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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

reforme

Un petit (mal)traité pour lutter contre l’analphabétisme religieux,reforme,religion,respect,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #religion, #respect

MÉDIAS
Un petit (mal)traité pour lutter contre l’analphabétisme religieux
Tags: Livres Histoire Interreligieux analphabétisme religieux
Petit (mal)traité d'histoire des religionsRésumer l’histoire biblique d’Abraham à Daniel en dix-huit pages pour narrer ensuite la naissance de l’islam, la Réforme et les Lumières. Tel est le tour de force du «Petit (mal)traité d’histoire des religions» qui vient de paraître chez Slatkine. Son auteur, François Conod tente ainsi de donner au plus grand nombre les clés religieuses pour comprendre l’art et l’actualité.
Par Joël Burri
«Ce livre, c’est un peu une commande de ma fille. Elle a fait le constat qu’il n’existait rien sur le marché qui présente les différentes religions sans être prosélytique», explique François Conod. L’auteur lausannois vient de publier chez Slatkine son «Petit (mal)traité d’histoire des religions».
Avec sa fille enseignante, il partage le constat du manque de culture religieuse de leurs contemporains. Ainsi ce petit ouvrage (moins de 150 pages) se donne pour mission de donner des clés de lecture tant pour l’art que pour l’actualité. «Même chez les croyants, il n’est pas toujours très clair que le christianisme tire ses racines du judaïsme et que l’islam se base à son tour sur le christianisme.» L’auteur écrit: «mon but est double. D’une part, tenter de montrer que la littérature, la peinture, la musique, les arts en général ne peuvent être compris que si –quelles que soient ses croyances ou ses non-croyances– on a des notions de religion, aussi imparfaites et sommaires soient-elles. De toutes les religions, en tout cas les plus répandues. D’autre part, donner des clés pour analyser les conflits qui, au nom de ces mêmes religions, ont ravagé la planète et continuent à la ravager.»
Sous une forme chronologique, qui met clairement en scène les relations entre les trois religions du livre, cet opuscule présente l’histoire des religions d’Abraham (les récits de création étant jugés suffisamment connus) à nos jours. Six pages sont également consacrées à l’apparition de l’hindouisme et du bouddhisme dans le courant du sixième siècle avant Jésus-Christ.
Dans un ton souvent grinçant, l’auteur éclaire les croyances présentées à la lumière des recherches les plus récentes, en archéologie notamment. «J’ai pris le temps de faire court, afin que la lecture de cet ouvrage soit le plus accessible possible.» Les choix sur les éléments à retenir dans un tel résumé ont été guidés par les échanges avec les nombreux relecteurs qui ont accompagné François Conod dans ce projet.
Au final, un texte plaisant à lire, bien que très dense. Après une première lecture où l’on se laisse surprendre par la richesse des relations interreligieuse, ce livre trouvera certainement sa place parmi les ouvrages de référence à garder sous la main.

Infos pratiques
François Conod, «Petit (mal)traité d’histoire des religions». Dessin de Mix&Remix. Slatkine, Genève, 2016. 25 fr.
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http://protestinfo.ch/201605097941/7941-un-petit-mal-traite-pour-lutter-contre-l-analphabetisme-religieux.html

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Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler,protestant,reforme,emploi,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #economie, #emploi

CHRONIQUE
Revenu de base inconditionnel: les réformés sont bien placés pour en parler
Tags: Travail Chronique Votation
Ouvtiers casqués CC(by-nc-nd) jaimebisbal via https://flic.kr/p/6fdJksProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.
Le médecin Jacques-André Haury, ancien député vert'libéral au Grand Conseil vaudois, espère que les réformés profiteront du débat autour de l’initiative populaire fédérale «Pour un revenu de base inconditionnel» pour rappeler les valeurs spirituelles que les protestants reconnaissent au travail.
Photo: CC(by-nc-nd) Jaimebisbal
La question du revenu de base inconditionnel n’est pas d’abord une question politique: c’est une question philosophique. Les Eglises héritières de la Réforme devraient en saisir l’occasion pour rappeler l’éthique protestante du travail.
En effet, la valeur spirituelle que les Réformateurs (Luther en tête) ont donnée au travail constitue l’un des apports les plus déterminants de la Réforme à la prospérité des sociétés occidentales. Rompant de façon radicale avec la tradition catholique médiévale qui voyait dans le travail une forme de punition (Genèse 3:17 sqq.), Luther considère que le travail de l’homme est profitable à lui-même et à la société et qu’il lui permet de poursuivre l’œuvre de Dieu. Par son travail, l’homme devient collaborateur de Dieu.
Dans la tradition catholique médiévale, la vie la plus proche de Dieu était une vie de prière retirée du monde. Quant au pauvre et au mendiant, ils offraient au riche l’occasion, par sa générosité, de s’ouvrir une porte vers le ciel. Les Réformateurs vont affirmer au contraire que c’est dans son activité au sein de la communauté que le croyant va s’approcher de Dieu en devenant Son collaborateur et en poursuivant Son œuvre de Création. C’est dans cette conception spirituelle que Calvin a interdit la mendicité à Genève, s’employant au contraire à trouver un travail pour chacun. Quant au sort des plus miséreux et des plus faibles, il le prend en charge par le développement de l’Hospice général.
Sur cette valeur morale et spirituelle donnée au travail, les sociétés protestantes ont fondé une admirable prospérité qui a permis le bien-être matériel de tous et a contribué à éradiquer la misère. Aujourd’hui encore, on peut observer que la situation économique est meilleure dans les pays héritiers de la Réforme, et notamment que le chômage y est plus bas.
Voici ce que les réformés devraient rappeler au moment où certains défendent le principe d’un revenu de base inconditionnel (RBI). Les milieux économiques affirment que ce revenu découragerait le travail et l’effort. Mais les réformés devraient aller beaucoup plus loin, en rappelant qu’il est profondément contraire à l’éthique protestante du travail, à laquelle tous doivent aujourd’hui la prospérité de la société dans laquelle nous vivons. Si travailler signifie collaborer à l’œuvre de Dieu, pousser chacun au travail, c’est peut-être lui ouvrir une porte vers le ciel. C’est en tout cas lui donner une chance de vivre pleinement sa foi en Dieu.
Et la charité, là-dedans, vertu chrétienne elle aussi? Le RBI n’a rien à voir avec la charité. La charité se tourne vers les plus faibles; qu’il s’agisse de charité privée ou d’aide sociale publique, le principe en est toujours le même: protéger les plus faibles de la misère. Tout au contraire, le RBI mélange les faibles et les oisifs, ceux qui n’ont pas la force et ceux qui n’ont pas la volonté. Le RBI n’a plus rien à voir avec l’éthique de la charité.
Il n’appartient pas aux Eglises de donner des mots d’ordre politique. Mais en un temps où les protestants s’apprêtent à célébrer le 500e anniversaire de la Réformation, un temps aussi où les protestants peinent à affirmer leur identité, le débat autour d’un RBI devrait être pour eux une occasion à saisir. Celle de rappeler les fondements spirituels de l’éthique protestante du travail qui fut et qui demeure si profitable à nos sociétés occidentales; une éthique que les protestants peuvent sans rougir apporter au débat interconfessionnel, et même au débat interreligieux.
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http://protestinfo.ch/201605067938/7938-revenu-de-base-inconditionnel-les-reformes-sont-bien-places-pour-en-parler.html

