Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

politiques

Projet de loi et décision sur l’avenir des migrants,lois,politiques,

18 Mars 2018 , Rédigé par hugo Publié dans #lois, #politiques, #france, #societe

 Projet de loi et décision sur l’avenir des migrants

 21 février 2018  MAJ 21/02 14:50  Claire Bernole  Nathalie Leenhardt 0
Partager
 Impression  Télécharger le PDF
JE M'ABONNE
Conseil d’Etat, engagement d’association protestante et décryptage du projet de loi, quelques brèves concernant les migrants et leur avenir sur le sol français.
La Cimade décrypte le projet de loi
Ce 21 février, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, devait présenter en Conseil des ministres le nouveau projet de loi Asile et immigration. La Cimade analyse le texte, qu’elle qualifie de « dangereux » car il consacre « un très net recul pour les droits des personnes étrangères en France ». Jean-Claude Mas, secrétaire général de La Cimade, dénonce dans un communiqué publié le 19 février le manque de concertation réelle du ministère avec les acteurs associatifs de terrain et demande le retrait du projet de loi. N. L.
lacimade.org
Pas de décision pour la circulaire
Le Conseil d’État (photo) n’a pas statué définitivement sur l’avenir de la circulaire du 12 décembre 2017. Il refuse toutefois de la suspendre et vient de publier une ordonnance qui en fixe l’interprétation, rappelant notamment que le recensement ne peut se faire que sur la base du volontariat. Compte tenu de ces indications, la condition d’urgence à laquelle est soumise une mesure de suspension n’est pas remplie. C. B.
La Miss’ Pop’ s’engage
Dans un communiqué du 17 février, la Mission populaire évangélique de France (MPEF) exprime son inquiétude et son indignation quant à la façon dont sont traités les demandeurs d’asile, en particulier les jeunes étrangers isolés. Alors que l’avenir de la circulaire Collomb reste à trancher, le comité national des MPEF invite « les membres de ses fraternités, des diverses Églises avec lesquelles la Mission populaire collabore et tous les citoyens de ce pays à s’engager davantage encore dans toutes les initiatives, légales ou non, qui permettront de les protéger, les accueillir et les soutenir ».  C. B.
www.missionpopulaire.org

https://www.reforme.net/actualite/societe/projet-de-loi-decision-concernant-migrants/
Lire la suite

«Réapproprions-nous nos valeurs d’accueil»,protestant,societe,respect

28 Mai 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #politiques, #societe

«Réapproprions-nous nos valeurs d’accueil»
Tags: EPER Migrants Solidarité
Lancement de la campagne «Annoncez la couleur», le 8 mai à Berne ©EPERLa campagne nationale «Annoncer la couleur», lancée par l’Entraide protestante suisse, valorise les actions citoyennes de solidarité. Elle encourage chacun à affirmer les valeurs d’accueil de la Suisse. Interview de Magaly Hanselmann, secrétaire romande de l’EPER.
Photo: Lancement de la campagne «Annoncez la couleur», à Berne ©EPER
Propos recueillis par Marie Destraz, «Réformés»
Du mois de mai au mois de juin, l’Entraide protestante suisse (EPER) lance la campagne «Annoncer la couleur». Quel en est l’objectif?
La population suisse a pris conscience de la détresse humaine des réfugiés qui arrivent sur notre territoire au péril de leur vie. De nombreux mouvements citoyens ont émergé. La campagne veut les valoriser. L’EPER offre une plateforme internet pour que particuliers et ONG présentent leurs activités auprès des réfugiés. Pour sa première édition en 2016, 124 partenaires ont répondu à l’appel. Associations de la société civile, organisations, communautés paroissiales, partis et entreprises, tous sont devenus des ambassadeurs d’«Annoncer la couleur». Et en signe de solidarité envers les réfugiés et de volonté de s’engager pour une Suisse humaine, nous invitons chacun à porter un bracelet arborant le slogan de la campagne. L’an passé, on nous en a commandé 45’000 en Suisse. Cette année, nous allons plus loin en proposant un speed dating aux différents acteurs, pour favoriser la rencontre entre les actions citoyennes, les personnes qui souhaitent s’engager et les personnes réfugiées.
Ce bracelet est-il l’arme la plus efficace face aux stéréotypes?
L’élan de solidarité ne doit pas retomber. Si le nombre d’arrivées est actuellement en baisse, les réfugiés sont là et continuent d’entrer en Suisse. Ce bracelet est un acte citoyen courageux. Le porter signifie se réapproprier une identité suisse en phase avec les valeurs humaines de l’accueil. C’est rappeler aussi qu’il existe d’autres discours que celui de la peur. Il est un moyen d’engager la discussion sur le sujet en dehors des cercles de convaincus. C’est ainsi que les mentalités changeront. Pour autant, nous ne faisons pas d’angélisme. Nous invitons chacun à se confronter à ses stéréotypes par le biais d’actions concrètes menées sur le terrain. Pour se rendre compte de la richesse de la diversité, il faut la vivre.
Le 5 juin 2016, les Suisses ont accepté la révision de la loi sur l’asile. N’est-ce pas déjà un signal que les mentalités ont changé?
L’enjeu de la révision de la loi sur l’asile était celui d’offrir une assistance juridique gratuite aux réfugiés. Or, pour qu’ils en bénéficient, il faut que des ONG disposées à le faire bénéficient de moyens. Les discussions sur la mise en œuvre sont en cours entre les autorités et les associations. Toutefois, sur le terrain, la situation reste précaire pour ces personnes en exil et vulnérables. Nous ne pouvons faire l’impasse sur une mobilisation citoyenne. La révision de la loi prévoit l’ouverture de centres fédéraux avec une plus grande capacité d’accueil, dans lesquels les requérants d’asile séjourneront plus longtemps qu’aujourd’hui. On peut craindre qu’une évolution en vase clos soit peu propice à l’intégration. Quels seront leurs contacts avec l’extérieur? Les initiatives de la société civile seront donc essentielles. En effet, ce n’est qu’avec une mobilisation citoyenne que les questions liées aux droits humains ont une chance de figurer à l’agenda politique, dans la mise en œuvre de la politique migratoire, sans quoi, elles n’existent pas.
 
Informations pratiques
Découvrez les activités organisées pour venir en aide aux personnes réfugiées en Suisse, trouvez la liste des manifestations organisées pendant la campagne et commandez le bracelet, sur www.annoncer-la-couleur.ch.
Trois dates à retenir le 17 juin, dès 15h30 à l’Espace Dickens à Lausanne, Journée nationale des réfugiés; le 18 juin, dimanche des réfugiés des Eglises; le 20 juin, Journée mondiale des réfugiés. www.eper.ch
Éléments similaires (par tag)
Nouvelles arrivées de migrants à Lampedusa
Une sœur au service de la communauté afro-américaine
Les couloirs humanitaires, un modèle difficilement exportable en Suisse
Lutte contre la traite des êtres humains: moins de contrôles policiers, davantage de formation
L’Eglise réformée s’inquiète du durcissement des renvois Dublin
Retour en haut
« Retour

https://protestinfo.ch/201705248461/8461-reapproprions-nous-nos-valeurs-d-accueil.html

Lire la suite

La Cimade fait le point sur les migrations,protestant,cimade,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #politiques, #cimade

La Cimade fait le point sur les migrations
 18 AVRIL 2017  Hugo Thirard 0
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
La Cimade a publié son état des lieux 2017 sur les migrations.

