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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

Un petit (mal)traité pour lutter contre l’analphabétisme religieux,reforme,religion,respect,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #religion, #respect

MÉDIAS
Un petit (mal)traité pour lutter contre l’analphabétisme religieux
Tags: Livres Histoire Interreligieux analphabétisme religieux
Petit (mal)traité d'histoire des religionsRésumer l’histoire biblique d’Abraham à Daniel en dix-huit pages pour narrer ensuite la naissance de l’islam, la Réforme et les Lumières. Tel est le tour de force du «Petit (mal)traité d’histoire des religions» qui vient de paraître chez Slatkine. Son auteur, François Conod tente ainsi de donner au plus grand nombre les clés religieuses pour comprendre l’art et l’actualité.
Par Joël Burri
«Ce livre, c’est un peu une commande de ma fille. Elle a fait le constat qu’il n’existait rien sur le marché qui présente les différentes religions sans être prosélytique», explique François Conod. L’auteur lausannois vient de publier chez Slatkine son «Petit (mal)traité d’histoire des religions».
Avec sa fille enseignante, il partage le constat du manque de culture religieuse de leurs contemporains. Ainsi ce petit ouvrage (moins de 150 pages) se donne pour mission de donner des clés de lecture tant pour l’art que pour l’actualité. «Même chez les croyants, il n’est pas toujours très clair que le christianisme tire ses racines du judaïsme et que l’islam se base à son tour sur le christianisme.» L’auteur écrit: «mon but est double. D’une part, tenter de montrer que la littérature, la peinture, la musique, les arts en général ne peuvent être compris que si –quelles que soient ses croyances ou ses non-croyances– on a des notions de religion, aussi imparfaites et sommaires soient-elles. De toutes les religions, en tout cas les plus répandues. D’autre part, donner des clés pour analyser les conflits qui, au nom de ces mêmes religions, ont ravagé la planète et continuent à la ravager.»
Sous une forme chronologique, qui met clairement en scène les relations entre les trois religions du livre, cet opuscule présente l’histoire des religions d’Abraham (les récits de création étant jugés suffisamment connus) à nos jours. Six pages sont également consacrées à l’apparition de l’hindouisme et du bouddhisme dans le courant du sixième siècle avant Jésus-Christ.
Dans un ton souvent grinçant, l’auteur éclaire les croyances présentées à la lumière des recherches les plus récentes, en archéologie notamment. «J’ai pris le temps de faire court, afin que la lecture de cet ouvrage soit le plus accessible possible.» Les choix sur les éléments à retenir dans un tel résumé ont été guidés par les échanges avec les nombreux relecteurs qui ont accompagné François Conod dans ce projet.
Au final, un texte plaisant à lire, bien que très dense. Après une première lecture où l’on se laisse surprendre par la richesse des relations interreligieuse, ce livre trouvera certainement sa place parmi les ouvrages de référence à garder sous la main.

Infos pratiques
François Conod, «Petit (mal)traité d’histoire des religions». Dessin de Mix&Remix. Slatkine, Genève, 2016. 25 fr.
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Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler,protestant,reforme,emploi,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #economie, #emploi

CHRONIQUE
Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler
Tags: Travail Chronique Votation
Ouvtiers casqués CC(by-nc-nd) jaimebisbal via https://flic.kr/p/6fdJksProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.
Le médecin Jacques-André Haury, ancien député vert'libéral au Grand Conseil vaudois, espère que les réformés profiteront du débat autour de l’initiative populaire fédérale «Pour un revenu de base inconditionnel» pour rappeler les valeurs spirituelles que les protestants reconnaissent au travail.
Photo: CC(by-nc-nd) Jaimebisbal
La question du revenu de base inconditionnel n’est pas d’abord une question politique: c’est une question philosophique. Les Eglises héritières de la Réforme devraient en saisir l’occasion pour rappeler l’éthique protestante du travail.
En effet, la valeur spirituelle que les Réformateurs (Luther en tête) ont donnée au travail constitue l’un des apports les plus déterminants de la Réforme à la prospérité des sociétés occidentales. Rompant de façon radicale avec la tradition catholique médiévale qui voyait dans le travail une forme de punition (Genèse 3:17 sqq.), Luther considère que le travail de l’homme est profitable à lui-même et à la société et qu’il lui permet de poursuivre l’œuvre de Dieu. Par son travail, l’homme devient collaborateur de Dieu.
Dans la tradition catholique médiévale, la vie la plus proche de Dieu était une vie de prière retirée du monde. Quant au pauvre et au mendiant, ils offraient au riche l’occasion, par sa générosité, de s’ouvrir une porte vers le ciel. Les Réformateurs vont affirmer au contraire que c’est dans son activité au sein de la communauté que le croyant va s’approcher de Dieu en devenant Son collaborateur et en poursuivant Son œuvre de Création. C’est dans cette conception spirituelle que Calvin a interdit la mendicité à Genève, s’employant au contraire à trouver un travail pour chacun. Quant au sort des plus miséreux et des plus faibles, il le prend en charge par le développement de l’Hospice général.
Sur cette valeur morale et spirituelle donnée au travail, les sociétés protestantes ont fondé une admirable prospérité qui a permis le bien-être matériel de tous et a contribué à éradiquer la misère. Aujourd’hui encore, on peut observer que la situation économique est meilleure dans les pays héritiers de la Réforme, et notamment que le chômage y est plus bas.
Voici ce que les réformés devraient rappeler au moment où certains défendent le principe d’un revenu de base inconditionnel (RBI). Les milieux économiques affirment que ce revenu découragerait le travail et l’effort. Mais les réformés devraient aller beaucoup plus loin, en rappelant qu’il est profondément contraire à l’éthique protestante du travail, à laquelle tous doivent aujourd’hui la prospérité de la société dans laquelle nous vivons. Si travailler signifie collaborer à l’œuvre de Dieu, pousser chacun au travail, c’est peut-être lui ouvrir une porte vers le ciel. C’est en tout cas lui donner une chance de vivre pleinement sa foi en Dieu.
Et la charité, là-dedans, vertu chrétienne elle aussi? Le RBI n’a rien à voir avec la charité. La charité se tourne vers les plus faibles; qu’il s’agisse de charité privée ou d’aide sociale publique, le principe en est toujours le même: protéger les plus faibles de la misère. Tout au contraire, le RBI mélange les faibles et les oisifs, ceux qui n’ont pas la force et ceux qui n’ont pas la volonté. Le RBI n’a plus rien à voir avec l’éthique de la charité.
Il n’appartient pas aux Eglises de donner des mots d’ordre politique. Mais en un temps où les protestants s’apprêtent à célébrer le 500e anniversaire de la Réformation, un temps aussi où les protestants peinent à affirmer leur identité, le débat autour d’un RBI devrait être pour eux une occasion à saisir. Celle de rappeler les fondements spirituels de l’éthique protestante du travail qui fut et qui demeure si profitable à nos sociétés occidentales; une éthique que les protestants peuvent sans rougir apporter au débat interconfessionnel, et même au débat interreligieux.
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?,protestant,reforme,violences,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #religion, #violences

HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES JEUNES PENDANT LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL À PARIS LE 19 MAI 2016© TATIF/WOSTOK PRESS/MAXPPP
SOCIALÉVÉNEMENT 26 MAI 2016
Auteurs
Laure Salamon
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?


En marge des manifestations contre la loi Travail, les affrontements entre les jeunes et la police traduisent un blocage politique.


La voiture de police incendiée par des manifestants ou le passage à tabac d’un jeune par des policiers, ces images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux illustrent-elles une escalade de la violence ? Pour Laurent Mucchielli, sociologue et historien à l’université d’Aix-Marseille, « il n’y a pas plus de violence qu’auparavant. Certes il faut remonter à 2010 pour retrouver ces phénomènes de casse, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sociaux depuis. Et les manifestations des années 1970 étaient beaucoup plus violentes. »


Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait même fait voter en 1981 une loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, surnommée « loi anticasseurs ». François Mitterrand l’avait abrogée en grande partie en 1983.


La violence ancestrale


Et si on remonte encore plus loin dans l’histoire, Véronique Le Goaziou, sociologue, chercheuse associée au CNRS et auteure d’Idées reçues sur la violence (2004, Le Cavalier Bleu), explique que la violence est une notion à géométrie variable. « Les sociétés du Moyen Âge ou de la Renaissance étaient beaucoup plus marquées par la violence avec les bagarres, les duels, l’insécurité permanente. Considérée comme banale, tolérée voire légitime, cette brutalité était courante dans le quotidien, dans les relations interpersonnelles. Progressivement, on l’a écartée et remplacée par la civilité, la cordialité, la bienveillance. Aujourd’hui, quand on qualifie quelque chose de violent, il est déprécié. L’usage de la violence est même parfois considéré comme une anomalie, une folie ou une régression. Il est donc difficile de réfléchir de manière neutre à ce terme. » Qui plus est, ajoute la sociologue, il est utilisé à tout bout de champ et sature notre langage en regroupant une grande diversité de situations.


Or pour Laurent Mucchielli, il faut se méfier de la mise en scène de cette violence. « Le but de cette stratégie politique est de faire parler au maximum des faits de violence pour éviter de revenir sur le fond de la contestation. Les mouvements sociaux sont inégaux devant la dénonciation de la brutalité, ce qui arrange le pouvoir politique. Pour certaines contestations comme les agriculteurs ou les marins-pêcheurs, la communication va permettre d’apaiser les tensions. Alors que là, au contraire, elle contribue à faire monter leur niveau général, avec une surenchère de mots. »


Et comme les médias et la violence font plutôt bon ménage, la stratégie est payante. Les images et vidéos tournent en boucle sur Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. « On est dans le spectaculaire, analyse Véronique Le Goaziou. Il est plus facile de saisir une image de violence qu’un instant de paix. »


Pourtant, Jean-Paul Willaime, sociologue et directeur d’études émérite à l’EPHE, rappelle que, dans toute société, il y a des conflits mais qu’ils sont régulés. La violence est, en démocratie, contenue. « Il y a crise lorsque certains s’arrogent le droit d’user de la violence alors que, dans un État de droit, seul ce dernier a le monopole de la violence physique légitime. »


Pour le sociologue, « ce passage à l’acte, dans une violence contre les biens et les personnes, manifeste une exaspération, une colère. Cela doit nous alerter sur le mauvais état du dialogue social. Il y a une sorte de dérèglement de la régulation dans les instances qui devraient permettre aux différents points de vue de s’exprimer et de négocier. »


Un avis partagé par le philosophe Olivier Abel, enseignant à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. « Les gens ne s’écoutent plus. On ne sait plus où est le conflit. Le théâtre de la conflictualité ne marche pas. Il n’y a plus de lieux où se formulerait le conflit. »


Le climat social se dégrade depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. D’un côté, le pouvoir politique avance sans tenir compte des revendications et, lorsque les élus du peuple lui bloquent la route, décide de passer en force avec l’usage du 49.3. De l’autre, on assiste à une perte de confiance dans le fonctionnement de la société, parallèlement au désir d’une démocratie plus directe et plus participative. Jean-Paul Willaime parle de « désenchantement démocratique » et de « fracture démocratique », certains ne se sentant pas partie prenante du système de la démocratie parlementaire. Parmi les raisons du mécontentement, le sociologue évoque aussi le renouvellement insuffisant de la classe politique, insuffisamment représentative des femmes et des jeunes.


