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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

violences

Face au terrorisme, que pouvons-nous attendre de l'avenir ?,violence,religion,protestant,

3 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #violences, #religion, #protestants

COMMENT RÉSISTER À LA MENACE TERRORISTE ?© VALENTINA CALÀ/CC BY SA 2.0 VIA FLICKR
BIBLE & ACTUALITÉATTENTATS 21 JUILLET 2016
Auteurs
Olivier Brès
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Face au terrorisme, que pouvons-nous attendre de l'avenir ?


"Comme en 1916, nous mesurons que nous sommes entrés dans un conflit qui durera." Un texte du pasteur Olivier Brès, de l'Église protestante unie.


Dans mon coin des Cévennes, une exposition présente cet été la vie quotidienne dans les villages en 1916, en pleine Première Guerre mondiale. Cela me fait penser à la correspondance récemment publiée entre le pasteur Henri Nick et sa femme, au début de la même guerre, sous le titre La main de l’Éternel serait-elle trop courte ? (1).


Il se trouve dans ces images et dans ce livre – comme dans tant d’autres témoignages – un mélange de préoccupations très concrètes et de questionnements très profonds. Comment cultiver les champs, se chauffer, se soigner ? Comment instruire les enfants, dans quels buts ? Mais aussi comment comprendre cette guerre ? Comment regarder l’adversaire, l’ennemi, comment le désigner ? Et puis encore plus profondément, comment ne pas désespérer ? Vers qui se tourner justement quand « la main de l’Éternel paraît trop courte » au milieu des malheurs ?


Voilà qu’il ne s’agit plus de questions passées. Voilà que nous sommes rejoints par la guerre. Non plus seulement aux frontières lointaines, mais au cœur de nos villes. Nous avions cru que c’était du passé, ou que cela resterait à distance de nous. « On n’attendait pas la mort si proche » pour paraphraser Henri Nick, voilà que nous apprenons, mois après mois, que nous sommes bien dans une époque nouvelle où, paradoxalement, les questions anciennes remontent à la surface.


Certes, notre souci n’est pas de savoir comment nous nourrir, ni comment nous éclairer. Nous devrions pouvoir prolonger encore pas mal de temps notre consommation, notre système de soins, nos sources d’énergie.


Peut-être même les préserver. Et comme ceux de « l’arrière » autrefois, nous pourrons continuer à nous occuper de nos « petites » affaires.


Directement touchés


Cependant, nous ne pouvons plus échapper à d’autres questionnements, même si nous le voulons. Nous sommes directement touchés, d’une manière ou d’une autre, par la violence terroriste qui se répète, se prolonge, se multiplie. Comme en 1916, nous mesurons que nous sommes entrés dans un conflit qui durera. Alors, si nous ne nous cachons pas la vérité à nous-mêmes, nous devons interroger notre présent et notre espérance. Qui est notre adversaire ? Comment le désigner ? Qu’attendons-nous de l’avenir ? Quel peut être notre secours ? Quelle peut être encore la main, ou le visage de notre Dieu ?


Si nous commençons par considérer que nos adversaires sont des populations entières, tous les fidèles d’une religion ou tous les originaires d’une région du globe, nous n’aboutirons qu’à reproduire les discours des terroristes. Nous ne ferons que susciter, avec les populistes de tous poils, les conditions d’un conflit sans fin. Il nous faut donc être plus perspicaces, plus sages. Il nous faut chercher d’autres manières de raisonner, il nous faut partir d’un autre principe.


Si nous partions du visage de notre Dieu, peut-être nous sera-t-il donné une autre manière de comprendre notre présent ? Partir du visage du Crucifié, c’est d’abord placer Dieu comme compagnon des victimes de la violence.


Mais c’est aussi, avec lui, dénoncer la croyance que la paix sociale puisse provenir du seul exercice de la force, de la seule élimination des contradicteurs.


C’en est fini avec la Croix de toute prétention de la violence légitime à produire une paix durable. Le visage de notre Dieu n’est pas seulement de compassion pour les victimes, il est aussi de dénonciation de notre propension à la violence. Il est aussi de passion pour la justice.


Qu’attendre alors de l’avenir ? La question nous est posée à nous : sommes-nous encore disposés à espérer un monde réconcilié, où la justice habitera (2) ? Et à agir en conséquence ? Sinon la main de notre Dieu pourrait bien rester trop courte.


(1). Le deuxième volume s’intitule On n’attendait pas la mort si tôt, éditions Ampelos.
(2). Pierre 3,13.

http://reforme.net/une/religion/terrorisme-pouvons-attendre-lavenir

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"Je ne veux pas me tromper de colère",protestant,religion,violence,

3 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #violences

"JE RÊVE D'UN SILENCE HABITÉ PAR LA PAROLE DE DIEU QUI NOUS APAISE ET NOUS RECENTRE"© AARON BURDEN/UNSPLASH
BIBLE & ACTUALITÉATTENTAT 28 JUILLET 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
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"Je ne veux pas me tromper de colère"


Dans ce texte, la pasteure Marie-Odile Wilson, de l'Église protestante unie de Corse, reconnaît notre impuissance face à la violence aveugle, et appelle à mettre de la distance avec ce qui nous agresse.


Par deux fois ces derniers temps, par hasard, je me suis trouvée face à cette citation de Léopold Sédar Senghor qui a stimulé ma réflexion : « Les racistes sont des gens qui se trompent de colère. » Dans le contexte chahuté qui est le nôtre, il n’y a pas que les racistes qui expriment leur colère, et peut-être ne sont-ils pas les seuls à se tromper de cible. Ces derniers jours, les mots se déversent à flots continus, les invectives se croisent, les snipers du verbe tirent à feu continu.