Dans cette édition 2017 de son rapport sur les migrations, la Cimade s’attaque une nouvelle fois au durcissement du système d’accueil.

À quelques semaines de la présidentielle, cet état des lieux est l’occasion de dresser le bilan des politiques migratoires successives, à l’origine de nombreux drames humains. Au cœur de ce plaidoyer, témoignages de vies et reportages sont au service d’une argumentation sans concession. Procédures kafkaïennes et accueil faussement humaniste, la Cimade met en exergue les travers d’un système à bout de souffle, affectant le corps et l’esprit d’hommes et de femmes venus trouver la sécurité. Le rapport aborde la question des violences physiques et psychologiques subies régulièrement par les migrants. Plus encore : sont mises en avant les sanctions injustes et l’inutile sévérité des mesures politiques.

Parcours du combatant

Parallèlement, la Cimade propose la mise en place de mesures afin d’amorcer un changement dans la gestion de la crise migratoire. « L’objectif est de contribuer à faire progresser une compréhension lucide sur les limites des politiques publiques », annoncent Geneviève Jacques, présidente, et Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, dans l’éditorial du rapport. L’objectif est clair mais pourtant difficile à atteindre. En 2016, déjà, l’association s’alarmait des difficultés d’accès au service public pour les demandeurs d’asile, et sur la réalité d’une exclusion administrative de plus en plus pernicieuse.

Force est de constater qu’aujourd’hui, malgré les tentatives d’informer l’opinion publique, la situation ne s’est pas améliorée, les files d’attente et prises de rendez-vous demeurent de véritables parcours du combattant. À la technicisation et la numérisation des procédures s’ajoute aujourd’hui un panel d’exception du droit commun qui, bien loin d’améliorer la situation, tend à l’aggraver.

 

Migrations. État des lieux 2017

La Cimade, 8 €. www.lacimade.org

https://www.reforme.net/actualite/societe/cimade-point-migrations/

Lire la suite

Élection présidentielle : le protestantisme vote pour la fraternité,politiques,protestant,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #politiques

Élection présidentielle : le protestantisme vote pour la fraternité
 19 AVRIL 2017  Collectif 1
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
À l’approche des élections, les Églises protestantes publient des appels pour inciter les citoyens à se rendre aux urnes et voter selon leurs convictions.

Déclaration de la Fédération protestante de France

Pour notre démocratie, pour notre pays, pour notre société s’approche l’heure de choix décisifs que cristallise l’élection du Président de la République.

En ce moment particulier, nous, Eglises, communautés, œuvres et mouvements que réunit la Fédération protestante de France, nous, la famille protestante, héritiers de 500 ans d’une histoire si souvent violente et tourmentée qui nous fait mesurer le prix inestimable de la paix civile et de la concorde religieuse, nous qui sommes à tous niveaux fortement impliqués dans la vie de la Cité, mais qui avons porté à l’origine et faisons vivre et rayonner la laïcité, nous minorité parmi les minorités, c’est à l’ensemble de nos concitoyens que nous voulons adresser, dans toute leur diversité, précisément depuis cette place singulière qui est la nôtre dans notre pays. Non pas aux seuls paroissiens du « petit troupeau » protestant, mais à chacun qui aujourd’hui au vu de la campagne électorale telle qu’elle se déroule doute, hésite, se pose la question de son vote. Et c’est à l’ensemble des candidats que nous voulons exprimer nos inquiétudes et nos convictions.

Nous croyons à la noblesse et à la grandeur du politique. Nous sommes viscéralement attachés à la démocratie, que nos Eglises vivent dans leur organisation interne depuis la Réforme. Nous considérons que dessiner un projet d’avenir collectif pour notre communauté nationale dans des contextes plus difficiles et plus incertains que jamais est une tâche majeure. Nous aspirons à la confrontation sincère et franche des idées, des questions, des propositions, pour que chacun fasse selon un esprit de libre examen qui est au fondement de nos convictions le choix éclairé qui lui appartient, et à lui seul. Le débat est la vie démocratique même. Le dialogue peut être rude, tendu, incisif, dérangeant. Mais quand il devient jeux de postures, propos cyniques, horions verbaux, quand il élude les sujets de fond pour se focaliser sur des rivalités de personnes, quand il s’abstrait de l’exigence du respect de l’autre, quand il se dissout dans un théâtre d’ombres où l’on privilégie plutôt que l’effort de vérité la mise en accusation, quand l’auto-absolution vaut excuse publique, alors ce n’est pas seulement l’autorité et la dignité de la fonction à laquelle on aspire qui est compromise, c’est la politique même, sa vocation essentielle, sa légitimité qui est mise en cause.

Et c’est en définitive la démocratie que l’on sape. Monte en effet une colère, s’avivent des frustrations, grandissent des tensions qui se renforcent les unes les autres au risque, nous le sentons bien, de remettre en cause d’abord insidieusement, puis brutalement peut-être un jour, ce qui nous rassemble autour de valeurs partagées et d’une même conception de faire société. Le climat devient de plus en plus délétère, fait de suspicion et de méfiance qui s’exacerbent. La violence affleure déjà quand l’interpellation n’est pas entendue, quand les attentes ne sont pas prises en compte, quand les réponses sonnent faux, quand l’espérance collective est mise à mal par la force coalisée d’intérêts particuliers.

Il est de la responsabilité première de ceux qui aspirent à la plus haute fonction de notre pays de casser cette dangereuse spirale du pire. Redonner tout son sens à la politique ne peut se réussir que dans le retour à l’éthique.

Ethique de comportement d’abord : ne pas s’excepter soi-même de l’effort qu’on demande aux autres, ne pas se mettre en risque de conflit d’intérêt par rapport aux intérêts particuliers et aux groupes de pression, ne fût-ce que par l’apparence, faire des moyens publics un usage parcimonieux et frugal, ne jamais oublier que la finalité de la politique c’est se mettre au service d’autrui, ce sont les conditions indispensables à la confiance sans laquelle rien de grand, rien de durable ne peut être fait, quelle que soit la majorité électorale dont on dispose.

Ethique de conviction ensuite : ne pas céder à la facilité des discours trompeurs et enjôleurs, construire et porter un projet exigeant à la hauteur des enjeux d’un monde incertain et d’une société à la peine et qui rouvre l’avenir, savoir l’incarner et le faire partager, mettre en son cœur ce qui lui donne sens en termes de valeurs, avoir pour seules boussoles le bien commun, la justice et la solidarité, voilà les leviers qui rendent possibles les changements nécessaires, si hardis soient-ils, non pas dans la facilité- ne tombons pas dans un irénisme béat !- mais dans la ténacité de l’effort que guide l’intérêt général.