Véronique Le Goaziou rappelle le lien entre ces revendications et les mouvements issus de la société civile, tel Nuit Debout. « L’absence d’alternative politique, le discrédit fort des appareils créent des frustrations qui poussent les gens à retourner dans la rue. D’autant que François Hollande avait professé des engagements sur l’insertion professionnelle et la jeunesse. La loi travail El Khomri touche à ces deux thématiques sensibles. »


Révolution numérique


À ce tableau déjà noir, Olivier Abel ajoute l’absence d’horizon. « On se trouve dans une situation de mutation politique, économique et culturelle provoquée entre autres par la révolution numérique. On ne sait pas vers quoi on va. On n’a pas encore trouvé d’issues, de nouvelles formes institutionnelles à l’échelle de la mondialisation. » Et Jean-Paul Willaime de compléter en soulignant le fait qu’en France des logiques de conflits l’emportent souvent sur des logiques de compromis. « Il faut préparer les lois bien en amont, en confrontant les avis. La tentation de vouloir aller vite est accentuée par une insuffisance de la culture du compromis. On est plutôt dans un schéma où l’un doit gagner et l’autre tout perdre. »


Et le philosophe Oliver Abel de conclure : « Il faut comprendre que la vérité est mouvante, que l’on n’a pas la solution tout seul et qu’il faut faire avec les autres. »


À un an de l’échéance présidentielle, la situation est préoccupante. On ne sait que trop comment le malaise peut s’exprimer dans les urnes.

http://reforme.net/une/societe/pourquoi-conflit-lemporte-compromis

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La vulnérabilité peut être un piège,protestant,reforme,sante,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #sante, #societe

"NOUS AVONS TOUS UNE PEAU QUI PEUT ÊTRE PERCÉE, UN ESPRIT QUI PEUT ÊTRE BRUTALISÉ"© "VULNERABLE"/DAVID DÁVILA VILANOVA/CC BY 2.0 VIA FLICKR
BIBLE & ACTUALITÉSOCIAL 26 MAI 2016
Auteurs
Olivier Brès
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La vulnérabilité peut être un piège


À force d'ériger la vulnérabilité en valeur commune à tous, on risque d'occulter les vraies inégalités.


« Nous sommes tous fragiles. » « Nous sommes tous vulnérables. » C’est le discours à la mode. C’est la base des discours sur la sagesse et la spiritualité qui prolifèrent dans nos librairies. C’est aussi la manière émergente dont on parle des pauvres aujourd’hui (1) : « les plus vulnérables ».


Cette belle unanimité devrait nous alerter, éveiller peut-être nos soupçons. En quoi ces affirmations aident-elles à comprendre le monde dans lequel nous vivons, les relations des uns avec les autres, les enjeux de l’avenir ?


Reconnaître que nous pouvons tous être blessés par les événements qui surviennent dans nos existences, admettre que personne n’est jamais à l’abri du mal et du malheur, est-ce que cela éclaire particulièrement notre vision du présent ?


Nous sommes bien sûr participants d’une commune humanité. Nous avons tous une peau qui peut être percée, un esprit qui peut être brutalisé. Mais cela fait-il de nous des identiques, des égaux ? Notre vulnérabilité est-elle la même quand nous vivons ici en France, ou dans des pays en guerre ? Peut-on considérer comme aussi fragiles ceux qui subissent la précarité et ceux qui vivent dans l’opulence ? Le mode d’organisation de nos sociétés ne génère-t-il pas des vulnérabilités particulières quand on sait que les espérances de vie diffèrent d’une catégorie sociale à l’autre ?


Statut unique


Finalement, cette vulnérabilité érigée en condition commune, ce pourrait être un piège, une façon de nier les inégalités réelles et de cacher leurs conséquences sur les individus et les groupes.


Le christianisme peut participer à cette occultation du réel. La spiritualité chrétienne peut être complice de cet effacement trop pratique des différences sociales. Quand elle propose à chaque individu un statut unique, celui de pécheur, destiné au salut (ou à la perdition) après la mort ; quand elle ne s’intéresse qu’à sa soumission (ou non) à une puissance extérieure au monde, la doctrine chrétienne s’écarte de la vie concrète des personnes, évacue le rôle des groupes sociaux, et finalement conseille de se soumettre aux forces qui régissent la société.


Le Jésus des évangiles ne participe pas à cette occultation des conditions de vie de ses interlocuteurs. Il distingue entre « les petits » et les puissants, et ne promet pas « béatitude » à tous. Il s’adresse différemment aux « chargés » et à ceux qui mettent des poids sur les épaules des autres Il révèle les places de chacun – pharisiens, grands-prêtres, occupants romains – dans l’organisation des pouvoirs de son temps. Et quand le jeune homme riche ou Zachée veulent venir à la suite de Jésus, les évangiles explicitent bien qu’ils refusent ou acceptent de changer de place sociale (et pas seulement de croyance).


Faut-il considérer alors qu’il n’y a pas de spiritualité chrétienne ? Si l’offre de spiritualité est une manière d’évacuer les conditions et d’effacer les différences sociales, alors il n’y a pas de spiritualité chrétienne.


Le défaut de la cuirasse


Le mot d’ailleurs n’existe pas dans la Bible. Il y a un Esprit qui rejoint les personnes et les groupes là où ils sont, qui les anime dans leurs luttes pour la reconnaissance de leur dignité, qui leur permet de garder confiance et/ou de changer de comportement.