Nous n’avons eu face à ce tsunami logorrhéique qu’une minute de silence en hommage aux victimes. Une seule. Moment unique et précieux de dignité, oasis de paix dans un déferlement de propos haineux, de « il faut que » et de « si on avait ».


La colère donc se déverse à longueur de micros-trottoirs, de réseaux sociaux. Sans retenue, sans limites. Elle est légitime : c’est le signal de notre refus devant la décomposition violente de notre monde.


Cette colère a certes besoin d’expression : selon cette phrase de Thomas d’Ansembourg, « ce qui ne s’exprime pas s’imprime et je déprime ». S’exprimer oui, mais pas en tous lieux, en tous temps, de n’importe quelle manière et auprès de n’importe qui. Car la colère se nourrit de nos pensées : plus nous l’alimentons à l’aide de raisonnements hâtifs, de jugements à l’emporte-pièce, plus elle flambe.


Silence réparateur


« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule est nécessaire… » Voilà ce que pourrait nous dire Jésus, encore aujourd’hui. Une seule chose est nécessaire, faire silence et nous poser aux pieds de Jésus pour écouter paisiblement son enseignement, avant d’envisager de parler ou d’agir.


Nous sommes profondément démunis, il nous faut humblement le reconnaître, devant le déchaînement de violence barbare que certains individus lâchent sur nos contemporains, parfois même sur nos proches, nos familles, nos enfants. Notre impuissance est insupportable. Alors nous cherchons des coupables, des exutoires, des soupapes… La radicalisation est visée, mais voilà qu’à Munich, c’est encore autre chose ! Notre monde est malade de sa violence, de l’injustice qui y règne. Chacun se croit alors appelé à faire sa propre loi, à dire sa propre vérité, sans craindre de blesser, de tuer, d’en rajouter au chaos.


David Ali Sonboly, le forcené de Munich, se nourrissait, dit-on, de la folie meurtrière d’Anders Behring Breivik… Alors ? Allons-nous continuer à donner de quoi attiser haine, colère et folie meurtrière ?


Je rêve de silence. D’un genre de silence habité par la parole de Dieu qui nous apaise et nous recentre, qui fasse barrage à la colère des autres que je ne veux pas faire mienne. Je ne veux pas me tromper de colère. Je veux me protéger de la violence des mots pour garder ma liberté de penser, d’agir et de vivre, la tête haute. Consciente du danger qui nous guette tous, qui guette les miens, mais non pas envahie par des haines, par des peurs qui ne m’appartiennent pas, j’ai bien assez des miennes, je ne tiens pas à les alourdir, ni d’ailleurs à en faire profiter les autres.


Besoin de paix


J’ai besoin des mots de Jésus pour mettre de la distance entre ce qui m’agresse et le minimum de paix que je souhaite préserver. Une paix qui pourra alors être terreau de confiance, d’espérance, d’amour. Je veux rester optimiste pour notre monde, contre toute réalité peut-être, parce que c’est ma compréhension de ce que Dieu attend de nous. Et je suis bien obligée d’en convenir, cela devient un vrai travail. Cela devient un choix à poser.


Nous avons à persister dans la préservation d’un bien commun, d’une maison commune où ce qui nous rapproche, ce qui fait la profondeur de toute relation, c’est notre différence. Ce qui est l’image de Dieu, c’est ce face à face dans l’altérité. Et cela j’ai encore envie de le vivre !

http://reforme.net/une/societe/veux-tromper-colere

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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?,protestant,reforme,violences,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #religion, #violences

HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES JEUNES PENDANT LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL À PARIS LE 19 MAI 2016© TATIF/WOSTOK PRESS/MAXPPP
SOCIALÉVÉNEMENT 26 MAI 2016
Auteurs
Laure Salamon
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?


En marge des manifestations contre la loi Travail, les affrontements entre les jeunes et la police traduisent un blocage politique.


La voiture de police incendiée par des manifestants ou le passage à tabac d’un jeune par des policiers, ces images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux illustrent-elles une escalade de la violence ? Pour Laurent Mucchielli, sociologue et historien à l’université d’Aix-Marseille, « il n’y a pas plus de violence qu’auparavant. Certes il faut remonter à 2010 pour retrouver ces phénomènes de casse, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sociaux depuis. Et les manifestations des années 1970 étaient beaucoup plus violentes. »


Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait même fait voter en 1981 une loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, surnommée « loi anticasseurs ». François Mitterrand l’avait abrogée en grande partie en 1983.


La violence ancestrale


Et si on remonte encore plus loin dans l’histoire, Véronique Le Goaziou, sociologue, chercheuse associée au CNRS et auteure d’Idées reçues sur la violence (2004, Le Cavalier Bleu), explique que la violence est une notion à géométrie variable. « Les sociétés du Moyen Âge ou de la Renaissance étaient beaucoup plus marquées par la violence avec les bagarres, les duels, l’insécurité permanente. Considérée comme banale, tolérée voire légitime, cette brutalité était courante dans le quotidien, dans les relations interpersonnelles. Progressivement, on l’a écartée et remplacée par la civilité, la cordialité, la bienveillance. Aujourd’hui, quand on qualifie quelque chose de violent, il est déprécié. L’usage de la violence est même parfois considéré comme une anomalie, une folie ou une régression. Il est donc difficile de réfléchir de manière neutre à ce terme. » Qui plus est, ajoute la sociologue, il est utilisé à tout bout de champ et sature notre langage en regroupant une grande diversité de situations.