Ethique de responsabilité enfin : ne pas faire de promesses intenables, ne pas sacrifier les réformes indispensables dans le temps présent à l’illusion des utopies pour demain, dire ce que l’on va faire et ensuite faire ce que l’on a dit, ce n’est pas se résigner à une fatalité qui éviterait d’agir, ce n’est pas se borner à gérer le quotidien, c’est redonner à la politique sa vérité : elle n’est pas une pensée magique, mais un levier de transformation étape après étape de notre société autour d’orientations partagées et d’un sens retrouvé. Elle n’est pas le fait d’un homme seul, elle est le fruit d’un élan collectif.

L’élection présidentielle est bien ce moment de vérité : sur nous-mêmes, qui avons tendance à trouver refuge dans la sphère de l’individuel quand se joue l’avenir de notre société ; sur cette dernière, fragilisée et si souvent fracturée, ballottée de crise en crise, en perte grandissante de repères stables dans un monde qui change à toute vitesse, et où montent les inégalités et les injustices ; sur ceux qui aspirent à nous gouverner, leur personnalité et leurs projets ; sur notre courage à affronter ensemble les difficiles changements nécessaires.

Parmi tant d’autres, plusieurs problématiques sont pour nous, protestants, emblématiques de notre capacité à construire un monde meilleur, pour nous-mêmes et pour nos enfants :

Une société solidaire qui s’enrichisse de toute sa diversité : jeunesse, handicap, égalité hommes-femmes

Une société ouverte et accueillante à la différence : la laïcité, l’accueil de l’exilé

Une société qui promeuve une autre approche de l’économie : économie sociale et solidaire, changement climatique et transition énergétique

Une société bienveillante qui ne réduit personne à la somme des ses échecs ou de ses fautes : justice restaurative

Chrétiens, nous ne sommes jamais las de l’espérance que porte l’Evangile. Nous croyons fermement que l’avenir se construit, pour les personnes comme pour la société, car nul n’est assigné à une situation ou à un destin. Nous refusons de nous résigner à des injustices parfois présentées comme des fatalités : le renvoi de l’individu à sa solitude : l’humanité se tisse dans la relation, l’échange est au fondement de toute solidarité ; la compétition des personnes : nul n’a à se justifier d’exister, nul ne saurait être réduit à ses succès ou à ses échecs ; la méfiance instituée, les incessantes mobilités qui épuisent les plus faibles, la précarité érigée en système de régulation sociale, les peurs entretenues ; la déresponsabilisation, la réduction au statut de victime ou d’assisté : chacun peut être le premier acteur de sa vie.

C’est pourquoi nous appelons ceux qui se présentent à l’élection à la présidence de la République à porter le projet d’une société plus juste, plus fraternelle, plus riche d’avenir pour chacun, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, quelles que soient ses origines, son histoire, sa religion, ses convictions philosophiques et politiques, la société de confiance et d’espérance qu’attend désespérément notre pays pour un nouvel élan qui le rassemble.

C’est pourquoi nous appelons nos concitoyens à refuser avec nous, « qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas », les crispations identitaires qui se manifestent aujourd’hui avec toujours plus d’intensité pour affirmer au contraire la liberté irréductible, la valeur irremplaçable et la singularité essentielle de tout homme et de toute femme, sur quoi repose notre République.

Fédération protestante de France

http://www.protestants.org

Appel de l’Église protestante unie de France

A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, nul ne peut savoir qui l’emportera, ni même quels candidats seront présents au second tour. Les échecs des sondages et les péripéties d’une campagne délétère empêchent tout pronostic assuré. Mais il est possible qu’une catastrophe soit en train de se nouer, autour de la double tentation de l’abstention et du discours nationaliste et xénophobe de l’extrême-droite. Le désir de sanction collective contre une classe politique tout entière est si fort, qu’il pourrait faire basculer la République dans une aventure redoutable.

Ce désir est le fruit de multiples facteurs. Il se nourrit de peurs, parfois compréhensibles et légitimes, parfois démagogiquement manipulées. Il se manifeste par un sentiment d’humiliation, personnel et collectif, capable de tout emporter avant de laisser chacun abasourdi. Le « C’est bien fait ! » adressé aux responsables par bulletin de vote interposé risquerait alors de devenir un « Qu’avons-nous fait ? » désemparé, survenant hélas trop tard.

L’Eglise protestante unie de France se garde en général de prendre la parole en période électorale. Mais certaines circonstances l’exigent. Aujourd’hui, devant le danger qui se profile, son Conseil national choisit de le faire, pour trois raisons.

D’abord, en raison du grand respect dans lequel il tient la République. Historiquement, les protestants français ont largement contribué à l’avènement de la République et de la laïcité. Or, l’une et l’autre ont besoin, particulièrement dans les moments de choix critique, de la contribution de toutes les convictions, de la voix de toutes les familles de pensées. La politique réclame du souffle, de l’horizon, des paroles paisiblement mais fortement affirmées.

Ensuite, parce que ces convictions s’articulent à des engagements concrets au service de la société, des plus vulnérables, en particulier des exilés qui demandent à pouvoir vivre et même simplement survivre. Depuis les prises de position constantes de leurs synodes jusqu’à l’action quotidienne et patiente, nos paroisses, nos entraides protestantes et leurs membres ne se contentent pas de croire et de dire, mais essaient aussi de mettre en œuvre l’espérance qui les anime.

Enfin, parce que nos convictions ne s’imposent à personne mais prennent une densité particulière en cette année des 500 ans de la Réforme protestante, ce temps où des croyants lanceurs d’alerte ont su provoquer, dans une société traversée par les peurs, une irruption de confiance.

Aujourd’hui, encore et toujours, le message et la personne de Jésus-Christ nous conduisent à croire que Dieu aime le monde et chacun de ses habitants. Nous croyons qu’il a un projet de réconciliation et de paix, et qu’il nous en fait ambassadeurs. Nous croyons qu’aucun de nous ne serait vivant s’il n’avait été accueilli et accompagné par ses semblables – personnes, collectifs et institutions – et que cette hospitalité dont nous avons bénéficié nous appelle à la gratitude. Nous croyons que toute rencontre est éclairée d’une promesse de fraternité. Nous croyons que les institutions politiques, toujours faillibles et relatives comme nous le sommes tous, ont pour tâche de faire au mieux pour rendre cette fraternité possible et pour la protéger. A quelques jours de Pâques, nous affirmons que la confiance a le pouvoir de traverser toutes les peurs, et qu’elle nous est confiée pour que nous la fassions grandir.

Plutôt que de laisser le dégoût, la colère et les peurs nous enfermer dans le ressentiment, ayons le courage de la fraternité d’abord, et la ténacité de faire et de refaire société ensemble.

Laurent SCHLUMBERGER, pasteur, 
président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France

ÉPUdF

Extrait du livret « Spécial élections 2017 » du CNEF

Les évangéliques considèrent qu’il est nécessaire de mettre l’accent sur la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, sur la réduction des inégalités, sur la promotion d’une économie sociale et solidaire, sur une agriculture responsable, sur la transition énergétique.

