Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

sante

Vivre : Paroles pour une éthique du temps présent,protestant,sante,

6 Décembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #sante, #livres

 
Vivre : Paroles pour une éthique du temps présent
INFOSCRITIQUES (0)CITATIONS (0)
Vivre : Paroles pour une éthique du temps présent par Schweitzer
AJOUTER À MES LIVRES
 
Albert Schweitzer
ISBN : 2226077529 
Éditeur : ALBIN MICHEL (1995)
Résumé :
Prix Nobel de la Paix, le docteur Schweitzer demeure, trente ans après sa mort, le grand "ancêtre" de l'action humanitaire internationale, précurseur de la médecine de terrain dans les pays du Sud. Mais se souvient-on que le pasteur luthérien fut aussi le premier penseur de ce que nous appelons aujourd'hui l'écologie, tout autant qu'un théologien d'avant-garde ? Rendu célèbre par son exceptionnel talent de prédicateur, Albert Schweitzer ne sacrifiait jamais aux facilités de l'éloquence ni à celles de l'érudition lorsqu'il commentait l'Évangile. Son seul souci - et les dix-huit sermons rassemblés ici en témoignent - était de rendre compréhensible à tous l'invitation de Jésus à vivre concrètement, ici et maintenant, une éthique fondée sur le respect universel de tous les êtres vivants.
 
http://www.babelio.com/livres/Schweitzer-Vivre--Paroles-pour-une-ethique-du-temps-present/407943
Lire la suite

Le stress homme/femme,sante,couples,

4 Novembre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #couples, #sante, #sexes

Le stress homme/femme
Le stress homme/femme
 
20.10.16 - Suite à l’article paru dans Family (éd. août-octobre), un lecteur enrichit l’approche jugée incomplète de l’auteur à succès John Gray.
Votre article véhicule la pensée que la différence avec laquelle les femmes et les hommes réagissent face au stress est principalement engendrée par une différence hormonale (testostérone/ocytocine). Par conséquent, il suggère des comportements et des attitudes que le partenaire concerné devrait adopter afin de combler les besoins de l’autre et ainsi contribuer à son ressourcement.
Ce raisonnement me semble réducteur. En effet, la gestion du stress chez l’être humain est beaucoup plus complexe que ce que l’on peut imaginer et ne peut être réduite à de simples différences hormonales entre hommes et femmes.

 

Une question d’individu 
A ma connaissance, la gestion du stress est individuelle et dépend également de la personnalité de l’individu, de la situation dans laquelle il se trouve, des ressources dont il dispose ainsi que de la nature même du stress. 
Par conséquent, un homme peut tout à fait réduire son stress après une journée de travail en ayant un temps de partage et d’intimité avec son épouse, comme une femme peut se ressourcer en décompressant et en lisant le journal.
Je m’interroge également sur le bien-fondé de l’explication selon laquelle la testostérone (pour les hommes) et l’ocytocine (pour les femmes) seraient responsables de la réduction du stress chez l’homme et la femme. Qu’en est-il alors pour les hommes qui ont un niveau de base de testostérone faible, ou pour les femmes qui on un niveau d’ocytocine en dessous de le moyenne? Sont-ils dès lors moins résistants au stress et, par conséquent, plus vulnérables pour des troubles comme la dépression, l’anxiété ou le burnout?
A nouveau, réduire la gestion du stress au simple niveau de testostérone ou d’ocytocine chez l’homme ou la femme me semble incomplet. On sait aujourd’hui que la gestion du stress, au niveau physiologique comme au niveau psychologique, passe par des techniques qui visent à régulariser le niveau d’adrénaline et de cortisol chez l’individu (comme par ex. la respiration abdominale, l’activité physique, etc.). 
A ce sujet, la production d’ocytocine peut également être provoquée intentionnellement dans le couple par une communication empathique et par le toucher. Et, contrairement à ce que laisse à penser votre article, celle-ci réduit le stress tout autant chez l’homme que chez la femme.
En résumé, l’idée que l’homme et la femme sont différents face au stress à cause de leurs hormones me semble exagérée, et risque plutôt de nourrir des stéréotypes voire un certain sexisme dans la société comme dans l’Église. En outre, cela peut également mener les couples à avoir des attitudes et des comportements vis-à-vis de leurs partenaires qui ne satisfassent pas leurs vrais besoins en situation de stress. 

Marco Gemmiti, psychologue et chercheur à l’Université de Fribourg
http://www.magazine-family.info/articles.php/le-stress-homme-femme-15479.html

Lire la suite

Le nouveau défi de l'insertion, c'est enrayer la solitude des vieux;solitude,sante,societe,

16 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #societe, #sante, #solitude

Le nouveau défi de l'insertion, c'est enrayer la solitude des vieux
Gilles Bridier Economie 24.03.2015 - 15 h 30, mis à jour le 24.03.2015 à 15 h 30
Une dame en Grande-Bretagne en 2014. REUTERS/Stefan Wermuth
Une dame en Grande-Bretagne en 2014. REUTERS/Stefan Wermuth
On vit de plus en plus vieux, mais on vieillit de plus en plus seul. La société doit s’adapter pour offrir une plus grande autonomie aux personnes âgées et entretenir le lien social. La réponse n’est pas forcément dans les «gérontechnologies».


