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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

Le téléphone d’Hitler, symbole de l’idéologie nazie,politiques,

28 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #politiques

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 © Valerie Everett / CC BY SA 2.0 via Flickr "L’IDOLÂTRIE NOUS PRÉCIPITE DANS L’ILLUSION RÊVÉE DE LA TOUTE-PUISSANCE PAR LA MAÎTRISE DE L’OBJET " -  © VALERIE EVERETT / CC BY SA 2.0 VIA FLICKR
Le téléphone d’Hitler, symbole de l’idéologie nazie
 26 FÉVRIER 2017  Nathalie Chaumet 0
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La pasteure Nathalie Chaumet revient sur la vente aux enchères du téléphone d’Hitler et s’interroge sur les raisons qui peuvent entraîner un tel achat.

Le téléphone d’Hitler, téléphone dit « de la destruction », a été vendu aux enchères dimanche dernier aux États-Unis pour la somme de 243 000 dollars. De couleur rouge, il est gravé au nom du dictateur et à l’emblème du régime nazi, une croix gammée surmontée de l’aigle royal. Faut-il alors s’insurger que de tels objets puissent être vendus et devenir propriété de collectionneurs privés ?

Dans la mesure où personne ne peut s’opposer à l’acquisition d’un téléphone (ce n’est pas un objet illicite), pourquoi ces enchères génèrent-elles un sentiment de malaise ?

Trois raisons a minima peuvent être avancées. Tout d’abord, il apparaît clairement qu’au-delà de l’objet c’est bien sa représentativité qui pose problème. En effet, ce téléphone a été utilisé par le dictateur lors des deux dernières années de la guerre pour dicter ses ordres funestes. Ainsi est-il tristement emblématique de la politique d’extermination menée par Hitler.

Et par-delà la personne du dictateur, c’est bien l’ensemble du système nazi qu’il représente : courroie de transmission des ordres, il jette une lumière crue sur la soumission et l’abdication des uns à la volonté d’un seul.

La deuxième raison du malaise que ces enchères peuvent générer est liée au surgissement de sa valeur marchande. En effet, vendre un objet, c’est l’insérer dans une loi, celle du marché, et intégrer, je dirais presque « incorporer », au corps social que nous formons l’idéologie qu’il sous-tend. Débourser 243 000 dollars pour un téléphone revient à en faire un objet « de prix » et conduit ainsi à « valoriser » insidieusement ce qu’il représente.

Fascination du mal

Enfin, la troisième raison est liée à l’acheteur dont l’anonymat est préservé. Car acquérir un objet, c’est faire entrer de « l’autre » chez soi pour le faire sien. Une telle acquisition peut donc traduire une fascination pour des objets emblématiques d’une puissance qui fut terrifiante et dont certains se revendiquent pourtant aujourd’hui. La possession de ce téléphone viendrait-elle alors étayer un besoin de pouvoir dans un rapport à l’objet d’ordre « fétichiste » ? Ainsi de telles pièces s’avèrent-elles bien embarrassantes. Car si ce téléphone peut être, par un rapport fétichiste, le révélateur d’une idolâtrie sous-jacente, celle de l’idéologie nazie, il ne faudrait pas pour autant qu’il devienne un objet « tabou  », « intouchable ».

Ce serait de manière inversée mais similaire lui conférer un même pouvoir quasi surnaturel relié à la fascination du mal. C’est pourquoi, ainsi que bien des historiens le réclament, la sagesse consisterait à intégrer de tels objets à des collections publiques permettant un travail de mémoire collective.

Ni symbolique, car le symbole rassemble, ni diabolique, car ce serait l’élever hors de son rang d’inanimé, ce téléphone pourrait alors prendre toute la place qui est la sienne, celle d’un objet chargé de représentativité, appartenant à une mémoire collective qu’il est nécessaire de préserver plus que jamais afin de dénoncer les dérives des totalitarismes, de rappeler à l’homme ses fragilités, ses renoncements et ses abdications devant la fascination de la toute-puissance.

La menace est là

Dans la Bible, l’histoire du peuple commence avec Abraham qui se détache du monde des idoles, des fétiches pour entrer en dialogue avec Dieu. Mais deux générations plus tard, voilà que Rachel s’enfuit avec les statuettes sacrées de son père… et déjà tout est à reprendre… Avec Moïse, la parole se fera alors loi pour qu’à jamais soit dénoncé le risque de réduire Dieu et par ricochet l’humain au monde des objets.

