dans Le Monde un oubli troublant. Dans l’inventaire des arguments donnés pour justifier l’exclusion des femmes de la sphère politique, rien n’est dit sur la référence à la laïcité. Or celle-ci a été invoquée de façon récurrente pour refuser le droit de vote aux femmes. L’historien Jean-Baptiste Duroselle le rappelle à propos de Clemenceau : « Il fut un adversaire résolu du suffrage féminin, pensant que celui-ci aboutirait automatiquement à une mainmise de l’Eglise sur la politique française » (1986, réédit, 2012, Fayard, p. 359). Ne pas le rappeler aujourd’hui n’a rien d’innocent : le thème de la « femme soumise » est un stéréotype qui a toute une histoire ! Et si on veut enseigner scientifiquement la laïcité à l’école, il ne faut pas multiplier les impensés, notamment sur l’égalité des sexes. C’est, au contraire, en montrant les difficultés d’un chemin inabouti que l’on sera crédible, donc convaincant, pour les élèves.


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https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog/160516/sexisme-republique-et-laicite

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Un réseau laïque romand voit le jour,protestant,laique,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #laicite

Un réseau laïque romand voit le jour
Tags: Laïcité relations EglisesEtat
Un crucifix devant une école à Saint-Rémy-de-Provence CC(by-nc-nd) Jan Buchholtz via https://flic.kr/p/pkzsGQUn groupe Facebook et bientôt un site web sont mis en place pour débattre des enjeux autour de de la neutralité religieuse de l’Etat et mettre en relation les militants pour la laïcité des différents cantons.
Photo: Un crucifix devant une école à Saint-Rémy-de-Provence CC(by-nc-nd) Jan Buchholtz
Par Joël Burri
«Nous vivons actuellement des attaques médiatiques puissantes pour faire passer la laïcité pour antireligieuse», regrette Marco Polli, enseignant retraité lors d’un point presse consacré à la création du Réseau laïque romand. Il donne comme exemple les multiples interventions d’Hani Ramadan. Yves Scheller, porte-parole de la Coordination laïque genevoise, rappelle que jusqu’en 2011 existait une Association suisse pour la laïcité. La majorité de ses membres étant genevois, celle-ci s’est repliée sur le bout du lac au moment où commençaient les discussions qui ont amené au projet de Loi sur la laïcité actuellement débattu.
Aujourd’hui, un groupe d’intellectuels souhaite revenir sur cette question dans les différents cantons romands. Intarissables quand il s’agit de parler de laïcité, ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas et comment elle est systématiquement caricaturée par ses opposants, le groupe est moins prolixe pour présenter leur organisation et ses activités. «Nous ne sommes pas une association prévient Yves Scheller. Plutôt un groupe informel qui met en relation des personnes dans différents cantons.» Le groupe est prêt à mettre son expertise au service des partis politiques au travers de diverses interventions et espère favoriser la création d’associations cantonales.
«Actuellement, une personne qui souhaite nous rejoindre doit passer par le groupe Facebook. C’est là le cœur de nos activités», explique la journaliste Nadine Richon. «Nous allons avoir un site web, mais pour des raisons techniques sa mise en ligne a été retardée», précise Yves Scheller.
Appelé à prendre position sur quelques questions d’actualité, le groupe se dit fermement opposé au port du voile par des agents de l’Etat, mais ne soutiendra pas l’initiative de l’UDC valaisanne contre le voile à l’école. «Les élèves sont des usagers de l’école. Ils sont donc libres de porter des signes religieux» explique Yves Scheller. Pas question, par contre, pour une enseignante, représentante de l’Etat de faire de même. «La laïcité, c’est le seul moyen de ne pas faire des citoyens de première et deuxième classe», insiste Sylviane Roche. «Les problèmes posés par la voile à l’école en France ne se posent pas en Suisse», complète Yves Scheller. «Ici, les élèves ne subissent pas de pressions si elles ne sont pas voilées. Si cela devait être le cas, il faudrait prendre des mesures, mais nous n’allons pas agir contre un problème qui ne se pose pas.» Marco Polli précise: «l’UDC ne défend pas la laïcité, elle stigmatise les musulmans.»
Interdire aux enseignantes de porter le voile, n’est-ce pas priver des femmes d’emploi? «Seules les personnes qui travaillent pour une collectivité publique doivent renoncer à porter un symbole religieux. Les femmes voilées peuvent travailler dans le privé», rétorque Yves Scheller. Estimant qu’il n’y a pas à transiger sur la question, il rappelle que le voile n’est pas une obligation islamique. «Le voile est devenu un costume politico-religieux. Les femmes qui le portent sont soit des militantes, soit des victimes, soit des idiotes.»
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http://protestinfo.ch/201605177951/7951-un-reseau-laique-romand-voit-le-jour.html