Vivre plus vieux... mais de quelle manière? L’espérance de vie progresse. Pour l’Ined, elle a doublé en un siècle. Et sur les dix dernières années, elle a augmenté de trois ans pour les hommes et de deux ans pour les femmes, observe l’Insee.
Ainsi, si on considère les personnes de 75 ans et plus qui composaient 7% de la population en 2000, elles sont aujourd’hui 9% et devraient représenter 16% des Français vers 2050. C'est-à-dire que, en un demi-siècle seulement, la proportion de ces personnes au sein de la population française aura été multipliée par deux. Et à cet horizon, la France comptera quatre fois plus de personnes de 85 ans et plus qu’aujourd’hui.
Bravo à la médecine qui, associée à l’évolution des modes de vie et de l’hygiène, permet de vivre plus longtemps. Mais les personnes âgées trouvent-elles leur place au sein de leur environnement social? Pas sûr. Car vieillir isole. Selon la Fondation de France, 21% des personnes de plus de 75 ans éprouvent un sentiment de solitude. On vieillit plus longtemps, mais aussi plus seul.
Aussi, les personnes âgées sont-elles aujourd’hui surreprésentées parmi les Français qui souffrent d’une rupture du lien social: 23% des personnes en situation d’isolement ont plus de 75 ans, soit plus de deux fois leur poids démographique.
Moins d’insertion, plus de solitude
Cet isolement est subi, pas choisi. Et il progresse très vite: parmi cette population, le sentiment d’isolement est passé de 16% à 27% en seulement quatre ans. «De toutes les générations, celle des 75 ans et plus est celle qui a été la plus impactée par la montée des solitudes en France», constate la Fondation.
L’insertion sociale des personnes âgées pose un vrai défi aux gouvernements. Pourtant, vieillir n’est pas une maladie et, même après la cessation de l’activité professionnelle, un homme a encore en moyenne une durée de vie de 23 ans, et une femme de 27 ans. Ces citoyens ont leur place dans la vie de la cité. Et même jusqu’à des âges avancés.
Certes, les situations de dépendance compliquent les prises en charge. Quatre Français sur dix sont confrontés à la perte d’autonomie d’un proche. Parmi eux, selon l’institut CSA, les trois quarts ne souhaitent ou ne peuvent prendre en charge la personne à leur propre domicile.
Mais les problèmes apparaissent aussi en dehors de ces situations de dépendance, pour des personnes âgées qui aspirent à conserver des liens sociaux, à privilégier l’échange avec des proches, mais qui ne peuvent plus être une force de proposition pour entretenir ces liens et vivent l’éloignement comme une exclusion.
L'isolement à domicile
Le principal problème qui se pose est celui du lieu d’hébergement de la personne âgée.
Dans leur très grande majorité, les personnes du quatrième âge souhaitent rester à leur domicile. Sur un plan économique, compte tenu de la pression démographique, c’est effectivement la meilleure solution, souligne le Centre d’analyse stratégie (devenu France Stratégie). Encore faut-il pouvoir adapter les habitats aux conditions de vie des personnes âgées, et éviter que le maintien à domicile de personnes vivant souvent seules ne renforce leur isolement.
Des réflexions progressent et débouchent sur des initiatives, à l’image de l’action de la Caisse des Dépôts à travers son programme d’adaptation de logements qui lui permettra de disposer en 2020 de près de 14.000 logements adaptés, soit dans ses constructions neuves soit dans ses programmes de réhabilitation.
La Caisse a par ailleurs signé début mars une convention par laquelle elle s’engage, entre autres, à soutenir les travaux réalisés dans le cadre de la «silver économie». La filière a été mise en place en avril 2013 pour développer une véritable industrie autour des «gérontechnologies», industrie qui consiste à adapter les nouvelles technologies aux besoins des personnes âgée afin d’améliorer leur autonomie.
Mais si les nouveaux dispositifs de télé-assistance doivent favoriser le maintien à domicile de ces personnes (une norme Afnor spécifique a même été mise au point), il n’est pas sûr qu’elles apportent les réponses appropriées à leur sentiment d’isolement.
D’autant que les seniors ne composent pas un ensemble homogène. Si leurs capacités d’adaptation aux évolutions technologiques sont bien réelles, elles varient malgré tout selon l’âge. On n’intègre pas les technologies de la communication dans son univers de la même façon à 60 ans, 75 ans ou 90 ans. Pour les plus âgés, des problèmes d’habileté manuelle ou d’acuité visuelle pour composer des numéros sur un clavier, de défaillance dans l’audition ou dans l’expression pour les commandes vocales, compliquent singulièrement l’adaptation culturelle à des objets connectés.
Créer de nouvelles solidarités
Mais surtout, si ces technologies peuvent apporter un supplément de confort et d’autonomie, elles ne répondent pas au besoin de socialisation. «On pallie les incapacités du corps, mais ça ne donne pas un rôle social à la personne, commente le sociologue Serge Guérin. On fonctionne dans une logique où on a de la technologie et on cherche à la mettre dans le secteur des personnes âgées. Il faut prendre le problème dans l’autre sens: est-ce que la technologie peut apporter quelque chose aux personnes âgées, et si oui quoi?»
Analysant la société face au vieillissement dans un rapport de l’Observatoire de la fin de vie, le sociologue préfère insister «sur la complémentarité des solidarités publiques et des solidarités familiales et de voisinage: le développement des premières ne justifie pas le renoncement aux secondes, mais peut au contraire contribuer à leur évolution». Et pas seulement à travers des technologies ciblées.
On doit alors souligner l’importance du soutien des prestataires spécialisés dans les services à la personne qui, outre leur mission d’assistance à domicile, entretiennent le lien social. Mais à ce jour, les solutions doivent encore être structurées. Afin qu’une plus grande professionnalisation dans ce secteur permettent d’offrir des carrières et des solutions de vie qui correspondront à l’augmentation prévisible des besoins.
Le problème prend de l’ampleur: il concerne d’ailleurs aussi bien les personnes âgées qui vivent à domicile que celles qui, placées en établissements spécialisés, sombrent pour 15% à 20% d’entre elles dans un état dépressif. C’est l’une des explications du suicide qui, d’après l’Observatoire, «est l’une des trois principales causes de décès de la personne âgée, avec le cancer et les maladies cardio-vasculaires».
En France, chaque année, 3.000 personnes de plus de 65 ans mettent fin à leurs jours, dont près de la moitié à leur domicile. Encore cette statistique apparaît-elle sous-estimée, certains suicides n’étant pas enregistrés comme tels. 30% des suicides en France pour 20% de la population... avec une prévalence accrue pour les plus de 85 ans.
Le Parlement, qui tarde à se saisir du projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement, devra plancher sur ces questions qui ramènent toutes à s’interroger sur l’insertion sociale des personnes âgées. En fait, des millions d’individus qui vivent l’isolement comme une exclusion d’autant plus longue qu’ils vivent plus vieux.
Gilles Bridier

http://www.slate.fr/story/99129/insertion-enrayer-solitude-vieux

Lire la suite

Un Français sur 10 a moins de «trois contacts directs» par an,solitude,sante,

16 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #sante, #solitude, #societe