Or pour Laurent Mucchielli, il faut se méfier de la mise en scène de cette violence. « Le but de cette stratégie politique est de faire parler au maximum des faits de violence pour éviter de revenir sur le fond de la contestation. Les mouvements sociaux sont inégaux devant la dénonciation de la brutalité, ce qui arrange le pouvoir politique. Pour certaines contestations comme les agriculteurs ou les marins-pêcheurs, la communication va permettre d’apaiser les tensions. Alors que là, au contraire, elle contribue à faire monter leur niveau général, avec une surenchère de mots. »


Et comme les médias et la violence font plutôt bon ménage, la stratégie est payante. Les images et vidéos tournent en boucle sur Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. « On est dans le spectaculaire, analyse Véronique Le Goaziou. Il est plus facile de saisir une image de violence qu’un instant de paix. »


Pourtant, Jean-Paul Willaime, sociologue et directeur d’études émérite à l’EPHE, rappelle que, dans toute société, il y a des conflits mais qu’ils sont régulés. La violence est, en démocratie, contenue. « Il y a crise lorsque certains s’arrogent le droit d’user de la violence alors que, dans un État de droit, seul ce dernier a le monopole de la violence physique légitime. »


Pour le sociologue, « ce passage à l’acte, dans une violence contre les biens et les personnes, manifeste une exaspération, une colère. Cela doit nous alerter sur le mauvais état du dialogue social. Il y a une sorte de dérèglement de la régulation dans les instances qui devraient permettre aux différents points de vue de s’exprimer et de négocier. »


Un avis partagé par le philosophe Olivier Abel, enseignant à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. « Les gens ne s’écoutent plus. On ne sait plus où est le conflit. Le théâtre de la conflictualité ne marche pas. Il n’y a plus de lieux où se formulerait le conflit. »


Le climat social se dégrade depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. D’un côté, le pouvoir politique avance sans tenir compte des revendications et, lorsque les élus du peuple lui bloquent la route, décide de passer en force avec l’usage du 49.3. De l’autre, on assiste à une perte de confiance dans le fonctionnement de la société, parallèlement au désir d’une démocratie plus directe et plus participative. Jean-Paul Willaime parle de « désenchantement démocratique » et de « fracture démocratique », certains ne se sentant pas partie prenante du système de la démocratie parlementaire. Parmi les raisons du mécontentement, le sociologue évoque aussi le renouvellement insuffisant de la classe politique, insuffisamment représentative des femmes et des jeunes.


Véronique Le Goaziou rappelle le lien entre ces revendications et les mouvements issus de la société civile, tel Nuit Debout. « L’absence d’alternative politique, le discrédit fort des appareils créent des frustrations qui poussent les gens à retourner dans la rue. D’autant que François Hollande avait professé des engagements sur l’insertion professionnelle et la jeunesse. La loi travail El Khomri touche à ces deux thématiques sensibles. »


Révolution numérique


À ce tableau déjà noir, Olivier Abel ajoute l’absence d’horizon. « On se trouve dans une situation de mutation politique, économique et culturelle provoquée entre autres par la révolution numérique. On ne sait pas vers quoi on va. On n’a pas encore trouvé d’issues, de nouvelles formes institutionnelles à l’échelle de la mondialisation. » Et Jean-Paul Willaime de compléter en soulignant le fait qu’en France des logiques de conflits l’emportent souvent sur des logiques de compromis. « Il faut préparer les lois bien en amont, en confrontant les avis. La tentation de vouloir aller vite est accentuée par une insuffisance de la culture du compromis. On est plutôt dans un schéma où l’un doit gagner et l’autre tout perdre. »


Et le philosophe Oliver Abel de conclure : « Il faut comprendre que la vérité est mouvante, que l’on n’a pas la solution tout seul et qu’il faut faire avec les autres. »


À un an de l’échéance présidentielle, la situation est préoccupante. On ne sait que trop comment le malaise peut s’exprimer dans les urnes.

http://reforme.net/une/societe/pourquoi-conflit-lemporte-compromis

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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants",reforme,violences,sexes,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #violences, #viol, #sexes

LES JEUNES GARÇONS ENTRE 9 ET 13 ANS COMPTENT PARMI LES VICTIMES LES PLUS NOMBREUSES DES PÉDOPHILES© NKBIMAGES / ISTOCK
DOSSIERPÉDOPHILIE 19 MAI 2016
Auteurs
Elise Bernind
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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants"


De pratique tolérée dans les années 1970, la pédophilie est devenue un crime absolu. Quels en sont les ressorts historiques, psychiatriques ? Entretien avec le psychiatre Roland Coutanceau.


À lire


Les Blessures
de l’intimité
Roland Coutanceau
Odile Jacob Poches, 2014.
Roland Coutanceau est psychiatre, responsable d’une consultation spécialisée pour victimes et auteurs d’actes de pédophilie, dans les Hauts-de-Seine.


La définition de la pédophilie a évolué avec le temps. Quelle est celle des médecins aujourd’hui ?


L’attrait pédophilique est une excitation sexuelle pour un corps prépubère, fille ou garçon. Premièrement, cet attrait se situe au niveau du fantasme. Il n’y a donc pas forcément passage à l’acte. Deuxièmement, le pédophile peut être « exclusif » : il n’est attiré que par les prépubères; ou « préférentiel », ce qui revient un peu au même; ou, le plus souvent, « secondaire ». Il est attiré par les adultes, mais dans certaines circonstances de frustration sexuelle, il découvre qu’il a un attrait pour les enfants. Troisièmement, le pédophile peut être hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. C’est donc un monde extrêmement varié, sans profil type, y compris concernant l’âge et la classe sociale.


Les pédophiles qui ne passent pas à l’acte sont-ils majoritaires ? Qu’en est-il des femmes ?


C’est par définition impossible de savoir combien ils sont. On les repère mieux depuis que la technologie permet d’aller voir si quelqu’un regarde des images pédopornographiques sur son ordinateur. Les femmes pédophilies sont beaucoup moins nombreuses. Et je n’ai jamais rencontré « d’exclusives ».


