Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

emploi

Les inégalités sont aussi une question de solitude,solitude,sante,emploi,

16 Juin 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #sante, #solitude, #societe, #emploi

Les inégalités sont aussi une question de solitude
Olivier Galland et Telos Economie 16.10.2015 - 15 h 52, mis à jour le 19.10.2015 à 11 h 17
Einsam im Morgennebel, Loneliness. Peter Heilmann via Flickr CC License by.
Einsam im Morgennebel, Loneliness. Peter Heilmann via Flickr CC License by.
Si on les relie généralement à la situation professionnelle, de nouvelles lignes de fracture apparaissent.


Les inégalités sont généralement pensées comme étant liées à la position professionnelle: en haut les dirigeants d’entreprises ou les traders, en bas les ouvriers ou les petits employés, au milieu les cadres moyens et techniciens. Cette vision stratificationniste des inégalités conserve bien sûr sa valeur; les inégalités de revenu entre catégories socioprofessionnelles ou entre salariés et détenteurs de patrimoine et de capitaux restent une question centrale. Pourtant, de nouvelles lignes de fracture apparaissent dans la société, qui ne sont plus seulement indexées sur la position professionnelle. Parmi ces nouveaux facteurs de risque, partiellement indépendants du statut social, le développement de la vie solitaire tient une place importante.
Aujourd’hui en France, d’après le recensement de 2011, 34% des ménages sont constitués d’une seule personne. Dans le nord de l’Europe, ces situations sont encore plus fréquentes: les «singletons» forment entre 40 et 45% de l’ensemble des foyers! Mais ce phénomène se développe dans le monde entier. Aux ménages d’une personne stricto sensu, on peut ajouter les familles monoparentales (surtout constituées de femmes vivant avec un ou plusieurs enfants), qui représentent 8,5% des foyers français.
La progression de la vie solitaire a été spectaculaire: la part des Français concernés (c’est-à-dire vivant dans un ménage de ce type) a plus que doublé de 1975 à 2012, passant de 8% à 19%. Les familles monoparentales étaient quasiment inexistantes en 1975; 8% des Français y vivent dorénavant. Au total, nettement plus d’un quart des Français sont concernés par ces situations. C’est donc loin d’être un phénomène marginal.
Il y a bien sûr une assez grande hétérogénéité dans les populations qu’elles touchent. Tous ceux qui vivent seuls ne connaissent pas la précarité, ni forcément la solitude entendue comme une raréfaction des liens sociaux. Les étudiants, par exemple, qui vivent souvent seuls (40% sont dans ce cas), sont le plus souvent entourés et très fortement aidés matériellement et affectivement par leur famille. Ils ont aussi souvent une vie sociale intense, même si une minorité non négligeable d’entre eux peuvent être également touchés par un sentiment d’isolement (d’après l’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante, 1 sur 5 en fait état concernant la semaine ayant précédé l’enquête en 2013).
Divorce et mortalité différentielle
En réalité, deux phénomènes ont surtout favorisé le développement de la vie solitaire et contribué à en faire un nouveau problème social: la hausse de la divortialité et le vieillissement démographique associé à la mortalité différentielle des hommes et des femmes. La première cause est bien connue et explique en grande partie qu’un nombre important d’hommes et de femmes dans la force de l’âge vivent seuls (avec ou sans enfants). Si la vie en solo touche les deux sexes, hommes et femmes ne sont pas égaux devant elle. Au début de la maturité (entre 30 et 40 ans), ils sont certes touchés également (20%). Mais progressivement, à mesure qu’elles avancent en âge, les femmes sont de plus en plus surreprésentées dans le contingent des personnes seules. Sans doute les hommes, même relativement âgés, ont-ils plus de facilités à reformer un couple, éventuellement avec des femmes plus jeunes.
En se séparant, les femmes conservent le plus souvent la garde des enfants et il est fréquent alors que leur situation économique devienne précaire
Par ailleurs, en se séparant, les femmes conservent le plus souvent la garde des enfants et il est fréquent alors que leur situation économique devienne précaire. Le taux de pauvreté des enfants vivant dans une famille monoparentale est de 40%. Autre chiffre spectaculaire: en 2014, 28% des allocataires du RSA sont des personnes seules avec une ou des personnes à charge (le plus souvent des enfants), dont 92% sont des femmes. Parmi les allocataires du RSA socle, la proportion de personnes seules avec enfant(s) est encore plus élevée: 34%. Mais les effets délétères de la vie solitaire ne concernent pas que les femmes vivant avec un ou plusieurs enfants: pour preuve, 40% des mêmes allocataires du RSA sont des personnes seules sans enfants, dont 64% d’hommes. Au total, 68% des allocataires du RSA vivent seuls (86% des allocataires du RSA socle) contre seulement 24% de l’ensemble des personnes de 18 à 64 ans! Il n’est pas besoin de beaucoup d’autres démonstrations pour montrer le lien entre la vie solitaire et la pauvreté.