Dans un contexte de mondialisation, en grande partie économique, les évangéliques affirment l’importance d’un développement économique sain. Leur souci consiste à trouver l’équilibre entre le respect de la liberté individuelle inaliénable, notamment celle d’innover et d’entreprendre, et le respect de la dignité de chaque être humain (fournisseur, travailleur, consommateur, etc.), notamment des plus vulnérables.

Les évangéliques refusent le principe d’une société dans laquelle le consumérisme serait une valeur suprême. L’économie ne saurait être une fin en soi […].

Une politique économique juste ne devrait pas s’enfermer dans un court terme égoïste, mais être menée en prenant en considération ses effets humains et environnementaux, se fonder sur le sens des responsabilités et du bien commun, réduire les inégalités et prendre en compte les générations futures […].

Service pastoral du Conseil National des Évangéliques de France

Lien vers le livret

 

Appel de la Fédération du Scoutisme Français

La Fédération du Scoutisme Français qui regroupe six organisations de scoutisme dont les Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France a publié une Tribune pour appeler les plus de 110000 scouts et éclaireurs à voter en faisant « un choix éclairé ».

Scouts, guides, éclaireuses et éclaireurs, nous affirmons notre volonté de construire une société de paix et de fraternité : nous vivons la rencontre avec l’autre comme une chance, comme une opportunité de se construire et s’enrichir.

Nous, membres du Scoutisme Français, sommes acteurs au quotidien de la défense de la laïcité, porteur du respect des libertés de chacun mais qui ne peut en aucun cas devenir un outil de haine, de rejet et de stigmatisation d’autrui.

Nos associations porteuses d’éducations spirituelles différentes, membres du Scoutisme Français, vivent chaque jour une fraternité concrète.

A travers nos activités, nos camps, nous faisons des autres nos frères et sœurs dans le scoutisme, œuvrant pour un même but : rendre le monde meilleur.

Rendre le monde meilleur, c’est agir contre les inégalités, c’est œuvrer pour l’épanouissement des personnes et pour la défense de notre environnement, c’est contribuer à un renouveau démocratique.

A travers nos activités, nous éduquons, modestement mais sûrement, des jeunes à être acteurs de la société de demain et nous les encourageons à prendre des responsabilités dans le monde qui les entoure.

Nous n’oublions pas que c’est d’abord au service de jeunes issus de milieux défavorisés que Baden Powell a lancé cette belle aventure du scoutisme qui nous rassemble par millions plus de 100 ans après.

En cette période électorale, dans une société de plus en plus fracturée, nous invitons l’ensemble de nos membres à se saisir du débat pour faire avancer nos idéaux de fraternité, de solidarité et de renforcement d’un réel vivre ensemble. Les discours de rejet, de haine de l’autre ne sont pas compatibles avec les valeurs que nous faisons vivre au quotidien aux milliers de jeunes qui nous sont confiés.

Si nous ne réduisons pas notre vie démocratique aux moments électoraux, nous savons qu’ils restent des éléments majeurs du temps politique. Aussi, face aux discours xénophobes, de repli et de peur, nous invitons l’ensemble de nos membres, anciens, amis à prendre connaissance des programmes pour faire un choix éclairé et à se déplacer aux urnes à l’occasion des élections présidentielles et législatives afin de faire entendre leurs voix et de défendre une vision humaniste, solidaire et optimiste de notre devenir.  

Mots clés Élection présidentielleFraternitéVote

https://www.reforme.net/religions/protestantismes/election-presidentielle-le-protestantisme-vote-pour-la-fraternite/

Lire la suite

Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants,politiques,religion,protestant,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

ACCUEIL / Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 © Capture écran TF1 L'ÉMISSION POLITIQUE DE TF1 "DEMAIN PRÉSIDENT" QUI SUIT LE JOURNAL TÉLÉVISÉ DU 20H REÇOIT CHAQUE SOIR UN NOUVEAU CANDIDAT -  © CAPTURE ÉCRAN TF1
Propos sur Richelieu : Marine Le Pen face à la colère des protestants
 19 AVRIL 2017  Nathalie Leenhardt  Frédérick Casadesus 2
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
Des protestants s’insurgent face aux propos de Marine Le Pen qui falsifie l’Histoire pour défendre son idéologie.

Mardi 18 avril pendant l’émission politique de TF1, Marine Le Pen s’en est pris aux protestants en affirmant : « Sous Richelieu, c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences qui allaient contre la Nation… ». Elle répondait à une question du journaliste Gilles Bouleau lui demandant quel était son modèle en politique. François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), a aussitôt réagi à cette déclaration : « Marine Le Pen se pose en historienne, interprète dangereuse de l’Histoire tout en stigmatisant une confession ». Il poursuit : « La FPF n’est pas dupe et voit bien qu’à travers la référence aux protestants d’hier, cités avec tant de malveillance et d’irrespect alors qu’ils étaient persécutés et assassinés par le pouvoir royal, c’est « peut être » l’islam d’aujourd’hui qui est visé. Déjà sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen avait parlé de la Provence “occupée par les Sarrasins, les nazis et les protestants…” ».

Falsification et instrumentalisation

Comme François Clavairoly, d’autres protestants ont réagi à cette réécriture de l’Histoire, tels les pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) James Woody sur son blog ou Michel Bertrand qui commente : « Marine Le Pen se montre aussi incompétente sur le fait religieux qu’elle l’est dans d’autres domaines. Elle instrumentalise la laïcité, comme elle instrumentalise l’Histoire et met son mensonge au service de son idéologie d’extrême-droite ».

Quant à la députée socialiste Fanny Dombre-Coste, elle aussi protestante, elle s’insurge contre « ces allégations mensongères et cette falsification de l’Histoire dont les dirigeants du Front national sont coutumiers. Doit-on rappeler que le siège dramatique de la Rochelle ordonné par Richelieu s’est conclu par plus de 25 000 morts, dans le seul objectif de priver les protestants de certains de leurs droits et de certaines de leurs libertés ? ».

Rappel historique : Richelieu et les protestants

Disons-le crûment : le Richelieu familier de la plupart des Français n’est pas celui qui vécut de 1585 à 1642. Sous l’influence d’un romancier de génie, l’homme rouge est devenu dictateur, opportunément ridiculisé par « Les Trois Mousquetaires ». Il est plus que nécessaire de faire sortir le cardinal de son image d’Épinal.

Depuis quarante ans, notamment grâce à la biographie de Louis XIII que rédigea Pierre Chevallier, l’historiographie nous a montré que la principale ambition de Richelieu consistait à consolider l’autorité du roi, non d’imposer sa propre puissance. Dans le domaine religieux, sa politique était aussi plus subtile que l’avait prétendu le cher Alexandre Dumas. « Homme de l’État, Richelieu s’est battu contre la dissidence religieuse, mais pour des raisons théologiques, observe l’historien Bernard Cottret. Son opposition aux jansénistes et à ceux qui allaient devenir des dévots se fondait sur le refus de tout ce qui fait passer la foi chrétienne avant l’intérêt national. Avec les protestants, Richelieu se comporte d’abord avec respect, mais fermeté ».