Les mêmes personnes abusent-elles de prépubères et de très jeunes enfants ?


La pédophilie est indissociable de la prépuberté. 9-13 ans est la tranche d’âge où l’on retrouve le plus de passages à l’acte, et de très loin. Il y a une deuxième réalité que j’appelle « l’adolescentophilie ». Les « adolescentophiles » sont, eux, attirés par les 13-15 ans. Ils recherchent une belle peau sans imperfection mais aussi la position du dominateur, celui qui initie. C’est pour cela qu’ils ne s’intéressent pas aux adolescents plus âgés. Avant neuf ans, les actes pédophiles sont beaucoup moins nombreux. Et enfin, avant cinq ans, je ne parle plus de pédophilie, mais d’aberration sexuelle.


Les victimes sont-elles le plus souvent des filles ou des garçons ?


Les pédophiles exclusifs sont surtout attirés par les garçons. Ce sont donc les premières victimes quand il y a passage à l’acte et récidive.


Les pédophiles souffrent-ils de leur orientation sexuelle ?


Il y a quatre types de vécus. Les premiers culpabilisent. Ils nous consultent même quand ils ne passent pas à l’acte. Les deuxièmes en souffrent mais se leurrent. Ils pensent qu’ils sont attentifs aux enfants. Mais derrière l’affection se cache l’excitation sexuelle. Les troisièmes sont égocentrés. Ils se disent qu’ils sont comme ça. Ils cohabitent avec, et finissent par accepter. Les derniers, les cyniques, n’en ont rien à faire, à partir du moment où ils se satisfont.


Les pédophiles décomplexés, tels ceux des années 70, qui font partie du second groupe, le sont en consultation mais pas sur la place publique. Aujourd’hui, un livre prosélyte ne trouverait plus d’éditeur.


Les pédophiles sont-ils surreprésentés chez les prêtres ?


Les pédophiles exclusifs qui passent à l’acte se retrouvent dans toutes les activités professionnelles proches des enfants. Il n’y a donc pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants. Et ils sont une minorité dans ces professions ! C’est une pédophilie de proximité. Ils connaissent leurs victimes, les manipulent. Ils ont de nombreux rapports avec le même enfant avant que ça se sache. Parfois ils se leurrent. C’est le groupe le plus important de pédophiles transgressifs. Ceux qui agressent sans connaître l’enfant sont une minorité. Ceux-là sont plus organisés et plus dangereux. Ils peuvent kidnapper, séquestrer et une infime partie d’entre eux va jusqu’à tuer.


Et l’inceste ?


C’est un monde complexe et à part. Car les incestueux récidivent peu et n’ont pas une attirance exclusive pour les enfants. C’est souvent une affaire de promiscuité. L’enfant est là, le père ou le beau-père est frustré, et un jour, il dérive. Le pédophile, lui, est manipulateur.


Comment faire de la prévention ?


Dans certains pays protestants comme l’Allemagne, des spots télévisés très sobres abordent le sujet pour encourager les personnes avec des pensées pédophiles à se faire aider. La maturité d’une société est d’oser en parler pour mieux prévenir. La France est un pays curieux qui n’ose pas toucher aux tabous, même pour trouver des solutions. Nous n’avons pas encore de spots télévisés mais nous développons les consultations préventives. L’attrait pédophilique s’apprivoise, se gère. Dans la sexualité humaine, il y a un monde entre le fantasme et le passage à l’acte. La plupart des gens ont un interdit structuré. Le problème n’est pas d’être excité, mais de ne pas se contrôler.


Propos recueillis par É. B.

http://reforme.net/une/societe/ny-a-plus-pedophiles-pretres-enseignants

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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?,reforme,violences,politiques,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #politiques, #violences

HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES JEUNES PENDANT LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL À PARIS LE 19 MAI 2016© TATIF/WOSTOK PRESS/MAXPPP
SOCIALÉVÉNEMENT 26 MAI 2016
Auteurs
Laure Salamon
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?


En marge des manifestations contre la loi Travail, les affrontements entre les jeunes et la police traduisent un blocage politique.


La voiture de police incendiée par des manifestants ou le passage à tabac d’un jeune par des policiers, ces images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux illustrent-elles une escalade de la violence ? Pour Laurent Mucchielli, sociologue et historien à l’université d’Aix-Marseille, « il n’y a pas plus de violence qu’auparavant. Certes il faut remonter à 2010 pour retrouver ces phénomènes de casse, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sociaux depuis. Et les manifestations des années 1970 étaient beaucoup plus violentes. »


Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait même fait voter en 1981 une loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, surnommée « loi anticasseurs ». François Mitterrand l’avait abrogée en grande partie en 1983.


La violence ancestrale


Et si on remonte encore plus loin dans l’histoire, Véronique Le Goaziou, sociologue, chercheuse associée au CNRS et auteure d’Idées reçues sur la violence (2004, Le Cavalier Bleu), explique que la violence est une notion à géométrie variable. « Les sociétés du Moyen Âge ou de la Renaissance étaient beaucoup plus marquées par la violence avec les bagarres, les duels, l’insécurité permanente. Considérée comme banale, tolérée voire légitime, cette brutalité était courante dans le quotidien, dans les relations interpersonnelles. Progressivement, on l’a écartée et remplacée par la civilité, la cordialité, la bienveillance. Aujourd’hui, quand on qualifie quelque chose de violent, il est déprécié. L’usage de la violence est même parfois considéré comme une anomalie, une folie ou une régression. Il est donc difficile de réfléchir de manière neutre à ce terme. » Qui plus est, ajoute la sociologue, il est utilisé à tout bout de champ et sature notre langage en regroupant une grande diversité de situations.