Un Français sur 10 a moins de «trois contacts directs» par an
Slate.fr France 01.07.2010 - 0 h 00, mis à jour le 01.07.2010 à 17 h 17


La grande enquête sur la solitude des Français de la Fondation de France, diffusée par France Info et Le Parisien/Aujourd'hui en France jeudi 1er juillet, a de quoi faire frémir. Un Français sur dix avoue vivre seul, replié sur lui, coupé de tout réseau social: sans lien familial, ni professionnel, ni amical, ni associatif, comme le rapporte notamment France Info.
Sans doute encore plus frappant, on apprend que ces 4 millions de personnes ont en une année moins de trois «contacts directs», c'est-à-dire de conversation personnelle avec autrui.
Autre chiffre de cette enquête: un Français sur quatre est en situation d'exclusion potentielle car relié aux autres que par un seul réseau.
On a tendance à réserver ces situations d'immense solitude aux personnes âgées. Ce n'est pas le cas. L'isolement commence à se manifester de manière sensible dès la quarantaine, indique l'enquête. Plus de la moitié des solitaires ont moins de 60 ans, un tiers ont moins de 50 ans. La solitude touche 16% des plus de 75 ans, 9% des 40-49 ans, 11% des 50-59 ans, 15% des 60-74 ans.
Quelles en sont les causes? Dans 56% des cas, une rupture familiale, un deuil, une séparation, ou le départ des enfants du domicile peuvent être à l'origine de l'isolement. Dans 15% des cas, une rupture professionnelle. Dans 7% des cas, c'est un déménagement. La précarité est également un facteur déterminant. On a quatre fois plus de risques de se retrouver en situation d'exclusion avec 1.000 euros par mois qu'avec 4.000 euros mensuels.
La solitude est-elle synonyme de grande ville et ou de campagne? L'étude tranche: l'isolement touche autant les deux.
Les réseaux sociaux ne sont d'aucune aide pour faire face à cette solitude. Neuf solitaires sur 10 déclarent ne pas y aller par manque de courage et d'envie de chercher des amis. Ce refus est révélateur d'une tendance plus générale des grands solitaires à se refermer peu à peu sur eux-même, notamment par culpabilité de leur propre situation. Une conclusion bien pessimiste puisqu'«une fois que la solitude s'installe, il est difficile d'en sortir».
[Lire l'article sur France Info ]
Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr
Photo: Loneliness/caitra via Flickr CC License By
Slate.fr

http://www.slate.fr/story/23987/francais-solitude

Lire la suite

Les inégalités sont aussi une question de solitude,solitude,sante,emploi,

16 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #sante, #solitude, #societe, #emploi

Les inégalités sont aussi une question de solitude
Olivier Galland et Telos Economie 16.10.2015 - 15 h 52, mis à jour le 19.10.2015 à 11 h 17
Einsam im Morgennebel, Loneliness. Peter Heilmann via Flickr CC License by.
Einsam im Morgennebel, Loneliness. Peter Heilmann via Flickr CC License by.
Si on les relie généralement à la situation professionnelle, de nouvelles lignes de fracture apparaissent.


