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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

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Projet de loi et décision sur l’avenir des migrants,lois,politiques,

18 Mars 2018 , Rédigé par hugo Publié dans #lois, #politiques, #france, #societe

 Projet de loi et décision sur l’avenir des migrants

 21 février 2018  MAJ 21/02 14:50  Claire Bernole  Nathalie Leenhardt 0
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Conseil d’Etat, engagement d’association protestante et décryptage du projet de loi, quelques brèves concernant les migrants et leur avenir sur le sol français.
La Cimade décrypte le projet de loi
Ce 21 février, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, devait présenter en Conseil des ministres le nouveau projet de loi Asile et immigration. La Cimade analyse le texte, qu’elle qualifie de « dangereux » car il consacre « un très net recul pour les droits des personnes étrangères en France ». Jean-Claude Mas, secrétaire général de La Cimade, dénonce dans un communiqué publié le 19 février le manque de concertation réelle du ministère avec les acteurs associatifs de terrain et demande le retrait du projet de loi. N. L.
lacimade.org
Pas de décision pour la circulaire
Le Conseil d’État (photo) n’a pas statué définitivement sur l’avenir de la circulaire du 12 décembre 2017. Il refuse toutefois de la suspendre et vient de publier une ordonnance qui en fixe l’interprétation, rappelant notamment que le recensement ne peut se faire que sur la base du volontariat. Compte tenu de ces indications, la condition d’urgence à laquelle est soumise une mesure de suspension n’est pas remplie. C. B.
La Miss’ Pop’ s’engage
Dans un communiqué du 17 février, la Mission populaire évangélique de France (MPEF) exprime son inquiétude et son indignation quant à la façon dont sont traités les demandeurs d’asile, en particulier les jeunes étrangers isolés. Alors que l’avenir de la circulaire Collomb reste à trancher, le comité national des MPEF invite « les membres de ses fraternités, des diverses Églises avec lesquelles la Mission populaire collabore et tous les citoyens de ce pays à s’engager davantage encore dans toutes les initiatives, légales ou non, qui permettront de les protéger, les accueillir et les soutenir ».  C. B.
www.missionpopulaire.org

https://www.reforme.net/actualite/societe/projet-de-loi-decision-concernant-migrants/
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Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants,france,lois,droits,;

20 Février 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #racisme, #respect

ACCUEIL / Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 © CLAIRE BERNOLE JEUDI 9 FÉVRIER, LORS DE LA MANIFESTATION PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS, ORGANISÉE PAR LE COLLECTIF DÉLINQUANTS SOLIDAIRES -  © CLAIRE BERNOLE
Les « délinquants solidaires » et l’accueil des migrants
 15 FÉVRIER 2017  Claire Bernole 0
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L’État multiplie les mesures à l’encontre des militants ou des simples citoyens impliqués dans l’accueil et la défense des migrants.

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict vendredi 10 février : Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, écope de 3 000 euros d’amende avec sursis pour avoir aidé des personnes à passer la frontière d’Italie en France. Dans cette région qui se mobilise depuis un an, il est loin d’être le seul à s’engager en faveur des migrants. En France, ces « délinquants solidaires » sont de plus en plus nombreux et de plus en plus nombreux aussi sur les bancs de la justice. « Nous sommes inquiets, scandalisés devant l’augmentation du nombre d’arrestations, d’inculpations, de mesures d’intimidation à l’encontre de citoyens non organisés ou en association qui ne font que tendre la main à des gens qui en ont besoin et sont dans des situations irrégulières inhumaines, en errance », s’indigne Geneviève Jacques, présidente de la Cimade.

Généralement, ces personnes sont poursuivies sur la base de l’article L.622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En effet, le délit de solidarité n’existe pas en tant que tel mais ce texte de 1945 punit « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ». Un contrevenant est passible de cinq ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Rappelons qu’un citoyen ne peut être poursuivi tant que son aide concerne la restauration, l’hébergement, les soins médicaux, le conseil juridique ou toute autre action visant « à préserver la dignité ou l’intégrité physique » de la personne aidée, et tant qu’il n’a reçu aucune contrepartie.

Intimidations

Mais dans certains cas, la situation se complique. Gwen Mallauran a pris le parti des réfugiés dans le cadre du démantèlement d’un campement autour de la place Stalingrad, à Paris, en novembre 2016, et a fait l’objet d’une garde à vue de 29 heures pour les propos qu’elle a tenus au préfet.

Quant à Jean-Luc Munro, il a été inculpé pour violence avec arme, à savoir le vélo avec lequel il se rendait dans un bidonville pour observer la destruction illégale de caravanes par la police ! Depuis janvier 2017, Ibtissam, une jeune éducatrice de la Sauvegarde de la Marne, est menacée de licenciement parce qu’elle a dénoncé les conditions déplorables d’accueil pour les jeunes mineurs.

Que dire, enfin, de la situation de Denis Lambert, accusé d’aide au séjour irrégulier pour avoir hébergé une famille arménienne, inquiété pour avoir accepté que ses hôtes participent à la vie de la maison en effectuant des tâches domestiques ? Outrage à un dépositaire de l’autorité publique, violence à un agent, solidarité avec des mineurs étrangers isolés… De vrais motifs qui sont autant de prétextes.

Faut-il conclure à un acharnement de la justice ? On serait tenté de répondre « oui » à l’écoute du témoignage de Léopold Jacquens, mis en cause en 2011 pour avoir délivré des attestations de logement au bénéfice d’une personne dont la demande de titre de séjour était en cours d’examen.

Après plusieurs rebondissements, le tribunal a décidé la relaxe et la fin des poursuites, mais le procureur a, pour la troisième fois, fait appel.

Au-delà du strict aspect juridique, il émane à la lecture de ces événements comme une volonté politique, du moins une tactique, pour décourager les citoyens de bonne volonté. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, a d’ailleurs lancé du haut de la tribune, lors de la manifestation qui a eu lieu jeudi 9  février à Paris : « Nous sommes là pour refuser les intimidations » de la part de l’État, tandis que des militants s’encordaient sur la place de la République en signe de solidarité.

« Pourtant, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, le délit de solidarité n’existe plus depuis longtemps », nous dit Thierry Kuhn. Comme le confiait un exilé à Gwen Mallauran, la France cesserait-elle d’être le pays des droits de l’homme pour devenir celui de la seule Déclaration des droits de l’homme ? Devant le nombre de procédures judiciaires et autres gardes à vue impliquant des « délinquants solidaires », un collectif éponyme vient de voir le jour. Il regroupe 350 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales.

À Lille, Nice et Paris, où des manifestations ont eu lieu la semaine dernière, les témoignages ont peut-être résonné dans le froid, mais pas dans le vide. Car l’assistance n’est pas composée de quelques jeunes agités en mal de reconnaissance. Il est frappant de constater que toutes les générations, toutes les couleurs et aussi bien des hommes que des femmes se joignent sous la même bannière. « Nous voulons, d’abord, donner à voir une réalité dans cette France qu’on dit recroquevillée, frileuse : c’est qu’il existe des actions de solidarité vis-à-vis des personnes étrangères et des exilés », explique Geneviève Jacques. Les politiques enclins à invoquer une opinion qui ne serait pas prête à accueillir, recevront-ils le message ? Rien n’est moins sûr dans un contexte où l’état d’urgence « contamine tout », selon les termes de la présidente de la Cimade.