Or pour Laurent Mucchielli, il faut se méfier de la mise en scène de cette violence. « Le but de cette stratégie politique est de faire parler au maximum des faits de violence pour éviter de revenir sur le fond de la contestation. Les mouvements sociaux sont inégaux devant la dénonciation de la brutalité, ce qui arrange le pouvoir politique. Pour certaines contestations comme les agriculteurs ou les marins-pêcheurs, la communication va permettre d’apaiser les tensions. Alors que là, au contraire, elle contribue à faire monter leur niveau général, avec une surenchère de mots. »


Et comme les médias et la violence font plutôt bon ménage, la stratégie est payante. Les images et vidéos tournent en boucle sur Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. « On est dans le spectaculaire, analyse Véronique Le Goaziou. Il est plus facile de saisir une image de violence qu’un instant de paix. »


Pourtant, Jean-Paul Willaime, sociologue et directeur d’études émérite à l’EPHE, rappelle que, dans toute société, il y a des conflits mais qu’ils sont régulés. La violence est, en démocratie, contenue. « Il y a crise lorsque certains s’arrogent le droit d’user de la violence alors que, dans un État de droit, seul ce dernier a le monopole de la violence physique légitime. »


Pour le sociologue, « ce passage à l’acte, dans une violence contre les biens et les personnes, manifeste une exaspération, une colère. Cela doit nous alerter sur le mauvais état du dialogue social. Il y a une sorte de dérèglement de la régulation dans les instances qui devraient permettre aux différents points de vue de s’exprimer et de négocier. »


Un avis partagé par le philosophe Olivier Abel, enseignant à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. « Les gens ne s’écoutent plus. On ne sait plus où est le conflit. Le théâtre de la conflictualité ne marche pas. Il n’y a plus de lieux où se formulerait le conflit. »


Le climat social se dégrade depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. D’un côté, le pouvoir politique avance sans tenir compte des revendications et, lorsque les élus du peuple lui bloquent la route, décide de passer en force avec l’usage du 49.3. De l’autre, on assiste à une perte de confiance dans le fonctionnement de la société, parallèlement au désir d’une démocratie plus directe et plus participative. Jean-Paul Willaime parle de « désenchantement démocratique » et de « fracture démocratique », certains ne se sentant pas partie prenante du système de la démocratie parlementaire. Parmi les raisons du mécontentement, le sociologue évoque aussi le renouvellement insuffisant de la classe politique, insuffisamment représentative des femmes et des jeunes.


Véronique Le Goaziou rappelle le lien entre ces revendications et les mouvements issus de la société civile, tel Nuit Debout. « L’absence d’alternative politique, le discrédit fort des appareils créent des frustrations qui poussent les gens à retourner dans la rue. D’autant que François Hollande avait professé des engagements sur l’insertion professionnelle et la jeunesse. La loi travail El Khomri touche à ces deux thématiques sensibles. »


Révolution numérique


À ce tableau déjà noir, Olivier Abel ajoute l’absence d’horizon. « On se trouve dans une situation de mutation politique, économique et culturelle provoquée entre autres par la révolution numérique. On ne sait pas vers quoi on va. On n’a pas encore trouvé d’issues, de nouvelles formes institutionnelles à l’échelle de la mondialisation. » Et Jean-Paul Willaime de compléter en soulignant le fait qu’en France des logiques de conflits l’emportent souvent sur des logiques de compromis. « Il faut préparer les lois bien en amont, en confrontant les avis. La tentation de vouloir aller vite est accentuée par une insuffisance de la culture du compromis. On est plutôt dans un schéma où l’un doit gagner et l’autre tout perdre. »


Et le philosophe Oliver Abel de conclure : « Il faut comprendre que la vérité est mouvante, que l’on n’a pas la solution tout seul et qu’il faut faire avec les autres. »


À un an de l’échéance présidentielle, la situation est préoccupante. On ne sait que trop comment le malaise peut s’exprimer dans les urnes.

http://reforme.net/une/societe/pourquoi-conflit-lemporte-compromis

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"La Saint-Barthélemy ou la logique de la violence" – L'édito vidéo d'Antoine Nouis,reforme,protestant,violence,

15 Avril 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #violences

"La Saint-Barthélemy ou La logique de la violence" - L'édito vidéo d'Antoine Nouis
Hebdomadaire Réforme
Hebdomadaire Réforme
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Ajoutée le 13 AVR. 2016
"La Saint-Barthélémy ou La logique de la violence" - L'édito vidéo d'Antoine Nouis, conseiller théologique de l'hebdomadaire Réforme (n ° 3653, 14 avril 2016)​

https://www.youtube.com/watch?v=TwfkFZ9yKgI

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Attentats à Bruxelles : paroles de protestants,protestant,violence,

12 Avril 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #violences



Rédaction Réforme
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Attentats à Bruxelles : paroles de protestants


Le point de vue d’intellectuels protestants recueillis, dans l’urgence, mardi, jour des attentats de Bruxelles.


À suivre


Retrouvez sur protestants.org
la déclaration de François Clavairoly
à la suite des attentats de Bruxelles
Combien auront-ils fait de morts, de blessés ? Combien auront-ils brisé de familles ? À l’heure où nous bouclons, nul ne le sait encore, même si le bilan des attentats de Bruxelles s’alourdit d’heure en heure. Revendiquées par l’État islamique, les attaques ravivent la douleur et la peur, quatre mois à peine après les attentats de Paris et après ceux de Turquie, du Mali, de Côte d’Ivoire.


Nicolas Roussellier
historien


Cet événement frappe un État dont les structures régaliennes sont fragiles. Après l’arrestation de Salah Abdeslam, on pouvait espérer que la situation allait s’améliorer, on constate au contraire que les terroristes sont capables de frapper la population dans la ville même où se retranchait le fugitif.