Les inégalités sont généralement pensées comme étant liées à la position professionnelle: en haut les dirigeants d’entreprises ou les traders, en bas les ouvriers ou les petits employés, au milieu les cadres moyens et techniciens. Cette vision stratificationniste des inégalités conserve bien sûr sa valeur; les inégalités de revenu entre catégories socioprofessionnelles ou entre salariés et détenteurs de patrimoine et de capitaux restent une question centrale. Pourtant, de nouvelles lignes de fracture apparaissent dans la société, qui ne sont plus seulement indexées sur la position professionnelle. Parmi ces nouveaux facteurs de risque, partiellement indépendants du statut social, le développement de la vie solitaire tient une place importante.
Aujourd’hui en France, d’après le recensement de 2011, 34% des ménages sont constitués d’une seule personne. Dans le nord de l’Europe, ces situations sont encore plus fréquentes: les «singletons» forment entre 40 et 45% de l’ensemble des foyers! Mais ce phénomène se développe dans le monde entier. Aux ménages d’une personne stricto sensu, on peut ajouter les familles monoparentales (surtout constituées de femmes vivant avec un ou plusieurs enfants), qui représentent 8,5% des foyers français.
La progression de la vie solitaire a été spectaculaire: la part des Français concernés (c’est-à-dire vivant dans un ménage de ce type) a plus que doublé de 1975 à 2012, passant de 8% à 19%. Les familles monoparentales étaient quasiment inexistantes en 1975; 8% des Français y vivent dorénavant. Au total, nettement plus d’un quart des Français sont concernés par ces situations. C’est donc loin d’être un phénomène marginal.
Il y a bien sûr une assez grande hétérogénéité dans les populations qu’elles touchent. Tous ceux qui vivent seuls ne connaissent pas la précarité, ni forcément la solitude entendue comme une raréfaction des liens sociaux. Les étudiants, par exemple, qui vivent souvent seuls (40% sont dans ce cas), sont le plus souvent entourés et très fortement aidés matériellement et affectivement par leur famille. Ils ont aussi souvent une vie sociale intense, même si une minorité non négligeable d’entre eux peuvent être également touchés par un sentiment d’isolement (d’après l’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante, 1 sur 5 en fait état concernant la semaine ayant précédé l’enquête en 2013).
Divorce et mortalité différentielle
En réalité, deux phénomènes ont surtout favorisé le développement de la vie solitaire et contribué à en faire un nouveau problème social: la hausse de la divortialité et le vieillissement démographique associé à la mortalité différentielle des hommes et des femmes. La première cause est bien connue et explique en grande partie qu’un nombre important d’hommes et de femmes dans la force de l’âge vivent seuls (avec ou sans enfants). Si la vie en solo touche les deux sexes, hommes et femmes ne sont pas égaux devant elle. Au début de la maturité (entre 30 et 40 ans), ils sont certes touchés également (20%). Mais progressivement, à mesure qu’elles avancent en âge, les femmes sont de plus en plus surreprésentées dans le contingent des personnes seules. Sans doute les hommes, même relativement âgés, ont-ils plus de facilités à reformer un couple, éventuellement avec des femmes plus jeunes.
En se séparant, les femmes conservent le plus souvent la garde des enfants et il est fréquent alors que leur situation économique devienne précaire
Par ailleurs, en se séparant, les femmes conservent le plus souvent la garde des enfants et il est fréquent alors que leur situation économique devienne précaire. Le taux de pauvreté des enfants vivant dans une famille monoparentale est de 40%. Autre chiffre spectaculaire: en 2014, 28% des allocataires du RSA sont des personnes seules avec une ou des personnes à charge (le plus souvent des enfants), dont 92% sont des femmes. Parmi les allocataires du RSA socle, la proportion de personnes seules avec enfant(s) est encore plus élevée: 34%. Mais les effets délétères de la vie solitaire ne concernent pas que les femmes vivant avec un ou plusieurs enfants: pour preuve, 40% des mêmes allocataires du RSA sont des personnes seules sans enfants, dont 64% d’hommes. Au total, 68% des allocataires du RSA vivent seuls (86% des allocataires du RSA socle) contre seulement 24% de l’ensemble des personnes de 18 à 64 ans! Il n’est pas besoin de beaucoup d’autres démonstrations pour montrer le lien entre la vie solitaire et la pauvreté.
Cela s’explique en partie par le fait que les ressources du foyer sont prises en compte dans l’attribution du RSA et que les conditions d’attribution tiennent compte des économies d’échelle que permettent le fait de vivre à plusieurs dans un même logement. Ainsi, un smicard vivant seul peut toucher le RSA, ce qui n’est pas le cas de deux smicards vivant en couple. Il n’empêche que le nombre impressionnant de personnes seules attributaires du RSA –près de 2 millions sur 3 millions d’allocataires au total– ne s’explique pas uniquement par des effets de seuil. Ce lien entre solitude et pauvreté persiste lorsqu’on contrôle le milieu social (comme l’a montré une étude irlandaise due à Christopher Whelan et Bertrand Maître). Cela ne veut pas dire évidemment que l’effet de la classe sociale disparaît. Il continue de moduler l’ampleur de ces risques, mais il ne suffit pas à lui seul à en rendre compte.