Devrions-nous aller jusqu’à dire que ce qui compte ce n’est pas notre vulnérabilité commune ? C’est la promesse que la confiance dans le Christ peut rendre invulnérables dans la bataille les plus blessés par la société. Ils n’ont pas besoin de pitié mais d’une vraie place. Et c’est la conviction que l’Esprit peut aussi trouver le défaut de la cuirasse des plus sûrs de leur suffisance.


Ils ne nous feront pas pitié avec leur vulnérabilité. Pour les impitoyables, leur spiritualité ne sera jamais une excuse.


(1). « Le concept de vulnérabilité », Axelle Brodiez-Dolino http://www.laviedesidees.fr/Le-concept-de-vulnerabilite.html

http://reforme.net/une/societe/vulnerabilite-peut-etre-piege

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De religions différentes, ils ont fait le tour du monde ensemble,religion,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect



De religions différentes, ils ont fait le tour du monde ensemble
Publié le vendredi 06 mai 2016 à 14:57 par Coline PAISTEL (contributrice pour Jactiv) .
Ils s'activent / Initiatives / Monde


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(De gauche à droite) Léa, Ariane, Samir et Lucie, âgés de 20 à 28 ans, à leur arrivée à Paris le 30 avril 2016
(De gauche à droite) Léa, Ariane, Samir et Lucie, âgés de 20 à 28 ans, à leur arrivée à Paris le 30 avril 2016 © InterFaith Tour
Après dix mois d’un tour du monde des initiatives interreligieuses, l’équipe de l’InterFaith Tour composée de Samir, musulman, Lucie, chrétienne, Léa, juive et Ariane, athée, est de retour en France. Alors qu’ils s’apprêtent à sillonner l'Hexagone pour partager leur expérience, Samir revient sur un voyage hors norme.
Impulsé et porté par l’association Coexister, mouvement de jeunes fondé en 2009, l’InterFaith Tour deuxième édition est parti le 1er juillet 2015 pour faire le tour du monde. Un voyage qui a emmené quatre jeunes français, de conviction différentes, à la rencontre de ceux qui agissent pour la coexistence des religions.
Dix mois, 32 pays, 80 villes et 350 initiatives interreligieuses plus tard, Samir, Lucie, Ariane et Léa viennent de rentrer en France, riches des messages de tolérance et de coexistence des personnes rencontrées sur leur chemin.
À la rencontre des initiatives interconvictionnelles
« Un des pays les plus touchants que nous avons traversés était le Rwanda, raconte Samir, après avoir vécu la pire des horreurs, le peuple se reconstruit dans la réconciliation. Un chemin compliqué car le traumatisme est immense mais c’est un pays plein d’espoir et tourné vers l’avenir que nous avons rencontré. » À l’exemple de cette initiative portée par l’archevêque de Kigali et le chef de la communauté musulmane rwandaise : « des trocs en tous genre entre les familles de bourreaux et de survivants, les amenant à créer du lien. » Un pays qui n’a pas laissé les jeunes aventuriers, insensibles, « le Rwanda, c’est une vraie claque d’humilité, après ça j’ai décidé de ne plus jamais avoir de haine dans mon cœur ».
Mais pour Samir, un des plus beaux projets reste celui du Temple d'Or, berceau du Sikhisme à Amristar en Inde. « Des bénévoles y nourrissent chaque jour 200 000 personnes ! ». Une initiative rendue possible grâce à de nombreux dons. « C’est un projet qui se nourrit d’égalité, un beau reflet du Sikhisme puisque dans ces repas, toutes les personnes quel que soit leur sexe, leur caste, leur religion, ou leur orientation sexuelle sont acceptées ».


© InterFaith Tour
Et la vie en communauté ? « Avant de partir, les gens m’enviaient : "quelle chance tu as de partir avec trois filles !" » À mon retour c’est plutôt « quel courage tu as eu » sourit Samir. Mais surtout dix mois de vie à quatre, ça crée des liens « Elles font aujourd’hui partie des personnes les plus importantes de ma vie ». Une proximité qui ne s’est bien sûr pas faite sans tensions mais « le plus beau dans notre relation, ce sont les mots que l’on a trouvés pour revenir les uns vers les autres ».
Sur les routes de France
À peine arrivés, les quatre jeunes voyageurs reprennent déjà la route ce vendredi pour un tour de France de deux mois. « Nous allons voyager dans un camping-car aux couleurs de l’InterFaith Tour, traverser 70 villes et faire une centaine de conférences. »
Des rencontres qui vont prendre différentes formes, débats, sensibilisation dans des écoles, des mairies ou des lieux de culte, mais auront un même objectif : transmettre tout ce qu'ils ont appris durant ce voyage. « Nous avons été des éponges pendant toute cette expérience, il est temps pour nous de partager les messages et les initiatives de tous ces gens que nous avons rencontrés sur notre chemin ». Ce dernier périple, c’est aussi un moyen « d’inscrire ce tour du monde dans notre réalité, ici en France. »
Une belle conclusion pour une aventure exceptionnelle et un rêve devenu réalité : « à nous quatre, on a réussi à monter un immense projet et on a fait le tour du monde. Il ne faut jamais avoir peur de réaliser ses rêves… »
Coline Paistel
(Contributrice pour Jactiv)


Retrouvez l’équipe de l’InterFaith Tour 2 dans l’Ouest :
>>> À Brest, le lundi 16 mai, 19h, La Halte, 80 boulevard Montaigne, 29 200 Brest, Inscription obligatoire
>>> À Rennes, le mardi 17 mai, 20h, IEP, 4 boulevard de la duchesse Anne, 35700 Rennes, Inscription obligatoire

Bon à savoir:


De gauche à droite, Léa, Ariane, Samir et Lucie, l'équipe de l'InterFaith Tour 2
Ils font le tour du monde pour la coexistence religieuse
« Une juive, un musulman, une athée et une chrétienne partent pour une année de tour du monde.