Car l’idolâtrie réduit la parole, entrave le questionnement réflexif sur le sens de nos actes et nous précipite dans l’illusion rêvée de la toute-puissance par la maîtrise de l’objet. Aujourd’hui encore, la menace est là. Quand un simple téléphone peut prendre la parole…

Mots clés HitlerMalNazisme

https://www.reforme.net/actualite/regards-pasteurs/telephone-dhitler-symbole-de-lideologie-nazie/

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Mieux connaître l'islam (2) : La sunna, norme de conduite - Reforme.net

28 Février 2017 , Rédigé par hugo

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Mieux connaître l’islam (1) : le Coran, le Livre de Dieu,,religion,

28 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #religion

ACCUEIL / RELIGIONS  / FAITS RELIGIEUX  / Mieux connaître l’islam (1) : le Coran, le Livre de Dieu
 © Themeplus / CC BY SA 2.0 via Flickr LE CORAN AURAIT ÉTÉ "RÉUNI" ET FIXÉ PAR ÉCRIT VERS 653 -  © THEMEPLUS / CC BY SA 2.0 VIA FLICKR
Mieux connaître l’islam (1) : le Coran, le Livre de Dieu
 31 MAI 2007  Jason Dean 0
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L’objectif de cette nouvelle série est de favoriser une meilleure compréhension de l’islam à travers deux références – le Coran et la sunna –, deux courants théologiques particuliers – le chiisme et le soufisme –, deux figures – Abraham et Jésus.

Jason Dean est chercheur associé au centre de sociologie des religions et d’éthique sociale, faculté de théologie protestante, université Marc-Bloch, Strasbourg.

Lorsqu’au début du VIIe siècle de notre ère un homme appartenant à l’aristocratie commerçante mecquoise se mit à parler du Dieu unique et d’un Jour où « nulle âme ne pourra rien en faveur d’une autre », il troubla le consensus religieux qui avait assuré l’essor économique de La Mecque, fondé sur la reconnaissance mutuelle des cultes tribaux. Pour faire taire l’importun, les notables de la ville tentèrent, successivement, de l’ignorer, de le soudoyer, de le réduire à l’obéissance par des brimades.

La persévérance de Muhammad est due à sa conviction d’avoir été investi d’une mission lorsqu’un « noble Messager » lui est apparu « à l’horizon lumineux ». Celui-ci – qui sera plus tard identifié à l’ange Gabriel – communique au prophète la « Parole » du « Maître du Trône inébranlable » (Q 81,19-23). C’est en recevant la parole divine que Muhammad devient à son tour un « messager » (rasûl), chargé d’« avertir » ses contemporains. La capacité de la prédication coranique à exercer une autorité sur les hommes s’enracine dans cette structure élémentaire, celle d’une parole transmise et transmissible.

La revendication d’une révélation divine sera déterminante pour la suite de la carrière de Muhammad. Elle définit tout d’abord la nature de la lutte idéologique qu’il aura à mener contre les polythéistes (défense de son apostolat contre les accusations de démonisme), d’une part, et en direction des chrétiens et des juifs (affirmation de l’identité du message de la Torah, de l’Evangile et du Coran), d’autre part. Cette revendication produit ensuite des effets de communautarisation caractéristiques de la prédication prophétique, entraînant une tension entre l’acte subjectif de croire et l’acte objectif de se conformer aux normes collectives.

Enfin, elle constitue l’un des principaux moyens de gouvernement de la première communauté islamique. Ces points éclairent la production des textes rassemblés dans le Coran. (Le terme qur’ân, qui signifie « lecture », désignait primitivement chaque révélation ponctuelle, provenant d’un Livre gardé auprès de Dieu.) Beaucoup de ces oracles renvoient à des situations de discours attestées dans la société arabe de tradition orale : la joute oratoire, le rapport de nouvelles, la consultation. (La fréquence de ces dernières à partir de l’émigration à Médine en 622 est à l’origine de la distinction habituelle entre versets « exhortatifs », caractéristiques de la période mecquoise, et versets « législatifs », principalement médinois.) La diversité de cette production confère au Coran ce que Jacqueline Chabbi appelle sa « textualité éclatée ».

A la mort du Prophète en 632, ces énoncés en prose rythmée rimée étaient essentiellement conservés dans la mémoire de ses compagnons. Plusieurs passages indiquent néanmoins que le processus de standardisation et de division du texte en sourates (il y en aura au final 114) avait déjà commencé. La mise par écrit du texte accentuera cette évolution. Pour autant, l’étude du texte écrit ne se substituera jamais totalement à la mémorisation. De nos jours encore, le Coran connaît une double transmission, orale et écrite.

Fixation du Coran en 653

Comparée aux dizaines de milliers de variantes de lecture du Nouveau Testament, la tradition textuelle du Coran présente une particularité : sous réserve de l’analyse d’un palimpseste découvert à Sanaa en 1972, tous les manuscrits examinés à ce jour attestent le même texte-consonantique (1). Pour l’historiographie musulmane, cette situation résulte de la décision du troisième calife, ‘Uthmân b. ‘Affân, de « réunir » le Coran et de le fixer par écrit, vers 653. Après publication de sa « Vulgate », ‘Uthmân aurait fait détruire tout codex non conforme. La plupart des historiens accueillent avec scepticisme ce récit traditionnel. Deux autres solutions ont été proposées par des coranistes britanniques.

John Burton fait remonter l’origine du texte ne varietur au Prophète lui-même, alors que John Wansbrough, estimant que le textus receptus intègre, sous forme de doublons, des variantes primitives, propose de dater la rédaction du Coran du IIIe siècle de l’hégire/IXe siècle de l’ère commune. La thèse de Wansbrough semble contredite par l’existence de manuscrits que certains spécialistes datent du milieu du IIe siècle de l’hégire/VIIIe siècle de l’ère commune. Cette période, qui correspond au passage d’une société de tradition orale à une société de l’écrit, avec la création par le califat omeyyade d’une administration bureaucratique, pourrait être celle de l’établissement du texte coranique.