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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?,protestant,reforme,violences,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #religion, #violences

HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES JEUNES PENDANT LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL À PARIS LE 19 MAI 2016© TATIF/WOSTOK PRESS/MAXPPP
SOCIALÉVÉNEMENT 26 MAI 2016
Auteurs
Laure Salamon
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?


En marge des manifestations contre la loi Travail, les affrontements entre les jeunes et la police traduisent un blocage politique.


La voiture de police incendiée par des manifestants ou le passage à tabac d’un jeune par des policiers, ces images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux illustrent-elles une escalade de la violence ? Pour Laurent Mucchielli, sociologue et historien à l’université d’Aix-Marseille, « il n’y a pas plus de violence qu’auparavant. Certes il faut remonter à 2010 pour retrouver ces phénomènes de casse, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sociaux depuis. Et les manifestations des années 1970 étaient beaucoup plus violentes. »


Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait même fait voter en 1981 une loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, surnommée « loi anticasseurs ». François Mitterrand l’avait abrogée en grande partie en 1983.


La violence ancestrale


Et si on remonte encore plus loin dans l’histoire, Véronique Le Goaziou, sociologue, chercheuse associée au CNRS et auteure d’Idées reçues sur la violence (2004, Le Cavalier Bleu), explique que la violence est une notion à géométrie variable. « Les sociétés du Moyen Âge ou de la Renaissance étaient beaucoup plus marquées par la violence avec les bagarres, les duels, l’insécurité permanente. Considérée comme banale, tolérée voire légitime, cette brutalité était courante dans le quotidien, dans les relations interpersonnelles. Progressivement, on l’a écartée et remplacée par la civilité, la cordialité, la bienveillance. Aujourd’hui, quand on qualifie quelque chose de violent, il est déprécié. L’usage de la violence est même parfois considéré comme une anomalie, une folie ou une régression. Il est donc difficile de réfléchir de manière neutre à ce terme. » Qui plus est, ajoute la sociologue, il est utilisé à tout bout de champ et sature notre langage en regroupant une grande diversité de situations.


Or pour Laurent Mucchielli, il faut se méfier de la mise en scène de cette violence. « Le but de cette stratégie politique est de faire parler au maximum des faits de violence pour éviter de revenir sur le fond de la contestation. Les mouvements sociaux sont inégaux devant la dénonciation de la brutalité, ce qui arrange le pouvoir politique. Pour certaines contestations comme les agriculteurs ou les marins-pêcheurs, la communication va permettre d’apaiser les tensions. Alors que là, au contraire, elle contribue à faire monter leur niveau général, avec une surenchère de mots. »


Et comme les médias et la violence font plutôt bon ménage, la stratégie est payante. Les images et vidéos tournent en boucle sur Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. « On est dans le spectaculaire, analyse Véronique Le Goaziou. Il est plus facile de saisir une image de violence qu’un instant de paix. »


Pourtant, Jean-Paul Willaime, sociologue et directeur d’études émérite à l’EPHE, rappelle que, dans toute société, il y a des conflits mais qu’ils sont régulés. La violence est, en démocratie, contenue. « Il y a crise lorsque certains s’arrogent le droit d’user de la violence alors que, dans un État de droit, seul ce dernier a le monopole de la violence physique légitime. »


Pour le sociologue, « ce passage à l’acte, dans une violence contre les biens et les personnes, manifeste une exaspération, une colère. Cela doit nous alerter sur le mauvais état du dialogue social. Il y a une sorte de dérèglement de la régulation dans les instances qui devraient permettre aux différents points de vue de s’exprimer et de négocier. »


Un avis partagé par le philosophe Olivier Abel, enseignant à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. « Les gens ne s’écoutent plus. On ne sait plus où est le conflit. Le théâtre de la conflictualité ne marche pas. Il n’y a plus de lieux où se formulerait le conflit. »


Le climat social se dégrade depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. D’un côté, le pouvoir politique avance sans tenir compte des revendications et, lorsque les élus du peuple lui bloquent la route, décide de passer en force avec l’usage du 49.3. De l’autre, on assiste à une perte de confiance dans le fonctionnement de la société, parallèlement au désir d’une démocratie plus directe et plus participative. Jean-Paul Willaime parle de « désenchantement démocratique » et de « fracture démocratique », certains ne se sentant pas partie prenante du système de la démocratie parlementaire. Parmi les raisons du mécontentement, le sociologue évoque aussi le renouvellement insuffisant de la classe politique, insuffisamment représentative des femmes et des jeunes.