Cela s’explique en partie par le fait que les ressources du foyer sont prises en compte dans l’attribution du RSA et que les conditions d’attribution tiennent compte des économies d’échelle que permettent le fait de vivre à plusieurs dans un même logement. Ainsi, un smicard vivant seul peut toucher le RSA, ce qui n’est pas le cas de deux smicards vivant en couple. Il n’empêche que le nombre impressionnant de personnes seules attributaires du RSA –près de 2 millions sur 3 millions d’allocataires au total– ne s’explique pas uniquement par des effets de seuil. Ce lien entre solitude et pauvreté persiste lorsqu’on contrôle le milieu social (comme l’a montré une étude irlandaise due à Christopher Whelan et Bertrand Maître). Cela ne veut pas dire évidemment que l’effet de la classe sociale disparaît. Il continue de moduler l’ampleur de ces risques, mais il ne suffit pas à lui seul à en rendre compte.
Le vieillissement de la population contribue également à ce développement de l’isolement social, surtout aux grands âges, lorsque le conjoint est décédé. A partir de 60 ans, 41% des femmes vivent seules! Cet isolement conjugal peut se conjuguer à un isolement familial lorsque les enfants ne sont pas présents, situation plus fréquente qu’on pourrait le penser: une étude européenne (le programme FELICIE) a montré que 11% des hommes et 17% des femmes ayant entre 75 ans et 84 ans vivaient sans partenaire ni enfant survivant en 2000. Au-delà de 84 ans, cette situation concerne 14% des hommes et 23% des femmes. Ce complet isolement familial peut conduire des personnes à faibles ressources à des situations de grande détresse économique et psychologique.
Un système illisible, et probablement injuste
Ces situations sont-elles prises en compte par le système de protection sociale? En France, celui-ci est principalement fondé sur une logique assurantielle et sur les solidarités professionnelles. Il s’est néanmoins adapté au fil des ans pour aider les groupes de personnes inactives touchées par la pauvreté en créant des dispositifs qui se sont juxtaposés à mesure que chaque situation nouvelle apparaissait. Mais il ne s’agit que d’un filet de sécurité subsidiaire comblant les interstices laissés par le système assurantiel. En France notamment, l’écart est ainsi très grand entre les conditions et la générosité du système d’assurance chômage et celles du système d’assistance.
En France,
la protection sociale est principalement fondée sur les solidarités professionnelles
Une des différences importantes est que le premier est attribué individuellement, alors que les minima sociaux, comme le RSA (qui a été récemment fusionné avec l’allocation de parent isolé), sont attribués au foyer en tenant en compte de sa composition et de ses ressources. Autrement dit, un chômeur ayant cotisé la durée nécessaire pourra toucher une allocation (avec un plafond de 6.000 euros) quels que soient la composition et les revenus de son foyer, alors qu’un allocataire du RSA verra son allocation réduite ou supprimée si les revenus du son foyer dépasse un montant minimum garanti. Les personnes sans aucune ressource se verront attribuer un peu plus de 500 euros si elles vivent seules, 786 euros si elles vivent seules avec enfant ou si elles vivent en couple. On peut légitimement se demander comment une personne seule (si elle n’a pas fraudé dans sa déclaration, bien sûr) peut vivre avec 500 euros par mois. Quant aux jeunes sans ressources, ils étaient jusqu’à peu totalement exclus du dispositif.
Dans les pays qui, comme la France, ont un salaire minimum et qui privilégient une définition relative de la pauvreté (un seuil fixé en % du revenu médian), le revenu minimum garanti est fixé soit explicitement, soit implicitement en fonction de ce salaire minimum. D’autres pays aux régimes de garantie universelle, à rebours de cette conception relative de la pauvreté, ont choisi une définition absolue de la pauvreté pour définir le montant des revenus minimums (un panier de biens nécessaires à la couverture des besoins vitaux).
Si l’on veut se rapprocher de la philosophie de ces systèmes universalistes, par souci d’efficacité et de justice pour mieux prendre en compte les laissés pour compte du système assurantiel, il faudrait aller vers une uniformisation et une individualisation du système d’allocations de solidarité, voire vers une allocation sociale unique qui diminuerait les coûts bureaucratiques et les fraudes et assurerait un revenu décent aux plus pauvres. La multiplication des minima sociaux rend le système illisible et probablement injuste: outre le RSA, on compte en France l’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs ayant épuisé leurs droits, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’allocation adulte handicapé, l’allocation temporaire d’attente (ATA) pour des étrangers en attente de réinsertion, la prime pour l’emploi (PPE) (qui va cependant être fusionnée avec le RSA en 2016). Un système unifié, plus simple et plus généreux envers les personnes véritablement démunies et incapables de travailler, devrait s’accompagner de mesures d’activation visant à limiter les comportements opportunistes et à accroître l’accès à l’emploi d’une partie de ces publics. En France notamment ces politiques d’activation font défaut, le volet «insertion» du RMI n’ayant jamais donné de résultats probants.
Des projets plus utopiques et plus controversés sautent un cran supplémentaire dans l’uniformisation et l’universalité du système d’aide en envisageant une allocation universelle se substituant à toutes les allocations, qu’elles relèvent de l’assistance ou de l’assurance. La Finlande semble réfléchir sérieusement à un dispositif de cet ordre, un revenu universel qui remplacerait toutes les aides sociales en vigueur et qui serait versé sans contrepartie à tous les citoyens du pays, sans distinction d’âge, de situation sociale ou de santé.
Ce papier a été mis à jour le 19 octobre à 11h15 pour ajouter la référence à une note de l'Observatoire national de la vie étudiante.