L’épisode sinistre du siège de La Rochelle ne saurait cacher l’ensemble d’une politique. Richelieu ne supportait pas la puissance militaire du parti protestant. « Les calvinistes du nord de la Loire étaient favorables à la raison d’État parce qu’elle était pour eux protectrice, ajoute Bernard Cottret. Le cardinal approuvait l’Edit de Nantes mais refusait l’existence d’une force qui puisse contester l’autorité royale. »

C’est bien l’existence même de places fortes susceptibles de contester l’autorité royale qui motivait l’intervention des troupes de Louis XIII.

De même, on oublie trop souvent que le principal ministre de Louis XIII haïssait la couronne espagnole et s’était alliée avec les États protestants. S’il fallait encore asseoir la complexité du personnage, on pourrait citer Napoléon Peyrat (1809-1881), pasteur devenu historien, considéré par beaucoup comme le Michelet protestant : « Son triomphe a été énergique, mais juste. Richelieu n’a pas été comme on le pense, le champion de l’Église romaine ; en attaquant les calvinistes, Richelieu domptait non une secte religieuse, mais un parti politique ».

C’est donc, une fois encore, l’utilisation de l’Histoire à des fins politiciennes qui pose problème. Il est compréhensible que les protestants s’insurgent contre les propos de Marine Le Pen, car ils devinent un débat biaisé, dans lequel, d’évidence, leur mémoire collective est instrumentalisée contre les musulmans. De surcroît, ces paroles désinvoltes ravivent des blessures ancestrales à partir desquelles, aussi, s’est bâtie notre mémoire. Il n’en demeure pas moins que Richelieu ne peut être réduit à sa caricature. L’Histoire est passionnante, complexe, et demeure une matière politique inflammable.

Mots clés instrumentalisation politiqueMarine Le PenProtestantsRichelieu

https://www.reforme.net/actualite/politique/richelieu-marine-pen-face-a-colere-protestants/

Lire la suite

l’étrange Etat moderne de Marine Le Pen,protestant,religions,histoire,histoire de france,politiques,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #religion, #politiques

l’étrange Etat moderne de Marine Le Pen
19 AVRIL 2017 JAMES WOODY THÉOLOGIE
Marine Le Pen, présidente du Front National et candidate à l’élection présidentielle, était interrogée sur TF1, mardi 18 avril. Au cours de l’entretien avec le journaliste Gilles Bouleau, la discussion porte sur les modèles politiques :

– Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

– Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

– Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

– Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.
 

“Il n’a pas été très amical avec les protestants”. En utilisant un euphémisme (Lors du siège de La Rochelle entre 1627 et 1628 seuls un peu plus de 5.000 personnes auront la vie sauve, sur les 27.000 habitants que comptait la ville), le journaliste pousse Marine Le Pen à en dire plus sur le rapport de Richelieu à la communauté protestante et sur ce qu’elle admire chez cet homme d’Etat : “c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.”

A l’époque, les protestants se conforment aux exigences de l’Edit de Nantes (1598) qui prévoit pour eux des places de sûreté dont La Rochelle est l’une des premières, en vertu de l’Edit de saint Germain de 1570. Cet Edit de Nantes permet la présence des protestants dans quelques villes du Royaume de France, sans pour autant introduire le pluralisme religieux. Il n’est pas question de liberté religieuse pour les protestants, ni de tolérance. Le catholicisme demeure non seulement la religion majoritaire, mais la religion dominante.

Comme le rappelait le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante :

De la naissance du parti huguenot à la première guerre de religion, menée par Condé et Coligny en 1562-1563, jusqu’à la Saint Barthélémy en 1572 qui en brise l’élan, la politique réformée et ses visées sont celles, étonnamment, de la conquête. Avec l’espoir fou d’une véritable Réforme de l’Eglise du pays par une prise de pouvoir, jusqu’à ce que l’Edit de Nantes, après tant de violence, interdise définitivement les assemblées politiques, autrement dit le parti protestant, et ne reconnaisse que des personnes, c’est-à-dire les sujets de la RPR (Religion Prétendue Réformée) et quelques rudiments d’assemblée, c’est-à-dire l’organisation de leurs synodes. Il faudra attendre la paix d’Alès en 1629 pour mettre un terme par la force à ces projets de pouvoir et pour que les protestants entrent dans une attitude de loyauté.
En considérant que Richelieu fut le “promoteur d’un Etat moderne”, Marine Le Pen indique sa vision de l’Etat moderne et des moyens pour le mettre en oeuvre.

Une religion unique pour l’ensemble de la Nation, ce qui s’apparente au principe “Cujus regio ejus religio” à chaque région sa religion, à l’échelle du royaume. Le pluralisme religieux est compris, comme par la cour de Louis XIII comme un facteur possible de scission de la population et donc un risque de sédition et de déstabilisation du pays. L’épisode du XVIIème siècle rappelé pendant l’émission de télévision l’a rappelé, c’est aussi la suppression de tout autre parti que celui du roi qui est voulu dans cet acte de guerre mené par le cardinal Richelieu. Le pluralisme religieux est aussi une garantie du pluralisme politique – un fait trop souvent minoré. Richelieu a non seulement œuvré pour qu’une religion prenne le pas sur les autres, mais qu’elle soit l’unique religion.

Plus de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Richelieu (1585-1642), qui commande le siège de La Rochelle, est à la fois cardinal et ministre de Louis XIII (on hésite à parler de premier ministre). Non seulement la vision politique est qu’il n’y ait plus qu’une seule Eglise, mais qu’elle marche main dans la main avec l’Etat. Louis XIV parviendra à cette fusion en instaurant un pouvoir absolu qui, d’ailleurs, provoquera la révocation de l’Edit de Nantes pourtant qualifié d’irrévocable par le roi Henri, son grand-père.

La violence d’Etat comme moyen de gouverner. Dans le cas du siège de La Rochelle, on ne parle pas de violences policières, de dérapages ni de bavures. C’est un massacre en règle : des installations sont conçues par les forces de Richelieu pour empêcher l’approvisionnement de la ville et provoquer une famine. Le nombre des victimes ne fait pas seulement froid dans le dos. Il ferait aujourd’hui le tour de la planète et provoquerait une décision de l’ONU sans le veto d’un membre permanent du conseil de sécurité. Rappelons aussi que les protestants étaient des français qui auraient été qualifiés de souche par ceux qui utilisent cette expression. Bien entendu, des siècles plus tard, quelqu’un comme Charles Maurras dira que les protestants sont le parti de l’étranger et, à la même époque, au début du XXème siècle, on parlera encore du “péril protestant”, sans oublier les expressions injurieuses.

Est-ce cela l’Etat moderne auquel aspire cette candidate à l’élection présidentielle, qui a refusé que l’entretien se fasse devant les drapeaux français et européen ? Certainement les protestants de l’époque vivaient encore de ce désir de faire de la France une nation protestante, ce qui n’a rien d’une vision moderne, mais la réplique royale par la main de Richelieu ne fut pas plus heureuse. Elle posa les bases de l’absolutisme royal incarné par Louis XIV ; elle posa les bases de la révocation de l’Edit de Nantes qui conduisit à l’exil massif des forces vives du Royaume et au recul de la France sur le plan culturel et économique, notamment. Le seul bénéfice que l’historien Patrick Cabanel reconnaît à cet exil fut la création de la francophonie par l’essaimage des locuteurs français à travers le monde pour échapper à la tyrannie de l’époque. Maigre consolation.