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Un réseau laïque romand voit le jour,protestant,laique,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #laicite

Un réseau laïque romand voit le jour
Tags: Laïcité relations EglisesEtat
Un crucifix devant une école à Saint-Rémy-de-Provence CC(by-nc-nd) Jan Buchholtz via https://flic.kr/p/pkzsGQUn groupe Facebook et bientôt un site web sont mis en place pour débattre des enjeux autour de de la neutralité religieuse de l’Etat et mettre en relation les militants pour la laïcité des différents cantons.
Photo: Un crucifix devant une école à Saint-Rémy-de-Provence CC(by-nc-nd) Jan Buchholtz
Par Joël Burri
«Nous vivons actuellement des attaques médiatiques puissantes pour faire passer la laïcité pour antireligieuse», regrette Marco Polli, enseignant retraité lors d’un point presse consacré à la création du Réseau laïque romand. Il donne comme exemple les multiples interventions d’Hani Ramadan. Yves Scheller, porte-parole de la Coordination laïque genevoise, rappelle que jusqu’en 2011 existait une Association suisse pour la laïcité. La majorité de ses membres étant genevois, celle-ci s’est repliée sur le bout du lac au moment où commençaient les discussions qui ont amené au projet de Loi sur la laïcité actuellement débattu.
Aujourd’hui, un groupe d’intellectuels souhaite revenir sur cette question dans les différents cantons romands. Intarissables quand il s’agit de parler de laïcité, ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas et comment elle est systématiquement caricaturée par ses opposants, le groupe est moins prolixe pour présenter leur organisation et ses activités. «Nous ne sommes pas une association prévient Yves Scheller. Plutôt un groupe informel qui met en relation des personnes dans différents cantons.» Le groupe est prêt à mettre son expertise au service des partis politiques au travers de diverses interventions et espère favoriser la création d’associations cantonales.
«Actuellement, une personne qui souhaite nous rejoindre doit passer par le groupe Facebook. C’est là le cœur de nos activités», explique la journaliste Nadine Richon. «Nous allons avoir un site web, mais pour des raisons techniques sa mise en ligne a été retardée», précise Yves Scheller.
Appelé à prendre position sur quelques questions d’actualité, le groupe se dit fermement opposé au port du voile par des agents de l’Etat, mais ne soutiendra pas l’initiative de l’UDC valaisanne contre le voile à l’école. «Les élèves sont des usagers de l’école. Ils sont donc libres de porter des signes religieux» explique Yves Scheller. Pas question, par contre, pour une enseignante, représentante de l’Etat de faire de même. «La laïcité, c’est le seul moyen de ne pas faire des citoyens de première et deuxième classe», insiste Sylviane Roche. «Les problèmes posés par la voile à l’école en France ne se posent pas en Suisse», complète Yves Scheller. «Ici, les élèves ne subissent pas de pressions si elles ne sont pas voilées. Si cela devait être le cas, il faudrait prendre des mesures, mais nous n’allons pas agir contre un problème qui ne se pose pas.» Marco Polli précise: «l’UDC ne défend pas la laïcité, elle stigmatise les musulmans.»
Interdire aux enseignantes de porter le voile, n’est-ce pas priver des femmes d’emploi? «Seules les personnes qui travaillent pour une collectivité publique doivent renoncer à porter un symbole religieux. Les femmes voilées peuvent travailler dans le privé», rétorque Yves Scheller. Estimant qu’il n’y a pas à transiger sur la question, il rappelle que le voile n’est pas une obligation islamique. «Le voile est devenu un costume politico-religieux. Les femmes qui le portent sont soit des militantes, soit des victimes, soit des idiotes.»
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«En politique, je fais partie des Verts avant d'être musulmane»,protestant,politiques,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #politiques