Toutefois, il ne suffit pas de disposer d’un texte. Encore faut-il l’interpréter. Commence alors une nouvelle activité intellectuelle. Les premiers commentaires du Coran témoignent d’une pluralité d’interprétations du texte sacré.

Cependant, la théologie spéculative (kalâm) cédera peu à peu le terrain à l’exégèse institutionnelle. Véritable encyclopédie des « causes occasionnelles de révélation » (asbâb l-nuzûl), le commentaire de Tabarî (mort en 923) enferme la lecture du texte sacré dans les limites de la sunna du Prophète (voir le deuxième article de cette série). Bien que ce cadre prévale encore largement aujourd’hui, de nouvelles approches exégétiques chez des intellectuels musulmans se font jour. La critique historique cherche à comprendre la formation du texte. Quant à la critique philosophique, elle privilégie sa dimension métaphorique.

La manière radicale dont le Coran pose la question de la médiation du divin n’est pas sans rappeler le principe de sola scriptura à l’origine de la Réforme. Malgré la tentation récurrente du fondamentalisme, les débats qui traversent la communauté musulmane au sujet du Livre sacré témoignent d’une grande vitalité intellectuelle.

(1). L’alphabet arabe se compose uniquement de consonnes. Les voyelles sont ajoutées par des signes placés au-dessus et au-dessous des consonnes.

Le Coran en traductions

La réputation d’inimitabilité (i‘jâz) du Coran n’a jamais eu raison du besoin de mettre le texte à la portée des peuples non arabes. Le Coran a été traduit en persan dès les premiers siècles de l’hégire. Des traductions en ourdou et en turc ont suivi. La première traduction latine (1143) a été faite sous l’impulsion de Pierre le vénérable pour servir les besoins de la propagande contre l’islam pendant les croisades. En 1647, André du Ryer, ancien vice-consul en Égypte, a fait paraître la première traduction en français. Au XXe siècle, plusieurs traductions de qualité ont été faites.

Nous en signalons trois :

– celle de Régis Blachère (Maisonneuve et Larose, 1947-1951) représente une des premières tentatives de comprendre historiquement le Coran en établissant un classement chrono-logique des sourates ;

– la traduction de Denise Masson (Gallimard, 1967), que nous citons dans cette série d’articles, se signale par ses qualités littéraires ;

– favorablement accueillie dans le monde musulman, la traduction de Jacques Berque (Sinbad, 1990) fait une grande place à l’exégèse traditionnelle.

Aujourd’hui, des lectures récentes inspirent de nouvelles traductions. Celle de Youssef Seddik (L’Aube-Barzakh, 2002) est particulièrement novatrice.

https://www.reforme.net/religions/faits-religieux/mieux-connaitre-lislam-1-le-coran-le-livre-de-dieu/

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Bible : entre ciel et terre,politiques,chretien,religion,

25 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #politiques, #religion

Bible : entre ciel et terrePierre Lacoste23 Février 2017Commentaires spirituelsBible, Commentaires spirituelsREPORTAGEbooks-1155557_1920.jpgCampagne présidentielle en France. Il semble que médias et public parlent de tout, des déboires de l’un, des amours de l’autre, des amitiés d’un troisième, sans oublier les inimitiés d’un quatrième ! Allons bon, l’essentiel d’une campagne, les programmes, les aptitudes humaines pour porter la responsabilité de président semblent dans le tintamarre pré-électoral avoir totalement disparu. Il faudra bien toutefois choisir, et bien choisir. Vivre c’est savoir faire des choix.Évangile de Matthieu 6, 19-34« Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les mites ni les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. La lampe du corps, c’est l’oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent point dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Et qui d’entre vous peut, par son inquiétude, prolonger tant soit peu son existence ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils croissent : ils ne peinent ni ne filent, et je vous le dis, Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux ! Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! Ne vous inquiétez donc pas, en disant : “Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ?” Tout cela, les païens le recherchent sans répit. Il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain : le lendemain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. »Entre ciel et terreTendre l’autre joue, aimer ses ennemis, ne pas paraître plus spirituel que l’on est, nous renvoie à nos responsabilités relationnelles. Mais se garder des ténèbres, amasser des trésors dans le ciel, choisir entre Dieu et l’argent et ne pas s’inquiéter du lendemain, nous invite à une plongée en nous-même, lieu des conflits les plus redoutables. Nous sommes prévenus : « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! ». À l’échelle de notre microcosme intérieur, deux espaces universels et inconciliables s’ouvrent, se livrant un combat sans merci : la terre et le ciel.La logique du monde est dictée par le souci de soi avec comme modèle de réussite intellectuelle et matérielle la gloire du roi Salomon. Notre monde est lancé à tombeau ouvert dans cette traversée aveugle et égocentrée de l’existence, où seuls s’élèvent les plus forts, les plus malins, les bien nés. Les enfants syriens réfugiés, dans leurs camps de tentes de la Bekaa, abandonnés de tous, n’ont pas même de quoi se vêtir en cette période hivernale !L’autre instance fondatrice de l’existence est celle du ciel. Comme la précédente, elle se découvre au coeur de toutes les réalités humaines – et non pas suspendue à je ne sais quel coin de la voûte céleste ! Le ciel, c’est la beauté d’une confiance humaine mise au service de la justice, seule réalité capable de transfigurer le monde. On accède à ce ciel par le chemin étroit du renoncement intérieur à l’angoisse : « Ne vous inquiétez pas ! » Par cet appel trois fois martelé, Jésus nous appelle à une vie qui ne répond plus aux critères de la terre.Cette libération des fers de l’inquiétude ne nous invite pas à l’insouciance, ce serait une aliénation plus lourde encore. Elle nous charge d’une responsabilité nouvelle : faisons-nous du souci pour ce qui en vaut la peine ! La recherche de la justice, la solidarité, le partage, la confiance : voilà qui oriente nos vies vers le ciel, laissant entrer en nous la douce lumière de la foi.Dans cette même dynamique céleste, nous sommes invités à passer du « peu de foi » à la foi. Celle que Dieu nous offre, abondamment et joliment. Loin d’une austérité chrétienne peu évangélique, Dieu ne fait pas voeu de pauvreté et de grisaille pour nous. Soyons flamboyants de beauté comme un lis des champs au printemps, légers et virevoltants comme des moineaux, entre ciel et terre, au temps de la moisson !

