Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

Honneur aux Gaulois inconnus !,reforme, protestant,histoire,histoire de france,

10 Octobre 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #histoire de france, #histoire

"LE MYTHE A ÉTÉ AINSI DÉVELOPPÉ D’UNE ORIGINE GAULOISE UNIQUE, AVEC SES HÉROS QUI AURAIENT CONTRIBUÉ À CONSTRUIRE LE PAYS"© BY FABIEN1309 [CC BY-SA 2.0], VIA WIKIMEDIA COMMONS
BIBLE & ACTUALITÉIDENTITÉ 29 SEPTEMBRE 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
Imprimer
PDF
S'abonner
Achat au numéro
Envoyer






Honneur aux Gaulois inconnus !


L'identité est plurielle nous dit la pasteure Marie-Odile Wilson, qui va à l'encontre du discours rabâché par nos politiques.


La question de l’identité rebondit depuis quelque temps dans de nombreuses strates de notre société, reprise à l’envi dans les médias. L’identité, c’est ce besoin inassouvi qui sans doute entraîne, lit-on ici ou là, un certain nombre de jeunes en dérive vers une radicalisation extrême. C’est aussi cette corde qui est jouée fortissimo par nos politiques en mal d’audience et d’électeurs, au point d’en appeler à une origine commune homogène largement mythique à la Astérix le Gaulois, avec le soutien de Jeanne la Pucelle. Certains ont l’identité heureuse, d’autres sont en recherche de ce sésame…


Un tel besoin est légitime, il peut même être criant. On pense à Ruth : « Où tu iras, j’irai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; là où tu mourras, je mourrai, et c’est là que je serai ensevelie. » Mais pour que cette identité revendiquée à grands cris soit reconnue, il faut encore que le peuple qui accueille accepte de faire du demandeur un de ses membres.


C’est effectivement ce qui s’est passé pour Ruth, que le destin a choisie comme la grand-mère de David, comme une ancêtre de Jésus. Voilà l’étrangère, la Moabite, devenue un des cinq noms féminins cités dans la généalogie de Jésus, parmi une litanie de prénoms masculins.


L’exemple de Ruth


Elle a reçu dans l’affaire, un nom, une lignée, une sécurité, une famille, un peuple. Outre une descendance illustre, qu’a-t-elle apporté, elle, à ce peuple qu’elle a fait sien et dont on imagine, à tort, qu’il n’aurait que des convictions xénophobes et séparatistes ? Eh bien justement, son histoire et sa descendance sont un des contrepoints à d’autres textes de notre Premier Testament qui tendraient à exclure tout rapport avec des étrangers, et pire encore avec des étrangères.


Si bien qu’avec Ruth, il n’est plus loisible de parler de pureté du sang, d’unicité d’origine, de judaïsme hérité par la mère ! Car toute nation, Israël compris, France comprise, est le résultat de rencontres, d’échanges, d’unions, de mélanges d’origines et de cultures qui sont le creuset d’un peuple qui toujours se renouvelle. Elle en est un bel exemple.


Il est bon de se donner les moyens d’en prendre conscience pour sortir d’une caricature sans doute sympathique mais extrêmement sclérosante, qui date du XIXe siècle, avec à l’époque l’ambition de réunifier la France, mise à mal dans son unité par la guerre civile que fut la Révolution. Le mythe a été ainsi développé d’une origine gauloise unique, avec ses héros qui auraient contribué à construire le pays. Si nous regardions autrement ? Si nous allions à la recherche de ces autres apports qui ont fait de nous ce que nous sommes… dans notre diversité ? Ainsi, un colloque s’est tenu récemment au musée du Louvre, intitulé « Les arts de l’islam en France », il s’agissait de mieux comprendre cet héritage culturel peu connu chez nous et qui remonte à très loin dans notre histoire, ce que démontre le développement assez récent d’une archéologie de la période médiévale, une période riche en échanges de toutes sortes.


Sommes-nous conscients que bon nombre de ces « étrangers » que nous nous échinons à repousser par la force ou par notre indifférence coupable sont potentiellement des éléments de vitalité pour notre pays comme Ruth l’a été pour le sien ? Et que c’est justement avec leurs différences, avec l’espérance qui est la leur de vivre dans un monde meilleur, qu’ils impulsent à notre société une énergie qui va vers l’avenir bien plus dynamique qu’un pseudo-élan qui nous viendrait de notre passé ?


Rappelons-nous l’engagement des goumiers marocains, des tirailleurs sénégalais et de tous les soldats venus de nos colonies, grâce à qui nous pouvons aujourd’hui nous dire encore français. Ils ont contribué à écrire l’histoire de la France sans éprouver forcément le besoin de se reconnaître gaulois. Et tous ces étrangers, Espagnols, Africains ou Asiatiques, qui ont combattu dans la Résistance et qui ont laissé leurs noms ici ou là sur les stèles commémoratives ! Quand leur ferons-nous une place dans notre récit national ?

http://reforme.net/une/societe/honneur-aux-gaulois-inconnus

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article