Le vieillissement de la population contribue également à ce développement de l’isolement social, surtout aux grands âges, lorsque le conjoint est décédé. A partir de 60 ans, 41% des femmes vivent seules! Cet isolement conjugal peut se conjuguer à un isolement familial lorsque les enfants ne sont pas présents, situation plus fréquente qu’on pourrait le penser: une étude européenne (le programme FELICIE) a montré que 11% des hommes et 17% des femmes ayant entre 75 ans et 84 ans vivaient sans partenaire ni enfant survivant en 2000. Au-delà de 84 ans, cette situation concerne 14% des hommes et 23% des femmes. Ce complet isolement familial peut conduire des personnes à faibles ressources à des situations de grande détresse économique et psychologique.
Un système illisible, et probablement injuste
Ces situations sont-elles prises en compte par le système de protection sociale? En France, celui-ci est principalement fondé sur une logique assurantielle et sur les solidarités professionnelles. Il s’est néanmoins adapté au fil des ans pour aider les groupes de personnes inactives touchées par la pauvreté en créant des dispositifs qui se sont juxtaposés à mesure que chaque situation nouvelle apparaissait. Mais il ne s’agit que d’un filet de sécurité subsidiaire comblant les interstices laissés par le système assurantiel. En France notamment, l’écart est ainsi très grand entre les conditions et la générosité du système d’assurance chômage et celles du système d’assistance.
En France,
la protection sociale est principalement fondée sur les solidarités professionnelles
Une des différences importantes est que le premier est attribué individuellement, alors que les minima sociaux, comme le RSA (qui a été récemment fusionné avec l’allocation de parent isolé), sont attribués au foyer en tenant en compte de sa composition et de ses ressources. Autrement dit, un chômeur ayant cotisé la durée nécessaire pourra toucher une allocation (avec un plafond de 6.000 euros) quels que soient la composition et les revenus de son foyer, alors qu’un allocataire du RSA verra son allocation réduite ou supprimée si les revenus du son foyer dépasse un montant minimum garanti. Les personnes sans aucune ressource se verront attribuer un peu plus de 500 euros si elles vivent seules, 786 euros si elles vivent seules avec enfant ou si elles vivent en couple. On peut légitimement se demander comment une personne seule (si elle n’a pas fraudé dans sa déclaration, bien sûr) peut vivre avec 500 euros par mois. Quant aux jeunes sans ressources, ils étaient jusqu’à peu totalement exclus du dispositif.
Dans les pays qui, comme la France, ont un salaire minimum et qui privilégient une définition relative de la pauvreté (un seuil fixé en % du revenu médian), le revenu minimum garanti est fixé soit explicitement, soit implicitement en fonction de ce salaire minimum. D’autres pays aux régimes de garantie universelle, à rebours de cette conception relative de la pauvreté, ont choisi une définition absolue de la pauvreté pour définir le montant des revenus minimums (un panier de biens nécessaires à la couverture des besoins vitaux).
Si l’on veut se rapprocher de la philosophie de ces systèmes universalistes, par souci d’efficacité et de justice pour mieux prendre en compte les laissés pour compte du système assurantiel, il faudrait aller vers une uniformisation et une individualisation du système d’allocations de solidarité, voire vers une allocation sociale unique qui diminuerait les coûts bureaucratiques et les fraudes et assurerait un revenu décent aux plus pauvres. La multiplication des minima sociaux rend le système illisible et probablement injuste: outre le RSA, on compte en France l’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs ayant épuisé leurs droits, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’allocation adulte handicapé, l’allocation temporaire d’attente (ATA) pour des étrangers en attente de réinsertion, la prime pour l’emploi (PPE) (qui va cependant être fusionnée avec le RSA en 2016). Un système unifié, plus simple et plus généreux envers les personnes véritablement démunies et incapables de travailler, devrait s’accompagner de mesures d’activation visant à limiter les comportements opportunistes et à accroître l’accès à l’emploi d’une partie de ces publics. En France notamment ces politiques d’activation font défaut, le volet «insertion» du RMI n’ayant jamais donné de résultats probants.
Des projets plus utopiques et plus controversés sautent un cran supplémentaire dans l’uniformisation et l’universalité du système d’aide en envisageant une allocation universelle se substituant à toutes les allocations, qu’elles relèvent de l’assistance ou de l’assurance. La Finlande semble réfléchir sérieusement à un dispositif de cet ordre, un revenu universel qui remplacerait toutes les aides sociales en vigueur et qui serait versé sans contrepartie à tous les citoyens du pays, sans distinction d’âge, de situation sociale ou de santé.
Ce papier a été mis à jour le 19 octobre à 11h15 pour ajouter la référence à une note de l'Observatoire national de la vie étudiante.