«En politique, je fais partie des Verts avant d'être musulmane»
Tags: Islam Politique Genève
Lucia Dahlab, DREn 2010, Lucia Dahlab était à Genève la première musulmane voilée à entrer chez Les Verts. Née dans la Genève internationale, avec des parents qui l’ont baptisée catholique et élevée dans la tolérance et le respect de l’autre, cette mère de famille et enseignante de 50 ans s’est convertie à l’islam en 1990. Comment concilie-t-elle appartenance religieuse et engagement politique? Interview.
Photo: Lucia Dahlab ©Aida Agic Noël
Par Carole Pirker
Qu’est-ce qui prime pour vous, votre appartenance religieuse ou partisane?
En politique, c'est clairement l'appartenance à mon parti qui est centrale. Et je m’étonne lorsque j’entends aux informations «Va-t-on élire un musulman?», à propos de Sadiq Khan, l’élu d’origine pakistanais à la mairie de Londres. Pourquoi ne dit-on pas d’abord qu’il est représentant du parti travailliste? C’est lorsque nous ne mettrons plus en avant, comme c’est encore souvent le cas aujourd’hui, le genre féminin, certaines religions ou la couleur de la peau, que l’on pourra parler d'une vraie normalisation, sans instrumentalisation de ce genre d’aspects au détriment de l’appartenance politique.
La religion relève de la sphère privée. Pourquoi avoir choisi de porter le voile?
Je porte le voile depuis 1991. C’est un choix lié à des convictions personnelles qui trouvent écho dans ma pratique religieuse. Le voile me permet de me réapproprier mon corps et ma féminité. J’y trouve un équilibre qui m’apaise. Mais c’est vrai, cela n’est pas allé sans problèmes. Pour certains Verts, une femme voilée est perçue comme une femme soumise et cette image se heurte au principe de l’égalité entre hommes et femmes, qu’ils défendent et pour lequel je m’engage aussi à leurs côtés.
Ce problème est-il désormais résolu?
En partie, mais il ressurgit lors de chaque élection, car c’est à ce moment que l’image du parti est mise en avant, et une femme voilée n’est pas toujours vue d’un bon œil. Cela dit, à Vernier, ma commune, comme ailleurs, beaucoup d’autres membres des Verts m’ont soutenue et ont pris, depuis, le relais, en déclarant que ce n’était plus à moi d’aller au front…
Quel a été le déclic de la politique?
La campagne anti-minarets de l’UDC, en 2009, pour laquelle je me suis engagée. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré le Vert Antonio Hodgers, et il m’a convaincue de me lancer: «Tu as une vision de la société, tu as des idées, ce serait intéressant», m’a-t-il dit.
En quoi votre vision du monde est-elle proche de celle des Verts?
J’ai toujours voté pour les Verts. Et même si je fais clairement la distinction entre ce qui relève de ma foi et la vision de la société que je défends, c’est dans mon engagement écologique que ma foi est la plus présente.
Quel rôle joue cette vision dans votre prise de décision politique?
Dans le cas du diagnostic préimplantatoire, par exemple, ma conception de l’islam, mais aussi de l'écologie fait que j’accepte les êtres humains tels qu’ils sont, incluant toutes leurs imperfections. Je suis donc a priori contre cette initiative. Mais de longs débats m’ont fait réfléchir sur certains points et je me suis abstenue lors de la dernière assemblée générale des Verts. Le cas des OGM est en revanche beaucoup plus clair pour moi: c’est non. Non aussi pour le brevet sur les vivants, car selon ma conception de l’islam et de l'écologie, l’homme n’est pas là pour dominer la nature, mais la protéger. En tant que dépositaire de cette planète, il en est responsable vis-à-vis des générations futures et n’a donc pas tous les pouvoirs.
C’est donc un choix lié à la cohérence entre vos deux systèmes de valeurs?
Oui, car c’est selon moi le parti qui a le plus cette vision globale du monde, et sur le long terme. C’est aussi celui qui est le plus ouvert à la diversité, un aspect central pour lequel je me suis toujours beaucoup engagée. C’est véritablement un parti qui m’habite.
L’éthique protestante du travail fonde pour certains réformés leur refus du revenu de base inconditionnel (RBI), soumis au vote le 5 juin. Quelle est votre position?
Je trouve au contraire l'idée du RBI très bonne, mais un aspect manque à la proposition, celui de l'échange. Il est bien de recevoir, mais aussi de donner. J'aurais inscrit une contribution obligatoire au fonctionnement de la société, avec par exemple des heures de travaux d'intérêt général obligatoires. Cela me semblerait plus coopératif.
De 2014 à 2015, vous avez siégé au conseil municipal de Vernier sous la bannière des Verts, pourquoi avoir renoncé à un nouveau mandat?
Même si je reste active chez les Verts, je n'ai pas pu participer à la campagne pour des raisons familiales. Cela montre clairement les limites de l’engagement des femmes en politique, au-delà des questions d’appartenance à telle ou telle communauté religieuse.
C’est-à-dire?
La fameuse quadrature du cercle de la conciliation entre vie professionnelle, vie de famille et engagement dans la société ou en politique. J’estime quant à moi avoir fait ma part et je me concentre désormais sur mon engagement dans l’enseignement, car ce rôle de transmission est pour moi central: quelle société prépare-t-on pour continuer à lutter contre les inégalités sociales et l’exclusion? Voilà ma préoccupation actuelle.
En tant que musulmane engagée en politique, vous restez donc une exception…
Oui, hélas, car la communauté musulmane, dans sa majorité, ne s’intéresse pas à la politique. Cela s’explique, car seul un tiers environ des musulmans a le droit de vote en Suisse.
Etes-vous pessimiste sur l’engagement des musulmans en politique?
Non, au contraire. Je fonde beaucoup d’espoirs sur la nouvelle génération de musulmanes et de musulmans, qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans. Ils sont plus décomplexés, ils ont côtoyé des jeunes non-musulmans qui ont l’habitude de les fréquenter sans préjugés. Ils n’ont donc pas souffert de la même discrimination que leurs aînés. Certes, cela prendra encore un peu de temps, mais je les encourage à se lancer, même si j’aimerais voir davantage de femmes s’engager.
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http://protestinfo.ch/201605207957/7957-en-politique-je-fais-partie-des-verts-avant-d-etre-musulmane.html

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Des différences irréductibles demeurent,reforme,protestant,histoire,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #reforme

RAPHAËL PICOND. R.
DISPUTATIORAPHAEL PICON 22 JANVIER 2016
Auteurs
Raphaël Picon
L'avis de…
Raphaël Picon
professeur de théologie pratique
à l’institut protestant de théologie de Paris


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Des différences irréductibles demeurent


Oui. Chaque confession a une logique et une cohérence qui lui sont propre.


Pendant très longtemps le protestantisme s’est défini par rapport au catholicisme, donnant par là l’impression que sa théologie, sa compréhension de la foi chrétienne et des pratiques religieuses restaient relatives au modèle catholique. Il est plus fréquent aujourd’hui de considérer chaque confession chrétienne dans sa logique et sa cohérence, à l’instar d’une langue qui a ses usages et ses règles de grammaire. De même qu’une langue peut être traduite dans une autre, une confession ou une religion peut être comparée et trouver des équivalences dans une autre. Et de même qu’une langue n’est jamais totalement traduisible, une religion renvoie, elle aussi, à des différences irréductibles. Au moins deux me paraissent fondamentales.