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Laïcités sans frontières Jean Baubérot, Micheline Milot,protestant,histoire,laïcité,

30 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #livres, #laicite

Laïcités sans frontières
Jean Baubérot, Micheline Milot


Date de parution 13/01/2011
La Couleur des idées
352 pages - 21.30 € TTC
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Partout dans le monde, la sécularisation s’accélère, alors même que les identités religieuses s’affirment avec vitalité et, parfois, radicalité. Ce livre éclaire cette supposée contradiction en regard des attentes individuelles et sociales qui naissent du pluralisme actuel. Il montre les différents processus de « laïcisation » à l’œuvre, avec la démocratie et les droits de l’homme, l’individualisme... Dans bien des régions du globe, les États prennent des mesures constitutionnelles pour mettre fin au poids d’une religion officielle et permettre le pluralisme des convictions religieuses et philosophiques, ainsi que la liberté de conscience ; ils refusent les vetos religieux qui voudraient brider les libertés collectives et individuelles. Ils favorisent divers accommodements. En même temps que cette « laïcisation », d’autres États s’efforcent d’entretenir de bonnes relations avec certaines religions, en leur accordant des avantages matériels et parfois des droits nouveaux. Cet ouvrage de référence offre une compréhension sociologique de ces mutations religieuses et laïques en cours dans nombre de sociétés, traversées par des défis similaires, mais apportant des réponses souvent contrastées. Il propose également une approche critique des théorisations qui ont souvent vite fait l’impasse sur le processus de laïcisation.

http://www.seuil.com/livre-9782020996167.htm

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Le rôle des protestants dans la séparation des Églises et l'État,protestant,histoire,histoire de france,

22 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #laicite

FERDINAND BUISSON, PHILOSOPHE ET PROTESTANT, SERA LE RAPPORTEUR DE LA LOI AU PARLEMENTD. R.
DOSSIERLES GRANDS MOMENTS PROTESTANTS 3 AOÛT 2011
Auteurs
Jean Baubérot
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Le rôle des protestants dans la séparation des Églises et l'État


Au début du XXe siècle, les protestants participent à l’élaboration de la loi sur la séparation des Églises et de l’État, adoptée le 9 décembre 1905.


En janvier 1903, le président du Conseil, Émile Combes, bataille à l’Assemblée nationale contre un député socialiste partisan de la séparation. Combes veut maintenir le Concordat et les « cultes reconnus ». Bien qu’anticlérical, il estime que n’est pas encore advenu le temps où la libre-pensée « pourra suffire à conduire les hommes dans la pratique de la vie ». Le propos est clair : la séparation est conçue comme le remplacement de religions officielles par un athéisme d’État.


Aucun député ne s’insurge cependant contre cette conception ! En décembre 1905, pourtant, la loi instituant la séparation « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes », selon son article 1. Son rapporteur, Aristide Briand, indique que cet article constitue le principe interprétatif de toute la loi.


Vives inquiétudes


La fin de religions officielles s’accompagne donc d’un accroissement de la liberté de religion. Dans ce changement fondamental, des protestants ont joué un rôle essentiel. Les protestantismes luthérien et réformé avaient pourtant beaucoup à perdre dans la séparation puisqu’ils formaient des « cultes reconnus » dont les pasteurs se trouvaient payés par l’État.


Il serait faux de croire que les protestants ont été, de façon générale, des militants de la séparation. Les inquiétudes de tous étaient vives, et les luthériens et les réformés de tendance théologique libérale se sont montrés très réservés. Cependant, effectuant une analyse lucide de l’aggravation du « conflit des deux France » avec l’affaire Dreyfus, les dirigeants de la tendance évangélique de l’Église réformée (1) l’ont jugée inévitable.


Participant activement à son processus, ils l’ont infléchie en exploitant au maximum deux atouts : l’insertion de certains d’entre eux dans les milieux républicains, le fait qu’il existait des Églises évangéliques libres de liens avec l’État.