 
http://temoignagechretien.fr/articles/commentaires-spirituels/bible-entre-ciel-et-terre
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La colonisation, ce passé qui ne passe pas,histoire,politiques,religion,

25 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #histoire, #histoire de france, #politiques, #religion, #islam

La colonisation, ce passé qui ne passe pasGilles Manceron23 Février

2017ACTUALITÉexpo_coloniale_paris_1931.jpgEn qualifiant le 15 février la colonisation de « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a courageusement mis le doigt là où la France a mal.En affirmant que la colonisation était un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a eu le mérite de lancer, le 15 février, un « pavé dans la mare » dans la campagne présidentielle française. Même si, en le disant en Algérie, il a repris une mauvaise habitude des derniers présidents de la République, tel Sarkozy en décembre 2007 ou Hollande fin 2012, qui ont réservé leurs propos les plus nets sur ces sujets à leurs voyages en Algérie puis les ont contredits ou oubliés en France. Ces paroles ne doivent pas être « réservées à l’exportation ». C’est vis-à-vis de l’opinion publique française qu’un travail de vérité et de reconnaissance est avant tout nécessaire.Macron n’a pas repris les mots de crime contre l’humanité lors de son meeting à Toulon, le 18 février, dans une région où l’extrême droite est active et où le combat pour la vérité doit être mené sans concession. Il a loué le « travail formidable » fait dans l’Algérie française par des « gens formidables » et demandé « pardon » aux Pieds-noirs que ses propos avaient « blessés ». En novembre 2016, il avait dit dans Le Point que, dans l’Algérie coloniale, « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ». C’était mal se démarquer de la théorie des « aspects positifs de la colonisation », qui avait suscité un tollé parmi les historiens, les enseignants et des associations quand la loi du 23 février 2005 avait demandé aux professeurs de les enseigner. Macron restera-t-il fidèle à ses déclarations à la télévision algérienne ? Quoi qu’il en soit, elles sont courageuses et il y a un travail de reconnaissance à poursuivre avec intransigeance.Car le passé colonial de la France, faute d’avoir été depuis les indépendances l’objet d’un travail critique des institutions françaises, a laissé des traces dans les représentations collectives et les comportements de parties importantes de notre société. Des mythes persistent dans les esprits. À l’école, quand les manuels progressent dans l’approche de cette page d’histoire, de vigoureuses campagnes sont déclenchées sur le thème « on n’apprend plus la “vraie” histoire à nos enfants », auxquelles sont sensibles une bonne partie des générations les plus anciennes, nostalgiques de leur propre scolarité.Il est vrai que le concept juridique de crime contre l’humanité, forgé pour juger spécifiquement les crimes nazis et introduit tardivement dans le droit français, est inapplicable en l’occurrence, mais la formule renvoie aussi à une notion politique et morale parfaitement pertinente. Elle a été employée à de multiples reprises depuis le XVIIIe siècle par les dénonciateurs de la colonisation.À n’avoir pas regardé en face cette page de son histoire, la France en est encore malade. Les séquelles du passé colonial forment le soubassement des manifestations racistes et islamophobes d’aujourd’hui, un terreau fertile sur lequel l’extrême droite se développe. Les municipalités FN, en délaissant les transports publics et les équipements de quartiers populaires où elles encouragent la discrimination ethnique, ont tendance à reconstituer la ségrégation urbaine propre aux sociétés coloniales. Les pratiques policières visà- vis des jeunes Français descendants d’immigrés sont la continuation d’habitudes coloniales anciennes. Emmanuel Macron va-t-il persister ? D’autres candidats vont-ils avoir le courage de se saisir à leur tour de cette question ?GILLES MANCERON,
historien, auteur notamment de Marianne et les colonies (La Découverte, 2003).