Charité criminalisée

Ce double discours, qui consiste à soutenir verbalement les droits de l’homme tout en décourageant les initiatives sur le terrain, un grand écart impossible, pourrait trouver une autre explication : « C’est une façon d’empêcher le débat politique et qu’une communauté d’intérêts se crée entre citoyens et sans-papiers », analyse Aubépine Dahan, de l’association Paris d’exil. Houssam El-Assimi va plus loin : si on ne veut pas d’immigrés en France, c’est parce qu’ils sont noirs ou arabes. Poursuivi puis relaxé pour organisation de manifestation illicite, ce traducteur arabophone a été placé en garde à vue pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Ce qui lui a valu trois jours d’incapacité totale de travail (ITT). Il encourt pourtant une peine de trois ans et 45 000 euros d’amende. Mais son sentiment d’injustice n’est pas si grand que son indignation : « L’État cherche à circonscrire et à définir pour lui et pour les associations ce qu’est la solidarité. Tout ce qui excède le cadre de la charité est criminalisé. »

Place de la République, les témoignages ont continué à s’égrener. « Vous savez ce qu’est une expulsion ? C’est la police qui débarque à six heures du matin au prétexte que les lieux sont insalubres. On a cinq minutes pour prendre ses affaires et partir. Et il n’y a pas de solution de substitution, même pas un gymnase  », tempête François Loret, condamné en 2015 pour « violence à agent dépositaire de l’autorité publique » après avoir été pris dans une bousculade lors de la mise à l’abri de familles expulsées d’un bidonville en plein hiver à Noisiel (77). Aubépine Dahan parle de « rafles » après avoir vu la police intervenir, « faire le tri » et emmener de manière arbitraire au commissariat telle ou telle personne sans rien avoir à lui reprocher.

« Il y a des manifestations de force policière à l’encontre de personnes motivées avant tout par la solidarité avec les plus faibles et les plus vulnérables, estime Geneviève Jacques. On voit des dérives. Les policiers et ceux qui leur donnent des ordres se trompent de cible. C’est la solidarité qu’il faut soutenir. »

 

À noter

http://www.delinquantssolidaires.org/
https://www.reforme.net/une/les-delinquants-solidaires-et-laccueil-des-migrants/

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Pourquoi la France compte 27% de mariages mixtes,france,societe,mariage,

20 Janvier 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #societe, #mariage

Pourquoi la France compte 27% de mariages mixtes


Par Cécilia Gabizon Mis à jour le 21/06/2010 à 18:41 Publié le 21/01/2010 à 23:48
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Ces unions entre Français et étrangers recouvrent des réalités très différentes. Plus de la moitié sont contractées à l'étranger.
Depuis longtemps, les mariages mixtes sont considérés en France comme un signe d'intégration. Un hymne au modèle national qui voit les immigrés se fondre dans la nation, s'ancrer par les liens familiaux.
Si le comportement matrimonial de la deuxième génération est toujours scruté comme une déclaration d'amour à la patrie, les unions entre Français et étrangers recouvrent désormais des trajectoires très variées. On observe les traditionnelles rencontres entre des immigrés installés en France et tombés amoureux, mais aussi un phénomène nouveau. Beaucoup de Français d'origine étrangère retournent se marier aux pays des parents. Comme à rebours de l'intégration, et pourtant comptabilisés comme mariages mixtes. En 2009, le ministère de l'Immigration a ainsi compté quelque 84.000 mariages mixtes. Plus de 35.500 se sont déroulés sur le territoire national. Tandis que 48.500 ont été contractés à l'étranger. Au total, presque un mariage sur trois est mixte (27%). «C'est un phénomène de masse», reconnaît la démographe France Prioux, de l'Ined. «Mais n'oublions pas que les Français ne se marient plus guère. Ils optent pour l'union libre, le pacs. Il est normal en revanche que les étrangers se marient pour pouvoir vivre en France avec leur conjoint et donc qu'ils soient sur-représentés dans les unions officielles.»
L'augmentation reste saisissante, nourrie par les mariages réalisés hors de France. Les voyages et les séjours professionnels à l'étranger ont multiplié les rencontres. Mais les mariages ont surtout bondi dans les pays d'origine des plus importantes communautés immigrées. Selon les chiffres du ministère des Affaires étrangères, quelque 60% de ces unions ont été enregistrées par les consulats du Maghreb, des pays d'Afrique francophone et en Turquie. Au cours de la dernière décennie, ces mariages au «bled» ou au «village» ont explosé. Ces unions mêlent souvent tradition et stratégie d'immigration, sans qu'il soit toujours possible de les démêler. «Mes parents voulaient absolument me marier avec un Malien pour que je ne devienne pas comme les Françaises», raconte par exemple Aminata, qui a finalement fui cette union avec un cousin. Si les familles font parfois pression, certains jeunes choisissent seuls de prendre femme au «bled». «Les filles françaises peuvent vous lâcher du jour au lendemain , s'insurge Hamid, 30 ans, livreur parti chercher épouse en Algérie à l'été 2005. Elles veulent toujours sortir et n'acceptent pas la vie de famille. Les beurettes sont encore pires. Elles sont tellement surveillées chez elles qu'elles font des bêtises en cachette. Elles sont très dangereuses.» D'autres veulent, comme Koné remplir leur «devoir», «pour mes parents qui l'ont promis au village».
Jusqu'à présent, ces unions intéressaient surtout les responsables de l'immigration. Ils avaient renforcé les contrôles en 2007 pour éviter les mariages forcés et d'éventuelles arnaques aux papiers. À leur tour, les chercheurs tentent de saisir ce phénomène inédit dans sa complexité. Le chômage de masse et l'enfermement dans des quartiers à forte concentration d'immigrés ont alimenté le repli communautaire. En réaction ou par conviction, certains des enfants d'immigrés revendiquent donc le mariage au bled ou l'union endogame, pour des raisons religieuses ou culturelles, note la chercheuse Emmanuelle Santelli, chercheuse au CNRS, dans une première enquête de 2008. Selon elle, toutefois, «l'endogamie ne signe pas forcément un manque d'intégration». D'autres enquêtes lancées par le CNRS et l'Insee devraient permettre d'affiner l'analyse.
Mariages entre européens

Sur le territoire national, les unions mixtes relèvent d'une autre logique. Dopés par les programmes d'échange Erasmus, un quart de ces mariages unissent des Européens. La moitié concerne des Franco-Africains ou Franco-Maghrébins. Aujourd'hui, «près de 35% des beurs s'unissent à des Français de longue date», assure le démographe Jean-Luc Richard. Cette mixité serait d'ailleurs mieux acceptée par les familles de ces derniers. En 1984, plus de la moitié des Français voyaient d'un mauvais œil le mariage de leur enfant avec une personne d'origine arabe. Aujourd'hui, ils sont 27% à repousser l'idée d'une union avec une personne d'origine arabe, 21% pour un Africain et 14% pour les Asiatiques, selon les chiffres d'un récent sondage Ifop pour l'hebdomadaire La Vie…
La tolérance affichée progresse d'ailleurs partout. Aux États-Unis, des enquêtes du Pew Center montrent depuis peu une ouverture inédite aux unions entre Noir et Blanc… mais peu de concrétisation. Le nombre de mariages mixtes y reste très faible. Tandis qu'en France, La profonde transformation de la société ces dernières années a entamé la norme endogame qui avait jusqu'alors prévalu. Un jeune majeur sur cinq compte un parent étranger.