Véronique Le Goaziou rappelle le lien entre ces revendications et les mouvements issus de la société civile, tel Nuit Debout. « L’absence d’alternative politique, le discrédit fort des appareils créent des frustrations qui poussent les gens à retourner dans la rue. D’autant que François Hollande avait professé des engagements sur l’insertion professionnelle et la jeunesse. La loi travail El Khomri touche à ces deux thématiques sensibles. »


Révolution numérique


À ce tableau déjà noir, Olivier Abel ajoute l’absence d’horizon. « On se trouve dans une situation de mutation politique, économique et culturelle provoquée entre autres par la révolution numérique. On ne sait pas vers quoi on va. On n’a pas encore trouvé d’issues, de nouvelles formes institutionnelles à l’échelle de la mondialisation. » Et Jean-Paul Willaime de compléter en soulignant le fait qu’en France des logiques de conflits l’emportent souvent sur des logiques de compromis. « Il faut préparer les lois bien en amont, en confrontant les avis. La tentation de vouloir aller vite est accentuée par une insuffisance de la culture du compromis. On est plutôt dans un schéma où l’un doit gagner et l’autre tout perdre. »


Et le philosophe Oliver Abel de conclure : « Il faut comprendre que la vérité est mouvante, que l’on n’a pas la solution tout seul et qu’il faut faire avec les autres. »


À un an de l’échéance présidentielle, la situation est préoccupante. On ne sait que trop comment le malaise peut s’exprimer dans les urnes.

http://reforme.net/une/societe/pourquoi-conflit-lemporte-compromis

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La vulnérabilité peut être un piège,protestant,reforme,sante,

30 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #sante, #societe

"NOUS AVONS TOUS UNE PEAU QUI PEUT ÊTRE PERCÉE, UN ESPRIT QUI PEUT ÊTRE BRUTALISÉ"© "VULNERABLE"/DAVID DÁVILA VILANOVA/CC BY 2.0 VIA FLICKR
BIBLE & ACTUALITÉSOCIAL 26 MAI 2016
Auteurs
Olivier Brès
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La vulnérabilité peut être un piège


À force d'ériger la vulnérabilité en valeur commune à tous, on risque d'occulter les vraies inégalités.


« Nous sommes tous fragiles. » « Nous sommes tous vulnérables. » C’est le discours à la mode. C’est la base des discours sur la sagesse et la spiritualité qui prolifèrent dans nos librairies. C’est aussi la manière émergente dont on parle des pauvres aujourd’hui (1) : « les plus vulnérables ».


Cette belle unanimité devrait nous alerter, éveiller peut-être nos soupçons. En quoi ces affirmations aident-elles à comprendre le monde dans lequel nous vivons, les relations des uns avec les autres, les enjeux de l’avenir ?


Reconnaître que nous pouvons tous être blessés par les événements qui surviennent dans nos existences, admettre que personne n’est jamais à l’abri du mal et du malheur, est-ce que cela éclaire particulièrement notre vision du présent ?


Nous sommes bien sûr participants d’une commune humanité. Nous avons tous une peau qui peut être percée, un esprit qui peut être brutalisé. Mais cela fait-il de nous des identiques, des égaux ? Notre vulnérabilité est-elle la même quand nous vivons ici en France, ou dans des pays en guerre ? Peut-on considérer comme aussi fragiles ceux qui subissent la précarité et ceux qui vivent dans l’opulence ? Le mode d’organisation de nos sociétés ne génère-t-il pas des vulnérabilités particulières quand on sait que les espérances de vie diffèrent d’une catégorie sociale à l’autre ?


Statut unique


Finalement, cette vulnérabilité érigée en condition commune, ce pourrait être un piège, une façon de nier les inégalités réelles et de cacher leurs conséquences sur les individus et les groupes.


Le christianisme peut participer à cette occultation du réel. La spiritualité chrétienne peut être complice de cet effacement trop pratique des différences sociales. Quand elle propose à chaque individu un statut unique, celui de pécheur, destiné au salut (ou à la perdition) après la mort ; quand elle ne s’intéresse qu’à sa soumission (ou non) à une puissance extérieure au monde, la doctrine chrétienne s’écarte de la vie concrète des personnes, évacue le rôle des groupes sociaux, et finalement conseille de se soumettre aux forces qui régissent la société.


Le Jésus des évangiles ne participe pas à cette occultation des conditions de vie de ses interlocuteurs. Il distingue entre « les petits » et les puissants, et ne promet pas « béatitude » à tous. Il s’adresse différemment aux « chargés » et à ceux qui mettent des poids sur les épaules des autres Il révèle les places de chacun – pharisiens, grands-prêtres, occupants romains – dans l’organisation des pouvoirs de son temps. Et quand le jeune homme riche ou Zachée veulent venir à la suite de Jésus, les évangiles explicitent bien qu’ils refusent ou acceptent de changer de place sociale (et pas seulement de croyance).


Faut-il considérer alors qu’il n’y a pas de spiritualité chrétienne ? Si l’offre de spiritualité est une manière d’évacuer les conditions et d’effacer les différences sociales, alors il n’y a pas de spiritualité chrétienne.


Le défaut de la cuirasse


Le mot d’ailleurs n’existe pas dans la Bible. Il y a un Esprit qui rejoint les personnes et les groupes là où ils sont, qui les anime dans leurs luttes pour la reconnaissance de leur dignité, qui leur permet de garder confiance et/ou de changer de comportement.


Devrions-nous aller jusqu’à dire que ce qui compte ce n’est pas notre vulnérabilité commune ? C’est la promesse que la confiance dans le Christ peut rendre invulnérables dans la bataille les plus blessés par la société. Ils n’ont pas besoin de pitié mais d’une vraie place. Et c’est la conviction que l’Esprit peut aussi trouver le défaut de la cuirasse des plus sûrs de leur suffisance.


Ils ne nous feront pas pitié avec leur vulnérabilité. Pour les impitoyables, leur spiritualité ne sera jamais une excuse.