http://www.slate.fr/story/108399/inegalites-solitude

Lire la suite

Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler,protestant,reforme,emploi,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #economie, #emploi

CHRONIQUE
Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler
Tags: Travail Chronique Votation
Ouvtiers casqués CC(by-nc-nd) jaimebisbal via https://flic.kr/p/6fdJksProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.
Le médecin Jacques-André Haury, ancien député vert'libéral au Grand Conseil vaudois, espère que les réformés profiteront du débat autour de l’initiative populaire fédérale «Pour un revenu de base inconditionnel» pour rappeler les valeurs spirituelles que les protestants reconnaissent au travail.
Photo: CC(by-nc-nd) Jaimebisbal
La question du revenu de base inconditionnel n’est pas d’abord une question politique: c’est une question philosophique. Les Eglises héritières de la Réforme devraient en saisir l’occasion pour rappeler l’éthique protestante du travail.
En effet, la valeur spirituelle que les Réformateurs (Luther en tête) ont donnée au travail constitue l’un des apports les plus déterminants de la Réforme à la prospérité des sociétés occidentales. Rompant de façon radicale avec la tradition catholique médiévale qui voyait dans le travail une forme de punition (Genèse 3:17 sqq.), Luther considère que le travail de l’homme est profitable à lui-même et à la société et qu’il lui permet de poursuivre l’œuvre de Dieu. Par son travail, l’homme devient collaborateur de Dieu.
Dans la tradition catholique médiévale, la vie la plus proche de Dieu était une vie de prière retirée du monde. Quant au pauvre et au mendiant, ils offraient au riche l’occasion, par sa générosité, de s’ouvrir une porte vers le ciel. Les Réformateurs vont affirmer au contraire que c’est dans son activité au sein de la communauté que le croyant va s’approcher de Dieu en devenant Son collaborateur et en poursuivant Son œuvre de Création. C’est dans cette conception spirituelle que Calvin a interdit la mendicité à Genève, s’employant au contraire à trouver un travail pour chacun. Quant au sort des plus miséreux et des plus faibles, il le prend en charge par le développement de l’Hospice général.
Sur cette valeur morale et spirituelle donnée au travail, les sociétés protestantes ont fondé une admirable prospérité qui a permis le bien-être matériel de tous et a contribué à éradiquer la misère. Aujourd’hui encore, on peut observer que la situation économique est meilleure dans les pays héritiers de la Réforme, et notamment que le chômage y est plus bas.
Voici ce que les réformés devraient rappeler au moment où certains défendent le principe d’un revenu de base inconditionnel (RBI). Les milieux économiques affirment que ce revenu découragerait le travail et l’effort. Mais les réformés devraient aller beaucoup plus loin, en rappelant qu’il est profondément contraire à l’éthique protestante du travail, à laquelle tous doivent aujourd’hui la prospérité de la société dans laquelle nous vivons. Si travailler signifie collaborer à l’œuvre de Dieu, pousser chacun au travail, c’est peut-être lui ouvrir une porte vers le ciel. C’est en tout cas lui donner une chance de vivre pleinement sa foi en Dieu.
Et la charité, là-dedans, vertu chrétienne elle aussi? Le RBI n’a rien à voir avec la charité. La charité se tourne vers les plus faibles; qu’il s’agisse de charité privée ou d’aide sociale publique, le principe en est toujours le même: protéger les plus faibles de la misère. Tout au contraire, le RBI mélange les faibles et les oisifs, ceux qui n’ont pas la force et ceux qui n’ont pas la volonté. Le RBI n’a plus rien à voir avec l’éthique de la charité.
Il n’appartient pas aux Eglises de donner des mots d’ordre politique. Mais en un temps où les protestants s’apprêtent à célébrer le 500e anniversaire de la Réformation, un temps aussi où les protestants peinent à affirmer leur identité, le débat autour d’un RBI devrait être pour eux une occasion à saisir. Celle de rappeler les fondements spirituels de l’éthique protestante du travail qui fut et qui demeure si profitable à nos sociétés occidentales; une éthique que les protestants peuvent sans rougir apporter au débat interconfessionnel, et même au débat interreligieux.
Éléments similaires (par tag)
Un pasteur aux prud’hommes: plaidoiries repoussées à la rentrée
La loi américaine censée défendre la liberté religieuse, qualifiée de discriminatoire
Les voix du prophète, du guérisseur et du poète à l’unisson
Protestants, c’est une gratuité sans condition qui nous est offerte
L’admirable prospérité helvétique, provocation ou naïveté?
Retour en haut
« Retour

http://protestinfo.ch/201605067938/7938-revenu-de-base-inconditionnel-les-reformes-sont-bien-places-pour-en-parler.html

Lire la suite