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HISTOIRE DE FRANCE,HISTOIRE,POLITIQUE ET PROTESTANTISME

"Je ne veux pas me tromper de colère",protestant,religion,violence,

3 Août 2016 , Rédigé par hugo Publié dans #protestants, #religion, #violences

"JE RÊVE D'UN SILENCE HABITÉ PAR LA PAROLE DE DIEU QUI NOUS APAISE ET NOUS RECENTRE"© AARON BURDEN/UNSPLASH
BIBLE & ACTUALITÉATTENTAT 28 JUILLET 2016
Auteurs
Marie-Odile Wilson
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"Je ne veux pas me tromper de colère"


Dans ce texte, la pasteure Marie-Odile Wilson, de l'Église protestante unie de Corse, reconnaît notre impuissance face à la violence aveugle, et appelle à mettre de la distance avec ce qui nous agresse.


Par deux fois ces derniers temps, par hasard, je me suis trouvée face à cette citation de Léopold Sédar Senghor qui a stimulé ma réflexion : « Les racistes sont des gens qui se trompent de colère. » Dans le contexte chahuté qui est le nôtre, il n’y a pas que les racistes qui expriment leur colère, et peut-être ne sont-ils pas les seuls à se tromper de cible. Ces derniers jours, les mots se déversent à flots continus, les invectives se croisent, les snipers du verbe tirent à feu continu.


Nous n’avons eu face à ce tsunami logorrhéique qu’une minute de silence en hommage aux victimes. Une seule. Moment unique et précieux de dignité, oasis de paix dans un déferlement de propos haineux, de « il faut que » et de « si on avait ».


La colère donc se déverse à longueur de micros-trottoirs, de réseaux sociaux. Sans retenue, sans limites. Elle est légitime : c’est le signal de notre refus devant la décomposition violente de notre monde.


Cette colère a certes besoin d’expression : selon cette phrase de Thomas d’Ansembourg, « ce qui ne s’exprime pas s’imprime et je déprime ». S’exprimer oui, mais pas en tous lieux, en tous temps, de n’importe quelle manière et auprès de n’importe qui. Car la colère se nourrit de nos pensées : plus nous l’alimentons à l’aide de raisonnements hâtifs, de jugements à l’emporte-pièce, plus elle flambe.


Silence réparateur


« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule est nécessaire… » Voilà ce que pourrait nous dire Jésus, encore aujourd’hui. Une seule chose est nécessaire, faire silence et nous poser aux pieds de Jésus pour écouter paisiblement son enseignement, avant d’envisager de parler ou d’agir.


Nous sommes profondément démunis, il nous faut humblement le reconnaître, devant le déchaînement de violence barbare que certains individus lâchent sur nos contemporains, parfois même sur nos proches, nos familles, nos enfants. Notre impuissance est insupportable. Alors nous cherchons des coupables, des exutoires, des soupapes… La radicalisation est visée, mais voilà qu’à Munich, c’est encore autre chose ! Notre monde est malade de sa violence, de l’injustice qui y règne. Chacun se croit alors appelé à faire sa propre loi, à dire sa propre vérité, sans craindre de blesser, de tuer, d’en rajouter au chaos.


David Ali Sonboly, le forcené de Munich, se nourrissait, dit-on, de la folie meurtrière d’Anders Behring Breivik… Alors ? Allons-nous continuer à donner de quoi attiser haine, colère et folie meurtrière ?


Je rêve de silence. D’un genre de silence habité par la parole de Dieu qui nous apaise et nous recentre, qui fasse barrage à la colère des autres que je ne veux pas faire mienne. Je ne veux pas me tromper de colère. Je veux me protéger de la violence des mots pour garder ma liberté de penser, d’agir et de vivre, la tête haute. Consciente du danger qui nous guette tous, qui guette les miens, mais non pas envahie par des haines, par des peurs qui ne m’appartiennent pas, j’ai bien assez des miennes, je ne tiens pas à les alourdir, ni d’ailleurs à en faire profiter les autres.


Besoin de paix


J’ai besoin des mots de Jésus pour mettre de la distance entre ce qui m’agresse et le minimum de paix que je souhaite préserver. Une paix qui pourra alors être terreau de confiance, d’espérance, d’amour. Je veux rester optimiste pour notre monde, contre toute réalité peut-être, parce que c’est ma compréhension de ce que Dieu attend de nous. Et je suis bien obligée d’en convenir, cela devient un vrai travail. Cela devient un choix à poser.


Nous avons à persister dans la préservation d’un bien commun, d’une maison commune où ce qui nous rapproche, ce qui fait la profondeur de toute relation, c’est notre différence. Ce qui est l’image de Dieu, c’est ce face à face dans l’altérité. Et cela j’ai encore envie de le vivre !

http://reforme.net/une/societe/veux-tromper-colere

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