En 1999 a été signé entre luthériens et catholiques une déclaration commune sur la justification par la foi. C’est une avancée sur le plan œcuménique : la justification est reconnue par tous comme un don de Dieu et de Dieu seul. La différence tient au fait que dans le protestantisme, cet article de foi n’est pas un article parmi d’autres. Il est l’article premier à partir duquel l’ensemble de la foi, de la théologie, des pratiques ecclésiales va être défini.
Cette différence quant à l’application de ce principe explique notamment ce qui constitue l’un des points de rupture fondamental entre catholicisme et protestantisme : la conception de l’Église. Au nom de la justification par la foi (et comprenons bien ici que la foi est grâce et non adhésion doctrinale, donc œuvre humaine), l’Église, dans le protestantisme, est comprise comme une réalité seconde. Elle est au service d’une prédication qu’elle reçoit, qui la fonde et qu’elle a pour mission de transmettre.


Modèles d’Églises


L’Église n’est d’aucune façon dépositaire des conditions d’accès au salut ; elle est suscitée par l’Évangile qu’elle prêche et par lequel elle enseigne le salut, la grâce, le Christ. De cette conception de l’Église découle une approche radicalement différente du ministère. Comme le rappelle Vatican II, c’est en distribuant l’hostie que le prêtre, en tant qu’il participe du sacerdoce de l’évêque, rend le Christ présent. Rien de tel pour le pasteur qui ne représente pas le Christ, même symboliquement, mais enseigne le Christ à la communauté. Ce n’est pas le prêtre mais la communauté qui représente le Christ, lorsqu’elle est saisie par la parole de Dieu à travers la prédication et les sacrements.




Une autre différence fondamentale entre catholicisme et protestantisme réside sur l’organisation de l’Église. Dans le premier, le modèle ecclésial demeure impérial. C’est l’évêque qui fait l’Église. On peut dès lors parler d’un modèle hiérarchique.




Dans le protestantisme, le modèle qui dès la Réformation se met en place est celui de la délibération synodale, de la confrontation plurielle aux textes bibliques. On peut ici parler d’un modèle démocratique. Nous n’induisons pas que la démocratie serait absente du catholicisme, mais sa structuration relève d’une autre représentation du pouvoir et de l’autorité.

http://reforme.net/journal/09262013-3529/opinions/disputatio/differences-irreductibles-demeurent

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Festival de Cannes : coup de cœur pour "Paterson", de Jim Jarmusch,reforme,couples,film,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #femmes, #couples, #amours, #film

"PATERSON", DE JIM JARMUSCH, AVEC ADAM DRIVER ET GOLSHIFTEH FARAHANI© MARY CYBULSKI
CINÉMA/DVD 17 MAI 2016
Auteurs
Jean-Michel Zucker
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Festival de Cannes : coup de cœur pour "Paterson", de Jim Jarmusch


De grandes déceptions et quelques belles découvertes pour Jean-Michel Zucker, envoyé spécial au Festival de Cannes.


Les festivaliers arpentent fébrilement la Croisette pour essayer de combler leur boulimie d’images animées. Des satisfactions, nombreuses certes, mais aussi des frustrations, lorsqu’une longue attente de deux heures ne permet pas d’accéder à la séance convoitée.


Dans la Compétition, la journée du lundi de Pentecôte a été dominée d’assez haut par le remarquable Paterson de Jim Jarmusch. Il faut être un très grand réalisateur pour se permettre, à une époque où les médias, l’argent, le sexe, les paillettes et la musique assourdissante tiennent le haut du pavé d’écrire un film si apaisé, si tendre, si quotidien, si poétique, mais si merveilleusement authentique.


La vie comme elle passe


Inspiré et toujours décalé, Jarmusch nous offre le récit d’une semaine de la vie du couple que forment le jeune chauffeur de bus et poète Paterson et Laura, la ravissante Golshifteh Farahani, actrice de Syngué sabour d’Atiq Rahimi et de My Sweet Pepper Land d’Hiner Saleem. Il n’y a pas de scénario, mais il y a la vie comme elle passe et c’est tout simplement magique. Le contenu et le ton des deux autres films est beaucoup plus prosaïque.





Dans Mal de pierres, Nicole Garcia donne une nouvelle version à l’écran d’une madame Bovary issue de la petite bourgeoisie agricole. Le film, de facture très classique, ne convainc ni par son scénario trop convenu, ni par le jeu conventionnel des acteurs.


Loving, de Jeff Nichols, est l’évocation d’une lutte particulièrement chaude aux États-Unis pour le mariage interracial et le droit de mettre au monde des enfants métis. Le film retrace sobrement, mais de façon un peu plate et sentimentale, l’aventure authentique du maçon blanc Richard Loving et de Mildred, sa femme de couleur. Derrière des images ternes, une musique sirupeuse, et des personnages bien fades nous cherchons vainement le réalisateur de Mud.


Les stigmates de l’horreur


À "Un certain regard", il faut signaler l’intérêt du second long métrage prometteur de Boo Junfeng, un réalisateur singapourien : Apprentice est un drame psychologique, assez prenant, qui élucide l’étrange vocation pour le quartier de haute sécurité d’une prison d’un jeune fonctionnaire rattrapé par son passé.


Enfin, le Festival s’est honoré en accueillant le chaleureux réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun qui présentait son dernier film, un témoignage documentaire émouvant, Hissein Habré, une tragédie tchadienne. Accompagné par le président de l’association des victimes, l’auteur va à la rencontre des rescapés des exactions et des tortures de ceux qui portent dans leur chair les stigmates de l’horreur. Une horreur qu’explore pour sa part au Cambodge Rithy Panh, dont le dernier film, Exil, méditation sur l’absence et la solitude intérieure, a été projeté en début de festival.