http://www.slate.fr/story/108399/inegalites-solitude

Lire la suite

La solitude nuit gravement à la santé,sante,solitude,

16 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #sante, #solitude

La solitude nuit gravement à la santé
Jessica Olien Life 02.09.2013 - 6 h 03, mis à jour le 02.09.2013 à 6 h 03
loneliness / Lilivanili via Flickr CC License by.
loneliness / Lilivanili via Flickr CC License by.
L’isolement social tue plus que l’obésité, et il est au moins autant stigmatisé.


Cet hiver, j’ai quitté New York pour Portland, dans l’Oregon. Les raisons de mon déménagement étaient purement pragmatiques. New York est une ville chère et stressante. Portland, m’étais-je dit, m’offrirait l’espace et le temps nécessaire à mon travail.
Dès mon arrivée, j’ai loué une maison et je suis joyeusement partie à la recherche de mes pairs. Je suis allée dans des parcs, des librairies, des bars, à des rendez-vous galants, j’ai même essayé le golf. Ce n’est pas que je ne rencontrais personne. Au contraire. Mais je ne n’avais aucun atome crochu avec eux.
Autrefois sociable et optimiste, je suis devenue morose et limite paranoïaque. Je savais que je devais nouer des liens avec des gens pour me sentir mieux, mais physiquement, je me sentais incapable d’affronter de nouvelles interactions creuses. Je me réveillais en pleine nuit, prise de panique. L’après-midi, la solitude m’envahissait par vagues, comme une fièvre. Je n’avais pas la moindre idée de la manière de m’y prendre pour résoudre le problème.
Pas trop sûre de moi, j’ai commencé à faire des recherches sur la solitude et suis tombée sur plusieurs études récentes pour le moins inquiétantes.
Arthrite, diabète et maladies cardiaques
La solitude ne nous rend pas seulement malades, elle nous tue. Elle présente un risque sanitaire majeur. Des études sur les personnes âgées et l’isolement social concluent que ceux qui sont privés d’interactions sociales adéquates sont deux fois plus susceptibles de mourir prématurément que les autres.
L’augmentation du risque de mortalité est comparable à celle des fumeurs. Et la solitude est à peu près deux fois plus dangereuse que l’obésité.
L’isolement social réduit les défenses immunitaires et augmente les inflammations, ce qui peut déboucher sur de l’arthrite, du diabète de type II et des maladies cardiaques. La solitude nous brise le cœur mais dans notre culture, nous abordons rarement le sujet.
Le sentiment de solitude a doublé: deux récentes enquêtes révèlent qu'aux Etats-Unis, 40% des adultes déclarent se sentir seuls, alors que dans les années 1980 ils n’étaient que 20%.
Nos nombreuses interactions sur Internet ne nous aident en rien et peuvent même aggraver ce sentiment. Une récente étude auprès des utilisateurs de Facebook montre que le temps que vous passez sur le réseau social est inversement proportionnel au sentiment de bonheur ressenti pendant la journée.
Un peu la honte
Dans une société qui vous juge en fonction de l’étendue apparente de votre réseau social, il est difficile d’admettre que l’on se sent seul. C’est un peu la honte.
Il y a une dizaine d’années, ma mère a divorcé de mon beau-père. Seule et avide de relations humaines, elle appela une cousine à qui elle n’avait pas parlé depuis plusieurs années. Au téléphone, sa cousine ricana: «Tu n’as donc pas d’amis?»
Tout en affrontant ma propre solitude à Portland, je me suis souvent retrouvée à penser: «Si j’étais quelqu’un de bien, je ne serais pas toute seule.»
«Admettre que vous êtes seul revient à vous coller un gros S sur le front», estime John T. Cacioppo de l’université de Chicago, qui étudie les effets sur la santé de la solitude et de l’isolement social.
Il raconte qu’un jour, à bord d’un avion, il se sentit extrêmement gêné de tenir un exemplaire de son propre livre, qui avait le mot «solitude» imprimé en énorme sur la couverture. Il ressentit une grosse envie d’en retourner la jaquette pour les gens ne puissent pas la voir. «Pour la première fois, j’ai réellement su ce que c’était de se sentir seul au vu et au su de tous», explique-t-il.
«Le plus terrible et le plus contradictoire de mes problèmes»
Quand la tentative de suicide de Stephen Fry fut rendue publique l’année dernière, l’acteur anglais si populaire écrivit un post de blog sur son combat contre la dépression, où il expliqua que la solitude était le pire aspect de son affliction:
«Seul? Je reçois pratiquement une invitation par jour dans ma boîte aux lettres. Je serai dans la loge royale à Wimbledon et des amis m’ont généreusement et très sérieusement proposé de les rejoindre dans le sud de la France, en Italie, en Sicile, en Afrique du Sud, en Colombie-Britannique et en Amérique cet été. J’ai deux mois pour commencer un livre avant de partir à Broadway pour une saison de La Nuit des rois.
Je relis cette dernière phrase et je vois bien que, bipolaire ou pas, si je suis sous traitement et pas réellement déprimé, quel droit j’ai, bon sang, de me sentir seul, malheureux ou abandonné? Je n’en ai pas le droit. Mais je n’ai pas le droit non plus de ne pas ressentir ces sentiments. Les sentiments, ce n’est pas une chose à laquelle on a droit ou pas.
Au final, la solitude est le plus terrible et le plus contradictoire de mes problèmes.»
La plupart d’entre nous savons ce que c’est que de se sentir seul dans une pièce pleine de monde, et même une célébrité peut ressentir un sentiment de profonde solitude. Vous pouvez être entouré de centaines de fans en délire, si vous n’avez personne sur qui vous appuyer, personne qui vous connaisse, vous vous sentirez isolé.
En termes d’interactions humaines, la meilleure mesure n’est pas le nombre de personnes que nous connaissons. Pour avoir une vie sociale satisfaisante, nous n’avons pas besoin de tous ces gens. Selon Cacioppo, ce qui importe est la qualité, pas la quantité. Nous avons seulement besoin de plusieurs personnes sur qui nous appuyer et qui peuvent en retour s’appuyer sur nous.
Notre culture est obsédée par la lutte contre l’obésité. Nous aidons ceux qui veulent arrêter de fumer. En revanche, aucun médecin ne m’a jamais interrogée sur le nombre et la qualité de mes interactions sociales. Et même s’il le faisait, ce n’est pas comme s’il pouvait me les prescrire sur ordonnance.
Le Danemark et la Grande-Bretagne consacrent plus de temps et d’énergie à trouver des solutions et à organiser des interventions pour ceux qui se sentent seuls, tout particulièrement les personnes âgées.
«Dérobade sociale»
Plongés dans la solitude, nous perdons le contrôle de nos impulsions et nous plongeons dans ce que les scientifiques qualifient de «dérobade sociale». Nous nous détournons des autres et nous concentrons sur l’auto-préservation, comme je le faisais quand je ne pouvais plus imaginer d’essayer de parler à un autre humain. Les psychologues évolutionnistes posent que la solitude déclenche nos mécanismes de survie primaires, le combat ou la fuite, et nous pousse à rester en marge, loin des gens à qui nous ne sommes pas sûrs de pouvoir faire confiance.
Dans une étude, Cacioppo a mesuré l’activité du cerveau pendant le sommeil de personnes qui se sentent seules et d’autres pour qui ce n’était pas le cas. Les solitaires étaient de loin bien plus susceptibles de subir des micro-réveils, ce qui laisse à penser que le cerveau est à l’affût de la moindre menace pendant la nuit, peut-être comme les premiers humains, par nécessité, lorsqu’ils se retrouvaient séparés de leur tribu.
L’une des raisons pour lesquelles nous évitons de parler de la solitude est qu’il ne suffit évidemment pas d’essayer pour régler le problème. Mais si Internet a peut-être contribué à notre isolement, il se peut qu’il détienne la clé pour y remédier. Cacioppo est excité par les statistiques des rencontres en ligne, qui montrent que les couples qui se sont trouvés sur Internet et sont restés ensemble sont plus proches et moins susceptibles de divorcer que les autres. Si ces statistiques tiennent la route, on pourrait raisonnablement penser qu’il est possible de trouver des amis de cette manière, ce qui faciliterait le retour au monde de ceux dont leurs instincts leur disent de rester en marge, grâce aux liens forgés sur Internet.
Et moi? Moi, je suis rentrée à New York.
Jessica Olien
Traduit par Bérengère Viennot
Jessica Olien