(1). « Le concept de vulnérabilité », Axelle Brodiez-Dolino http://www.laviedesidees.fr/Le-concept-de-vulnerabilite.html

http://reforme.net/une/societe/vulnerabilite-peut-etre-piege

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Des différences irréductibles demeurent,reforme,protestant,histoire,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #reforme

RAPHAËL PICOND. R.
DISPUTATIORAPHAEL PICON 22 JANVIER 2016
Auteurs
Raphaël Picon
L'avis de…
Raphaël Picon
professeur de théologie pratique
à l’institut protestant de théologie de Paris


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Des différences irréductibles demeurent


Oui. Chaque confession a une logique et une cohérence qui lui sont propre.


Pendant très longtemps le protestantisme s’est défini par rapport au catholicisme, donnant par là l’impression que sa théologie, sa compréhension de la foi chrétienne et des pratiques religieuses restaient relatives au modèle catholique. Il est plus fréquent aujourd’hui de considérer chaque confession chrétienne dans sa logique et sa cohérence, à l’instar d’une langue qui a ses usages et ses règles de grammaire. De même qu’une langue peut être traduite dans une autre, une confession ou une religion peut être comparée et trouver des équivalences dans une autre. Et de même qu’une langue n’est jamais totalement traduisible, une religion renvoie, elle aussi, à des différences irréductibles. Au moins deux me paraissent fondamentales.


En 1999 a été signé entre luthériens et catholiques une déclaration commune sur la justification par la foi. C’est une avancée sur le plan œcuménique : la justification est reconnue par tous comme un don de Dieu et de Dieu seul. La différence tient au fait que dans le protestantisme, cet article de foi n’est pas un article parmi d’autres. Il est l’article premier à partir duquel l’ensemble de la foi, de la théologie, des pratiques ecclésiales va être défini.
Cette différence quant à l’application de ce principe explique notamment ce qui constitue l’un des points de rupture fondamental entre catholicisme et protestantisme : la conception de l’Église. Au nom de la justification par la foi (et comprenons bien ici que la foi est grâce et non adhésion doctrinale, donc œuvre humaine), l’Église, dans le protestantisme, est comprise comme une réalité seconde. Elle est au service d’une prédication qu’elle reçoit, qui la fonde et qu’elle a pour mission de transmettre.


Modèles d’Églises


L’Église n’est d’aucune façon dépositaire des conditions d’accès au salut ; elle est suscitée par l’Évangile qu’elle prêche et par lequel elle enseigne le salut, la grâce, le Christ. De cette conception de l’Église découle une approche radicalement différente du ministère. Comme le rappelle Vatican II, c’est en distribuant l’hostie que le prêtre, en tant qu’il participe du sacerdoce de l’évêque, rend le Christ présent. Rien de tel pour le pasteur qui ne représente pas le Christ, même symboliquement, mais enseigne le Christ à la communauté. Ce n’est pas le prêtre mais la communauté qui représente le Christ, lorsqu’elle est saisie par la parole de Dieu à travers la prédication et les sacrements.




Une autre différence fondamentale entre catholicisme et protestantisme réside sur l’organisation de l’Église. Dans le premier, le modèle ecclésial demeure impérial. C’est l’évêque qui fait l’Église. On peut dès lors parler d’un modèle hiérarchique.




Dans le protestantisme, le modèle qui dès la Réformation se met en place est celui de la délibération synodale, de la confrontation plurielle aux textes bibliques. On peut ici parler d’un modèle démocratique. Nous n’induisons pas que la démocratie serait absente du catholicisme, mais sa structuration relève d’une autre représentation du pouvoir et de l’autorité.

http://reforme.net/journal/09262013-3529/opinions/disputatio/differences-irreductibles-demeurent

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Festival de Cannes : coup de cœur pour "Paterson", de Jim Jarmusch,reforme,couples,film,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #protestants, #femmes, #couples, #amours, #film

"PATERSON", DE JIM JARMUSCH, AVEC ADAM DRIVER ET GOLSHIFTEH FARAHANI© MARY CYBULSKI
CINÉMA/DVD 17 MAI 2016
Auteurs
Jean-Michel Zucker
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Festival de Cannes : coup de cœur pour "Paterson", de Jim Jarmusch


De grandes déceptions et quelques belles découvertes pour Jean-Michel Zucker, envoyé spécial au Festival de Cannes.


Les festivaliers arpentent fébrilement la Croisette pour essayer de combler leur boulimie d’images animées. Des satisfactions, nombreuses certes, mais aussi des frustrations, lorsqu’une longue attente de deux heures ne permet pas d’accéder à la séance convoitée.


Dans la Compétition, la journée du lundi de Pentecôte a été dominée d’assez haut par le remarquable Paterson de Jim Jarmusch. Il faut être un très grand réalisateur pour se permettre, à une époque où les médias, l’argent, le sexe, les paillettes et la musique assourdissante tiennent le haut du pavé d’écrire un film si apaisé, si tendre, si quotidien, si poétique, mais si merveilleusement authentique.


La vie comme elle passe


Inspiré et toujours décalé, Jarmusch nous offre le récit d’une semaine de la vie du couple que forment le jeune chauffeur de bus et poète Paterson et Laura, la ravissante Golshifteh Farahani, actrice de Syngué sabour d’Atiq Rahimi et de My Sweet Pepper Land d’Hiner Saleem. Il n’y a pas de scénario, mais il y a la vie comme elle passe et c’est tout simplement magique. Le contenu et le ton des deux autres films est beaucoup plus prosaïque.





Dans Mal de pierres, Nicole Garcia donne une nouvelle version à l’écran d’une madame Bovary issue de la petite bourgeoisie agricole. Le film, de facture très classique, ne convainc ni par son scénario trop convenu, ni par le jeu conventionnel des acteurs.


Loving, de Jeff Nichols, est l’évocation d’une lutte particulièrement chaude aux États-Unis pour le mariage interracial et le droit de mettre au monde des enfants métis. Le film retrace sobrement, mais de façon un peu plate et sentimentale, l’aventure authentique du maçon blanc Richard Loving et de Mildred, sa femme de couleur. Derrière des images ternes, une musique sirupeuse, et des personnages bien fades nous cherchons vainement le réalisateur de Mud.