Extrait d'Exil, de Rithy Panh :

http://reforme.net/une/culture/cinemadvd/62548-cannes-cite-cinema-tourne-maintenant-a-plein-regime

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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants",reforme,violences,sexes,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #violences, #viol, #sexes

LES JEUNES GARÇONS ENTRE 9 ET 13 ANS COMPTENT PARMI LES VICTIMES LES PLUS NOMBREUSES DES PÉDOPHILES© NKBIMAGES / ISTOCK
DOSSIERPÉDOPHILIE 19 MAI 2016
Auteurs
Elise Bernind
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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants"


De pratique tolérée dans les années 1970, la pédophilie est devenue un crime absolu. Quels en sont les ressorts historiques, psychiatriques ? Entretien avec le psychiatre Roland Coutanceau.


À lire


Les Blessures
de l’intimité
Roland Coutanceau
Odile Jacob Poches, 2014.
Roland Coutanceau est psychiatre, responsable d’une consultation spécialisée pour victimes et auteurs d’actes de pédophilie, dans les Hauts-de-Seine.


La définition de la pédophilie a évolué avec le temps. Quelle est celle des médecins aujourd’hui ?


L’attrait pédophilique est une excitation sexuelle pour un corps prépubère, fille ou garçon. Premièrement, cet attrait se situe au niveau du fantasme. Il n’y a donc pas forcément passage à l’acte. Deuxièmement, le pédophile peut être « exclusif » : il n’est attiré que par les prépubères; ou « préférentiel », ce qui revient un peu au même; ou, le plus souvent, « secondaire ». Il est attiré par les adultes, mais dans certaines circonstances de frustration sexuelle, il découvre qu’il a un attrait pour les enfants. Troisièmement, le pédophile peut être hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. C’est donc un monde extrêmement varié, sans profil type, y compris concernant l’âge et la classe sociale.


Les pédophiles qui ne passent pas à l’acte sont-ils majoritaires ? Qu’en est-il des femmes ?


C’est par définition impossible de savoir combien ils sont. On les repère mieux depuis que la technologie permet d’aller voir si quelqu’un regarde des images pédopornographiques sur son ordinateur. Les femmes pédophilies sont beaucoup moins nombreuses. Et je n’ai jamais rencontré « d’exclusives ».


Les mêmes personnes abusent-elles de prépubères et de très jeunes enfants ?


La pédophilie est indissociable de la prépuberté. 9-13 ans est la tranche d’âge où l’on retrouve le plus de passages à l’acte, et de très loin. Il y a une deuxième réalité que j’appelle « l’adolescentophilie ». Les « adolescentophiles » sont, eux, attirés par les 13-15 ans. Ils recherchent une belle peau sans imperfection mais aussi la position du dominateur, celui qui initie. C’est pour cela qu’ils ne s’intéressent pas aux adolescents plus âgés. Avant neuf ans, les actes pédophiles sont beaucoup moins nombreux. Et enfin, avant cinq ans, je ne parle plus de pédophilie, mais d’aberration sexuelle.


Les victimes sont-elles le plus souvent des filles ou des garçons ?


Les pédophiles exclusifs sont surtout attirés par les garçons. Ce sont donc les premières victimes quand il y a passage à l’acte et récidive.


Les pédophiles souffrent-ils de leur orientation sexuelle ?


Il y a quatre types de vécus. Les premiers culpabilisent. Ils nous consultent même quand ils ne passent pas à l’acte. Les deuxièmes en souffrent mais se leurrent. Ils pensent qu’ils sont attentifs aux enfants. Mais derrière l’affection se cache l’excitation sexuelle. Les troisièmes sont égocentrés. Ils se disent qu’ils sont comme ça. Ils cohabitent avec, et finissent par accepter. Les derniers, les cyniques, n’en ont rien à faire, à partir du moment où ils se satisfont.


Les pédophiles décomplexés, tels ceux des années 70, qui font partie du second groupe, le sont en consultation mais pas sur la place publique. Aujourd’hui, un livre prosélyte ne trouverait plus d’éditeur.


Les pédophiles sont-ils surreprésentés chez les prêtres ?


Les pédophiles exclusifs qui passent à l’acte se retrouvent dans toutes les activités professionnelles proches des enfants. Il n’y a donc pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants. Et ils sont une minorité dans ces professions ! C’est une pédophilie de proximité. Ils connaissent leurs victimes, les manipulent. Ils ont de nombreux rapports avec le même enfant avant que ça se sache. Parfois ils se leurrent. C’est le groupe le plus important de pédophiles transgressifs. Ceux qui agressent sans connaître l’enfant sont une minorité. Ceux-là sont plus organisés et plus dangereux. Ils peuvent kidnapper, séquestrer et une infime partie d’entre eux va jusqu’à tuer.


Et l’inceste ?


C’est un monde complexe et à part. Car les incestueux récidivent peu et n’ont pas une attirance exclusive pour les enfants. C’est souvent une affaire de promiscuité. L’enfant est là, le père ou le beau-père est frustré, et un jour, il dérive. Le pédophile, lui, est manipulateur.


Comment faire de la prévention ?


Dans certains pays protestants comme l’Allemagne, des spots télévisés très sobres abordent le sujet pour encourager les personnes avec des pensées pédophiles à se faire aider. La maturité d’une société est d’oser en parler pour mieux prévenir. La France est un pays curieux qui n’ose pas toucher aux tabous, même pour trouver des solutions. Nous n’avons pas encore de spots télévisés mais nous développons les consultations préventives. L’attrait pédophilique s’apprivoise, se gère. Dans la sexualité humaine, il y a un monde entre le fantasme et le passage à l’acte. La plupart des gens ont un interdit structuré. Le problème n’est pas d’être excité, mais de ne pas se contrôler.


Propos recueillis par É. B.

http://reforme.net/une/societe/ny-a-plus-pedophiles-pretres-enseignants

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