http://temoignagechretien.fr/articles/la-colonisation-ce-passe-qui-ne-passe-pas

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Les Églises protestantes face au vote FN,protestant,fn,

22 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #FN

ACCUEIL / Les Églises protestantes face au vote FN
 © Thomas BREGARDIS /PHOTOPQR/OUEST-FRANCE DES CITOYENS MILITENT POUR L'ACCUEIL DE RÉFUGIÉS, CONTRE LES PARTISANS DU FN, À TRÉBEURDEN, EN BRETAGNE, EN OCTOBRE 2016 -  © THOMAS BREGARDIS /PHOTOPQR/OUEST-FRANCE
Les Églises protestantes face au vote FN
 22 FÉVRIER 2017  Claire Bernole 0
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Les institutions religieuses protestantes prônent la pédagogie pour contrer les idées du Front national.

Le Front national s’est installé durablement sur la scène politique. S’il séduit des chrétiens – y compris des protestants et pas seulement des évangéliques – nombreux aussi sont ceux qui, comme François Clavairoly, mettent l’accent sur l’incompatibilité entre le discours de l’extrême droite et le message de l’Évangile, comme il l’a fait lors des vœux de la FPF. « La candidate qui porte la parole d’extrême droite n’est pas honorable car ses valeurs ne sont pas honorables : le repli, la haine de l’autre… », affirme le président de la Fédération protestante de France.

S’il est impossible d’évaluer la part des protestants tentés par ce vote, les pasteurs interrogés s’accordent néanmoins à constater la levée d’un tabou. « Il y a des choses qui ne se disaient pas avant, comme : Ça suffit avec les étrangers et cette prédication qui dit qu’on pourrait en accueillir encore, c’est une catastrophe », raconte Jean-Marc Dupeux, qui préside en Alsace l’association Comprendre et s’engager.

La peur et la colère

Alertée sur cette tendance dans une région particulièrement concernée, Sibylle Klumpp, pasteure et présidente du conseil régional de l’ÉPUdF en PACA, refuse de « banaliser cette question et qu’on dise : le FN ne va jamais gagner ! ».

Selon un sondage Ifop publié dans Réforme en 2012, Marine Le Pen avait gagné six points par rapport à son père en 2007 auprès de l’électorat protestant. Certes, nous ne pouvons présager du choix que chacun exprimera dans les urnes aux mois d’avril et de mai. On peut toutefois interroger les raisons qui poussent certains à céder aux sirènes de l’extrême droite. En fait, les chrétiens et en l’occurrence les protestants n’échappent ni à la peur ni à la colère qui sont les ressorts ordinaires du succès du FN. Certains marqueurs sont néanmoins propres à toucher les croyants tels que l’ordre et la sécurité mais encore la famille et les racines chrétiennes de la France.

Du côté des institutions protestantes : FPF, CNEF, ÉPUdF, UÉPAL (1), et des pasteurs, les arguments sont prêts. « Les chrétiens ne devraient pas accepter des discours qui jouent sur la peur. C’est là que le protestantisme est vraiment un rempart. Sinon, ce ne sont que des mots », lance Clément Diedrichs, directeur du CNEF. Quant à la famille, nul besoin d’y regarder de très près pour s’apercevoir que les Le Pen ne sont pas exemplaires. « De quelle famille parle-t-on ? Ce n’est qu’une posture politicienne », affirme Luc Maroni, maire adjoint de Lens. Et faut-il rappeler à quelles racines le FN fait allusion ? « Les gens ne se rendent pas compte que c’est à un catholicisme identitaire que Marion Maréchal-Le Pen se réfère  », souligne Luc Olekhnovitch. Pour ce pasteur, qui préside également la Commission d’éthique protestante évangélique, c’est une question de maturité spirituelle et du choix du modèle qu’on véhicule : culture infantilisante du chef ou fraternité et collégialité, par exemple.

Reste à savoir, au-delà de l’intérêt des éléments d’analyse, comment réagir. Les Églises sont-elles d’ailleurs fondées à influer sur le vote des paroissiens ? La réponse est « oui ». « Si l’Église ne fait pas de politique, elle n’échappe pas au politique », explique Michel Bertrand qui a coordonné en 2000 un ouvrage collectif toujours d’actualité, La tentation de l’extrême droite.

Toutes les instances protestantes ou presque ont d’ailleurs développé une documentation claire et fournie. Un travail qui ne date pas d’hier et se poursuit. Le hors-série des Cahiers de l’école pastorale, « Politique, parlons-en ! (2) », en est un témoin des plus récents. L’idée n’est pas de combattre frontalement et nommément un parti, un homme ou femme politique, mais de défendre des principes. « Nous proposons des ateliers et un accompagnement individualisé au discipulat. Si les jeunes comprennent ce que Christ a fait pour eux, je ne me fais pas de souci sur la manière dont ils vont voter », insiste Clément Diedrichs.