Les stigmates de l’horreur


À "Un certain regard", il faut signaler l’intérêt du second long métrage prometteur de Boo Junfeng, un réalisateur singapourien : Apprentice est un drame psychologique, assez prenant, qui élucide l’étrange vocation pour le quartier de haute sécurité d’une prison d’un jeune fonctionnaire rattrapé par son passé.


Enfin, le Festival s’est honoré en accueillant le chaleureux réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun qui présentait son dernier film, un témoignage documentaire émouvant, Hissein Habré, une tragédie tchadienne. Accompagné par le président de l’association des victimes, l’auteur va à la rencontre des rescapés des exactions et des tortures de ceux qui portent dans leur chair les stigmates de l’horreur. Une horreur qu’explore pour sa part au Cambodge Rithy Panh, dont le dernier film, Exil, méditation sur l’absence et la solitude intérieure, a été projeté en début de festival.


Extrait d'Exil, de Rithy Panh :

http://reforme.net/une/culture/cinemadvd/62548-cannes-cite-cinema-tourne-maintenant-a-plein-regime

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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants",reforme,violences,sexes,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #violences, #viol, #sexes

LES JEUNES GARÇONS ENTRE 9 ET 13 ANS COMPTENT PARMI LES VICTIMES LES PLUS NOMBREUSES DES PÉDOPHILES© NKBIMAGES / ISTOCK
DOSSIERPÉDOPHILIE 19 MAI 2016
Auteurs
Elise Bernind
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"Il n'y a pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants"


De pratique tolérée dans les années 1970, la pédophilie est devenue un crime absolu. Quels en sont les ressorts historiques, psychiatriques ? Entretien avec le psychiatre Roland Coutanceau.


À lire


Les Blessures
de l’intimité
Roland Coutanceau
Odile Jacob Poches, 2014.
Roland Coutanceau est psychiatre, responsable d’une consultation spécialisée pour victimes et auteurs d’actes de pédophilie, dans les Hauts-de-Seine.


La définition de la pédophilie a évolué avec le temps. Quelle est celle des médecins aujourd’hui ?


L’attrait pédophilique est une excitation sexuelle pour un corps prépubère, fille ou garçon. Premièrement, cet attrait se situe au niveau du fantasme. Il n’y a donc pas forcément passage à l’acte. Deuxièmement, le pédophile peut être « exclusif » : il n’est attiré que par les prépubères; ou « préférentiel », ce qui revient un peu au même; ou, le plus souvent, « secondaire ». Il est attiré par les adultes, mais dans certaines circonstances de frustration sexuelle, il découvre qu’il a un attrait pour les enfants. Troisièmement, le pédophile peut être hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. C’est donc un monde extrêmement varié, sans profil type, y compris concernant l’âge et la classe sociale.


Les pédophiles qui ne passent pas à l’acte sont-ils majoritaires ? Qu’en est-il des femmes ?


C’est par définition impossible de savoir combien ils sont. On les repère mieux depuis que la technologie permet d’aller voir si quelqu’un regarde des images pédopornographiques sur son ordinateur. Les femmes pédophilies sont beaucoup moins nombreuses. Et je n’ai jamais rencontré « d’exclusives ».


Les mêmes personnes abusent-elles de prépubères et de très jeunes enfants ?


La pédophilie est indissociable de la prépuberté. 9-13 ans est la tranche d’âge où l’on retrouve le plus de passages à l’acte, et de très loin. Il y a une deuxième réalité que j’appelle « l’adolescentophilie ». Les « adolescentophiles » sont, eux, attirés par les 13-15 ans. Ils recherchent une belle peau sans imperfection mais aussi la position du dominateur, celui qui initie. C’est pour cela qu’ils ne s’intéressent pas aux adolescents plus âgés. Avant neuf ans, les actes pédophiles sont beaucoup moins nombreux. Et enfin, avant cinq ans, je ne parle plus de pédophilie, mais d’aberration sexuelle.


Les victimes sont-elles le plus souvent des filles ou des garçons ?


Les pédophiles exclusifs sont surtout attirés par les garçons. Ce sont donc les premières victimes quand il y a passage à l’acte et récidive.


Les pédophiles souffrent-ils de leur orientation sexuelle ?


Il y a quatre types de vécus. Les premiers culpabilisent. Ils nous consultent même quand ils ne passent pas à l’acte. Les deuxièmes en souffrent mais se leurrent. Ils pensent qu’ils sont attentifs aux enfants. Mais derrière l’affection se cache l’excitation sexuelle. Les troisièmes sont égocentrés. Ils se disent qu’ils sont comme ça. Ils cohabitent avec, et finissent par accepter. Les derniers, les cyniques, n’en ont rien à faire, à partir du moment où ils se satisfont.


Les pédophiles décomplexés, tels ceux des années 70, qui font partie du second groupe, le sont en consultation mais pas sur la place publique. Aujourd’hui, un livre prosélyte ne trouverait plus d’éditeur.


Les pédophiles sont-ils surreprésentés chez les prêtres ?


Les pédophiles exclusifs qui passent à l’acte se retrouvent dans toutes les activités professionnelles proches des enfants. Il n’y a donc pas plus de pédophiles chez les prêtres que chez les enseignants. Et ils sont une minorité dans ces professions ! C’est une pédophilie de proximité. Ils connaissent leurs victimes, les manipulent. Ils ont de nombreux rapports avec le même enfant avant que ça se sache. Parfois ils se leurrent. C’est le groupe le plus important de pédophiles transgressifs. Ceux qui agressent sans connaître l’enfant sont une minorité. Ceux-là sont plus organisés et plus dangereux. Ils peuvent kidnapper, séquestrer et une infime partie d’entre eux va jusqu’à tuer.


Et l’inceste ?


C’est un monde complexe et à part. Car les incestueux récidivent peu et n’ont pas une attirance exclusive pour les enfants. C’est souvent une affaire de promiscuité. L’enfant est là, le père ou le beau-père est frustré, et un jour, il dérive. Le pédophile, lui, est manipulateur.