http://www.slate.fr/story/76928/solitude-sante

Lire la suite

L’aumônerie du CHUV: quand la spiritualité s’invite à l’hôpital,religion,sante,

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #religion, #respect, #sante, #societe

SOCIÉTÉ
L’aumônerie du CHUV: quand la spiritualité s’invite à l’hôpital
Tags: Spiritualité Hôpital Aumônier
Un patient à l'hôpital https://flic.kr/p/sbw665La spiritualité et la diversité religieuses sont de plus en plus prises en compte dans les institutions de soins et de réhabilitation. Le Centre hospitalier universitaire vaudois accueille d’ailleurs des aumôniers dans son équipe soignante depuis plusieurs années. Rencontre avec Annette Mayer, aumônière et théologienne catholique.
Photo: CC (by-nc) Edgar Crook
Par Emmanuelle Jacquat
«A l’hôpital, le patient n’est pas dans n’importe quelle situation. Il est confronté à sa propre limite, à sa vulnérabilité et à son corps, qui peut être inamical ou le lieu d’un combat». C’est par ces quelques mots qu’Annette Maye, aumônière au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), définit la situation des patients. L’aumônerie du CHUV, qui est oecuménique, se compose d’une quinzaine d’accompagnateurs spirituels qui sont tant catholiques que protestants.
La spiritualité importante dans les moments difficiles
Le but de l’aumônerie est d’offrir un soutien spirituel «au sens large du terme». Cela signifie pour Annette Mayer, que «le spirituel ne peut pas être réduit au religieux, mais il peut englober le religieux». Les aumôniers sont présents pour permettre au patient de faire émerger ses propres ressources, pour faire face à la situation dans laquelle il se trouve. Et tout ce travail se fait dans le respect des convictions du patient.
De plus, 56% des personnes pensent que la religion ou la spiritualité joue un rôle dans les moments difficiles de la vie, et 47% en cas de maladie, selon les derniers chiffres publiés le 22 avril dernier par l’Office fédéral des statistiques. Ces chiffres sont intéressants pour les aumôneries, puisqu’ils permettent de confirmer l’importance du spirituel pour les patients et les malades. Du reste, «on constate ces statistiques sur le terrain», précise Annette Mayer.
Un soutien aux patients et aux soignants
Il n’est pas question de prosélytisme dans les services de l’aumônerie du CHUV. «La question de comment le patient ou sa famille vivent cette situation est centrale dans mes visites», explique Annette Mayer. Elle se souvient d’avoir accompagné une famille athée au moment où leur proche était en train de mourir. «Ce n’était pas un moment de réflexion pour comprendre ce qui les avait motivés à m’appeler alors qu’ils m’avaient clairement affirmé être athées. Ils voulaient que je sois là, et ils me faisaient confiance. Je ne voulais pas trahir cette confiance», confie la théologienne.
Si chaque aumônier est attribué à un service du CHUV pour l’écoute et l’accompagnement des patients et de leurs familles, ils sont également à disposition des employés de l’hôpital. «Les équipes soignantes peuvent venir nous voir pour des situations personnelles, comme la mort violente d’un collègue ou d’un patient», explique Annette Mayer. Cependant, cela doit se faire dans un environnement propice. «On doit le faire de manière structurée. Une discussion à midi pendant le repas n’est pas un accompagnement», poursuit l’aumônière.
Accents sur la spiritualité et les soins
Les demandes d’accompagnement peuvent venir des familles ou du patient, mais également du personnel médical. Au CHUV, les infirmiers ou les médecins contactent les aumôniers, quand ils pensent que le patient en a besoin ou s’il y a une demande religieuse, une crise de sens ou une décision éthique à prendre.
Cependant, il existe une grande différence lorsque le personnel soignant propose à un patient de rencontrer un aumônier ou si c’est l’aumônier qui voit le patient directement. «Si je viens en annonçant que je suis l’aumônière du service et que je fais mes visites, il n’y a quasiment pas de refus de la part des patients. Peut-être que cela passe mieux si le contact se fait directement avec moi», suppose l’aumônière.
Annette Mayer a également travaillé, il y a plusieurs années, aux hôpitaux de Genève. «A Genève, il existe une convention, mais les aumôniers n’ont pas accès aux dossiers des patients, alors qu’ici on a un accès, même s’il est limité», précise-t-elle. Au CHUV, l’accent est aussi bien mis sur la spiritualité que sur les soins prodigués aux patients. «Il faut penser ensemble le biologique et le spirituel. Et dans cette conception bio-spi-social, la spiritualité est quelque chose de très basique», poursuit l’aumônière. «C’est difficile d’être plus ouvert que dans le canton de Vaud».
Éléments similaires (par tag)
Un travail d’aumônerie dans la laïque Genève reçoit un label œcuménique
Quand la mystique trouve sa place à l’Université
Pierre-Yves Brandt: «L’idéal serait que le personnel soignant et les aumôniers puissent travailler en coordination»
Une meilleure signalétique pour les chapelles d’autoroute est exigée
L’humour, une pratique mystique
Retour en haut
« Retour

https://protestinfo.ch/201606037978/7978-l-aumonerie-du-chuv-quand-la-spiritualite-s-invite-a-l-hopital.html

Lire la suite

Laurent Gagnebin: «Les discours lénifiants sur la mort sous-estiment complètement la valeur de la vie et la violence de la mort»

10 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #sante, #societe, #theologie

06 juin 2016 - 08:15 laurence villoz 3534 signes
THÉOLOGIE
Laurent Gagnebin: «Les discours lénifiants sur la mort sous-estiment complètement la valeur de la vie et la violence de la mort»
Tags: Mort Athéisme Résurrection
Couverture du livre "J'ai peur de la mort"Dans «J’ai peur de la mort», le théologien et pasteur Laurent Gagnebin critique les paroles réconfortantes d’un certain discours chrétien qui entoure la vieillesse et la mort. Ce petit ouvrage, d’une quarantaine de pages publié en mai 2016, exprime un amour profond de la vie terrestre et une foi dont le doute fait partie intégrante. Rencontre.
Par Laurence Villoz
C’est étonnant pour un pasteur d’écrire un ouvrage sur la peur de la mort, pourquoi ce livre?
Le premier but est de vouloir déculpabiliser celles et ceux qui ont honte, parce qu’ils sont chrétiens, de dire qu’ils ont peur de la mort. Je l’ai essentiellement écrit pour le lecteur qui pense qu’il n’a pas le droit, qu’il n’est pas vraiment chrétien, qu’il n’est pas un bon disciple de Jésus parce qu’il craint de mourir. Vous pouvez être un croyant tout en ayant cette peur. Je pense que c’est la pointe de ce texte. Si ce n’était simplement que pour exprimer mes propres peurs, cela n’aurait aucun intérêt.
Mais pourquoi en tant que croyant, est-ce si difficile d’avouer avoir peur de la mort?
Ce n’est pas pour moi que c’est difficile, c’est par rapport aux personnes auxquelles je m’adresse. En général, la plupart des gens pensent qu’un croyant, un chrétien entre autres, croit en quelque chose après la mort et que pour cette raison il n’en a pas peur. On confond très souvent la foi avec «il croit en la vie éternelle», donc la mort ne lui fait pas peur. Et cela va même plus loin du côté des incroyants, des athées et des sceptiques qui imaginent que celui qui croit ne le fait que pour compenser sa peur de la mort, telle une forme d’aliénation religieuse.
Pour moi, la foi va bien au-delà, il s’agit de vivre un christianisme pratique et social sur cette Terre, dans notre vie et dans le présent.
A la fin de votre livre, vous dites opter pour la résurrection des morts, pourquoi choisir cette position?
Si je dis choisir la résurrection et non pas l’immortalité de l’âme, c’est parce que j’ai été trop souvent gêné par des discours sur l’immortalité qui consistent en une manière de tout spiritualiser. Le concept de l’immortalité de l’âme est presque fatalement lié au fait que le corps ne compte pas, que la Terre n’est pas importante et que ce monde-ci ne mérite pas notre attachement.
Au contraire, en choisissant la résurrection des morts, je montre que je prends au sérieux la dimension corporelle, matérielle, physique et sexuelle de notre existence. Je suis agacé par ce spiritualisme désincarné et exsangue d’un certain christianisme qui me semble diamétralement opposé au message de l’incarnation.
Mais finalement, avez-vous réellement peur de la mort?
C’est vrai que j’exprime un geste de confiance, je m’en remets à Dieu. Je suis un croyant, mais cela ne veut pas dire que je sais. Ma peur de la mort implique mon amour de la vie; en effet chaque minute de moins et une minute de plus. J’ai la chance et le privilège de pouvoir dire que j’aime la vie. Ainsi, je ressens cette terreur de perdre cette joie, ce bonheur, cette chose merveilleuse, cette plénitude qui deviendra néant.
Laurent Gagnebin, en quelques mots