Certaines régions et certaines Églises continuent cependant d’être particulièrement exposées à cette tentation du vote FN. En Alsace, l’association Comprendre et s’engager (3), créée en 1995, reprend de la vigueur autour d’un projet de campagne œcuménique mais ce n’est pas facile. « Nous avons perdu nos illusions de départ. Cela fait mal de sentir autour de nous un bloc de gens que les Églises ne touchent peut-être plus assez par l’Évangile », s’émeut Jean-Marc Dupeux. L’association a fait des jeunes une cible à sensibiliser en priorité à travers la campagne « Deviens un héros ». Il s’agit aussi de donner une dimension œcuménique, interreligieuse et transfrontalière à l’action de Comprendre et s’engager. « On sait que la vague doit passer, ce n’est pas le moment de se dire qu’on ne va pas être mouillé », insiste Jean-Marc Dupeux.

Sur le terrain

C’est donc sur le terrain que se situe la bataille pour les valeurs chrétiennes plutôt que contre l’idéologie d’extrême droite. L’accueil de l’étranger représente à ce titre un enjeu concret particulier. « Ce dont j’arrive à parler avec mes paroissiens, ce sont des préjugés à l’égard des étrangers. Ce sont des conversations très fréquentes. J’essaie de les détromper », raconte Gérard Janus, pasteur de l’UÉPAL. En ce sens, la campagne « Exilés : l’accueil d’abord », lancée par l’ÉPUdF, est une façon de montrer en pratique que d’autres réponses sont possibles. Toutes les actions autour du thème de la fraternité qui marqueront 2017 en seront autant d’exemples supplémentaires. « C’est une urgence absolue que les chrétiens se ressaisissent de l’espace public et occupent le terrain au même titre que les libres-penseurs et d’autres », affirme Luc Maroni. Souvent invité pour intervenir dans des Églises dans le nord de la France et notamment sur la tentation de l’extrême droite, il prône la nécessité de s’informer, de lire et de réfléchir pour nourrir une pensée plus complexe que celle d’un monde en noir et blanc. Cela implique de prendre le temps et de décloisonner vie ecclésiale et vie sociopolitique.

« Les Églises devraient offrir en leur sein des lieux d’écoute des souffrances et des peurs qui peuvent amener à être tenté par le FN », propose Michel Bertrand. En effet, « on ne conjure pas la peur par la culpabilisation mais par l’écoute, la dédramatisation et la réflexion. Or, dans notre tradition, les Églises protestantes sont des lieux de dialogue ». Pour Luc Olekhnovitch, l’idéal serait de se situer à côté de l’Église : « Il faudrait susciter des espaces d’échanges et de formation, animés par des acteurs de terrain et des chrétiens qui aient une réflexion globale ». Évidemment, mobiliser les membres suppose de sortir de la pensée du « tous pourris ».

« Le protestantisme a le souci singulier et spécifique qu’il donne du crédit au politique au sens noble du terme », rappelle François Clavairoly. Et d’ajouter : « Il faut continuer à témoigner de cette confiance dans le mandat politique malgré ceux qui veulent le défigurer. »

Et ce, même si cette confiance est relative. Ni défaitiste, ni positiviste, car il n’existe pas non plus d’homme providentiel, Luc Maroni rappelle l’engagement du chrétien pour améliorer le monde, tout en sachant qu’il ne sera jamais parfait.

(1). FPF : Fédération protestante de France. CNEF : Conseil national des évangéliques de France. ÉPUdF : Église protestante unie de France. UÉPAL : Union des Église protestantes d’Alsace-Lorraine.

(2). Cahiers de l’école pastorale à découvrir sur www.publicroire.com

(3). www.comprendreetsengager.fr

Mots clés

https://www.reforme.net/gratuit/les-eglises-protestantes-face-au-vote-fn/

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Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants,france,lois,droits,;

20 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #racisme, #respect

ACCUEIL / Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 © CLAIRE BERNOLE JEUDI 9 FÉVRIER, LORS DE LA MANIFESTATION PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS, ORGANISÉE PAR LE COLLECTIF DÉLINQUANTS SOLIDAIRES -  © CLAIRE BERNOLE
Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 15 FÉVRIER 2017  Claire Bernole 0
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L’État multiplie les mesures à l’encontre des militants ou des simples citoyens impliqués dans l’accueil et la défense des migrants.

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict vendredi 10 février : Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, écope de 3 000 euros d’amende avec sursis pour avoir aidé des personnes à passer la frontière d’Italie en France. Dans cette région qui se mobilise depuis un an, il est loin d’être le seul à s’engager en faveur des migrants. En France, ces « délinquants solidaires » sont de plus en plus nombreux et de plus en plus nombreux aussi sur les bancs de la justice. « Nous sommes inquiets, scandalisés devant l’augmentation du nombre d’arrestations, d’inculpations, de mesures d’intimidation à l’encontre de citoyens non organisés ou en association qui ne font que tendre la main à des gens qui en ont besoin et sont dans des situations irrégulières inhumaines, en errance », s’indigne Geneviève Jacques, présidente de la Cimade.

Généralement, ces personnes sont poursuivies sur la base de l’article L.622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En effet, le délit de solidarité n’existe pas en tant que tel mais ce texte de 1945 punit « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ». Un contrevenant est passible de cinq ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Rappelons qu’un citoyen ne peut être poursuivi tant que son aide concerne la restauration, l’hébergement, les soins médicaux, le conseil juridique ou toute autre action visant « à préserver la dignité ou l’intégrité physique » de la personne aidée, et tant qu’il n’a reçu aucune contrepartie.