Comment faire de la prévention ?


Dans certains pays protestants comme l’Allemagne, des spots télévisés très sobres abordent le sujet pour encourager les personnes avec des pensées pédophiles à se faire aider. La maturité d’une société est d’oser en parler pour mieux prévenir. La France est un pays curieux qui n’ose pas toucher aux tabous, même pour trouver des solutions. Nous n’avons pas encore de spots télévisés mais nous développons les consultations préventives. L’attrait pédophilique s’apprivoise, se gère. Dans la sexualité humaine, il y a un monde entre le fantasme et le passage à l’acte. La plupart des gens ont un interdit structuré. Le problème n’est pas d’être excité, mais de ne pas se contrôler.


Propos recueillis par É. B.

http://reforme.net/une/societe/ny-a-plus-pedophiles-pretres-enseignants

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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?,reforme,violences,politiques,

26 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #reforme, #politiques, #violences

HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES JEUNES PENDANT LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI TRAVAIL À PARIS LE 19 MAI 2016© TATIF/WOSTOK PRESS/MAXPPP
SOCIALÉVÉNEMENT 26 MAI 2016
Auteurs
Laure Salamon
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Pourquoi le conflit l'emporte-il sur le compromis ?


En marge des manifestations contre la loi Travail, les affrontements entre les jeunes et la police traduisent un blocage politique.


La voiture de police incendiée par des manifestants ou le passage à tabac d’un jeune par des policiers, ces images largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux illustrent-elles une escalade de la violence ? Pour Laurent Mucchielli, sociologue et historien à l’université d’Aix-Marseille, « il n’y a pas plus de violence qu’auparavant. Certes il faut remonter à 2010 pour retrouver ces phénomènes de casse, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sociaux depuis. Et les manifestations des années 1970 étaient beaucoup plus violentes. »


Le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, avait même fait voter en 1981 une loi renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, surnommée « loi anticasseurs ». François Mitterrand l’avait abrogée en grande partie en 1983.


La violence ancestrale


Et si on remonte encore plus loin dans l’histoire, Véronique Le Goaziou, sociologue, chercheuse associée au CNRS et auteure d’Idées reçues sur la violence (2004, Le Cavalier Bleu), explique que la violence est une notion à géométrie variable. « Les sociétés du Moyen Âge ou de la Renaissance étaient beaucoup plus marquées par la violence avec les bagarres, les duels, l’insécurité permanente. Considérée comme banale, tolérée voire légitime, cette brutalité était courante dans le quotidien, dans les relations interpersonnelles. Progressivement, on l’a écartée et remplacée par la civilité, la cordialité, la bienveillance. Aujourd’hui, quand on qualifie quelque chose de violent, il est déprécié. L’usage de la violence est même parfois considéré comme une anomalie, une folie ou une régression. Il est donc difficile de réfléchir de manière neutre à ce terme. » Qui plus est, ajoute la sociologue, il est utilisé à tout bout de champ et sature notre langage en regroupant une grande diversité de situations.


Or pour Laurent Mucchielli, il faut se méfier de la mise en scène de cette violence. « Le but de cette stratégie politique est de faire parler au maximum des faits de violence pour éviter de revenir sur le fond de la contestation. Les mouvements sociaux sont inégaux devant la dénonciation de la brutalité, ce qui arrange le pouvoir politique. Pour certaines contestations comme les agriculteurs ou les marins-pêcheurs, la communication va permettre d’apaiser les tensions. Alors que là, au contraire, elle contribue à faire monter leur niveau général, avec une surenchère de mots. »


Et comme les médias et la violence font plutôt bon ménage, la stratégie est payante. Les images et vidéos tournent en boucle sur Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. « On est dans le spectaculaire, analyse Véronique Le Goaziou. Il est plus facile de saisir une image de violence qu’un instant de paix. »


Pourtant, Jean-Paul Willaime, sociologue et directeur d’études émérite à l’EPHE, rappelle que, dans toute société, il y a des conflits mais qu’ils sont régulés. La violence est, en démocratie, contenue. « Il y a crise lorsque certains s’arrogent le droit d’user de la violence alors que, dans un État de droit, seul ce dernier a le monopole de la violence physique légitime. »


Pour le sociologue, « ce passage à l’acte, dans une violence contre les biens et les personnes, manifeste une exaspération, une colère. Cela doit nous alerter sur le mauvais état du dialogue social. Il y a une sorte de dérèglement de la régulation dans les instances qui devraient permettre aux différents points de vue de s’exprimer et de négocier. »


Un avis partagé par le philosophe Olivier Abel, enseignant à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. « Les gens ne s’écoutent plus. On ne sait plus où est le conflit. Le théâtre de la conflictualité ne marche pas. Il n’y a plus de lieux où se formulerait le conflit. »


Le climat social se dégrade depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. D’un côté, le pouvoir politique avance sans tenir compte des revendications et, lorsque les élus du peuple lui bloquent la route, décide de passer en force avec l’usage du 49.3. De l’autre, on assiste à une perte de confiance dans le fonctionnement de la société, parallèlement au désir d’une démocratie plus directe et plus participative. Jean-Paul Willaime parle de « désenchantement démocratique » et de « fracture démocratique », certains ne se sentant pas partie prenante du système de la démocratie parlementaire. Parmi les raisons du mécontentement, le sociologue évoque aussi le renouvellement insuffisant de la classe politique, insuffisamment représentative des femmes et des jeunes.