Dans ce contexte, le télescopage de différentes situations, dont la répétition des attentats, souligne l’affaiblissement de la France. Il n’est pas question de verser dans un commentaire purement politicien, mais tout de même, on peut observer que le président de la République n’a pas su mener la politique syrienne qu’il appelait de ses vœux et que la Russie tire aujourd’hui son épingle du jeu ; qu’à la différence de la chancelière allemande il n’a pas trouvé les gestes et les mots pour faire face à la crise des migrants, ce qui lui a fait perdre son autorité morale.


Même s’il ne faut pas tout réduire à la personne du chef, on est en droit de rappeler que François Hollande s’approche dangereusement de la fin de son mandat. Dès lors, quel peut être son crédit ? Le surgissement de l’extraordinaire pouvait élever le chef de l’exécutif au-dessus de lui-même, le hisser au niveau d’un Churchill. On observe qu’il n’en est rien : la répétition des attentats banalise au contraire ses interventions. Les drames, par leur caractère exceptionnel, entretenaient l’espoir d’une union nationale, mais François Hollande est passé à côté.


Christine Lazerges
présidente de la CNCDH


Il ne faut en aucun cas banaliser des actes aussi graves. À l’évidence, nous devons lutter avec une extrême détermination contre toutes les formes de terrorisme. En revanche, il serait grave de vivre dans la peur et de croire que les risques ne sont pas inhérents à toute vie humaine. Il serait aussi grave d’abandonner les libertés fondamentales pour une sécurité qui ne peut pas être ce que chacun souhaite.


Au nom de cette peur du terrorisme, la tentation de limiter les droits fondamentaux et de mettre en péril l’État de droit est grande. Ce serait là la plus grande victoire des terroristes. Cependant, des mesures doivent être prises pour renforcer la sécurité.


Aujourd’hui, l’insécurité semble très difficile à accepter. Et nous devons être conscients que nous mettrons plusieurs années à régler le problème de l’État islamique. Tout comme la société a répondu dans d’autres temps à d’effroyables guerres ou au sida, elle finira par répondre à la violence extrême de Daesh.


La lutte est d’autant plus difficile que l’idéologie de Daesh est apocalyptique et que ces terroristes s’autodétruisent en même temps qu’ils détruisent. Ce que nous vivons est particulièrement déroutant parce que ni la force des armes, ni la rigueur des sanctions pénales, ni la régression des libertés fondamentales ne peuvent les arrêter. Daesh est l’un des symptômes d’une situation du monde en grand déséquilibre. Continuons à vivre de façon engagée et non dans la terreur.


Olivier Abel
philosophe


Nous devons regarder cette réalité en face : il nous faut apprendre à vivre avec le sentiment que les gens qui nous entourent, ceux que nous croisons dans la rue, peuvent mourir d’un instant à l’autre. Nous pouvons mourir avec eux, mourir pour eux. D’une certaine façon, cela modifie le regard que nous portons sur la vie quotidienne, cela nous impose une certaine vérité, une hiérarchie d’un autre type : ainsi la mort est-elle possible, ainsi avons-nous des ennemis, dans une société qui pense toujours n’être composée que de copains, d’amis. Ces ennemis, nous devons les comprendre.


Cela ne signifie en aucune façon de les excuser ou de justifier leur attitude, mais de pénétrer les secrets de leur pensée pour mieux les combattre.


Mais d’une façon paradoxale, je dirai que si nous avons des ennemis, nous ne sommes pas en guerre. Ou bien alors dans une guerre civile, celle que les Grecs anciens nommaient « stasis ». Les grandes démonstrations militaires, la présence des gens armés dans les rues peuvent rassurer les gens, mais je pense que c’est totalement inefficace et même le contraire de ce qu’il faut faire. Nous devons plutôt réfléchir à ce que signifie l’expression « vivre ensemble » et comprendre les enjeux de notre lien social. Le pouvoir politique, en France, est d’une faiblesse évidente et cherche par ses rodomontades à recouvrer quelque lustre. Mais nos concitoyens ne sont pas dupes. Replacer l’humain dans l’événement demeure le plus sûr moyen de ne pas verser dans la démagogie qui, nous l’avons vu aux États-Unis après le 11 septembre 2001, fait commettre les fautes les plus graves.


Frédéric Rognon
philosophe des religions


Effroi, sidération, terreur… Et pourtant, l’histoire de l’humanité regorge de chocs traumatiques où l’on a su s’habituer, s’acclimater.


Même les situations extrêmes peuvent être converties en modes de vie : banalisation, routinisation de l’excès. On aurait tort de sous-estimer les capacités d’adaptation, la plasticité même de l’être humain.


Dans notre vie personnelle aussi, les collisions émotionnelles finissent par être intégrées dans le quotidien. C’est le travail de deuil qui s’offre comme ressource de survie psychique. Or, ce qui nous arrive depuis quelques mois ressemble à s’y méprendre à l’expérience d’une perte : celle d’un monde où l’on pouvait, sans crainte, aller à la terrasse d’un café ou prendre le train. Comme le rappelle Jean-Claude Guillebaud , nous vivons depuis 1945, en Europe occidentale, dans l’insouciance d’un interminable après-guerre, alors que nous sommes peut-être déjà dans l’anxiété d’un nouvel avant-guerre.


Mais ce qui est inédit dans notre épreuve présente, ce sont deux ingrédients combinés : la mutation des conflits internationaux vers des guerres asymétriques, et l’investissement religieux de la violence aveugle. La guerre n’est plus aujourd’hui circonscrite dans l’espace et dans le temps, elle oppose des armées classiques soucieuses de limiter les pertes à des réseaux fluides dont les membres aspirent à la mort.