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Pauvreté : "L'Autre campagne" pour la Présidentielle 2017,politiques,france,

8 Janvier 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #politiques, #france

AINSI, SUR LES 500 000 LOGEMENTS SOCIAUX ANNONCÉS PAR FRANÇOIS HOLLANDE, LA CONSTRUCTION DE SEULEMENT 370 000 A ÉTÉ LANCÉE© ALBERT HUBER
SOCIÉTÉ  4 JANVIER 2017
Auteurs
Laure Salamon
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Pauvreté : "L'Autre campagne" pour la Présidentielle 2017

Le 4 janvier, deux collectifs d’associations luttant contre la pauvreté et le mal-logement présentaient leurs actions en vue de l’élection présidentielle de 2017.

Qui sont ces deux collectifs ?
Le collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans-abri et mal-logées est né après la mobilisation du canal Saint-Martin, en 2006. Il regroupe 34 fédérations, unions, fondations ou associations de lutte contre l’exclusion, parmi lesquelles la Fédération de l’Entraide protestante (FEP), le Centre d’action sociale protestant (CASP) et la Fondation de l'Armée du Salut. En 1984, face à la dégradation de la situation de la pauvreté en France, des associations qui œuvraient contre la pauvreté (Secours Catholique, Armée du Salut, FNARS, Emmaüs, ATD Quart Monde, UNIOPSS…) s’étaient regroupées pour faire des propositions qui ont notamment abouti au RMI et à la Loi Besson sur le logement. Le collectif Alerte est né en 1994 à la suite de cette première mobilisation. Aujourd’hui, il regroupe 38 structures aussi diverses que l'Amicale du Nid, la Cimade, la Croix-Rouge, Solidarités nouvelles face au chômage (SNC)...

Les deux collectifs représentent une cinquantaine d'associations, unions, fondations et fédérations qui regroupent au total 1 500 structures et 150 000 salariés qui interviennent quotidiennement auprès de quatre millions de personnes.

En quoi consiste cette « Autre campagne » ?
« Nous souhaitons déconstruire les idées fausses sur la pauvreté et montrer ce qui se passe dans la vraie vie, explique François Soulage, président du collectif Alerte. Nous voulons expliquer que le RSA ne permet pas de vivre dignement. Ensuite, nous pourrons défendre une proposition sur l’augmentation du RSA auprès des candidats à la présidentielle. Autre exemple, le non-recours aux droits. Si nous n’expliquons pas que beaucoup de personnes qui ont droit à des aides ne les demandent pas, nous ne pouvons pas défendre un revenu social de base.

» Nous voulons expliquer la différence entre ce qui est dit et ce qui se vit. Nous allons suivre la campagne et relever les contrevérités des candidats, des responsables de partis ou leaders d’opinion. Au lieu que les candidats fassent des propositions en partant du sommet sans connexion au réel, nous voulons qu'ils partent de la réalité vécue par les gens pour faire leurs propositions. Le moyen est d’utiliser les réseaux sociaux pour relayer toutes ces informations. »

Pourquoi une telle campagne ?
« C’est l’inquiétude et la colère des associations qui ont inspiré cette action, complète Florent Guéguen, un des porte-parole du Collectif des associations unies et directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) qui regroupe près de 870 associations et organismes de lutte contre l’exclusion. Nous vivons le pire hiver du quinquennat de François Hollande. La situation du 115 est vraiment catastrophique : moins d’une personne sur deux qui l'appelle pour être mis à l’abri est prise en charge. »

Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et autre porte-parole du collectif, « des choses ont été faites comme la Loi ALUR, la loi égalité et citoyenneté, une revalorisation des minima sociaux de 10 % en cinq ans… On ne dit pas que rien n’a été fait. Mais face à l’ampleur du niveau du mal-logement et des inégalités, il fallait en faire beaucoup plus ».

« C’est le maintien d’une politique relativement maltraitante aussi, avec un hébergement bas de gamme, des plans de gestion saisonnier, un manque de solution de sorties, complète Florent Guéguen. On sait que 30 000 à 40 000 places pourraient être libérées dans les centres si les personnes pouvaient accéder à du logement très social. » Ainsi sur les 500 000 logements sociaux annoncés par François Hollande, la construction de seulement 370 000 a été lancée.

« Les associations en ont assez d’être sages, dénonce Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre. En dix ans, on compte un million de pauvres en plus ! En dix ans, on n’a pas été en capacité d’inverser les processus d’exclusion. On est sur une pente extrêmement dangereuse. La tentation est grande de baisser les bras et de trouver des boucs émissaires à cet échec. On n’a pas tout essayé, alors les deux collectifs vont porter des propositions auprès des candidats et le laisseront pas passer des contrevérités. Il en va de notre responsabilité citoyenne collective. »

« Nous en avons assez de ces discours qui affaiblissent les valeurs de solidarité que nous portons, souligne Florent Guéguen. Par exemple, les restrictions d’accès à la santé pour les migrants, le soi-disant assistanat des chômeurs, les attaques contre les emplois aidés… Nous serons comme un comité de vigilance. » Et Christophe Robert d’ajouter : « Ce qui nous a mis en colère, ce n’est pas que des citoyens soient amenés à lire des contrevérités en ligne sur les réseaux sociaux, mais que les politiques les utilisent pour ne pas se sentir concernés par le sujet ».

Sous quelle forme ?
Un site Internet qui sera mis en ligne dès fin janvier, une mobilisation sur les réseaux sociaux, qui renverront vers des propositions concrètes portées par les associations. « Ce travail indispensable sur les réseaux sociaux ne peut se faire sans des récits d’individus et des propositions concrètes expérimentées », a précisé un responsable d’ATD Quart monde. Il parle notamment du projet Territoire Zéro Chômeurs qui est actuellement en cours d’expérimentation.

Les idées fausses sur la pauvreté
Réforme avait publié, en 2015, une série sur les idées fausses sur la pauvreté, issues d'un ouvrage publié par ATD Quart monde.

Article sur "Les pauvres font tout pour toucher les aides de l’État"

Article sur "Les pauvres ne veulent pas travailler et préfèrent toucher les minima sociaux"

Article sur "N’importe qui peut se retrouver un jour à la rue"

Article sur "Les pauvres ne s’intéressent pas à la culture"

http://reforme.net/une/societe/64683-autre-campagne-presidentielle-2017

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L'Église protestante de France dit oui au mariage gay,protestant,france,

2 Janvier 2017 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #france, #politiques

L'Église protestante de France dit oui au mariage gay
Sur la centaine de délégués de l'EPUdF, 94 ont voté pour la possibilité d'offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels.
SOURCE AFP
Modifié le 17/05/2015 à 12:27 - Publié le 17/05/2015 à 12:23 | Le Point.fr
L'Église protestante de France dit oui au mariage gay. L'Église protestante de France dit oui au mariage gay. © GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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L'Église protestante unie de France (EPUdF) a adopté dimanche la possibilité de bénir les couples homosexuels, à l'issue d'un vote très largement positif. Sur la centaine de délégués de l'EPUdF réunis à Sète, 94 ont voté pour la possibilité d'offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels, et 3 contre.
Ce vote donne la possibilité aux 500 pasteurs de l'EPUdF de bénir des couples homosexuels, sans pour autant y obliger ceux des pasteurs qui sont opposés à un tel geste. Le mariage n'est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l'EPUdF, autorise un "geste liturgique d'accueil et de prière" pour les homosexuels.
110 000 fidèles

Cette décision intervient deux ans après l'adoption de la loi Taubira sur le mariage gay. Les délégués de la principale Église protestante française sont réunis depuis jeudi autour du thème "Bénir, témoins de l'Évangile dans l'accompagnement des personnes et des couples".
L'EPUdF, qui incarne le courant historique du protestantisme français, revendique 110 000 membres actifs parmi 400 000 personnes faisant appel à ses services. Tout en se défendant d'être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, elle parie désormais sur une démarche missionnaire pour "passer d'une Église de membres à une Église de témoins".

http://www.lepoint.fr/societe/l-eglise-protestante-de-france-dit-oui-au-mariage-gay-17-05-2015-1928961_23.php#&utm_source=ExtensionFactory.com&utm_medium=extension&utm_content=newtab&utm_campaign=extension

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Mieux former les Français à la laïcité,france,laicite,

27 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #laicite, #religion

"LA RELIGION, C’EST JUSTE POUR LA SPHÈRE PRIVÉE ?"© STEVEN ESTES/UNSPLASH
RELIGIONSDE PAR LA FOI  20 OCTOBRE 2016
Auteurs
Sébastien Fath
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Mieux former les Français à la laïcité

Un sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France livre un résultat qui étaye  l'hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique.