 

A lire également Les nouvelles larmes du Luberon

https://espritdeliberte.leswoody.net/2017/04/19/letrange-etat-moderne-de-marine-le-pen/?subscribe=error#blog_subscription-3

Lire la suite

Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation",politiques,religions,protestants,

20 Avril 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #politiques, #religion

Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"
Publié à 22h47, le 18 avril 2017 , Modifié à 09h50, le 19 avril 2017

Partagez
PrécédentSuivant
Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"
© Montage photos Le Lab via images TF1
Image Julien Chabrout
Julien Chabrout
julien.chabrout@europe1.fr
Depuis le début de sa campagne présidentielle, Marine Le Pen évoque beaucoup Richelieu, lui consacrant notamment un billet de blog. Le cardinal figure aussi en bonne place dans son bureau du QG de campagne. La candidate du FN a même enregistré ses derniers vœux devant une reproduction du tableau représentant Richelieu lors du siège de la Rochelle.

Interrogée sur TF1 ce mardi 18 avril, la présidente du FN a d’abord cité le nom du cardinal de Richelieu comme "modèle et inspiration" avant de s’en prendre… aux protestants. Voici cet échange :

 

- Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

- Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

- Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

- Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque qui allaient à l’encontre de la Nation.
Une façon pour Marine Le Pen de s'en prendre encore à l'islam. Le cardinal de Richelieu (1585-1642) est notamment connu pour avoir commandé, sur ordre de Louis XIII, le siège de La Rochelle en 1627 et 1628. Ce terrible siège s’est terminé par la capitulation des habitants de la ville. Sur les 28. 000 habitants, 5.400 ont survécu. Pour Richelieu, qui reprochait aux protestants un supposé républicanisme caché et leur particularisme jugé nocif à l’unité nationale, il s’agissait de les soumettre à l’autorité royale.

Dans ses vœux, Marine Le Pen appelait à "un grand combat […] pour la sauvegarde de notre identité nationale". Voilà sans doute pourquoi la présidente du FN, qui fait de la lutte contre un supposé "communautarisme" l’un de ses cheveux de bataille, se passionne pour le principal ministre du roi Louis XIII. Quitte à dire des choses "graves", a jugé sur Twitter l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot.

 

 Follow
 Laurence Parisot ✔ @LaurenceParisot
Ce qu'a dit Marine Le Pen sur TF1 ce soir à propos des protestants est grave.
9:13 PM - 18 Apr 2017
  233 233 Retweets   167 167 likes

 


Marine Le Pen est revenue sur ses déclarations, mercredi 19 avril, sur BFMTV et RMC, assurant qu'elle n'avait "rien contre les protestants" : 

J’ai juste rappelé qu’à l’époque, les protestants avec l’aide de l’Angleterre avaient cherché en réalité à créer l’Etat dans l’Etat. C’est tout. Je n’ai rien contre les protestants. Il faut quand même accepter qu’on puisse faire des références historiques dans notre pays. (…) Quand j’évoque Jeanne d’Arc, on ne va pas me faire le procès de soutenir les tueurs en série au motif que l’un de ses compagnons d’armes était Gilles de Rais. Il y a une déraison en ce moment qui fait qu’on cherche à faire dire à des responsables politiques des choses qu’ils ne disent pas. Richelieu est une grande figure de l’histoire de France, il ne faut pas le réduire à un massacre, c’est un peu une dérive. 

Marion Maréchal-Le Pen s’était attirée les foudres de la Fédération protestante de France en juillet 2015. La députée frontiste avait en effet fait le parallèle entre la Réforme protestante et, notamment, l’occupation nazie. Elle avait ensuite évoqué ses racines protestantes pour tenter de se rabibocher avec la Fédération protestante de France.

 

[EDIT 9 H 45 mercredi 19 avril] Ajout des propos de Marine Le Pen sur BFMTV et RMC

 

 

[BONUS TRACK] L’exigence de Le Pen avant de venir sur TF1 : retirer le drapeau européen

Marine Le Pen ne se sent décidément pas européenne. La présidente du FN, qui veut organiser un référendum sur la sortie de l’Euro en cas d’élection, a tout simplement exigé (et obtenu) de TF1 le retrait du drapeau européen sur le plateau de TF1. Ce drapeau est pourtant toujours présent lors de la réception des autres candidats à la présidentielle. C’est ce qu’a annoncé Gilles Bouleau au début de l’interview de la candidate du FN :

 

Petite précision pour nos téléspectateurs : pour accepter de participer à cette émission, Madame le Pen, vous nous avez demandé de retirer le drapeau européen qui devait figurer derrière vous.

http://lelab.europe1.fr/marine-le-pen-estime-que-sous-richelieu-les-protestants-avaient-des-exigences-qui-allaient-a-lencontre-de-la-nation-3303983?link_time=1492549131