Du point de vue même de la stratégie militaire, nous sommes donc sortis de la rationalité instrumentale, ce qui est particulièrement anxiogène.


Par ailleurs, c’est au nom d’une vérité transcendante et unique que la violence déferle. Les troubles d’aujourd’hui sont d’autant plus insaisissables que l’on ne prend pas suffisamment en compte ce facteur : l’eschatologie, l’apocalyptique, et la représentation de l’après-vie des kamikazes djihadistes. Subvertissant l’aphorisme d’André Malraux, Jacques Ellul avait prophétisé en ce sens dramatique : « Le XXIe siècle sera religieux et, de ce fait, ne sera pas ! »


Pour faire mentir cette voix de Cassandre, ou pour la prolonger comme Ellul nous y invitait, il nous reste l’espérance chrétienne : non pas l’adaptation servile à une condition nouvelle de menaces permanentes, mais la traversée du danger, assurés que depuis les premières Pâques, le Christ nous précède, nous accompagne, nous porte.


Serge Soulié
pasteur retraité de l'Eglise réformée de France et psychothérapeute


S’il était jusque-là insupportable, il devient maintenant indigne de voir les dirigeants de tous bords préférer les postures politiques au détriment d'un consensus ferme sur les réponses à apporter aux questions du terrorisme. Quand la démocratie est menacée, des mesures d'urgence doivent être prises au risque de voir disparaitre ce que l'on voulait garder, la liberté. Ces mesures sont un remède. Un remède n'est pas toujours bon à avaler.


Avons-nous, par ailleurs, pris conscience que l'État islamique vise à diviser l'Europe pour mieux s'implanter et régner. Sa cruauté est imparable. Plus encore, il cherche à renverser les valeurs qui sont les nôtres. L'utilisation du mot "croisé" en dit long. Sa guerre ne vise pas un territoire ou d'autres biens quels qu'ils soient. Elle vise un renversement des valeurs. L'utilisation sous forme de slogan de quelques expressions du Coran en est la preuve. Tout musulman ne peut que se sentir blessé devant un tel détournement d'une religion qui se veut à la recherche de la paix. La meilleure défense de l'Europe est de rester fidèle à ses valeurs de liberté, de choix de religion bien sûr mais aussi de mode de vie; ses valeurs d'égalité des chances et de droit à travers l'instruction obligatoire pour tous; ses valeurs d'humanité selon lesquelles tous les humains appartiennent à la même fraternité.


Il nous faut aussi nous interroger sur l'idée que le terroriste se fait de la mort. S'il tue, aussi bien lui-même que les autres, n'est-ce parce que la mort lui paraît un moindre mal étant donné qu'une autre vie l'attend. Dans ce cas, il pervertit ce qu'il a entendu mais qu'il n'a pas inventé. En effet, Les religions monothéistes proclament toutes une vie après la mort ce qui peut rendre la mort banale pour soi comme pour les autres. Ainsi, sans vouloir m'immiscer au cœur de ce que professent chacune des religions du monothéisme, il me semble qu'elles devraient repenser la formulation de leur espérance en l'Éternité afin que ce futur, comme d'ailleurs le passé, ne confisque pas à l'humain le temps présent. Elles encourageraient la vie en ne banalisant pas la mort. Pour conclure, j'ai envie de crier : « Au secours Monsieur Nietzche! Rendez-nous l'"amor fati", cet amour qui nous fait aimer le présent et le transformer en éternité ! »


Propos recueillis par la rédaction de Réforme

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Penser l'impensable de la violence,reforme,protestant,violence,

12 Avril 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #reforme, #protestants, #violences

"IL Y A CETTE VIOLENCE DITE DES FAITS DIVERS, CELLE QUI SURGIT ICI OU LÀ..."© "SHATTERED"/SEAN T EVANS/CC BY SA 2.0
BIBLE & ACTUALITÉINTERDIT 7 AVRIL 2016
Auteurs
Nathalie Chaumet
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Penser l'impensable de la violence


Trois jeunes qui en tuent un quatrième pour un portable… Notre société fabrique des individus incapables d’envisager autrui.


Il y a la violence qui soudainement nous frappe collectivement dans ces attentats si meurtriers qu’ils nous stupéfient d’effroi. Et il y a cette violence dite des faits divers, celle qui surgit ici ou là, frappant des victimes trop éparses pour mobiliser un pays mais qui de manière souterraine opère elle aussi des ravages.


Cette semaine en Gironde se tient le procès de trois jeunes qui, après avoir repéré leur victime, se sont jetées sur elle et lui ont asséné un coup de couteau mortel. La victime avait été soigneusement choisie pour deux critères clés : elle possédait un téléphone portable de qualité et n’était pas de taille à se mesurer à ses agresseurs. Le portable convoité a été revendu 40 euros, permettant à ses agresseurs d’acquérir deux barrettes de résine de cannabis.


C’est là le prix de la vie perdue de ce jeune homme dont son père raconte combien elle était riche de projets d’amour et d’amitié, comme chaque vie devrait pouvoir l’être. Cette violence nous laisse alors abasourdis devant le fait que l’interdit fondamental du meurtre ait pu être franchi pour si peu, pour rien, pour la simple intolérance à la frustration dans la quête d’une jouissance immédiate. Cette violence comme celle des attentats qui frappent aveuglément nous paraît impensable et en cela nous laisse désarmés.


Interdit fondateur


Étymologiquement, l’agressivité signifie aller vers. La personne agressive s’en prend à autrui, elle va vers lui sans plus respecter la distance qui permet à chacun d’exister. Dans une agression, cette parole de l’inter-dit qui sépare et s’entre-dit au milieu des hommes pour garantir la place de chacun, ne résonne plus.