Philosophe et théologien, né en 1939 à Lausanne, Laurent Gagnebin a été pasteur dans les paroisses protestantes libérales de l’Oratoire du Louvre et du Foyer de l’Ame, à Paris. Professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris, il a également dirigé l’hebdomadaire Réforme et la rédaction du mensuel Evangile et liberté. En plus de la théologie pratique, ses recherches se sont essentiellement portées sur les grandes figures de l’athéisme, telles que Simone de Beauvoir, Albert Camus, André Gide et Jean-Paul Sartre.
Référence du livre:


Laurent Gagnebin, J’ai peur de la mort. Paris: Van Dieren Editeur, 2016, 42 p.

https://protestinfo.ch/201606067979/7979-laurent-gagnebin-les-discours-lenifiants-sur-la-mort-sous-estiment-completement-la-valeur-de-la-vie-et-la-violence-de-la-mort.html

Lire la suite

La vulnérabilité peut être un piège,protestant,reforme,sante,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #sante, #societe

"NOUS AVONS TOUS UNE PEAU QUI PEUT ÊTRE PERCÉE, UN ESPRIT QUI PEUT ÊTRE BRUTALISÉ"© "VULNERABLE"/DAVID DÁVILA VILANOVA/CC BY 2.0 VIA FLICKR
BIBLE & ACTUALITÉSOCIAL 26 MAI 2016
Auteurs
Olivier Brès
Imprimer
PDF
S'abonner
Envoyer






La vulnérabilité peut être un piège


À force d'ériger la vulnérabilité en valeur commune à tous, on risque d'occulter les vraies inégalités.


« Nous sommes tous fragiles. » « Nous sommes tous vulnérables. » C’est le discours à la mode. C’est la base des discours sur la sagesse et la spiritualité qui prolifèrent dans nos librairies. C’est aussi la manière émergente dont on parle des pauvres aujourd’hui (1) : « les plus vulnérables ».


Cette belle unanimité devrait nous alerter, éveiller peut-être nos soupçons. En quoi ces affirmations aident-elles à comprendre le monde dans lequel nous vivons, les relations des uns avec les autres, les enjeux de l’avenir ?


Reconnaître que nous pouvons tous être blessés par les événements qui surviennent dans nos existences, admettre que personne n’est jamais à l’abri du mal et du malheur, est-ce que cela éclaire particulièrement notre vision du présent ?


Nous sommes bien sûr participants d’une commune humanité. Nous avons tous une peau qui peut être percée, un esprit qui peut être brutalisé. Mais cela fait-il de nous des identiques, des égaux ? Notre vulnérabilité est-elle la même quand nous vivons ici en France, ou dans des pays en guerre ? Peut-on considérer comme aussi fragiles ceux qui subissent la précarité et ceux qui vivent dans l’opulence ? Le mode d’organisation de nos sociétés ne génère-t-il pas des vulnérabilités particulières quand on sait que les espérances de vie diffèrent d’une catégorie sociale à l’autre ?


Statut unique


Finalement, cette vulnérabilité érigée en condition commune, ce pourrait être un piège, une façon de nier les inégalités réelles et de cacher leurs conséquences sur les individus et les groupes.


Le christianisme peut participer à cette occultation du réel. La spiritualité chrétienne peut être complice de cet effacement trop pratique des différences sociales. Quand elle propose à chaque individu un statut unique, celui de pécheur, destiné au salut (ou à la perdition) après la mort ; quand elle ne s’intéresse qu’à sa soumission (ou non) à une puissance extérieure au monde, la doctrine chrétienne s’écarte de la vie concrète des personnes, évacue le rôle des groupes sociaux, et finalement conseille de se soumettre aux forces qui régissent la société.


Le Jésus des évangiles ne participe pas à cette occultation des conditions de vie de ses interlocuteurs. Il distingue entre « les petits » et les puissants, et ne promet pas « béatitude » à tous. Il s’adresse différemment aux « chargés » et à ceux qui mettent des poids sur les épaules des autres Il révèle les places de chacun – pharisiens, grands-prêtres, occupants romains – dans l’organisation des pouvoirs de son temps. Et quand le jeune homme riche ou Zachée veulent venir à la suite de Jésus, les évangiles explicitent bien qu’ils refusent ou acceptent de changer de place sociale (et pas seulement de croyance).


Faut-il considérer alors qu’il n’y a pas de spiritualité chrétienne ? Si l’offre de spiritualité est une manière d’évacuer les conditions et d’effacer les différences sociales, alors il n’y a pas de spiritualité chrétienne.


Le défaut de la cuirasse


Le mot d’ailleurs n’existe pas dans la Bible. Il y a un Esprit qui rejoint les personnes et les groupes là où ils sont, qui les anime dans leurs luttes pour la reconnaissance de leur dignité, qui leur permet de garder confiance et/ou de changer de comportement.


Devrions-nous aller jusqu’à dire que ce qui compte ce n’est pas notre vulnérabilité commune ? C’est la promesse que la confiance dans le Christ peut rendre invulnérables dans la bataille les plus blessés par la société. Ils n’ont pas besoin de pitié mais d’une vraie place. Et c’est la conviction que l’Esprit peut aussi trouver le défaut de la cuirasse des plus sûrs de leur suffisance.


Ils ne nous feront pas pitié avec leur vulnérabilité. Pour les impitoyables, leur spiritualité ne sera jamais une excuse.


(1). « Le concept de vulnérabilité », Axelle Brodiez-Dolino http://www.laviedesidees.fr/Le-concept-de-vulnerabilite.html

http://reforme.net/une/societe/vulnerabilite-peut-etre-piege

Lire la suite