Intimidations

Mais dans certains cas, la situation se complique. Gwen Mallauran a pris le parti des réfugiés dans le cadre du démantèlement d’un campement autour de la place Stalingrad, à Paris, en novembre 2016, et a fait l’objet d’une garde à vue de 29 heures pour les propos qu’elle a tenus au préfet.

Quant à Jean-Luc Munro, il a été inculpé pour violence avec arme, à savoir le vélo avec lequel il se rendait dans un bidonville pour observer la destruction illégale de caravanes par la police ! Depuis janvier 2017, Ibtissam, une jeune éducatrice de la Sauvegarde de la Marne, est menacée de licenciement parce qu’elle a dénoncé les conditions déplorables d’accueil pour les jeunes mineurs.

Que dire, enfin, de la situation de Denis Lambert, accusé d’aide au séjour irrégulier pour avoir hébergé une famille arménienne, inquiété pour avoir accepté que ses hôtes participent à la vie de la maison en effectuant des tâches domestiques ? Outrage à un dépositaire de l’autorité publique, violence à un agent, solidarité avec des mineurs étrangers isolés… De vrais motifs qui sont autant de prétextes.

Faut-il conclure à un acharnement de la justice ? On serait tenté de répondre « oui » à l’écoute du témoignage de Léopold Jacquens, mis en cause en 2011 pour avoir délivré des attestations de logement au bénéfice d’une personne dont la demande de titre de séjour était en cours d’examen.

Après plusieurs rebondissements, le tribunal a décidé la relaxe et la fin des poursuites, mais le procureur a, pour la troisième fois, fait appel.

Au-delà du strict aspect juridique, il émane à la lecture de ces événements comme une volonté politique, du moins une tactique, pour décourager les citoyens de bonne volonté. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, a d’ailleurs lancé du haut de la tribune, lors de la manifestation qui a eu lieu jeudi 9  février à Paris : « Nous sommes là pour refuser les intimidations » de la part de l’État, tandis que des militants s’encordaient sur la place de la République en signe de solidarité.

« Pourtant, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, le délit de solidarité n’existe plus depuis longtemps », nous dit Thierry Kuhn. Comme le confiait un exilé à Gwen Mallauran, la France cesserait-elle d’être le pays des droits de l’homme pour devenir celui de la seule Déclaration des droits de l’homme ? Devant le nombre de procédures judiciaires et autres gardes à vue impliquant des « délinquants solidaires », un collectif éponyme vient de voir le jour. Il regroupe 350 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales.

À Lille, Nice et Paris, où des manifestations ont eu lieu la semaine dernière, les témoignages ont peut-être résonné dans le froid, mais pas dans le vide. Car l’assistance n’est pas composée de quelques jeunes agités en mal de reconnaissance. Il est frappant de constater que toutes les générations, toutes les couleurs et aussi bien des hommes que des femmes se joignent sous la même bannière. « Nous voulons, d’abord, donner à voir une réalité dans cette France qu’on dit recroquevillée, frileuse : c’est qu’il existe des actions de solidarité vis-à-vis des personnes étrangères et des exilés », explique Geneviève Jacques. Les politiques enclins à invoquer une opinion qui ne serait pas prête à accueillir, recevront-ils le message ? Rien n’est moins sûr dans un contexte où l’état d’urgence « contamine tout », selon les termes de la présidente de la Cimade.

Charité criminalisée

Ce double discours, qui consiste à soutenir verbalement les droits de l’homme tout en décourageant les initiatives sur le terrain, un grand écart impossible, pourrait trouver une autre explication : « C’est une façon d’empêcher le débat politique et qu’une communauté d’intérêts se crée entre citoyens et sans-papiers », analyse Aubépine Dahan, de l’association Paris d’exil. Houssam El-Assimi va plus loin : si on ne veut pas d’immigrés en France, c’est parce qu’ils sont noirs ou arabes. Poursuivi puis relaxé pour organisation de manifestation illicite, ce traducteur arabophone a été placé en garde à vue pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Ce qui lui a valu trois jours d’incapacité totale de travail (ITT). Il encourt pourtant une peine de trois ans et 45 000 euros d’amende. Mais son sentiment d’injustice n’est pas si grand que son indignation : « L’État cherche à circonscrire et à définir pour lui et pour les associations ce qu’est la solidarité. Tout ce qui excède le cadre de la charité est criminalisé. »

Place de la République, les témoignages ont continué à s’égrener. « Vous savez ce qu’est une expulsion ? C’est la police qui débarque à six heures du matin au prétexte que les lieux sont insalubres. On a cinq minutes pour prendre ses affaires et partir. Et il n’y a pas de solution de substitution, même pas un gymnase  », tempête François Loret, condamné en 2015 pour « violence à agent dépositaire de l’autorité publique » après avoir été pris dans une bousculade lors de la mise à l’abri de familles expulsées d’un bidonville en plein hiver à Noisiel (77). Aubépine Dahan parle de « rafles » après avoir vu la police intervenir, « faire le tri » et emmener de manière arbitraire au commissariat telle ou telle personne sans rien avoir à lui reprocher.