Lire la suite

Jésus, premier chrétien de gauche ?,religion,politiques,

6 Mars 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #politiques

Jésus, premier chrétien de gauche ?Jesus Asurmendi6 Mars 2017JésusREPORTAGEtemple.jpgL’homme de Nazareth n’a cessé de bouleverser l’ordre établi et de prendre soin des pauvres, des malades, des exclus, s’opposant à toutes formes de pouvoir.Jésus était-il révolutionnaire ? D’emblée, la réponse est oui. Les preuves ? Le profil historique de Jésus de Nazareth est actuellement assez bien connu (1). Ses paroles et ses gestes ne se situent pas dans la continuité de l’ordre établi et ne montrent aucune volonté de le cultiver ni de le renforcer. Le pouvoir dominant était celui de l’Empire romain, soutenu en Palestine par la classe dirigeante, les familles du haut clergé et les grands propriétaires terriens. Par rapport à la société traditionnelle juive, les paroles et le comportement de Jésus étaient choquants, provoquants, révolutionnaires.Il était toujours entouré de ses disciples, de paysans ignorants et de femmes. Jamais un rabbi juif n’aurait eu un « disciple » femme. D’ailleurs, ces femmes disciples, pour la plupart, n’étaient pas des « meilleures familles », Il n’est qu’à voir la scène où une prostituée baigne les pieds de Jésus de ses larmes (Lc 7, 36-50). Ailleurs, Jésus déclare : « Les collecteurs d’impôts et les prostituées vous précéderont dans le Royaume des cieux. » (Mt 21, 28-32.)Ce comportement dans les « relations » de Jésus va bien au-delà. Les malades au premier rang desquels les lépreux, étaient considérés comme impurs et à éviter car leur impureté les éloignait de Dieu. Or Jésus ne fuyait pas les malades, ni même les lépreux. Ce qui provoquait la stupeur, voire la réprobation de la société. Quant à sa posture vis-à-vis du sabbat, cette institution clé du judaïsme, elle n’était pas davantage conforme aux conceptions et comportements de l’époque.Même si les Évangiles ne déploient aucun discours à propos du pouvoir romain, il est clair que face aux prétentions totalitaires de Rome sur l’économie, la religion et la société en général, la scène de l’impôt (la pièce à l’effigie de César) sape définitivement toute volonté hégémonique de n’importe quelle puissance (Mc 12,13-17; Mt 22,15-22; Lc 20, 20-26).Un cul-terreux subversifÀ l’égard des pauvres, les mentalités juive et romaine diffèrent profondément. Pour un Romain, mettre en première ligne les pauvres et les rejetés de la société était une provocation insultante et méprisable. La figure de Jésus dans le monde romain ne pouvait être vue autrement que comme insupportable, révolutionnaire. Mais Jésus est aussi subversif face aux puissances religieuses de l’époque. La scène de l’expulsion des marchands du Temple en est l’illustration. Les trois synoptiques (Mt, Mc, Lc) la situent dans les derniers jours de son séjour à Jérusalem, avant sa mort. Le Temple était l’un des deux piliers essentiels de la religion juive. Il était contrôlé par les prêtres et plus particulièrement par le haut clergé. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque le Temple était la plus grande banque du pays et la seule institution locale autorisée par l’Empire romain à frapper monnaie, signe évident de pouvoir. Comme les juifs venaient à Jérusalem pour les fêtes et devaient payer, une fois par an, l’« impôt du Temple », les changeurs de monnaie avaient la vie belle. Le Temple, avec les changeurs et les vendeurs des bêtes pour les sacrifices, était sans aucun doute, le plus grand centre commercial du pays. Et voici qu’un cul-terreux insignifiant menace tout ce business, ne serait-ce qu’un tout petit peu, par son geste. Insupportable ! La cause immédiate, le motif déclencheur de l’arrestation et de la mort de Jésus fut l’expulsion des marchands du Temple. D’autant plus que ses autres paroles et gestes avaient mis en évidence la relativité du culte par rapport à la fraternité et à la justice. Ce que le texte de Matthieu (5, 23-24) résume de manière lapidaire : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » Sa condamnation à mort met en scène la manière dont il a été perçu et correspond à la réalité historique : Jésus a été exécuté comme un brigand. Dénoncé par les autorités juives, exécuté par les Romains. Tous les pouvoirs unis contre ce bouseux qui mettait en péril le statu quo, l’ordre établi. La tâche des premiers chrétiens fut rude. Comment présenter comme un sauveur, un héros celui qui vient d’être exécuté sur la croix comme vulgaire agitateur, ennemi menaçant l’ordre ? Comment le présenter comme celui qui donne sens à la vie de tous ?Paul, gardien de l’ordre ?« Que chacun soit soumis aux autorités supérieures, car il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu, et celles qui existent sont établies sous la dépendance de Dieu. » (Rm 13, 1.) Ces mots souvent cités signifient-ils l’acceptation sans conditions de l’ordre établi ? Pas si clair. Certes Paul n’a pas traversé terres et mers pour prêcher la révolution politique contre l’Empire romain. Mais ce qu’il a annoncé, la foi dans le crucifié / ressuscité, portait les germes de sa désagrégation et de sa destruction. Ce pouvoir totalitaire était très fortement structuré : l’argent, la gloire et l’« éclat » déterminaient le rôle, l’importance, l’identité de chacun dans la société. L’« éclat » ? La richesse visible dans les vêtements luxueux et la bonne odeur à la sortie des bains. Ce que Paul préconise et prêche est aux antipodes des « valeurs » de l’Empire romain. L’odeur, le parfum des Romains n’avait rien à voir avec « la bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15), un brigand crucifié. C’était plutôt « le scandale de la croix ». Pouvait-il y avoir quelque chose de plus subversif dans le monde romain que l’annonce du salut venant par la foi dans un crucifié ? Il est bien connu que l’axe essentiel de la prédication de Paul était la Croix. C’était une telle énormité, une telle absurdité pour un Romain lambda que les porteurs d’une telle annonce ne pouvaient être considérés, au mieux, que comme des fous. « Il n’y a plus de juif et de Grec, esclave et homme libre, homme et femme. » (Ga 3, 28.) Ce qui pouvait rester comme proclamation théorique prenait corps dans l’action propre et essentielle des communautés chrétiennes : la célébration du Repas du Seigneur. Dans l’Empire romain on ne mangeait pas n’importe comment et surtout pas avec n’importe qui. Les repas de quartier, des confréries, des métiers étaient strictement codifiés. Mais le Repas du Seigneur cassait radicalement la structure même de la société romaine manifestée et vécue dans les repas. Certes, Paul n’était pas un tribun de meeting électoral prêchant la révolution. Mais avec sa foi, sa parole et sa vie, il sapait les fondements même de l’Empire. Rien que cela. Il faut revenir à l’Écriture, elle est d’une actualité brûlante !Jesus Asurmendi, Bibliste1. Voir José Antonio Pagola, Jésus. Approche historique, Cerf, Paris, 2012.Illustration : Le Christ chassant les marchands du Temple, Garofalo (Benvenuto Tisi), v. 1540-1550. National Galleries of Scotland
Les autorités LégitimesLe texte de Romains 13 si souvent cité pour exhorter au respect des autorités (civiles, temporelles ou politiques) a été sciemment détourné de son sens. Paul ne dit pas qu’une autorité quelle qu’elle soit peut se réclamer de Dieu (et donc exiger obéissance absolue), mais qu’il n’est d’autorités que celles qui viennent de Dieu et sont sous sa dépendance. Et une autorité qui ne répondrait pas à la volonté et au dessein de Dieu (qui est de salut et d’accueil pour tous) ne mériterait pas le nom d’autorité, et n’aurait donc aucun titre à être obéie. C’est à la conscience de chacun de discerner !


http://temoignagechretien.fr/articles/jesus-premier-chretien-de-gauche

Lire la suite

Éditorial : Résister à la tentation !,fn,racisme,extreme droite,

6 Mars 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #politiques, #FN, #extreme droite

Éditorial : Résister à la tentation !2 Mars 2017Editorial, élections présidentielles

