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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

feminisme

Femmes Protestantes à la « Fédé »,protestant,femmes,feminisme,

27 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #femmes, #feminisme, #histoire, #histoire de france

Femmes Protestantes
à la « Fédé »
Une association d'étudiants immédiatement ouverte à la mixité


Suzanne de Dietrich (1891-1981)
Suzanne de Dietrich (1891-1981) © Fédération Protestante de France
L’accès des jeunes filles aux plus hauts diplômes de l’Université (la première agrégée de l’Université est en 1908 une protestante Geneviève Bianquis) et leur regroupement en association les font participer aux instances de discussion.


A la Fédé, 10 ans après sa création, des jeunes filles siègent dans les comités, et cette convergence de prise de responsabilité contribue à lever les réticences encore très fortes dans les milieux les plus conservateurs, envers « la prise de parole » des femmes.


Si la direction de la Fédé fut le le plus souvent assurée par des hommes – le poste principal est celui de secrétaire général – si ce sont des rédacteurs qui sont chargés de diffuser les grandes orientations du mouvement, dans les revues Hic et Nunc et Le Semeur, de nombreuses femmes protestantes de premier plan se sont formées à la Fédé.


Suzanne de Dietrich (1891-1981) et Madeleine Barot (1909-1995) ont participé l’une et l’autre à la création d'œuvres marquantes du protestantisme, dont la Cimade. Elisabeth Schmidt (1908-1986), issue d’une famille agnostique, se convertira après sa rencontre avec Pierre Maury et Suzanne de Dietrich, et sera la première femme consacrée pasteur en 1949.


Son rôle sur le plan théologique


Pasteur Pierre Maury (1890-1956)
Pasteur Pierre Maury (1890-1956) © Fédération Protestante de France
La dimension d’évangélisation du mouvement est dès ses débuts clairement annoncée, et dépasse le cadre des Églises traditionnelles. La Fédé se veut un lieu de débat et d’ouverture sur le monde. Elle aura en outre sur le plan théologique un rôle capital. Grâce au pasteur Pierre Maury (1890-1956) secrétaire général pendant les années de l’entre-deux guerre, l’œuvre de Karl Barth (1896-1968) le grand théologien allemand est traduite, diffusée et rencontre un immense écho. En opposition avec les courants libéraux et chrétiens-sociaux dominant pendant les années 1930, cette théologie provoque à l’intérieur du protestantisme des débats difficiles et parfois douloureux.


La « Fédé » présente dans son temps


Les dirigeants successifs, Charles Westphal (1896-1972), Georges Casalis (1917-1987), Jean Bosc (1910-1969), Roland de Pury (1907-1979), André Dumas (1918-1996) et Jacques Maury (né en 1920), auront toujours le souci d’engager une réflexion sur les problèmes du temps présent. La Fédé prend des options claires et souvent radicales sur des questions aussi bien théologiques que politiques, concernant les hommes et les femmes. Elle soutiendra les objecteurs de conscience, la décolonisation, l’ouverture vers le monde communiste et l’œcuménisme. Elle apparaît ainsi comme un lieu de formation, et de sensibilisation proposant une approche à la fois critique et compréhensive de la société contemporaine.


Bibliographie
Livres
DE DIETRICH Suzanne, La Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (1895-1945), Éditions du Semeur, Paris, 1948
POUJOL Geneviève, Un féminisme sous tutelle – Les protestantes françaises 1810-1960, Max Chaleil éditeur, Paris, 2003
Articles
« Depuis 100 ans la Fédé (1898-1998) », Hors Série, Libre Sens, CPED, 1998
FABRE Rémi, « La Fédé au sortir de la Deuxième Guerre mondiale (1945-1950) », Bulletin de la SHPF, SHPF, Paris, juillet-septembre 1997, Tome 127
Notices associées
Le scoutisme fémininSuzanne de Dietrich (1891-1981)Le Mouvement Jeunes FemmesLa montée des femmes pasteurs de 1960 à 2000Madeleine Barot (1909-1995)
Notices à découvrir

http://www.museeprotestant.org/notice/femmes-protestantes-a-la-fede/

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La montée des femmes pasteurs de 1960 à 2000,protestant,femmes,histoire,histoire de france,

27 Mars 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #histoire, #histoire de france, #femmes, #feminisme

La montée des femmes pasteurs de 1960 à 2000
Accueil > Parcours > Le rôle des femmes dans le protestantisme12 / 13
A partir des années 1960, les femmes sont définitivement reconnues comme pasteurs à l’égal des hommes dans les Églises luthériennes et réformées. Au tournant du siècle, elles sont de plus en plus nombreuses dans tous les postes pastoraux et des théologiennes acquièrent une renommée internationale.