Depuis les attentats de janvier 2015, le trouillomètre s’est emballé. Les Français ont peur. On veut des boucs émissaires. Pour certains, ce sont les migrants. Un tsunami d’exilés nous menacerait-il ? La réalité est pourtant différente. Moins de 9 % de la population vivant en France est immigrée (Insee). Et pour 10 000 habitants, l’Allemagne d’Angela Merkel accueille 74 réfugiés, tandis que la France de François Hollande n’en accueille qu’1,51 (chiffres Le Monde).

Pour d’autres lanceurs d’alerte, la cause de tous nos maux serait les musulmans. Ils font mine d’ignorer que l’immense majorité de nos concitoyens qui se réclament de l’islam boostent l’activité, la créativité, la mixité culturelle.

La religion accusée

Enfin, la religion est également au banc des accusés, surtout lorsqu’elle s’affiche. L’essayiste Jean-Paul Brighelli a publié à ce sujet un pamphlet rageur, Liberté, égalité, laïcité (2015). Il affirme : « La laïcité, c’est cela : le droit à toutes les croyances en tant qu’individu, l’obligation de n’en rien affecter ostensiblement en tant que citoyen. » (p. 21). Ah bon ? La religion, c’est juste pour la sphère privée ? Cette privatisation n’est pourtant pas constitutive du projet laïque. Selon la loi de la République, l’exercice du culte est public. Les acteurs religieux, comme les acteurs commerciaux, syndicaux, politiques, culturels, ont droit à l’expression publique, y compris pour débattre et convaincre, comme le rappelle l’Observatoire de la laïcité conduit par Jean-Louis Bianco. Mais la peur ambiante brouille les repères.

Le sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) livre un résultat qui étaye cette hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique. Seuls 48 % des Français(e)s interrogé(es) estiment « normal que les chrétiens communiquent leurs idées », tandis que 38 % valident l’énoncé contraire : « La foi est une affaire privée, il n’est pas normal que les chrétiens souhaitent communiquer leurs idées et leurs croyances avec quiconque. » Cette intolérance illustre une confusion entre laïcisme séculariste, qui discrimine la différence religieuse, et la laïcité française qui reste d’abord une liberté, et non un bâillon. On parle d’enseigner le fait religieux à l’école… Il serait grand temps aussi de relancer l’éducation à la laïcité !

http://reforme.net/une/societe/mieux-former-francais-a-laicite

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"Populisme" – L'édito vidéo d'Antoine Nouis,france,usa,extreme droite,fn

9 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #france, #usa, #extreme droite, #FN

"Populisme" – L'édito vidéo d'Antoine Nouis


"Quand un électeur voit ses conditions de vie se détériorer alors que les hauts salaires sont en augmentation, on comprend qu’il n’ait pas envie d’être poli avec son bulletin de vote !"

http://reforme.net/une/societe/63753-populisme-ledito-video-dantoine-nouis

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Julie Siegfried,protestant,femmes,histoire,histoire de france,

6 Avril 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire, #femmes, #feminisme, #france

Julie Siegfried
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Siegfried.
Julie Puaux-Siegfried, née à Luneray le 13 février 1848 et morte à Paris le 28 mai 1922, est une féministe française, présidente du Conseil national des femmes françaises de 1912 à 1922.


Sommaire [masquer]
1 Biographie
2 Notes et références
3 Sources
4 Liens externes
Biographie[modifier | modifier le code]
Julie Puaux est née dans une famille protestante et républicaine de la bourgeoisie normande, qui constitue un des pôles du milieu réformateur féminin. Elle est la fille de François Puaux1, pasteur de l'église réformée de Luneray et de Marie Mathilde Léoral, et la sœur de Frank Jean Alexandre Puaux (1844-1922), pasteur et historien du protestantisme et de Louise Puaux (1837-1914). Julie épouse l'homme politique et industriel Jules Siegfried, le 2 février 1869, à Alais (Gard)2. Elle est la mère d'André Siegfried (1875-1959) sociologue et académicien3.


Elle crée tout d’abord des œuvres tournées vers l’éducation des jeunes filles au Havre, ville dont son mari est maire : une école d’apprentissage et une école primaire supérieure en 1880, et un des tout premiers lycées de fille en 1885. Après l’élection de Jules Siegfried comme député de la Seine-Inférieure, le couple vit à Paris, 226 boulevard Saint-Germain. Julie Siegfried s’engage activement dans de nombreuses œuvres et associations féministes (elle participe aux conférences de Versailles, que Sarah Monod a créées, au journal La Femme4, à l'Union française pour le suffrage des femmes, etc.), et notamment au Conseil national des femmes françaises (CNFF), qu’elle préside de 1912 à 1922, à la suite de sa première présidente, (Sarah Monod, de 1901 à 1912). Julie Siegfried devient également vice-présidente du Conseil international des femmes, dont le CNFF est la branche française. Elle préside l'Association d'assistance en Alsace-Lorraine, fondée en 1915, qui distribue des aides dans ces régions, et la Ligue d'éducation morale.


Le CNFF est la plus importante organisation féministe du début du siècle (21 000 membres en 1901, presque 100 000 en 1914). Elle a pour but de promouvoir l’assistance, l’hygiène, l’éducation et le travail des femmes, mais s'engage surtout fermement en faveur de l’obtention du droit de vote pour les femmes. Le projet du vote des femmes, fortement soutenu par son époux, Jules Siegfried, est adopté à l’Assemblée nationale, mais échoue au Sénat.


En 1919, Julie Siegfried est promue chevalier de la Légion d'honneur5, sur contingent du ministre de l'intérieur, en tant que «présidente ou fondatrice d’œuvres d'assistance ou d’œuvres de guerre».


Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ François Puaux, notice du Musée virtuel du Protestantisme [archive].
↑ Léonore, acte de mariage. [archive]
↑ Notice de l'Académie française, élection en 1944) [archive]
↑ La Femme, journal, sur le site Gallica. [archive]
↑ Décret du 26 mai 1919 [archive].
Sources[modifier | modifier le code]
Dossier Léonore - Légion d'Honneur, Dossier c-211223, cote no 19800035/0210/27573.
Bulletin de liaison des sociétés savantes, no 9, mars 2004.
Hause Steven C., Waelti-Walters Jennifer, Feminisms of the Belle Epoque : A Historical and Literary Anthology, University of Nebraska Press, 1994.
Élisa Sabatier, Madame Jules Siegfried 1848-1922, Privas, Loubarie et fils, 1924.
Liens externes[modifier | modifier le code]
Dénomination d’une rue Julie Puaux-Siegfried au Havre, délibération municipale, 27 mars 2000
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Quelques jalons d'histoire du protestantisme à Paris des origines a 1787,protestant,histoire,histoire de france,PARIS,france,politiques,

2 Avril 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire de france, #histoire, #PARIS, #france, #politiques

Quelques jalons d'histoire du protestantisme à Paris
des origines a 1787





À l'aube du XVIe siècle une nouvelle phase de civilisation voit le jour avec la Renaissance. L'horizon géographique s'élargit, le commerce international s'intensifie, l'art découvre la perspective. L'imprimerie stimule la soif d'apprendre, la circulation des textes et des idées, puis la remise en cause de l'autorité religieuse qui bride la société. Paris, capitale marchande, intellectuelle, artistique et artisanale participe activement à ces évolutions.


Jacques Lefèvre d'Etaple


Jacques Lefèvre d'Etaple


Les premiers ferments de l'esprit de Réforme se manifestent très tôt, à proximité immédiate des murs extérieurs de Philippe Auguste qui enserrent alors Paris, à l'abbaye de St-Germain des Prés. Guillaume Briçonnet, son abbé, également évêque de Meaux, entreprend une réforme interne du clergé visant à plus de rigueur et au développement d'une prédication plus proche des évangiles. Il accueille en 1507 Lefèvre d’Etaples qui publie en 1509 une traduction des Psaumes. Attaqué en 1521 par la Sorbonne pour "Le commentaire des quatre évangiles", Lefèvre poursuit son travail à Meaux où est imprimé son Nouveau Testament en français (1523), traduit d’après la Vulgate latine, permettant un accès direct aux écritures. Ce milieu des "Bibliens" est protégé au début par François Ier influencé par sa sœur Marguerite d’Angoulême, reine de Navarre. La diffusion des évangiles imprimés développe la lecture en petits groupes, la pensée personnelle, le rejet d'un dogme imposé par une Eglise aux mœurs distendues et le monopole de l'Université-Faculté de Théologie crispée sur ses prérogatives.


En 1519, l'imprimeur bâlois Froben expédie en France plusieurs centaines d'exemplaires d'un recueil écrit par Luther. Lefèvre d'Etaples et les docteurs de la Sorbonne lui font bon accueil, mais ces derniers changent radicalement d'attitude sous la pression de Rome et d'un procès intenté par le syndic de la faculté de Paris, inspiré par le dogmatique Noël Béda, qui aboutit à la condamnation des écrits en 1521. Les livres sont brûlés, mais le long procès suscite des commentaires et de petites publications comme celle de Melanchthon, Adversius furiosum Parisensium Theologastrorum decretum Philippi Melanchthonis pro Luthero apologia, qui donnent un large écho aux idées du réformateur allemand.


En 1523, Jean Vallière est brûlé vif au Marché aux Pourceaux. Il est considéré comme le 1er martyr de la foi, suivi de Jacques Pauvant (ou Pavanne), un jeune clerc de l'évêché de Meaux, accusé d'avoir traduit des textes de Luther, brûlé en place de Grève en 1525 et célébré ainsi par Théodore de Bèze :


"Pavanes dedans la flamme,
Triomphe du monde infâme,
De l'erreur et de la mort"


En 1530, François 1er et Marguerite de Navarre encouragent l'esprit humaniste en fondant le Collège des Lecteurs royaux (futur Collège de France) où vont être étudiées les langues bibliques anciennes (grec et hébreu) écartées de l'enseignement de la Faculté de Théologie de Paris (Sorbonne). La clémence du roi s'estompera cependant devant les actes de désobéissance avérée envers l'Eglise et l'autorité papale qui lui semblent mettre aussi son royaume en péril...


Jean Calvin


Jean Calvin


Le jeune Jean Calvin (1509-1564) vient à 14 ans faire ses études à Paris, au Collège de la Marche puis au Collège de Montaigu sur la Montagne Ste-Geneviève, avant d'entreprendre en 1531 des études de droit à Orléans. Le 1er novembre 1533, le jeune recteur de l'université Nicolas Cop (fils du médecin personnel de François 1er) prononce à la chapelle des Mathurins un discours d'entrée sur le thème des Béatitudes contenant des allusions aux martyrs évangéliques. Le texte provoque un scandale ; il a été élaboré en collaboration avec Calvin, et tous deux doivent quitter Paris.


A la demande de Marguerite de Navarre, son aumônier Gérard Roussel, ami de Lefèvre d'Etaples, prêche le Carême de 1534 au Louvre devant une nombreuse assistance, déchaînant la fureur de Béda que le roi expulse de Paris.


L’affaire des placards dénonçant les "horribles abus de la messe papale", largement diffusés et apposés jusque sur la porte de la chambre du roi à Amboise le 18 octobre 1534, suscite la répression. Lire la Bible en français est interdit. Le milieu de l'imprimerie et de l'humanisme est particulièrement suspect, mais toutes les classes sociales -artisans, négociants, nobles- sont touchées par "les idées nouvelles" taxées d’hérésie. Les assemblées clandestines sont sanctionnées par l'arrestation et la condamnation des participants au bûcher en place de Grève devant l’hôtel de ville, au Marché aux Pourceaux, à la Croix du Trahoir et place Maubert. Un édit de 1535 tente même d'interdire l'imprimerie dont les activités sont essentiellement regroupées autour de la rue Saint-Jacques et les pentes de la montagne sainte-Geneviève.


La première église "à la mode de Genève" est "dressée" à Paris en 1555, rue des Marais Saint-Germain (actuelle rue Visconti) à l'occasion du baptême d'un nouveau-né. "Dressée" signifie dotée d'un conseil d'anciens qui désigne un pasteur pouvant administrer les deux sacrements reconnus par les réformés : la Cène et le Baptême. Jean Le Maçon de Launay de la Rivière, un jeune étudiant en droit de 22 ans passé par Lausanne et Genève où est établi Calvin, devient ainsi le 1er pasteur nommé par ses coreligionnaires à Paris. De nombreux protestants s'établissent rue des Marais, surnommée "la petite Genève", peu surveillée, hors les murs, et à cheval sur les juridictions de l’Université et de l’abbaye. Ils doivent commencer à enterrer discrètement les leurs dans le cimetière de la rue des Saints-Pères dont des colonnes dressées et une plaque apposée au n°30 perpétuent le souvenir.


En 1557, une assemblée protestante est surprise rue St-Jacques. On arrête 120 personnes. Sept sont brûlées vives ; Philippe de Luns, dame de Graveron, une jeune veuve de 23 ans, revêt sa robe de mariée (disant qu'elle allait rejoindre son époux céleste) pour monter à l'échafaud, elle est pendue Place Maubert après avoir été brûlée aux pieds et au visage.


En mai 1558, le pasteur Macar écrit à Calvin que des assemblées de 5000 personnes chantent des psaumes au Pré aux Clercs. Ces réunions prennent la tournure de démonstrations de force avec la présence de gentilshommes à cheval parmi lesquels Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et aboutissent à des affrontements avec la police.


En 1559, le 1er synode constitutif de l’église réformée de France se réunit clandestinement, au n°4 rue des Marais, dans une auberge tenue par un protestant nommé Le Vicomte. L'assemblée des représentants de 72 églises locales, présidée par le pasteur François de Morel, définit une organisation ou "discipline", et proclame la première confession de foi qui sera ratifiée au synode de la Rochelle en 1571.