Dès juillet 1902, le synode réformé évangélique se déclare à l’unanimité « favorable en principe à la séparation » après une inhabituelle (mais significative !) séance à huis clos.


La stratégie des réformés-évangéliques


À l’automne, le député radical Eugène Réveillaud fait voter la création d’une commission parlementaire sur la séparation. Il y dépose, en juin 1903, une proposition de loi. Franc-maçon, Réveillaud est un ancien agnostique qui s’est converti au protestantisme évangélique une nuit de 14 juillet. Devenu un membre influent de l’Église réformée de France, c’est un laïc qui participe à des campagnes d’évangélisation.


Sa proposition de loi émane de réunions secrètes qui ont regroupé autour de lui les autorités réformées évangéliques. Le but est, non pas de bâtir un projet idéal, mais une proposition qui sauvegarde l’essentiel sous une forme susceptible d’être acceptée par le Parlement.


La proposition Réveillaud constitue une des bases du travail de la commission parlementaire, présidée par Ferdinand Buisson (philosophe, libre-penseur et protestant libéral) et animée par Aristide Briand, qui en sera le rapporteur lors des débats parlementaires. Briand va prendre, dans son cabinet, un jeune juriste qui avait participé aux réunions organisées par Réveillaud, Louis Méjan, dont le frère aîné, le pasteur François Méjan, est nommé, au même moment, Agent général (c’est-à-dire président) de la tendance réformée évangélique. Une stratégie très efficace s’est donc mise en place.


Des protestants font échouer le projet d’Émile Combes


La crise de 1904 avec le Saint-Siège entraîne la rupture des relations diplomatiques et le ralliement de Combes à la séparation. Il dépose un projet de loi très dur à l’égard des Églises. Il est alors décidé de confier au professeur de la faculté de théologie Raoul Allier, membre des Églises évangéliques libres, la direction d’une campagne de presse destinée à le combattre.


Elle prend la forme d’une série de 22 articles et d’une enquête auprès de 33 personnalités (18 protestants, 13 catholiques, un israélite et un agnostique). L’ensemble est publié dans le quotidien anticlérical Le Siècle, dirigé par deux libres-penseurs d’origine protestante. Le réseau protestant fonctionne au-delà des divergences de conviction !


Raoul Allier affirme que la République doit se prémunir contre les « empiètements de la société religieuse » en subvertissant la rhétorique de la « République menacée » : une loi qui brimerait l’exercice du culte ne ferait qu’augmenter le danger, car elle exacerberait les tendances politico-religieuses au sein du catholicisme.


Allier montre qu’une démocratie donne toujours à ses adversaires la liberté de la combattre, mais c’est grâce à l’octroi de cette liberté qu’elle attire vers elle le plus grand nombre. L’exemple historique des protestants français sert d’appui à cette démonstration qui, pour l’historien J.-M. Mayeur, signa l’échec du projet Combes.


La séparation de 1905 va se montrer encore plus libérale que ne l’auraient voulu les protestants qui y ont contribué.


Intelligence protestante


Allier et Réveillaud souhaitaient que la loi permette à un catholicisme républicain de se développer hors de sa hiérarchie. L’article 4, en respectant l’organisation interne de chaque Église, n’ira pourtant pas dans ce sens (c’était tout à fait inacceptable pour les évêques). D’autre part, la loi donna davantage de liberté aux manifestations religieuses dans l’espace public, alors que la proposition Réveillaud voulait maintenir les contraintes concordataires, ces manifestations étant essentiellement catholiques.


La logique libérale impulsée par les protestants s’avéra donc plus globale qu’ils ne le souhaitaient, leur rappelant que l’on doit combattre pour la liberté de tous, et pas seulement pour la sienne. Il ne s’agit donc nullement de faire leur apologie morale.


Il s’agit d’indiquer à quel point ils ont pris part à la construction d’une loi essentielle de notre pays, souvent aujourd’hui invoquée dans un sens répressif, à l’opposé de sa philosophie politique. Il s’agit aussi de rappeler qu’ils ont su prendre des risques, devancer l’événement et faire preuve d’une grande intelligence.


(1). 1. Les réformés libéraux et évangéliques étaient alors organisés à part. Ils se réunifieront en 1938.


À lire
Laïcités sans frontières
Jean Baubérot, Micheline Milot
Seuil, 2011
coll. « La Couleur des idées »
338 p., 21 €.

http://reforme.net/une/religion/role-protestants-separation-eglises-et-letat

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