Obstacles et préjugés


Le pasteur Florence Blondon
Le pasteur Florence Blondon © Sophie Reille pour Réforme
Les premières ordinations, celles des années 30, avaient été des cas d’espèce. La question de principe ne se pose réellement qu’à partir des années 50, suivant en cela l’évolution de la société. Dans les synodes, elle est longtemps reportée comme n’étant pas mûre ; dans l’Église réformée de France, la discussion finit par s’engager en 1964 et trouve sa solution deux ans plus tard avec la reconnaissance « que les femmes peuvent être appelées, au même titre que les hommes, à exercer un ministère dans l’Église ».


On hésite à supprimer l’obligation du célibat – que feraient-elles pourvues d’enfants ? On craint qu’admettre les femmes ne détourne les hommes de répondre à la vocation pastorale ; on craint aussi que ce soit un obstacle au dialogue œcuménique, qu’elles ne seraient pas capables d’assumer.


Pasteurs à part entière


Strasbourg, siège de l'ECAAL-ERAL
Strasbourg, siège de l'ECAAL-ERAL © M. de Raïssac
La clause du célibat est levée en 1968 dans l’ERAL, en 1970 dans l’ECAAL. Dans les deux Églises d’Alsace-Moselle, un décret du 6 avril 1970 admet les femmes « aux fonctions pastorales dans les mêmes conditions que les candidats » mais stipule qu’elles « seront affectées de préférence à des paroisses pourvues de deux ou plusieurs postes de pasteurs ». Comme on entre dans la période de baisse de fréquentation des Églises, les paroisses requérant plusieurs pasteurs se raréfient et les femmes pasteurs se trouvent le plus souvent seules en paroisse.


Bien formées dans les facultés et par des stages, les femmes prennent de l’assurance. Les problèmes viennent plus souvent des Conseils presbytéraux : les préjugés sont tenaces, les rengaines sur l’autorité réapparaissent – mais les paroissiennes applaudissent souvent. Il faudra du temps pour que les femmes soient admises comme ministres sans tenir compte de leur sexe. Comme dans tous les métiers, leur accession est plus difficile que pour un homme, et elles sont jugées plus sévèrement.


La fin du siècle


Elles sont la troisième génération de femmes pasteurs, ou pasteures. En 2000, on dénombre :


Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (ECAAL) – 52 femmes sur 230 pasteurs en activité (22,61 %). 38 sont mariées, dont 11 à un pasteur.
Église réformée d’Alsace et de Lorraine (ERAL) – 15 femmes sur 51 pasteurs en activité (29,41 %). 11 sont mariées, dont 5 à un pasteur et 2 à un professeur de théologie.
Église évangélique luthérienne de France (EELF) : 18 femmes sur 58 pasteurs en activité (31,03 %). 2 sont célibataires, 16 sont mariées dont 7 à un pasteur.
Église réformée de France (ERF) : 106 femmes sur 489 pasteurs en activité, (21,67 %). 32 sont célibataires, 74 sont mariées dont 30 à un pasteur.
Facultés libres de théologie (IPT depuis 1972). Faculté de Paris, en 1960 : 84 étudiants, dont 8 femmes (9,52 %). En 2000 : 136 dont 54 femmes (39,70 %).
Faculté de Montpellier, en 1960 : 64 étudiants, dont 5 femmes (8 %). En 2000 : 209 étudiants, dont 95 femmes (45,5 %).
Université Marc Bloch/Strasbourg. En 1960, 121 étudiants, dont 9 femmes (7,43 %) En 2000, 218 étudiants, dont 82 femmes (37,61 %).
Mesdames les pasteurs


Le plus souvent, elles sont mariées – la rencontre se faisant fréquemment à la faculté de théologie, d’où des couples de pasteurs pour lesquels les Églises peinent à trouver des postes ; elles sont mères de famille, ce qui complique leur quotidien. De là vient qu’elles participent un peu moins que leurs collègues masculins aux commissions. Elles sont admises à tous les postes : les facultés, les aumôneries (jusque dans les armées), les ministères spécialisés ; les responsabilités ecclésiales sont plus longues à venir, malgré l’exemple de Thérèse Klipfel qui, en tant que président d’Église (ERAL), reçut le pape à Strasbourg en 1982.