Lors de la Mercuriale réunie aux Augustins le 10 juin 1559, Anne du Bourg, conseiller au Parlement de Paris, dénonce devant Henri II la négligence des cardinaux dans leurs fonctions : il est embastillé. La mort du roi, à la suite du funeste tournoi qui l'oppose à Montgomery, n'incline pas à la modération. Du Bourg rédige une longue confession de foi (recueillie par Antoine de Chandieu, pasteur à Paris de 1559 à 1563) qui lui vaut d'être pendu et brûlé comme hérétique en place de Grève, le 23 décembre.


De 1562 (Massacre de Wassy) à 1598 (Edit de Nantes), les guerres de religion divisent la France. Paris est le plus souvent dans le camp catholique des ligueurs menés par François de Guise et son frère le cardinal de Lorraine qui complotent dans leur hôtel du quartier du Marais (Hôtel de Soubise, Archives nationales) rue des Francs-Bourgeois, et organisent des processions mêlant moines armés et populace surexcitée.


L'Edit d'Amboise de mars 1563 interdit le culte à Paris, mais il se maintient secrètement par la lecture de la Bible en famille et des réunions clandestines chez des nobles et des particuliers. Ainsi, chez Pierre du Rozier, rue du Coq (actuelle rue Marengo) en 1567, où, en cas de danger, on transforme vite la pièce en salle de jeu. Tenir une assemblée chez soi, est sanctionné par le bûcher et la destruction de sa maison : à l'angle nord-ouest des rues des Lombards et Saint-Denis, aucune construction n'a jamais été rebâtie à l'emplacement de la maison de la famille Gastines qui y tenait des assemblées. Le parlement ordonna en 1571 que la maison soit rasée, qu'il n'en soit jamais reconstruite, et qu'une pyramide surmontée d'une croix portant une plaque de cuivre rappelle les raisons du jugement.


Catherine de Médicis s’efforça de maintenir une coexistence pacifique entre catholiques et protestants afin de préserver le pouvoir des Valois face aux Guise, catholiques radicaux, aux Montmorency et aux Bourbon modérés comportant des branches huguenotes. Sous les derniers Valois, des protestants œuvrent dans l'entourage immédiat du pouvoir : Jean Goujon orne de ses sculptures la nouvelle aile du Louvre ; Bernard Palissy exécute une grotte dans le jardin des Tuileries. Ambroise Paré est le médecin de quatre rois, il soignera les blessures du connétable de Montmorency, d'Henri II, comme de l'Amiral de Coligny.


Le mariage de Margot avec le fils de Jeanne d'Albret, allait dans ce sens mais, quelques jours après les fastes de la cérémonie, la présence des chefs protestants et de leurs suites rend les parisiens extrêmement nerveux.


24 août 1572 : la Saint Barthélemy stigmatise la fracture du royaume. La cloche du Louvre, relayée par celle de Saint-Germain-l’Auxerrois donne le signal du massacre. Gaspard de Coligny, blessé la veille, est assassiné en son hôtel de la rue de Béthisy*. 2000 à 3000* protestants sont tués à Paris, dont beaucoup de seigneurs provinciaux venus assister au mariage d'Henri de Navarre et Marguerite de Valois célébré le 18 août.


Henri IV


Henri IV


Henri IV mettra quatre années pour prendre possession de Paris; il lui faudra auparavant combattre les armées ligueuses des Guise, abjurer solennellement à Saint-Denis, être couronné à Chartres, assiéger Paris et y pénétrer par ruse le 22 mars 1594. Le roi s'est converti, mais il s'entoure de protestants qui reviennent à Paris, occupent des fonctions importantes, se font une place dans le commerce et la finance. Henri IV s’attache à moderniser, embellir et désenclaver la ville, faisant œuvre d'urbaniste. Il confie à Androuet du Cerceau la création d'un nouvel axe Nord-Sud avec le Pont Neuf -sans construction, uniquement dédié à la circulation-, assorti du programme immobilier de la place Dauphine dont le promoteur est Achille de Harlay. Le jardin des Tuileries est planté de mûriers à l'instigation d'Olivier de Serres. Les architectes protestants Androuet du Cerceau et Salomon de Brosse construisent la Place Royale (future place des Vosges) où s'installeront de nombreux coreligionnaires dont le marquis de Ruvigny, gouverneur de la Bastille, Isaac Arnauld*, le contrôleur du commerce et de l'industrie Barthélemy de Laffemas, les de Beringhen, secrétaires du roi. Sully, le plus proche conseiller du roi, accumule les charges; il habite à l'Arsenal puis place Royale avant de se faire construire l'hôtel de la rue Saint Antoine. Les faubourgs Saint-Germain et Saint-Marcel (Gobelins) sont toujours parmi les quartiers privilégiés par les protestants (les Gobelins teinturiers et liciers se sont établis au bord de la Bièvre au XVes. ; ralliés très tôt à la Réforme, ils fréquenteront le temple de Charenton). M.-E. Richard précise qu'alors, "Paris dénombrait alors 20 000 à 30 000 fidèles, soit le dixième de la population ... il s'agissait souvent de membres de classes élevées, dont l'importance sociale et économique était considérable. La sœur du roi, Catherine*, avait conservé la foi de sa mère; des ministres, des ducs et pairs, des hauts fonctionnaires allaient au prêche qu'elle faisait célébrer dans le Louvre même", dans la salle des Caryatides qui pouvait contenir 5000 personnes, ou en son hôtel de Soissons, lors de ses séjours parisiens. Les pasteurs de l’ « Eglise de Madame » sont d’anciens aumôniers de son frère, comme François de Lobéran de Montigny, Antoine de La Faye et Jacques Couët, qui, après 1598, animeront le consistoire de Paris.


édit de Nantes


Edit de Nantes


En 1598, Henri IV, avec l’édit de Nantes reconnaît la liberté de conscience mais le culte ne peut être pratiqué que dans certaines conditions, pas à moins de 4 lieues de Paris. Josias Mercier l'accueille à Grigny en 1599, puis un temple est construit à Ablon-sur-Seine (1600-1603), et enfin à Charenton, où le temple construit sur les plans de Salomon de Brosse en 1607 pouvait contenir 4000 personnes. Les parisiens s'y rendaient à pied ou par coche d'eau, ce qui représentait une véritable expédition et la navigation sur la Seine était souvent périlleuse. 19 pasteurs officièrent à Charenton. Pierre du Moulin (de 1599 à 1621), Michel Le Faucheur (1637 à 1657), Jean Mestrezat (1614 à 1657), Jean Daillé (1626 à sa mort en 1670), Charles Drelincourt (1620 à sa mort en 1669), Jean Claude (1666 à 1685), Pierre Allix (1671 à 1685 mort 1717) en sont les plus marquants, atteignant un large cercle par la publication de leurs sermons ou leurs écrits* relevant de la littérature d'édification et de la controverse.


Dès 1598, et surtout après la paix d’Alès (1629) qui met un terme aux guerres de religion de Louis XIII (sièges de La Rochelle et de Montauban), la Contre-Réforme par ses controverses et ses influences multiples travaille à obtenir des conversions sincères ou forcées. Pierre de Bérulle fonde en 1611, à Paris, l’Oratoire de France afin de former une élite de prêtres, théologiens et prédicateurs, pour lutter contre l’hérésie protestante…


Rares sont les protestant en vue, mais Valentin Conrart (Paris 1603-1675), conseiller-secrétaire de Louis XIII, réunit chez lui un cercle d'hommes de lettres qui formeront le noyau de l'Académie française dont il rédigera les règlements pour Richelieu en 1635. Il en sera le premier secrétaire, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort en dépit de son appartenance à la religion réformée et de liens avec les pasteurs de Charenton. Egalement protestant, Paul Pellisson rédigera la première histoire de l'Académie française, sera le secrétaire de Fouquet puis le biographe du roi, mais il abjurera en 1670.