Véronique Le Goaziou rappelle le lien entre ces revendications et les mouvements issus de la société civile, tel Nuit Debout. « L’absence d’alternative politique, le discrédit fort des appareils créent des frustrations qui poussent les gens à retourner dans la rue. D’autant que François Hollande avait professé des engagements sur l’insertion professionnelle et la jeunesse. La loi travail El Khomri touche à ces deux thématiques sensibles. »


Révolution numérique


À ce tableau déjà noir, Olivier Abel ajoute l’absence d’horizon. « On se trouve dans une situation de mutation politique, économique et culturelle provoquée entre autres par la révolution numérique. On ne sait pas vers quoi on va. On n’a pas encore trouvé d’issues, de nouvelles formes institutionnelles à l’échelle de la mondialisation. » Et Jean-Paul Willaime de compléter en soulignant le fait qu’en France des logiques de conflits l’emportent souvent sur des logiques de compromis. « Il faut préparer les lois bien en amont, en confrontant les avis. La tentation de vouloir aller vite est accentuée par une insuffisance de la culture du compromis. On est plutôt dans un schéma où l’un doit gagner et l’autre tout perdre. »


Et le philosophe Oliver Abel de conclure : « Il faut comprendre que la vérité est mouvante, que l’on n’a pas la solution tout seul et qu’il faut faire avec les autres. »


À un an de l’échéance présidentielle, la situation est préoccupante. On ne sait que trop comment le malaise peut s’exprimer dans les urnes.

http://reforme.net/une/societe/pourquoi-conflit-lemporte-compromis

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Quelle Bible choisir ?,protestant,reforme,

16 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme, #religion

© P.DELISS/GODONG
RELIGION 20 AVRIL 2013
Auteurs
Antoine Nouis
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Quelle Bible choisir ?


Parmi les très nombreuses traductions disponibles, comment choisir la sienne ? Des conseils pour découvrir les spécificités des différentes bibles.


De nos jours, toutes les traductions sont rigoureuses, faites à partir des langues originales, l’hébreu pour le Premier Testament et le grec pour le Nouveau Testament.




Les différences viennent des présupposés de traduction. Nous trouvons certaines traductions qui favorisent une bonne lisibilité en français mais qui s’éloignent de l’original, et d’autres qui cherchent à se tenir au plus près de l’original mais qui sont plus difficiles à lire en français. En allant d’une borne à l’autre, voilà une présentation des différentes traductions disponibles.




Critères de choix




Parole de Vie, est une traduction en français fondamental qui a été rédigée pour les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle. Elle propose des phrases courtes, une grammaire simplifiée et un vocabulaire limité. C’est une bonne traduction pour les enfants. Elle est particulièrement éloquente pour une lecture orale.




La Bible en français courant, comme son nom l’indique, est une traduction accessible recommandée pour une première lecture. Cette traduction est celle de la Bible expliquée qui propose des notes qui cherchent à répondre aux questions que se pose un individu qui connaît mal la Bible. C’est aussi la traduction utilisée par ZeBible dont les commentaires et les illustrations s’adressent spécifiquement aux jeunes.




La Bible du semeur a été traduite sur les mêmes principes que la Bible en français courant mais par des théologiens évangéliques. On la trouve surtout dans ces Églises qui l’apprécient beaucoup.




La TOB (Traduction œcuménique de la Bible) est une bonne bible de travail. Comme son nom l’indique, elle est le fruit d’une collaboration entre théologiens catholiques, protestants et orthodoxes. La version avec notes développées est une mine de renseignements.




La NBS (Nouvelle Bible Segond) est la Bible d’étude appréciée des protestants. Elle comporte de nombreux commentaires et index. Elle est recommandée pour les étudiants en théologie.




En plus de ces traductions, nous pouvons relever deux autres bibles typées.




La Bible Bayard est le fruit d’une collaboration entre des exégètes et des écrivains. Elle soigne le style littéraire tout en restant rigoureux d’un point de vue exégétique. Ce n’est pas une bible de travail mais je la recommande pour une lecture littéraire.




La Bible Chouraqui privilégie la fidélité au texte original. Cela donne une langue colorée mais qui n’est pas toujours accessible à ceux qui ne connaissent pas les langues bibliques.




Des traductions savoureuses




Pour donner un exemple voici un verset du livre de l’Exode dans les différentes traductions (Ex 34.6).




Parole de Vie : Oui, je suis un Dieu de pitié et de tendresse. Je suis patient, plein d’amour et de fidélité.
Bible en français courant : Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté.
Bible du semeur : L’Éternel, un Dieu plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité.
TOB : Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté.
NBS : Dieu compatissant et clément, lent à la colère et grand par la fidélité et la loyauté.
Bible Bayard : Yhwh dieu de grâce et de miséricorde ! Lent à la colère, généreux d’amour fidèle et de vérité.
Bible Chouraqui : El matriciel, graciant, long de narines, abondant en chérissement et vérité.

http://reforme.net/une/religion/quelle-bible-choisir

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Les dix commandements : "Honore ton père et ta mère",protestant,reforme,

16 Mai 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #reforme

AU SÉNAT ROMAIN, LES ANCIENS SONT HONORÉS. FRESQUE DU PALAZZO MADAMA© CC BY-SA 3.0 VIA WIKIMEDIA COMMONS
BIBLEDIX PAROLES 3 MARS 2016
Auteurs
Antoine Nouis
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Les dix commandements : "Honore ton père et ta mère"


La Bible appelle à honorer son père et sa mère... mais aussi à les quitter. Les deux commandements ne sont pas contradictoires. Il convient de trouver leur juste articulation.


Le Premier Testament encadre la relation aux parents entre deux versets. Le premier dit : « Honore ton père et ta mère », et le second : « L’homme quittera son père et sa mère. » Honorer ou quitter ? Les deux verbes semblent opposés, ils sont pourtant complémentaires et peuvent entrer en résonance pour nous aider à trouver la juste distance avec ceux qui nous ont précédés. Dans cette page, nous méditerons l’honneur, et la semaine prochaine le fait de quitter.


Immédiateté ou fidélité


Le verbe honorer veut dire en hébreu glorifier, mais aussi donner du poids. Honorer ses parents, c’est les glorifier en accordant de l’importance à ce qu’ils ont été, aux combats qu’ils ont menés, aux fidélités qui ont été les leurs.