A noter l’exemple d’Élisabeth Parmentier, pasteur de l’ECAAL, théologienne, maître de conférence à la faculté de Strasbourg, présidente de la Communion de Leuenberg, mariée et mère de famille.


Ce qu'elles ont changé


Dans une chrétienté dominée depuis sa création par la masculinité, les femmes pasteurs apportent dans l’exercice de leurs ministères une sensibilité proprement féminine – qui s’accorde à une tendance actuelle de notre société. Les écrits de certaines théologiennes contribuent à modifier en ce sens les liturgies.


La présence de femmes dans le corps pastoral a hâté le phénomène de sécularisation, qui s’est accentué à la fin du siècle. Plus accessibles que les hommes pour les paroissiens, elles sont respectées pour elles-mêmes plus que pour la robe – qu’elles ne portent pas toujours – et pour la fonction.


Les autres Églises protestantes


Dans les Églises de tendance dite évangélique qui sont membres de la Fédération Protestante de France, la question du pastorat féminin est soit posée – chez les baptistes – soit reportée ou même fermement repoussée, dans les Églises de sensibilité pentecôtiste. La FEEB (Fédération des Églises Évangéliques Baptistes) est partagée : sa structure congrégationaliste permet aux Églises qui la composent (dites majeures) de reconnaître un ministère féminin ; elles en discutent, synode après synode, mais elles ne se décident pas encore, peut-être par habitude de voir l’autorité représentée par un homme. Les étudiantes, pourtant, sont nombreuses dans les facultés évangéliques.


Les Églises Réformées Évangéliques Indépendantes ont débattu de la question dans le cadre général de la consécration des pasteurs : en mars 2004, Corinne Fines était la première pasteur des EREI. Les Églises pentecôtistes (Église de Dieu, Mission Évangélique Tzigane, Église apostolique…) se réfèrent aux Écritures pour ne pas la poser.


Une exception : dans une église baptiste parisienne, il y eut de 1930 à 1952 une femme pasteur de fait dans l’église du Tabernacle (Paris 18e), Mme Madeleine Blocher-Saillens, qui poursuivit l’œuvre de son mari (Église membre de l’Alliance des Églises Évangéliques Baptistes Libres de France, qui ne font pas partie de la Fédération protestante de France).


Si, en Europe, l’accession des femmes aux ministères pastoraux est venue de Scandinavie, d’Allemagne, de Suisse avant la France, dans les Églises luthériennes et réformées, ce mouvement va certainement gagner les minorités protestantes se réclamant de la Réforme, dans l’Europe agrandie. L’avenir dira si les baptistes et les pentecôtistes se décident à suivre sur ce point l’évolution de la société.


Avancement dans le parcours


Notice précédente
Les femmes pasteurs
de 1900 à 1960 12/13
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Les théologies féministes
Bibliographie
Livres
LAUTMAN Françoise, Ni Eve, ni Marie, Labor et Fidès, Genève, 1997
Notices associées
Le Mouvement Jeunes FemmesLe scoutisme fémininSuzanne de Dietrich (1891-1981)Madeleine Barot (1909-1995)Femmes Protestantes à la « Fédé »
Parcours associés
Le rôle des femmes dans le protestantisme
Notices à découvrir
Érasme (1469-1536)Le Refuge huguenotLe protestantisme après 1562L’Édit de Nantes (1598)Lieux de mémoire en Midi-PyrénéesJean Calvin (1509-1564)

http://www.museeprotestant.org/notice/la-montee-des-femmes-pasteurs-de-1960-a-2000/?parc=12130

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