Sous Louis XIV, des édits interdisent progressivement aux « prétendus réformés » la plupart des métiers ; les humiliations, les complications, l'envoi aux galères, les poussent à pratiquer silencieusement, abjurer ou émigrer.


édit de Fontainebleau


Edit de Fontainebleau


En 1685, l'aboutissement de cette politique amène Louis XIV à révoquer l’édit Nantes par l'édit de Fontainebleau mettant un terme à la coexistence de deux cultes dans le royaume. Le temple de Charenton est détruit, les protestants n'ont plus de cimetière pour ensevelir leurs morts. Les pasteurs ont 15 jours pour quitter le royaume : les pasteurs Claude, Mesnard et Allix quittent Paris pour la Hollande. Des anciens comme le duc de la Force sont emprisonnés à Vincennes. Environ 200 000 protestants choisissent "le Refuge", c'est à dire l'exil en Hollande, Suisse, Allemagne ou Angleterre. Certains abjurent du bout des lèvres mais pas du cœur. Les enfants peuvent être enlevés à leur famille, les jeunes filles confiées à une trentaine de couvents parisiens tenus par les Visitandines (rue Saint-Antoine) ou les Ursulines, spécialisées dans une éducation visant à leur conversion. L'Oratoire est un des lieux d'abjuration publique. En 1700, la princesse palatine Marie-Elisabeth des Deux-Ponts (Suède) y abjure; en 1702, Eléonore Charlotte de Wurtemberg-Montbéliard.


L'application stricte de l'édit de Fontainebleau est un peu tempérée à Paris, la répression moins sévère que dans le reste du royaume grâce à la présence des ambassades étrangères. En principe, seuls les étrangers peuvent pratiquer leur foi dans les chapelles d'ambassades -extraterritoriales- des pays protestants -Hollande, Suède, Brandebourg, Angleterre et Danemark- mais les parisiens les fréquentent discrètement, des provinciaux plus ponctuellement, assistant à un culte, y faisant bénir leur mariage, baptiser leurs enfants. Ces actes sont consignés dans les registres*. On y échange des nouvelles avec le Refuge et des conseils pour fuir. Ces ambassades changent souvent d'adresse* au gré de la résidence des ambassadeurs et de leurs chapelains, mais sont le plus souvent situées sur la rive gauche aux abords du faubourg St-Germain. Les infirmeries des ambassades de Suède et du Danemark soignent des malades protestants harcelés pour obtenir une conversion ou évincés des hôpitaux parisiens tenus par l'Eglise.


Des artisans luthériens sont attirés par Louis XIV et Louis XV pour compenser l'exode des ouvriers et artisans protestants partis avec leur savoir-faire. Ils s'établissent hors les murs au Faubourg St-Antoine, mais Jean-François Oeben, ébéniste du roi, sera logé à l'Arsenal. Son élève et successeur Jean-Henri Riesener terminera le bureau de Louis XV (Versailles) et habitera aux Gobelins. Protégé par son statut d'étranger, Isaac Mallet, banquier-négociant, descendant de huguenots rouennais émigrés en Suisse fonde à Paris en 1713 la maison Mallet et fréquente la chapelle de Hollande.


Durant cette période dite du "Désert", les "Eglises sous la croix" sont animées dans la clandestinité par des pasteurs itinérants, formés à partir de 1726 au séminaire de Lausanne fondé par Antoine Court, qui réorganise le protestantisme par la convocation de synodes, le respect de la "discipline" calviniste, et donne une nouvelle vigueur au protestantisme. Ce terme d'Eglises sous la croix est associé dans la lunette axiale de la grande sacristie de l'Oratoire à la mémoire des pasteurs arrêtés à Paris dans les années 1689-1692 et qui finirent leurs jours dans des conditions d'isolement draconien dans les geôles du fort de l'Ile Saint-Marguerite, au large de Cannes. Il s'agit de Paul Cardel, Gabriel Maturin, Pierre de Salve de Bruneton, Matthieu de Malzac, Gardien de Givry, Elysée Giraud*.


Sous Louis XV, les ordonnances et édits sont toujours officiels. Par la déclaration de 1724 l'obligation catholique est imposée "à ceux de la RPR": obligation de faire baptiser les enfants dans les 24 heures dans les églises de paroisse, d'envoyer les enfants dans les écoles et au catéchisme jusqu'à 20 ans, obligation de recevoir le curé pour les malades qui sont menacés de confiscation de leurs biens et de bannissement s'ils recouvrent la santé. Un "certificat de bonne vie et mœurs et de catholicité" permet d'exercer certaines charges et métiers. Les dernières persécutions systématiques cessent en province vers 1752-55 ; à Paris, la présence des ambassades étrangères assure une certaine tranquillité. Les curés sont incités à être plus accommodants pour marier et baptiser les protestants, espérant les faire progressivement rentrer dans le rang. On traque les pasteurs et les assemblées clandestines, mais on ferme les yeux sur le culte familial. On taxe de "jansénistes" les partisans d'une moindre rigueur envers les huguenots.


Les pays protestants du nord de l'Europe connaissent à la fin du XVIIe et au XVIIIes. une prospérité intellectuelle, industrielle et commerciale. Au delà des frontières les savants des académies et universités européennes échangent leurs informations en une "République des Lettres", échappant à l’intolérance religieuse et à la censure. Les ouvrages religieux édités "au Refuge" circulent par les voies du négoce. Les protestants entretiennent des liens avec leurs cousins huguenots exilés, envoient leurs enfants (dès 8 ans) faire leurs études en Suisse, Allemagne, Hollande et Angleterre où ils reçoivent une solide éducation conforme à leurs souhaits et où ils se marient souvent (leur statut est ainsi reconnu, leurs enfants légitimes) avant de revenir et faire prospérer les affaires familiales. Ils contribueront à l'émergence d'une bourgeoisie protestante transnationale de banquiers, négociants et manufacturiers respectés et appréciés pour leur intégrité morale.


Les encyclopédistes ne se préoccupent pas directement du sort des protestants, mais ils reprennent beaucoup d'éléments au Dictionnaire de Pierre Bayle édité en Hollande, et le marquis Louis de Jaucourt, éduqué à Genève, Cambridge et Leyde, resté protestant tout en se pliant aux formalités du mariage et du baptême catholique, fournit un quart des articles de l'Encyclopédie. En 1763, Voltaire émeut l'opinion en publiant son Traité sur la tolérance dénonçant l'erreur judiciaire dont a été victime le protestant toulousain Jean Calas, accusé d'avoir tué son fils, et obtient sa réhabilitation posthume en 1765. Une fille de Calas épousera un chapelain de l'ambassade de Hollande.


Des contacts s'établissent entre les autorités et quelques pasteurs comme le nîmois Paul Rabaut qui vient à Paris en 1755 invité par le prince de Conti. Antoine Court de Gébelin, fils d'Antoine Court, vit ouvertement à Paris de 1763 à sa mort en 1784, considéré comme un des esprits les plus érudits de son temps, économiste, physiocrate, linguiste et membre influent de la franc maçonnerie "illuministe" de la loge des Neuf Sœurs. Le "comité" secret des réformés parisiens craint ses audaces et ne lui délègue pas de pouvoirs lorsqu'il veut faire reconnaître conjointement l'état civil et le culte public. Les protestants sont divisés quant à adopter une stratégie trop offensive, mais les mentalités évoluent en leur faveur. On brasse beaucoup d'idées "éclairées" dans les cercles des salons et des cafés, dont plusieurs sont familiers, comme Jean-Jacques Rousseau.