Dans notre réflexion sur le sabbat, nous avons dit que le repos hebdomadaire était une façon de donner de l’importance aux temps et aux rythmes de la vie, alors que notre civilisation nous pousse à ne considérer que l’immédiat. Le temps renvoie aux notions de patience, de construction et de fidélité, alors que l’immédiateté suscite ce qu’on appelle en anglais la me generation : moi d’abord, rien avant, rien après, tout, tout de suite.


Une image de notre société est évoquée dans l’Odyssée lorsque, après une tempête, Ulysse ancre son bateau sur les rivages d’une île inconnue. Il envoie des marins pour prendre contact avec les habitants du pays. Ceux-ci les accueillent très gentiment et leur proposent de partager leur nourriture ordinaire. Malheureusement ce sont des lotophages, les mangeurs de lotos. Quand un humain ingurgite cette nourriture délicieuse, il oublie tout, il ne se souvient plus de son passé, il perd toute notion de qui il est, d’où il vient, et où il va. Il baigne dans une douce quiétude, la vie n’est plus autre chose qu’une succession de petits plaisirs. Quand Ulysse retrouve ses compagnons, ils sont anesthésiés dans une espèce de bonheur qui paralyse toute mémoire. Ulysse les prend par la peau du cou et les force à quitter cette île paradisiaque qui est un piège pour les humains. Le but de son voyage n’est pas de s’enivrer de lotos, mais de retourner à Ithaque.


La lotophagie ambiante de notre société, qui aligne la valeur d’un individu sur sa capacité à jouir de la société de consommation, induit une approche particulière des anciens. On dira que le vieux est formidable s’il est adapté, souriant, en bonne forme, s’il a de l’argent et qu’il voyage, s’il s’est mis à l’informatique et qu’il contrôle Internet, s’il conduit encore sa voiture et qu’il peut aider ses enfants et accueillir ses petits-enfants. En revanche, si par malheur il a quelque maladie invalidante, si son travail l’a épuisé et qu’il en garde des séquelles, s’il manque d’enthousiasme pour l’avenir et si les merveilles de la technologie moderne lui paraissent incompréhensibles ou superflues… on ne louera plus sa sagesse, on le cachera, le dissimulera… on ne l’honorera plus.


Dans les sociétés traditionnelles qui changent peu, la mémoire est synonyme d’expérience, c’est pourquoi les anciens sont écoutés. Au Sénat romain et dans les grandes académies grecques, c’était le vieillard qui se faisait entendre. Il inspirait respect et reconnaissance, admiration et gratitude, car son savoir était plus riche, sa mémoire plus vaste et sa génération plus proche de la source. De nos jours, ce sont les jeunes qui sont plus adaptés, plus souples, plus mobiles, plus au fait des dernières innovations alors qu’à l’heure de la technologie, la mémoire n’a pas beaucoup de poids ni d’utilité. De nos jours, les anciens sont honorés à la mesure de leurs capacités à rester jeunes, c’est-à-dire à ne pas être anciens, ce qui est exactement l’inverse de ce que dit le commandement biblique.


© LE VENT LE CRI/CC BY 2.0 VIA FLICKR
Le commentaire du pasteur Antoine Nouis : Sur les épaules des anciens
Dans le livre d’Ésaïe, Dieu annonce son jugement sur Jérusalem. Pour cela, il écarte toute sagesse, il écarte le juge et le prophète, le devin et l’ancien, le conseiller et l’artisan. Quelle est la conséquence de ce retrait ? « Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs et des gamins domineront sur eux. Parmi le peuple, l’un opprimera l’autre et chacun son prochain ; le jeune homme attaquera le vieillard et le vulgaire celui qui est honoré. » (Es 3,1-5).


La malédiction d’une société, c’est quand ce ne sont pas les anciens, mais les gamins qui sont au pouvoir. Dans la même période qu’Ésaïe, Platon disait la même chose dans cette célèbre citation qui récapitule une page de La République : « Quand les pères tremblent devant leurs fils, quand les maîtres n’enseignent plus les élèves mais préfèrent les flatter, quand finalement les jeunes ne respectent plus les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »


La rupture radicale avec le passé est à l’origine de tous les totalitarismes (fascisme, maoïsme, communisme…). En Italie, le mouvement futuriste qui se caractérisa par sa proximité avec l’idéologie fasciste véhiculait la haine de l’histoire. Dans son manifeste du futurisme, Filippo Marinetti déclarait : « Nous détruirons les musées, les bibliothèques, les académies de toute sorte... Nous n’avons pas besoin du passé… Nous sommes jeunes et forts… La guerre représente la forme la plus intense de la vie. »


Les tyrans ont toujours exalté les forces et la beauté de la jeunesse. Ils ont souvent fini par être des vieillards, mais ils sont restés fascinés par la jeunesse, symbole de pureté et d’immédiateté.


Quand elle appelle à honorer les anciens, à cultiver la mémoire et à relire son histoire, la Bible fait œuvre de civilisation.


Chaque génération est invitée à ne pas partir de zéro, à ne pas tout réinventer, mais à se hisser sur les épaules de la précédente.


La maladie du jeunisme
L’exaltation de la jeunesse est une maladie appelée jeunisme. Le jeunisme est un refus de la mémoire au profit de la nouveauté, de l’immédiateté, de l’éphémère ; elle cultive l’engouement plus que de l’engagement. Elle tourne le dos à cette idée toute simple qu’il faut de la patience et du temps, de la mémoire et de la culture, du récit et de l’expérience pour faire un homme civilisé. Le théologien Urs von Balthasar a affirmé, sous forme de paradoxe, que le fait de considérer la jeunesse comme une valeur en soi témoigne d’une hiérarchie ruinée des valeurs : « Un culte voué à la jeunesse est toujours un signe de vieillissement d’une culture. »


Certes, nous sommes appelés à lancer nos branches vers le ciel, à imaginer et défricher de nouvelles pistes, mais sans jamais oublier la sève qui vient de nos racines. Nous sommes invités à trouver le juste équilibre entre la mémoire et la création, l’honneur dû aux anciens et l’exploration de notre chemin singulier.


A. N.

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