Or dans l’histoire tragique ci-dessus relatée, le motif dérisoire laisse penser que les meurtriers n’ont peut-être jamais intégré cet interdit fondateur. Nous comprenons alors que cette violence impensable surgit d’un impensé inquiétant, celui de la reconnaissance de l’altérité.


Car si l’on peut tuer pour un portable avec une forme de préméditation, c’est bien que nos sociétés ne parviennent plus à construire des individus simplement capables d’envisager autrui. À l’heure où nous pointons parfois du doigt les échecs de l’enseignement, réformant sans cesse nos programmes, c’est bien en amont qu’il nous faut réfléchir, sur notre capacité de transmission des pierres fondatrices de notre vivre ensemble et notamment de cet interdit structurant qui protège la place de chacun. Car sans l’intégration de celui-ci, la relation est vouée à l’échec et, avec elle, la transmission du savoir quel qu’il soit.


Dans la Bible, il est alors intéressant de remarquer qu’il ne s’agit pas seulement de ne pas tuer mais aussi de façon bien plus exigeante d’aimer son prochain comme soi-même. Là où l’interdit du meurtre vise le respect d’autrui, cette exhortation biblique nous invite à lutter davantage encore contre le risque de la violence par la mise en route d’un processus de reconnaissance mutuelle positive. Comme si l’amour de soi passait par l’amour d’autrui et comme s’il était impossible d’aimer autrui sans s’aimer soi-même.


Circularité


Ainsi là où l’individu se perd aujourd’hui dans une mise en abyme de sa propre image, cherchant à s’aimer lui-même comme lui-même, la parole biblique nous replace dans un vivre ensemble où la place des uns se définit en regard de celle des autres.


Mais cette circularité n’est pas n’importe quelle circularité. C’est celle qui cherche à faire grandir l’amour, engageant alors chacun sur le chemin,ô combien épineux, du désamorcement, de sa propre violence.


À l’heure où l’individualisation croissante isole chacun dans un reflet de lui-même mortifère, n’est-il pas urgent de rappeler que vivre, c’est avant tout vivre ensemble ? Là où la violence nous fait conjuguer la vie au passé, il y a dans le « tu aimeras » un futur, promesse d’avenir.

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Religion et torture, Peut-on extirper la violence du cœur de l’homme ?,protestant,violences,

28 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #violences

Religion et torture, Peut-on extirper la violence du cœur de l’homme ?


Michel Bertrand
La commission théologique de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) a organisé, fin 2015 à Marseille, un colloque interreligieux de 3 jours consacré à ce thème en prise avec l’actualité


« Religion et torture, peut-on extirper la violence du cœur de l’homme ? ».


Le pasteur Michel Bertrand fut chargé de la synthèse finale de cette rencontre qui place directement la violence en l’homme et non dans la religion. Si les religions ont parfois dans l’histoire entraîné des guerres et des violences inouïes, elles portent en elles aussi les ressources pour résister à toute forme de tyrannie et de violence. C’est ce que les croyants pourraient en faire par une foi livrée à la passion sans la critique raisonnée qui deviendrait danger, absolutisation.


Toutes les réflexions que Michel Bertrand rapporte de ce colloque sont graines à moudre aujourd’hui pour avancer dans un débat de société houleux qui aimerait simplifier plutôt que comprendre.


Télécharger le fichier 13'31
13'31
Michel Bertrand au micro de Chantal Crêtaz. Réalisation Michel Schaeffer. © protestants.org. Mise en ligne le 16/02/2016.

http://www.protestants.org/index.php?id=33107&user_radiointerview_pi1%5Bid%5D=136&cHash=6a5b0231f3

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Film : "L'homme qui répare les femmes" - Une dénonciation du viol comme arme de guerre,femmes,violences,

4 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #femmes, #violences, #viol

Film : "L'homme qui répare les femmes" - Une dénonciation du viol comme arme de guerre
Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege est internationalement connu comme l'homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l'Est de la République Démocratique du Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète, mais au sous-sol extrêmement riche.



L'homme qui répare les femmes, La colère d'Hippocrate, un film de Thierry Michel et Colette Braeckman est sorti en France depuis le 17 février


Le site du film : http://mukwege-lefilm.com/


De nombreuses associations ont accompagné la sortie du film dans les salles françaises.


Elles se mobilisent pour faire connaître à un large public :
- Les violences infligées aux femmes du Sud Kivu dont les corps meurtris sont autant de champs de bataille des conflits passés et en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
- Les actions en faveur de leur prise en charge médicale, psychologique et juridique, pour qu’elles puissent se reconstruire et retrouver leur dignité.
- Leurs colères partagées, ainsi que leur volonté de mettre fin à l’impunité dont jouissent les responsables de viols et de massacres en RDC


Le SEL présente le film sur son blog : blog.selfrance.org/film-docteur-mukwege


Pour l'ACAT, (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) : « L’homme qui répare les femmes » n’est pas seulement un film sur le Dr. Mukwege, gynécologue reconnu qui s’est spécialisé dans la reconstitution génitale des femmes victimes de violences sexuelles en temps de guerre...


... Nous avons ici un outil extraordinaire de sensibilisation de l’opinion public et de mobilisation pour dire « stop » aux violences sexuelles contre les femmes dans les conflits armés, aux violations des droits de l’homme et à l’impunité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en RDC ». + d'infos







Le docteur Mukwege est par ailleurs pasteur dans un temple de Bukavu, où il officie tous les dimanches.






Dr. Denis Muwkege, pasteur


Bande Annonce : "L'homme qui répare les femmes - la colère d'Hippocrate" de Thierry Michel & Colette Braeckman


L'homme qui répare les femmes - Bande Annonce FR from JHR Films on Vimeo.


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