2017ACTUALITÉle_pen.jpgNul n’en doute un instant ; cette élection présidentielle ne ressemble à aucune autre. Évidemment, il y a le feuilleton Fillon, la mise en lumière d’un singulier appétit du gain de la part de celui qui se faisait passer pour un vertueux notable provincial aux moeurs austères, et qu’on découvre être un sinistre Harpagon plus préoccupé de sauver la toiture de son château que les finances de la France. Les électeurs et électrices apprécieront. Ils et elles jugeront aussi cette droite qui refuse de remplacer son champion déshonoré au motif qu’il serait pour elle la seule chance de gagner. Tragédie pour la démocratie qu’un parti devant choisir entre l’honneur et la victoire, et qui ne choisit pas l’honneur.À gauche, ce serait plutôt l’inverse ; il semble qu’on soit en train de préférer l’échec au compromis. Là non plus, la démocratie n’y trouve guère son compte. Quel marasme pour les grands partis réputés structurer la vie politique. Ils sont pourtant cités dès les premières lignes de la Constitution de la Ve République : Titre premier – De la souveraineté, article 4 : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. »Le corps électoral n’est ni une masse, ni une statistique. Un scrutin n’est pas un processus mathématique qui additionne les voix comme on compte les moutons. Le peuple que vise la démocratie est organisé. Certes, un homme ou une femme égale une voix, mais cette voix s’insère dans le processus de constitution d’une opinion qui va se retrouver, suivant le suffrage, dans une majorité ou une opposition. Les partis, avec leurs leaders, leurs combats, leurs engagements, forgent ces opinions, ils les incarnent, les font vivre, parfois les laissent mourir. Ils font du corps électoral un grand organisme vivant… ou plutôt ils devraient.Il est clair que les grands partis sont à bout de souffle et à bout d’idées. En soi, ce ne devrait pas être un drame. C’est l’histoire ordinaire des choses de ce monde de passer. Problème: il y a aujourd’hui une potentielle catastrophe en cours, celle d’une démocratie pervertie qui se corrompt en populisme ; Marine Le Pen voit un boulevard s’ouvrir devant elle. Instruit par l’élection de Trump et le Brexit, personne, aujourd’hui, ne peut raisonnablement penser que « ça ne peut pas arriver ».Que faut-il faire ? On peut dire qu’on n’est pas responsable du délitement des partis de gouvernement, mais de là à se laver les mains de ce qui peut arriver, il y a un très grand pas. La tentation existe de laisser les choses se faire, voire d’espérer secrètement que le pire arrive, pour que la table soit renversée, « pour qu’au moins ça change ». Que chacun interroge sa conscience ; l’histoire nous enseigne qu’il est des risques qu’il vaut mieux ne pas prendre. Comme nous l’avons déjà écrit, quelles que soient nos irritations, et même nos colères, les 23 avril et 7 mai prochains, il faudra voter. Préparons-nous à l’idée qu’il faudra le faire avec toute notre raison, et sans doute à contrecoeur.Photo : © Martin Bureau/AFP

 
http://temoignagechretien.fr/articles/editorial-resister-la-tentation

NOUS SOMMES  TOUS DES ENFANTS D IMMIGRES 

Lire la suite

Le téléphone d’Hitler, symbole de l’idéologie nazie,politiques,

28 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #politiques

ACCUEIL / Le téléphone d’Hitler, symbole de l’idéologie nazie
 © Valerie Everett / CC BY SA 2.0 via Flickr "L’IDOLÂTRIE NOUS PRÉCIPITE DANS L’ILLUSION RÊVÉE DE LA TOUTE-PUISSANCE PAR LA MAÎTRISE DE L’OBJET " -  © VALERIE EVERETT / CC BY SA 2.0 VIA FLICKR
Le téléphone d’Hitler, symbole de l’idéologie nazie
 26 FÉVRIER 2017  Nathalie Chaumet 0
Partager
  Impression  Télécharger le PDF
La pasteure Nathalie Chaumet revient sur la vente aux enchères du téléphone d’Hitler et s’interroge sur les raisons qui peuvent entraîner un tel achat.

Le téléphone d’Hitler, téléphone dit « de la destruction », a été vendu aux enchères dimanche dernier aux États-Unis pour la somme de 243 000 dollars. De couleur rouge, il est gravé au nom du dictateur et à l’emblème du régime nazi, une croix gammée surmontée de l’aigle royal. Faut-il alors s’insurger que de tels objets puissent être vendus et devenir propriété de collectionneurs privés ?

Dans la mesure où personne ne peut s’opposer à l’acquisition d’un téléphone (ce n’est pas un objet illicite), pourquoi ces enchères génèrent-elles un sentiment de malaise ?

Trois raisons a minima peuvent être avancées. Tout d’abord, il apparaît clairement qu’au-delà de l’objet c’est bien sa représentativité qui pose problème. En effet, ce téléphone a été utilisé par le dictateur lors des deux dernières années de la guerre pour dicter ses ordres funestes. Ainsi est-il tristement emblématique de la politique d’extermination menée par Hitler.

Et par-delà la personne du dictateur, c’est bien l’ensemble du système nazi qu’il représente : courroie de transmission des ordres, il jette une lumière crue sur la soumission et l’abdication des uns à la volonté d’un seul.

La deuxième raison du malaise que ces enchères peuvent générer est liée au surgissement de sa valeur marchande. En effet, vendre un objet, c’est l’insérer dans une loi, celle du marché, et intégrer, je dirais presque « incorporer », au corps social que nous formons l’idéologie qu’il sous-tend. Débourser 243 000 dollars pour un téléphone revient à en faire un objet « de prix » et conduit ainsi à « valoriser » insidieusement ce qu’il représente.

Fascination du mal

Enfin, la troisième raison est liée à l’acheteur dont l’anonymat est préservé. Car acquérir un objet, c’est faire entrer de « l’autre » chez soi pour le faire sien. Une telle acquisition peut donc traduire une fascination pour des objets emblématiques d’une puissance qui fut terrifiante et dont certains se revendiquent pourtant aujourd’hui. La possession de ce téléphone viendrait-elle alors étayer un besoin de pouvoir dans un rapport à l’objet d’ordre « fétichiste » ? Ainsi de telles pièces s’avèrent-elles bien embarrassantes. Car si ce téléphone peut être, par un rapport fétichiste, le révélateur d’une idolâtrie sous-jacente, celle de l’idéologie nazie, il ne faudrait pas pour autant qu’il devienne un objet « tabou  », « intouchable ».

Ce serait de manière inversée mais similaire lui conférer un même pouvoir quasi surnaturel relié à la fascination du mal. C’est pourquoi, ainsi que bien des historiens le réclament, la sagesse consisterait à intégrer de tels objets à des collections publiques permettant un travail de mémoire collective.

Ni symbolique, car le symbole rassemble, ni diabolique, car ce serait l’élever hors de son rang d’inanimé, ce téléphone pourrait alors prendre toute la place qui est la sienne, celle d’un objet chargé de représentativité, appartenant à une mémoire collective qu’il est nécessaire de préserver plus que jamais afin de dénoncer les dérives des totalitarismes, de rappeler à l’homme ses fragilités, ses renoncements et ses abdications devant la fascination de la toute-puissance.

La menace est là

Dans la Bible, l’histoire du peuple commence avec Abraham qui se détache du monde des idoles, des fétiches pour entrer en dialogue avec Dieu. Mais deux générations plus tard, voilà que Rachel s’enfuit avec les statuettes sacrées de son père… et déjà tout est à reprendre… Avec Moïse, la parole se fera alors loi pour qu’à jamais soit dénoncé le risque de réduire Dieu et par ricochet l’humain au monde des objets.

Car l’idolâtrie réduit la parole, entrave le questionnement réflexif sur le sens de nos actes et nous précipite dans l’illusion rêvée de la toute-puissance par la maîtrise de l’objet. Aujourd’hui encore, la menace est là. Quand un simple téléphone peut prendre la parole…

Mots clés HitlerMalNazisme

https://www.reforme.net/actualite/regards-pasteurs/telephone-dhitler-symbole-de-lideologie-nazie/

Lire la suite
1 2 3 4 5 > >>