« Il y a des manifestations de force policière à l’encontre de personnes motivées avant tout par la solidarité avec les plus faibles et les plus vulnérables, estime Geneviève Jacques. On voit des dérives. Les policiers et ceux qui leur donnent des ordres se trompent de cible. C’est la solidarité qu’il faut soutenir. »

 

À noter

http://www.delinquantssolidaires.org/
https://www.reforme.net/une/les-delinquants-solidaires-et-laccueil-des-migrants/

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20 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #politiques, #reforme, #protestants

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Y-a-t-il une vérité en politique ?
 12 FÉVRIER 2017  Jean-Christophe Muller 0
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Le pasteur Jean-Christophe Muller s’interroge sur comment appréhender la complexité des choses et trouver la vérité en politique.

« Qui a raison ? » Un ami m’interroge ainsi lors les polémiques médiatiques et/ou politiques. Au sujet du dossier de la centrale nucléaire de Fessenheim (faut-il la fermer ou pas ?), de l’affaire des employés familiaux de monsieur Fillon, du conflit sur la République et la laïcité entre Benoît Hamon et Manuel Valls dans la semaine du second tour de la primaire de la Belle Alliance populaire, mais c’était déjà vrai depuis quelques années à propos de la dette : doit-on viser une réduction de la dette pour retrouver une vraie marge de souveraineté budgétaire au risque de politiques un peu contraintes ? Ou doit-on sortir de ce questionnement en desserrant l’étau des règles, en opérant une politique de relance, au risque d’un endettement plus fort ?

Au moment où notre pays va avoir des choix importants à faire, fixer son opinion, se retrouver dans la parole d’un candidat, tout ceci est compliqué. Dans ce désarroi, certains sont menacés d’épochè (suspension du jugement), faute de pouvoir dire qui a raison. La complexité du monde moderne, les grands choix souvent documentés par des données techniques inaccessibles, ne facilite pas la tâche des esprits consciencieux. Se mêlent en intensité semblable déballages nauséabonds et choix fondamentaux, comme s’ils relevaient de la même importance. La peur de ne pas toucher « juste » entraîne certains vers le retrait du champ, quand ce n’est pas ce sentiment de ne pas être pris en considération.

Qu’est-ce-que la vérité ?

Dans les échanges, je suis pris parfois dans un avis mêlé, un sentiment qui ne se retrouve pas dans le tranché auquel on me convoque, qui aspire à des dépassements, qui admet le contrasté à l’encontre du « tout blanc, tout noir ». Mais la machine s’emballe toujours, et les consciencieux sont sans cesse bousculés. Ils sont quand même au risque d’être tel Pilate devant la question déroutante : « Qu’est-ce que la vérité ? »

Avec Jean de La Fontaine, les cyniques et les enthousiastes répondront d’une même voix (mais pas selon la même logique) que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ce que le Gaulois Brennus formulait par son : « Malheur aux vaincus ! », repris par les adages staliniens qui emplissent encore notre langage. D’autres se tourneront vers qui parle le plus fort pour fuir l’« affadissement », les plus esthétisants vers qui parle le plus beau et riche langage (ce qu’au demeurant j’apprécie). Qui parle à ma tête ? Qui parle à mes tripes ? Qui parle à mon cœur ?

Dans ce maelström se pèsent les opinions, avec cette course aux indices de popularité, comme s’il me fallait voir qui réussit ou qui perd. La fameuse « démocratie d’opinion » me semble être un poison pour la démocratie.

Atomisation ingérable

Est-ce que ce qui est vrai, c’est ce qu’expriment les gagnants ? Très relatifs gagnants au demeurant. Les idées et opinions des communistes qui préféraient avoir un candidat qui leur soit propre, ceux qui se sont exprimés pour Manuel Valls, ceux qui avaient formulé une préférence pour Alain Juppé ne verront-ils donc rien émerger qui présente leur regard sur notre pays et sur le monde ? Qu’on ne dise pas : « Les Français veulent que… » ou : « Les Français ne veulent plus… », comme si une masse de dispositions contradictoires, antagonistes, faisait opinion commune. Comme si notre peuple n’était pas une riche diversité, au risque parfois d’une atomisation ingérable. Mais on ne refait pas le peuple en éradiquant telle ou telle partie qui le compose.

Me vient l’image de l’histoire de la tribu de Benjamin en Juges 19 à 21. Pour que le peuple puisse se présenter en Assemblée devant Dieu, il faut que l’ensemble des 12 tribus soit là.

Ce qui signifie que si la bataille des idées est fondamentale, il y a un moment où il faut pouvoir parler à l’« autre camp ». Car le peuple de France n’est pas un « ethnos » monolithique, c’est une histoire commune qui se façonne dans la richesse de sa diversité.

L’idée de la France, c’est justement un peuple assemblé pour délibérer, ce que les Grecs appelaient le « laos ».

https://www.reforme.net/actualite/regards-pasteurs/y-a-t-il-une-verite-en-politique/

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