La guerre d'indépendance américaine est très suivie en France, la déclaration d'Indépendance prônant en 1776 la liberté et l'égalité des hommes particulièrement bien accueillie. Benjamin Franklin en séjour à Paris entre 1776 et 1785 est reçu par toute la communauté scientifique et littéraire parisienne, La Fayette accueilli avec enthousiasme à la cour en 1787.


Louis XVI subit l'influence des Lumières et entreprend des réformes concernant le droit des personnes avec l'abolition de la torture. Il fait appel au financier protestant suisse Necker pour redresser les finances et accorde une subvention à Mme Necker lorsqu'elle fonde l'hôpital de la rue de Sèvres en 1778. Malesherbes publie en 1785 un mémoire sur le mariage des protestants insistant sur la nécessité d'un état civil ; il rencontre des pasteurs chez le marquis de Jaucourt (descendant de Duplessis-Mornay), dont l'hôtel est surnommé "la maison des Huguenots" lors des pourparlers de l'édit de Tolérance.


édit de Fontainebleau


Edit de Tolérance


Le 7 novembre 1787, Louis XVI signe à Versailles l’édit de Tolérance enregistré par le Parlement le 29 janvier 1788. La religion catholique demeure la religion officielle du royaume de France mais l'édit consacre juridiquement la présence des protestants en leur accordant l'état-civil, et admet l’existence d’un culte privé différent (protestant ou juif) quoique l'exercice du culte public demeure interdit. Il marque la fin officielle des persécutions et l'autorisation d'exercer la plupart les métiers libéraux et du commerce, à l'exclusion de ceux de l'administration et de l'éducation.


L'édit de Tolérance, encore très restrictif, est une première reconnaissance officielle du protestantisme français après un siècle de clandestinité et d'éviction. Les protestants aspirent à ce que leurs droits de citoyens soient pleinement reconnus, à la liberté et à une justice impartiale. A Paris, ils vont s'organiser, faire appel au pasteur Marron, ancien aumônier de la chapelle de Hollande, et louer dès que possible pour leur communauté un "digne" lieu de Culte dans l'église désaffectée Saint-Louis du Louvre. Par ses contacts privilégiés avec l'étranger où le protestantisme s'est développé sans contrainte, une élite protestante bourgeoise a acquis une vision internationale libérale et dynamique. Ces hommes vont participer aux évènements révolutionnaires, rejeter les violences de la Terreur et saisir toutes les opportunités que la reconnaissance juridique leur procurera. Le malheur les a rendus sensibles à l'arbitraire, à l'injustice civique et sociale; dans la prospérité ils prendront soin des défavorisés et feront souvent œuvre de philanthropie.


Christiane Guttinger
extrait du livre du bicentenaire


Sources :


Inscriptions de la lunette Sud de la grande sacristie de l'Oratoire.
Société d’Histoire du Protestantisme français (SHPF), boites d'archives 006Y
Henri Dubief, Jacques POUJOL, La France protestante. Histoire et lieux de mémoire, Les Editions de Paris, 2e édition, 1998.
Francis Garrisson, Genèse de l’Eglise réformée de Paris, 1788-1791, BSHPF, n°127, p.25
Christian Grand, Trois siècles de banque (de Neuflize, Schlumberger, Mallet) de 1667 à nos jours, Ed. EPA, 1991.
Denise Hourticq, Robert Lecomte, Pierre Poujol, Le Paris protestant du XVIe siècle à nos jours, 1959.
Emile G. Léonard, Histoire générale du protestantisme, P.U.F. 1988, t.II, chap. 3.
Armand LODS, L'Eglise réformée de Paris de la révocation à la révolution, 1685-1789, Paris, Fischbacher, 1889, 16 pages, discours prononcé à l'occasion du centenaire du 1er exercice public du culte protestant à Paris, 7 juin 1789-7 juin 1889..
Jacques PANNIER, L’Eglise réformée de Paris sous Henri IV, Honoré Champion, Paris 1911 et Slatkine reprints, Genève 1977
Michel-Edmond RICHARD, La vie des protestants français de l'édit de Nantes à la Révolution (1598-1789), Les éditions de Paris, 1994.
Philippe Vassaux, De la chapelle de Hollande à l’Oratoire du Louvre, Feuille Rose n°647, 1985.
Encyclopédie du protestantisme, Ed. Cerf-Labor et Fides, 1995.
Dix-huitième siècle, Le protestantisme français en France, Revue annuelle publiée par la Société française d'Etude du 18e siècle, 1985, tome 17, PUF. Articles de Georges Gusdorf, Daniel Ligou, Jacques Proust, Daniel Robert, John Woodbridge, etc.
Musée virtuel du protestantisme : site www.museeprotestant.org
Notes


* Situé à une centaine de mètres du Louvre, à la hauteur du 136 rue de Rivoli et non du 144 comme l'indiquait une plaque)


* Chiffre retenu par les historiens pour les victimes à Paris et 10 000 pour la France. Cf. Jouanna, Arlette, La Saint-Barthélemy,


* Dont une grande partie de la famille embrassa le Jansénisme au XVIIes..


* de Bourbon, dite « Madame ».


* Marianne Carbonnier-Burkard, "Les pasteurs français, auteurs d'une littérature d'édification au XVIIe siècle", BSHPF, t. 156/1, 2010, p.37-48.


* Janine Driancourt-Girod, a retrouvé plusieurs de ces registres et par ses recherches révélé tout un pan d'histoire méconnu jusqu'alors et publié : L'insolite histoire des luthériens de Paris, de Louis XIII à Napoléon, Albin Michel, 1992 et Ainsi priaient les luthériens, Cerf, 1992.


*L'ambassade de Suède où un culte est célébré à partir de 1626 sera presque toujours localisée rive gauche entre la rue du Bac et le faubourg St-Germain et le faubourg St-Jacques (à l'Hôtel Cavoye, rue des Saints Pères, en1641-45). Au XVIIIes, l'ambassade du Danemark et sa chapelle où prêchaient des pasteurs germanophones, suivront les résidences de l'ambassadeur rue de Bourbon, au coin de la rue du Bac, rue des Francs-Bourgeois, rue des Petits-Augustins, Place Royale (1763), quai Malaquais (1703-70), quai des Théatins... Au XVIIIe s, l'ambassade de Hollande est rue de Tournon.


* Un "Mémorial Huguenot" a été aménagé dans leurs anciennes cellules. Voir Sylvie Cadier, Libre Sens, Les Musées du protestantisme, réédition 2010.








Le temple de Charenton, le lieu de culte officiel de Paris sous l'Edit de Nantes


Le temple de Charenton, le lieu de culte officiel de Paris sous l'Edit de Nantes




Eglise Réformée de l'Oratoire du Louvre
temple : 1 rue de l'Oratoire et 145 rue Saint Honoré 75001 Paris
secrétariat : 4 rue de l'Oratoire 75001, téléphone : 01 42 60 21 64 (international : +33 142 602 164)
accueil : accueil@oratoiredulouvre.fr
pasteur : pasteur@oratoiredulouvre.fr

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